The Things You Kill
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Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 867 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2026
Amateurs de récits parfaitement clairs et totalement compréhensibles s’abstenir! En effet, avec « The things you kill », le cinéaste iranien Alireza Khatami est parti tourner en Turquie pour plus de tranquillité. Il nous propose une œuvre dont la première moitié prends les atours d’une drame social et familial pertinent et réussi comme le cinéma arabe nous en offre souvent de très beaux et forts, comme ceux d’Asghar Farhadi par exemple. Mais pour ensuite bifurquer totalement vers une seconde partie qui verse allègrement dans une sorte d’abstraction fondue dans ce réalisme. En effet, durant la seconde heure, la narration devient plus trouble, une sorte de fantastique apparaît, les symbolismes et les allégories s’invitent à la fête et le mystère quant à ce que l’on voit demeure opaque. Cependant, tout cela s’inscrit dans le réel établi au départ; on n’est pas dans un film presque mystique comme peuvent l’être, dans un genre similaire, des longs-métrages comme « Donnie Darko » ou « Mulholland Drive ».

« The things you kill » est assez lent dans son déroulé mais jamais monotone. Que ce soit les débuts qui narrent les rapports complexes d’un expatrié, Ali, qui revient en Turquie et qui développe des rapports compliqués avec un père violent et autoritaire, notamment après la mort de la mère qui va cristalliser ses rancœurs envers le vieil homme... Il est aussi question de paternité sous une autre forme puisque le personnage principal apprend sa stérilité alors qu’il veut être père. Quand la mort de la matriarche devient suspecte pour Ali, le script prend une tournure plus tendue et opère un virage vers le thriller, quittant peu à peu la chronique versée dans le drame du début. Le suspense est alors coulé dans une atmosphère étrange et des changements narratifs s’apparentant au surnaturel et au film psychanalytique s’appliquent, tout cela amplifiant ce ressenti bizarre mais plaisant.

Tuer le père, la transmission de la violence et le patriarcat sont les thèmes convoqués et appréhendés ici mais sans analyse précise et définitive. On est plus dans la psychologie et la symbolique que le spectateur peut décider de décrypter. On peut aussi juste se laisser emporter par cette ambiance presque malsaine et délétère sans se triturer les méninges. « The Things you kill » ne plaira pas à tout le monde et coche toutes les cases de l’œuvre clivante. Il faut accepter de ressortir de la projection avec bien plus de questions que de réponses. À nous, de tenter de comprendre ce qu’a voulu dire Khatami à travers ses jeux de miroir, ces signes ou ces touches presque fantastique. On pense autant à Brian de Palma qu’à David Lynch dans ce labyrinthe psychanalytique enfoncé dans un film qui ressemblerait sans ces touches singulières à un drame social et politique comme le cinéma oriental nous a habitué. Une fois le glissement audacieux et conceptuel ténu opéré, on a droit à une sorte de croisement entre « Un simple accident », un film introspectif et du Lynch. Une œuvre âpre et qui laisse des marques mais qui décante longtemps en nous après la projection.

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Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 janvier 2026
Le réalisateur est iranien, et est allé tourner en Turquie une œuvre personnelle, dont la dénonciation de dysfonctionnements culturels et sociétaux serait très mal passée en Iran. Comme on le comprend rapidement, Alireza Khatami dénonce une société verticale, figée et patriarcale, pas vraiment intéressée par l’idée d’évoluer, et l’assimile à une sorte de malédiction ou de maladie, qui se transmettrait de père en fils, au point que même ceux qui sont parvenus à prendre leurs distances avec leur milieu d’origine peinent malgré tout à s’en extraire. Si on reste dans la tradition d’un cinéma iranien subtil mais classique et sobre dans sa facture formelle, ‘The things you kill’ s’autorise tout de même de nombreux pas-de-côté visuels, qui font vaciller le récit à la lisière d’une irréalité assumée, reflet de la confusion mentale grandissante du protagoniste. La métaphore, celle d’une lutte intérieure entre tradition et modernité, entre volonté de dialogue et d’équité et pulsions autoritaires masculines, cette soumission à cette violence qu’on s’était précisément efforcé de fuir, prend ici la forme d’un cauchemar lynchien, d’une façon certes moins radicale que chez le défunt réalisateur américain mais qui n’en reste pas moins inattendu dans ce genre de cinéma, d’autant plus que le procédé permet d’avancer avec des convictions un peu plus masquées.
FaRem

