The Things You Kill
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traversay1

4 474 abonnés 5 347 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juillet 2025
Coréalisateur des Chroniques de Téhéran, Alireza Khatami se retrouve pour la deuxième fois en solo avec The Things you kill, et, pour la première, en dehors d'Iran, plus précisément en Turquie. Si le nom de David Lynch vient à l'esprit pour référencer le film, le cinéaste n'oublie pas ses racines, au moins dans une première partie qui rappelle par son ingéniosité les récits en cascade d'Asghar Farhadi. Tuer le père, ces mots ont ici un sens, y compris du point de vue métaphorique, le patriarche représentant en l'occurrence toute la violence familiale, aux conséquences tragiques. C'est vrai que le film, très lisible durant sa première moitié, avec un caractère languissant, loin d'être désagréable, s'apparente à un puzzle cauchemardesque par la suite, jusqu'à son dénouement, peut-être un peu trop fabriqué pour susciter l'angoisse et l'incompréhension. Mais même dans ses zones d'ombre, ses mystères, ses ellipses et ses audaces narratives, The Things you kill se caractérise par une maîtrise impressionnante de sa mise en scène, dans une plongée vers l'abîme, d'une manière tout aussi effrayante que ludique, pour qui possède un certain goût pour la perversité, les faux semblants et l'irruption du fantastique dans un réel qui n'en finit pas de déraper.
Cinememories

582 abonnés 1 661 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2025
"Quand peut-on pardonner et se faire pardonner ? C’est toute la problématique de The Things You Kill, un drame familial psychologique sur fond de thriller. Alireza Khatami explore les secrets et les traumatismes de son protagoniste à travers un dispositif narratif aussi subtil qu’audacieux. Il nous donne à contempler les reflets d’un homme meurtri par une relation conflictuelle avec la figure paternelle, ainsi que par sa propre quête d’identité."

"Quelle est donc cette fameuse « lumière » qu’il s’agit de tuer ? La première scène interroge immédiatement, où l’on semble décrire un mauvais rêve, dont aucun personnage ne semble être sorti. Cette interrogation trouvera davantage de sens et de réponses tout le long d’un récit qui parsème ses indices avec beaucoup de malice. Ces indices ne passent pas uniquement par des répliques, mais également par sa mise en scène de courtes séquences, comme lorsqu’Ali (Ekin Koç) s’infiltre dans une maison avant de se trouver une cachette. Là où la narration ajoute de la confusion à l’évolution des personnages, c’est bien à cause du montage, suggérant tout un tas d’ellipses dans le deuxième acte. Pourtant, s’il ne s’agit pas d’un choix artistique volontaire, cette confusion est indubitablement justifiée dans la dernière scène du film, faisant écho à la mystérieuse ouverture."

"Les femmes ne sont pas les seules à tomber sous le joug du patriarcat, car certains hommes en souffrent aussi. Ali se bat pour lui-même, des deux côtés du miroir qui fragmente son âme et sa personnalité. Le film n’est certainement pas le plus facile à suivre si on ne s’accroche qu’à sa dimension policière, sur fond de parricide, ou à la crise familiale qu’on dépeint. C’est dans l’amalgame de tous ces éléments que le protagoniste trouve la force de se confesser et d’obtenir une image nette de lui-même. Avec The Things You Kill, la compétition Reims Polar a certainement trouvé son scénario le plus sophistiqué, le plus intime et le plus émouvant de son auteur. Alireza Khatami impressionne par sa mise en scène qui génère de l’étrangeté sans abuser des ressorts du polar. Les Ombres persanes avait déjà réussi cet exploit et ce film confirme un savoir-faire indéniable qui ne saurait tomber dans l’oubli."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Yves G.

1 843 abonnés 4 004 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 juillet 2025
Après un long séjour d’une quinzaine d’années aux Etats-Unis, Ali est revenu vivre en Turquie. Il enseigne à temps partiel un cours de littérature comparée à l’Université. Il essaie désespérément d’avoir un enfant avec sa femme. Il passe le plus de temps possible avec sa vieille mère, que son père maltraite.

