10 570 abonnés
11 438 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 7 octobre 2024
Mariam, une jeune étudiante en médecine dans la ville de Karachi, voit sa vie basculer lorsque le patriarche de la famille, son grand-père, meurt. Le début d'une descente aux enfers comme si le sort s'abattait sur elle... "In Flames" est l'un de ces films qui utilisent les codes de l'horreur pour évoquer le traumatisme intergénérationnel et surtout l'oppression patriarcale avec des hommes qui continuent de gâcher la vie de Mariam et de sa mère même après leur mort. Cependant, le mélange des genres est ici utilisé de façon clichée. L'horreur du quotidien est parfois plus efficace que des visions cauchemardesques ou des apparitions, mais Zarrar Kahn préfère utiliser des artifices qui desservent son histoire. La cinématographie est soignée et l'ambiance vaguement inquiétante, mais l'histoire, tout comme le film au final, m'a vraiment laissé sur ma faim.
Pour s'attaquer au patriarcat au Pakistan, Zarrar Kahn, dont c'est le premier long-métrage, a choisi de varier les tonalités, passant progressivement du portrait intime à la comédie romantique, au drame, au fantastique et même à l'horreur. A l'image de Joyland, sorti il y a seulement quelques mois, In Flames est aussi une réussite esthétique, montrant la réalité et les fantômes de Karachi, tels que perçus par son personnage principal de jeune étudiante, incarnée de manière impressionnante par la magnifique Ramesha Nawal. Certains pourront sans doute trouver à redire à ce mélange des genres, mais si le réalisme de certaines scènes est contrebalancé par son caractère onirique, le film n'y perd en aucun cas de sa puissance pour décrire le quotidien des femmes dans la mégalopole pakistanaise, laquelle n'est que danger, que ce soit dans la rue ou dans le cercle familial. Et que l'on ne parle pas de manichéisme, même si In Flames a des allures de brûlot. Le film décrit un état de faits difficile à réfuter et use pour cela des armes à sa disposition, avec une volonté d'enfoncer le clou qui ne lui est pas préjudiciable. Comme le dit un surveillant des bonnes mœurs, à l'égard de deux jeunes gens trop serrés sur un banc : "ce n'est pas Bollywood, ici !". En particulier, pour les femmes, cela relève de l'évidence.
"Le vent se lève au Pakistan, de même que les flammes s’intensifient pour consumer la gent féminine, prise au piège dans un jeu qui n’est pas le sien. In Flames choisit de rendre la parole aux femmes et de faire taire les fantômes qui hantent leurs nuits."
"Miriam (Ramesha Nawal), jeune étudiante en médecine, vit avec sa mère dans un appartement aussi miteux que ceux du quartier. Sa solitude se lit sur son visage, meurtri par un évènement que l’on taira mais que le récit émiette tout du long. Si le suspense est intense, c’est qu’il s’agit avant tout des intentions du cinéaste, qui a fait escale au Canada dans sa jeunesse avant de revenir vivre au Pakistan. Il y réalise des films susceptibles d’être censurés mais parvient toutefois à sortir In Flames clandestinement."
"In Flames est une œuvre dénonçant le patriarcat, mais il s’agit également d’une histoire de fantômes, où la solidarité féminine compte plus que tout pour gagner des droits, de l’indépendance et du respect. Le récit s’érige sur des codes fantastique, voire horrifiques, où des sifflements récurrents ramènent l’héroïne à ses traumatismes, qui entravent sa liberté. Zarrar Khan choisit alors de lutter pour soulager ses personnages d’un tel fardeau, en hommage à toutes celles qu’il a connues et qui partagent ce sentiment désagréable d’être constamment oppressées."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Mariam, sa mère et son petit frère vivent à Karachi, très simplement et en difficultés financières depuis le décès du grand-père. Suite à sa rencontre avec Asad qui fait également des études de médecine, Mariam se rapproche de lui mais un drame a lieu et elle se retrouve plongée dans d'anciens traumatismes liés à la mort. En salle le.
spoiler: "In Flames" m'a profondément soufflé. Le film n'est pas exempt de défauts, notamment une intrigue qui part dans plusieurs directions pas toutes pertinentes, mais il offre une vision unique de la mort et des traumatismes psychiques. Construit tel un film d'horreur, les hallucinations mortifères "poppent" en crispant le spectateur qui ressent pleinement la détresse des deux femmes, liées dans la mort. Le twist final est bienvenue et fait de la mère bien plus que le rôle secondaire très classique qui est le sien précédemment. Une vraie surprise de film qui a le mérite d'être doté d'une identité marquée .
Un père de famille pakistanais vient de mourir. Son épouse, sa fille et son fils vont devoir se débrouiller- surtout elles. La chronique des jours et de la relation entre générations est paisible jusqu’à ce qu’une brique soit lancée contre le pare-brise de la voiture que la jeune fille conduit. La belle cependant commence une gentille romance avec un doux jeune homme, en discordance avec une société où les comportements et les lois étouffent la liberté dans des proportions inimaginables au XXI° siècle. Un drame survient qui fait naitre de nouveaux fantômes. Les non-dits génèrent la folie alors que la réalité de « briques et de brocs » est soumise aux malhonnêtes. Dans la narration, le genre fantastique convoqué pour supporter une existence d’oppression, brouille les connaissances que nous aurions pu acquérir sur un pays brutal, trois fois plus peuplé que la France.
Film de genre pakistanais et rien que pour ça In Flames se démarque Si le mystique fait partie du récit c'est pour amplifier ce climat oppressant Que le danger pour une femme peut survenir de nulle part dans ce pays qui ne régresse plus qu'il ne progresse quant à leurs conditions (vu en 2023 au Festival européen de films fantastique)