10 571 abonnés 11 448 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 décembre 2025
Pour Ali, qui est de retour en Turquie après avoir étudié et travaillé aux États-Unis, rien ne va entre spoiler: l'état de santé de sa mère, sa relation tendue avec son père, son incapacité à concevoir un enfant et son poste menacé.
Un manque de contrôle sur sa vie qui lui faire prendre une trajectoire inattendue... Alireza Khatami jette un regard sur la masculinité avec ce comportement compensatoire et sur le poids des responsabilités avec un homme qui ne les assume pas. Un homme en « fuite », tout d'abord sur ses terres, mais même dans son petit coin à lui, il n'a pas la mainmise sur sa vie. Ce qui suit est déroutant avec ce concept du « monstre », mais aussi du chasseur et de sa proie. Une proposition intéressante qui ne se répercute pas forcément dans les faits avec une histoire qui surprend lors du changement, mais qui ne propose rien de différent par la suite. Ce n'est pas forcément l'expérience troublante recherchée malgré les métaphores et cette fracture avec la réalité, mais "The Things You Kill" reste un drame psychologique engageant et intrigant.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 août 2025
Drôle d'objet que ce film tourné en Turquie par le réalisateur iranien Alireza Khatami, à mi-chemin entre le tableau naturaliste d'un cas de conscience, typique du cinéma iranien, et l'essai conceptuel dont le cinéma occidental est coutumier (les critiques évoquent, à mon avis abusivement, David Lynch).

Pour le premier point, la caméra de Khatami est d'une grande élégance. La mise en scène est subtile, signifiante, et capte merveilleusement les subtilités de jeu des acteurs. Les paysages de la Turquie évoquent ceux filmés par les grands cinéastes iraniens, et je me suis surpris à déceler ici et là l'influence d'un Nuri Bilge Ceylan, et plus loin celle d'un Jafar Panahi (certaines scènes résonnent curieusement avec la Palme d'or de cette année, Un simple accident).

Vers le milieu du film, une faille conceptuelle s'ouvre, et nous assistons, sans trop déflorer le sujet, à un glissement de personnages. Ce tour de force est annoncé fort subtilement en amont par quelques astuces de mises en scène à peine discernables (flou, miroir).

Le spectateur est alors pris d'une sorte de vertige de belle facture, très bien maîtrisé. On se rend compte alors que le film, qui semblait décrire une simple situation de film noir est en réalité l'exploration audacieuse de l'inconscient du personnage principal.

A condition d'accepter sa construction complexe est déstabilisante, The thing you kill est un véritable plaisir de cinéphile : beau, intrigant et complexe.
Regine C.C
Regine C.C

46 abonnés 258 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 août 2025
Film extrêmement étrange qui dénonce les violences intra-familiales qui ne semblent épargner personne. Le film a une dimension fantastique où les personnages semblent pouvoir se substituer les uns autres et semblent animés par la même haine : celle du père qui violente sa femme. On ressort avec la tête en point d'interrogation. Probablement, devrais-je aller le revoir pour mieux saisir la subtilité du film.
andro rty
andro rty