Alireza Khatami est un réalisateur iranien exilé au Canada. Son précédent film, "Chroniques de Téhéran", utilisait un procédé sacrément audacieux pour décrire les multiples facettes de la vie quotidienne des Iraniens. Celui-ci est d’un tout autre genre. Comme le résume parfaitement Gaël Golhen dans "Première", c’est Kiarostami revu par Lynch. Il raconte, sur le mode apparemment banal de la chronique familiale, une histoire qui vire au polar et au fantastique.

Car, tiraillé par ses problèmes personnels, la précarité de son emploi à l’Université, ses difficultés à avoir un enfant, Ali nourrit des doutes sur les circonstances du décès brutal de sa mère. Il en vient à en accuser son père, un tyran domestique qui terrorise toute la famille, bat sa femme mais possède aussi peut-être des qualités cachées.

Prix du jury et prix de la critique au dernier festival Reims Polar, "The Things You Kill" est particulièrement réussi si on accepte les questions que le film laisse ouvertes. Je m’en suis posé une. Puis deux. Puis trois. Et je suis sorti de la salle sans réponses. C’est une sensation un peu frustrante – même si les films hollywoodiens ont souvent le défaut inverse de refermer scrupuleusement toutes les portes qu’ils ont ouvertes. Le spectateur veut savoir. Le cinéaste a trois possibilités : lui donner la réponse, lui laisser la deviner (ce qui est à mes yeux la marque des meilleurs scénarios comme "Mulholland Drive") ou encore, ce qui est je crois le cas ici, n’en donner aucune pour la bonne et simple raison qu’il n’y en a pas.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

369 abonnés 468 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juillet 2025
The Things You Kill – Une œuvre poignante sur les blessures invisibles

Alireza Khatami signe avec The Things You Kill un drame aussi dense que délicat, où la Turquie devient le théâtre d’un retour impossible. Ali, exilé de longue date, revient dans une maison étouffée par l’ombre d’un père tyrannique. Mais ce qu’il retrouve ne se limite pas à des murs ou des souvenirs : ce sont des silences, des regards, une mémoire blessée qui attendait son retour pour se réveiller. Entre Istanbul et des collines baignées de mélancolie, le film évoque l’impossible réconciliation entre ce que l’on porte en soi et ce que l’on veut fuir. Une mémoire collective, nationale et intime, à laquelle il faut pourtant se confronter.

Porté par une atmosphère flottante, le film emprunte les codes du fantastique sans jamais les revendiquer. Le père devient figure spectrale, présence omnisciente, presque démoniaque, qui réduit à néant toute tentative d’émancipation. Le réel vacille, la lumière devient une menace, et les frontières entre rêve, cauchemar et souvenirs se brouillent. L’expérience de spectateur devient alors presque sensorielle : chaque soupir contient une tension, chaque silence est une gifle contenue. Le film ne cherche pas à expliquer mais à faire ressentir. Comme un rêve récurrent dont on ne se défait jamais.

Mais au-delà de l’esthétique et de la tension psychologique, The Things You Kill interroge : que sacrifie-t-on pour se libérer de son passé ? Le titre, à double tranchant, évoque autant les gestes irréparables que les renoncements nécessaires. « Tuer » ici, c’est transformer, transmuter la douleur pour en faire autre chose. Une transmission inversée, douloureuse, mais salvatrice. Car c’est bien cela que propose ce film : un exorcisme doux-amer, porté par un duo d’acteurs d’une justesse bouleversante, et une mise en scène qui flirte avec la grâce. Un film qui reste longtemps en soi, comme une trace, une blessure ancienne que l’on croyait refermée.
ben desiles
ben desiles

55 abonnés 117 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 24 juillet 2025
Dans la vie comme dans les films, j'ai horreur de ne pas savoir si c'est du lard ou du cochon, la réalité ou du fantasme...or c'est précisément le cas avec ce film qui, au début m'a captivé avant de m'exaspérer. Le mort n'est pas vraiment mort, dans la deuxième partie, Ali n'est plus interprété par le même acteur. Evidemment, ceux pour qui les récits linéaires et cohérents sont plats et sans fantaisie crieront au génie. Moi, les histoires alambiquées comme ça ne m'intéressent pas. Un sujet tel que la transmission de la violence des pères de génération en génération ne nécessitait pas une telle esbroufe et se suffisait à lui-même.
selenie