6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 août 2025
Difficile de juger par une ou des étoiles, quand on voit ce que l'application propose associé
Une étoile=très mauvais par exemple..
J'ai vu le film hier, et je le juge "pas mal", ou plutôt "moyen " ce qui ne veut rien dire
En effet , d'un point de vue objectif, c'est un bon film, bien travaillé, jolis plans, très bon acteurs, mais...je n'ai pas aimé, voire pas du tout
Je l"'ai trouvé trop lourd dans ses intentions, du moins ce que j'en ai compris, en particulier ce type dont on comprend qu'il ne veut pas être père,n'ayant lui même pas été vraiment fils.
Et ces dédoublements de personnages, , je m'y suis perdu.
J'ai par ailleurs trouvé le temps long...
Bref
Je n'ai pas passé un bon moment de cinéma, mais ça arrive...
Dom Domi
Dom Domi

54 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 août 2025
Film fantastiquement réalisé avec un grand talent et une maîtrise parfaite de son objectif. On se laisse embarquer dans le véhicule du personnage principal qui nous égare dans son monde intérieur dans lequel la mort du père ou son absence devient obsessionnel. Entre la haine et l'envie de meurtre et l'acceptation de la vraie réalité, il devra tuer en lui l'une des deux protagonistes qui s'opposent violemment. Lequel en sortira vainqueur : allez jusqu'au bout du suspens pour le savoir. Vous ne le regretterez pas. Très beau film à méditer...
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 août 2025
Ali est un professeur de littérature en Turquie. Revenant de plusieurs années aux États-Unis, il entretient une relation privilégiée avec sa mère dont l'état de santé ne lui permet pas de se déplacer facilement. Lorsque cette dernière décède dans des conditions étranges, Ali devient sûr que son père y a participé. En parallèle, il se lie d'amitié avec un jardinier qu'il embauche. En salle le 23 juillet.

spoiler: "The things we kill" est une vraie surprise pour moi. Le film commence comme un drame familial assez classique et on voit à peu près où l'on souhaite nous emmener. Vers la moitié de l'intrigue et d'une manière vraiment sèche, on est plongés dans l'incompréhension : qui est donc réellement ce jardinier ? J'ai beaucoup aimé ce que le réalisateur nous raconte de nos conflits intérieurs et de qui nous sommes aux yeux de notre entourage. Dommage que certaines zones de mystère du film ne m'aient pas permis de tout comprendre autant que je l'aurais souhaité. La partie onirique, même si je ne l'ai toujours pas bien comprise, m'est restée des jours durant dans la tête comme une énigme.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 août 2025
Film assez déconcertant, histoire pas très compréhensible. Le suspens est maintenu jusqu'au bout mais c'est assez inexplicable
Pierre L.
Pierre L.

54 abonnés 137 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 novembre 2025
J ai été
pris dans l histoire durant la 1ere partie puis puis j ai décroché.il y avait un bond fond d histoire policière mais insuffisamment exploité et il y a
certaines longueurs de scène qui n amènent rien au film
sur la 2 eme partie …pourquoi faire 1h50 ..? Déçu.
garnierix

306 abonnés 592 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 août 2025
Ce film est une mine d'or pour ceux qui aiment creuser, et un enfer breughelien pour ceux qui n'aiment pas creuser. Le sujet du film est moins ce qu'en dit le synopsis que ce que vous en direz en sortant. Sans exagérer, on n'imagine pas une seconde ce qu'on va voir (malgré, voire à cause, du synopsis), ce qui conduira certains à une vraie jouissance esthétique, d'autres à se gratter la tête, et d'autres à mourir dans un coin. Certains venaient pour entendre un réquisitoire, d'autres pour voir un thriller ; certains autres venaient pour décrypter la nouvelle mouture de l'auteur…

Ce sont sans doute ces derniers qui avaient raison ! Cet Iranien (mais qui a sa cabane au Canada), ce Khatami-là (impossible de confondre avec l'autre) filme une Turquie, une violence, une hallucination… D'une façon qui est clairement originale, et qui est sûrement le vrai sujet du film (plus que celui du synopsis !)