7 439 abonnés 6 642 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 juillet 2025
Le film débute comme un simple drame familial, une mère handicapée qui a heureusement ses enfants grands et responsables qui l'aident dès que possible, et un père quasi absent, qu'on devine facilement violent ou du moins, l'a-t-il été lorsqu'ils étaient enfant... Peut-être ?! Le mystère va alors commencer à instiller un climax plus énigmatique, une tension en mode patience jusqu'au premier rebondissement et le deuil. L'intrigue devient alors vraiment passionnante, les soupçons du fils, les difficultés relationnels, un père peut-être trop infect trop coupable idéal ?! Et ce jardinier qu'on se demande quand il va entrer réellement dans le récit. La mise en scène est tout aussi idéale, avec une caméra et un rythme plutôt lancinant et posé au départ, qui va subrepticement se mouvoir de plus en plus, s'approcher plus près des visages ce qui, sur ce dernier point, va accentuer le soucis qui fracture le récit et le film soudainement... SPOILERS voir site !... Le film vire dans le fantastique donc, clairement influencé par un certain David Lynch mais sans en avoir le talent, mais surtout sans avoir préparé un semblant de cohérence. La dimension surréaliste n'apporte strictement rien à l'intrigue. Un gâchis...
Site : Selenie
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 743 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 juillet 2025
Film très complexe avec un scénario compliqué et une ambiance très toxique, pas facile de comprendre entre réalité et fiction, un peu lourd
jean l.
jean l.

176 abonnés 252 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juillet 2025
Magnifique thriller qui tire vers le fantastique! Par un immense metteur en scène iranien qui a du s’expatrier pour pouvoir s’exprimer
norman06

425 abonnés 1 819 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 juillet 2025
Chronique familiale intense et thriller onirique passionnant, voici un film singulier qui capte l'attention pendant toute la projection. L'un des chocs de la saison estivale 2025.
garnierix

305 abonnés 588 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 août 2025
Ce film est une mine d'or pour ceux qui aiment creuser, et un enfer breughelien pour ceux qui n'aiment pas creuser. Le sujet du film est moins ce qu'en dit le synopsis que ce que vous en direz en sortant. Sans exagérer, on n'imagine pas une seconde ce qu'on va voir (malgré, voire à cause, du synopsis), ce qui conduira certains à une vraie jouissance esthétique, d'autres à se gratter la tête, et d'autres à mourir dans un coin. Certains venaient pour entendre un réquisitoire, d'autres pour voir un thriller ; certains autres venaient pour décrypter la nouvelle mouture de l'auteur…

Ce sont sans doute ces derniers qui avaient raison ! Cet Iranien (mais qui a sa cabane au Canada), ce Khatami-là (impossible de confondre avec l'autre) filme une Turquie, une violence, une hallucination… D'une façon qui est clairement originale, et qui est sûrement le vrai sujet du film (plus que celui du synopsis !)

Mais dans ce cas, pour quoi dire de percutant ? D'ailleurs, ce qu'on voit est-ce réel (ce jardinier, le chien noir, pour en rester à eux, étaient-ils réels ou imaginaires) ? Que faire des spectateurs désarçonnés ? Et ceux que le film mène à s'interroger sur le complexe d'Œdipe (amour de la mère et haine du père) ou sur le syndrome Dr. Jekyll and Mr Hide (trouble dissociatif de l'identité) !

Aussi déroutante soit-elle, la mise en scène est cohérente (par exemple, le rêve "tue la lumière" et l'étymologie du mot "traduction" du début ressurgissent à la fin). Mais pour autant (et à défaut d'émotions produites par le film), quel message Khatami veut-il imprimer ? La souffrance est réservée aux femmes ? La souffrance n'est pas réservée qu'aux femmes ? Une tare de nature masculine s'hériterait-elle d'une génération à la suivante ? Rien n'est démontré ; c'est même raté à cause de la mise en scène. N'empêche que c'est à voir.
captzizou
captzizou

12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juillet 2025
Un film captivant , moderne , envoûtant qui explore la dualité de l’âme humaines,, les conflits intérieurs. Bien sûr, on pense à David Lynch, mais aussi à Abbas kiarosta… Tout cela portait par un trio vecteur Turc absolument géniaux.. Ce film est comme un rêve éveillé,
grey_egg
grey_egg

20 abonnés 52 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 24 juillet 2025
Scenario qui se veut policier mais qui ne tient pas debout, et le soi-disant onirisme vu par Telerama est inexistant, on est très loin de Lynch et encore plus d'Hitchcock, quant au double encore faudrait il qu'il soit ressemblant ! Et même l'épouse ne se rend pas compte que c'est pas le même mec ? Pitoyable.
FaRem

10 567 abonnés 11 409 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 décembre 2025
Pour Ali, qui est de retour en Turquie après avoir étudié et travaillé aux États-Unis, rien ne va entre spoiler: l'état de santé de sa mère, sa relation tendue avec son père, son incapacité à concevoir un enfant et son poste menacé.
Un manque de contrôle sur sa vie qui lui faire prendre une trajectoire inattendue... Alireza Khatami jette un regard sur la masculinité avec ce comportement compensatoire et sur le poids des responsabilités avec un homme qui ne les assume pas. Un homme en « fuite », tout d'abord sur ses terres, mais même dans son petit coin à lui, il n'a pas la mainmise sur sa vie. Ce qui suit est déroutant avec ce concept du « monstre », mais aussi du chasseur et de sa proie. Une proposition intéressante qui ne se répercute pas forcément dans les faits avec une histoire qui surprend lors du changement, mais qui ne propose rien de différent par la suite. Ce n'est pas forcément l'expérience troublante recherchée malgré les métaphores et cette fracture avec la réalité, mais "The Things You Kill" reste un drame psychologique engageant et intrigant.
islander29

1 026 abonnés 2 654 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 juillet 2025
J’ai adoré la fin du film, le dernier plan séquence qui crée du suspens .Le reste du film a un un imbroglio de personnages qui se ressemblent tous ( trentenaires bruns barbus) , j’en ai perdu un en cours de route, je n’ai franchement pas compris ce qui lui est arrivé, car on a un film qui développe cinq ou six histoires , je ne dévoile (spoile) rien...le film est très plaisant à suivre et a une belle vertu, de nombreux dialogues font réfléchir le spectateur ??? le font méditer...UN film que je conseille en dépit d’un scénario complexe...C’est très bien filmé ( paysages , intérieurs, plans )
Christoblog

920 abonnés 1 795 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 août 2025
Drôle d'objet que ce film tourné en Turquie par le réalisateur iranien Alireza Khatami, à mi-chemin entre le tableau naturaliste d'un cas de conscience, typique du cinéma iranien, et l'essai conceptuel dont le cinéma occidental est coutumier (les critiques évoquent, à mon avis abusivement, David Lynch).

Pour le premier point, la caméra de Khatami est d'une grande élégance. La mise en scène est subtile, signifiante, et capte merveilleusement les subtilités de jeu des acteurs. Les paysages de la Turquie évoquent ceux filmés par les grands cinéastes iraniens, et je me suis surpris à déceler ici et là l'influence d'un Nuri Bilge Ceylan, et plus loin celle d'un Jafar Panahi (certaines scènes résonnent curieusement avec la Palme d'or de cette année, Un simple accident).

Vers le milieu du film, une faille conceptuelle s'ouvre, et nous assistons, sans trop déflorer le sujet, à un glissement de personnages. Ce tour de force est annoncé fort subtilement en amont par quelques astuces de mises en scène à peine discernables (flou, miroir).

Le spectateur est alors pris d'une sorte de vertige de belle facture, très bien maîtrisé. On se rend compte alors que le film, qui semblait décrire une simple situation de film noir est en réalité l'exploration audacieuse de l'inconscient du personnage principal.

A condition d'accepter sa construction complexe est déstabilisante, The thing you kill est un véritable plaisir de cinéphile : beau, intrigant et complexe.
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