Mais dans ce cas, pour quoi dire de percutant ? D'ailleurs, ce qu'on voit est-ce réel (ce jardinier, le chien noir, pour en rester à eux, étaient-ils réels ou imaginaires) ? Que faire des spectateurs désarçonnés ? Et ceux que le film mène à s'interroger sur le complexe d'Œdipe (amour de la mère et haine du père) ou sur le syndrome Dr. Jekyll and Mr Hide (trouble dissociatif de l'identité) !

Aussi déroutante soit-elle, la mise en scène est cohérente (par exemple, le rêve "tue la lumière" et l'étymologie du mot "traduction" du début ressurgissent à la fin). Mais pour autant (et à défaut d'émotions produites par le film), quel message Khatami veut-il imprimer ? La souffrance est réservée aux femmes ? La souffrance n'est pas réservée qu'aux femmes ? Une tare de nature masculine s'hériterait-elle d'une génération à la suivante ? Rien n'est démontré ; c'est même raté à cause de la mise en scène. N'empêche que c'est à voir.
Clem Lepic
Clem Lepic

63 abonnés 364 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juillet 2025
Film intéressant sur des rapports familiaux compliqués : un père battant sa femme, elle-même mourant soudainement et le fils récemment revenu d'un long exil aux États-Unis qui a envie de rétablir justice. Bien filmé. Passage un peu fantastique avec l'acteur du personnage principal qui change.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juillet 2025
Même averti qu'il y avait une part de rêve dans ce film, Khatami m'a embrouillé pendant un moment, et pourtant difficile de ne pas rester intéressé devant ce portrait d'un fils de patriarche violent, éduqué à la mode occidentale, et qui revient enseigner dans sa région natale (on y parle turc, mais ce pourrait être du kurde ou du persan), la mixture entre fiction et autoportrait a une caractère moyen-orientale bien marqué et pas factice.
Ali cherche à éloigner ses démons et l'héritage paternel. spoiler: A-t-il des complices: son chien, l'étranger de passage dans son jardin, sa compagne?
Ali est "à coté" de la société dans laquelle il est revenu, comme Azar dans Lire Lolita à Téhéran.
Khatami nous laisse parfois dans l'obscurité, puis soudain nous offre un paysage embrassant une route de montagne désertique et sublime.
A ma sortie de projection, il me reste des énigmes en tête, et peut-être qu'elles n'ont pas toutes une solution à l'écran.
Pas impossible qu'une deuxième vision soit propice à vivre ce récit sec et introspectif dans un mode plus empathique.
cinéma - juillet 25
kagemusha
kagemusha

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juillet 2025
Film iranien à tiroirs, aux multiples facettes psychologique, sociologique, et politique où la caméra explore le désarroi du héros, Ali, happé par son double, Reza spoiler: (il n'est pas anodin que le prénom du réalisateur soit...Alireza) à la manière d'un Dr Jekill et Mr Hyde. Ecartelé entre la modernité de son acculturation américaine et les traditions toxiques de la culture patriarcale de sa terre natale turque (secrets, infériorisation de la femme) incarnée par un père violent, Ali rejoue un conflit oedipien, mortel, entre rêve et réalité. Complexe, puissant et magnifique.
frederic T.
frederic T.

29 abonnés 255 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 juillet 2025
Alireza Khatami réalise un film de deuil et de vengeance pour dénoncer la violence du patriarcat. Si ce thème a été traité dans de nombreux films à travers de terribles destins féminins (mères, épouses, filles), cette fois The things you kill l’aborde du point de vue d’un fils. The thriller magnifiquement mis en scène et brillamment interprété est tout à la fois captivant sur le fond et déroutant dans sa forme. Car Alizera Khatami n’est pas David Lynch, et sans spoiler le scenario, joue trop simplement de la substitution des personnages pour brouiller le fil de son histoire entre réalisme, rêves et jeux de miroirs. L’action que nous suivons est-elle réelle, ou simplement fantasmé par le fils, personnage central du film ? Alireza Khatami ne parvient pas à magnifier son propos par une subtile mise en abîme de son récit.
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