Leila et ses frères
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Loïck G.

391 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mars 2023
Sur un autre continent, une autre planète, là où les grands ont retiré leurs banderilles, un cinéaste iranien Saeed Roustaee écrit un nouveau chapitre de la Leçon de cinéma à l’intention des thuriféraires cinéphiles. Pourtant auteur du scénario, il ne le filme pas à la virgule près, laissant à sa caméra le soin de prendre le pouls de son histoire, de s’y installer sans prévention pour mieux cerner cette famille iranienne au bord de la décomposition. Il la filme à l’instinct et l’accompagne dans ses égarements sur lesquels Leila, la seule fille de la famille, tente de mettre le holà. Sa solution est pragmatique , mais le poids de la tradition enraie la belle mécanique. Saeed Roustaee ne fait pas mystère de sa vision militante et politique d’un pays en déséquilibre constant . Un pays qui s’essouffle … Mais il le fait avec une telle rage, une vision si pertinente, que l’image et le verbe laissent à la fiction le soin de la faire exister pleinement. Il est question d’humiliation, de déchéance et de rebondissements salutaires pour garder la tête haute et sauver l’honneur d’une famille. Pour des acteurs prodigieux, aux registres bien épars, mais si étroitement liés par la rage constructive de la mise en scène. Derrière son auteur, Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh, Payman Maadi, ( il faudrait tous les citer) dégagent force et conviction, puissance et émotions. Dans un film qui n’en manque pas . Un très grand film .
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Joce2012
Joce2012

264 abonnés 761 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 septembre 2022
Quel film ! Malgré la longueur on reste plongé dans cette saga familiale qui en dit long sur les coutumes iraniennes... À voir absolument
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2022
Sur près de 2h40, le surdoué réalisateur iranien Saeed Roustaee nous offre une fresque familiale extraordinaire d’intensité, qui raconte les déboires de deux parents désargentés et de leurs cinq enfants trentenaires. Alors que ces derniers tentent de réunir une somme d’argent conséquente leur permettant d’ouvrir une boutique, ils apprennent que leur père a promis de financer le mariage de l’un de ses petits-cousins afin d’en être l’invité d’honneur et de retrouver, le temps d’une soirée, sa dignité perdue. Entre coups de sang, choix désastreux et haine larvée, le quotidien de cette famille appartenant aux perdants de l’Iran actuel se mue en une véritable tragédie, que viennent alléger de nombreuses séquences drôles et cocasses. Passionnant et bouleversant.
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 807 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2025
Dans Leila et ses frères, Leila fait figure d’insurgée. Elle ne crie pas plus fort que les autres, elle parle depuis un autre lieu. Son corps, son regard, ses gestes viennent trouer la stagnation. Sa lucidité est un handicap dans un monde où seuls les fantasmes de grandeur masculine semblent pouvoir faire office d’horizon. Elle veut reconstruire à hauteur d’humanité ce que le père veut restaurer à hauteur de mythe. Mais le mythe, ici, est corrompu, fossilisé, grotesque : un trône vide, un patriarche sénile, une transmission sabotée par l’orgueil.

La mise en scène, elle aussi, travaille la matière du chaos. C’est un cinéma sans marge blanche, où chaque plan déborde du précédent, où la tension ne cesse de s’auto-alimenter.

Le patriarche, en ce sens, n’est pas un personnage : il est un système. Il est l’État sous sa forme domestique : autoritaire, délirant, mais toujours capable d’imposer sa loi par la culpabilité, l’argent, la tradition et l’imaginaire. En cela, Leila et ses frères ne parle pas seulement d’un pays : il parle de tous les lieux où l’émancipation individuelle est perçue comme une trahison du groupe.

Et pourtant, dans cette saturation, dans cet entassement étouffant de conflits, le film n’est jamais platement démonstratif. Il n’assène pas. Chaque tentative d’ordre, chaque espoir de réconciliation, chaque projet de renouveau est aussitôt reconfiguré en symptôme.

Alors oui, le film peut fatiguer. Il excède. Il étouffe. Il tourne en rond, parfois, jusqu’à l’épuisement, même avec un certain pathos.

Mais Leila et ses frères, c'est surtout, au fond, un film sur ce qu’il reste quand la famille devient la dernière fiction stable dans un monde qui s’effondre. Une fiction que l’on habite par devoir, par peur, ou par manque d’alternative. Et que l’on continue de jouer, parce qu’il n’y a plus d’autre scène disponible à l'émancipation.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 920 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mai 2025
Après avoir vu La loi de Teheran du même réalisateur ce film iranien, à voir en VO si possible, nous plonge dans le quotidien d'une famille iranienne, un père, une mère, 4 frères et la sœur. La vie n'est pas facile, l'appartement est petit, et tout le monde ne ramène pas un salaire à la maison. Alors quand le père apprend qu'il peut prétendre à devenir le nouveau parrain, on ne sait pas trop à quoi ça correspond dans les traditions iraniennes, mais on comprend que c'est important, ce dernier met tout en ouvre pour y parvenir. Mais c'est sans compter que sa fille, celle qui semble avoir la tête sur les épaules, tente de convaincre ses frères que l'argent de leur père destinée à financer sa place de parrain pourrait être bien mieux utiliser pour leur permettre d'acheter un commerce et de s'en sortir un peu mieux. Bref, le film ce sont les aventures de cette famille, les disputes quotidiennes, mais aussi l'amour fort qui les unit. C'est les traditions et l'amour familial contre la modernité et l'envie de s'en sortir. Un film intéressant, mais long. Qui nous fait découvrir la culture iranienne.
Ça tourne
Ça tourne

40 abonnés 56 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 septembre 2022
C’est bien un drame familial saisissant que Saeed Roustaee dresse dans son nouveau film "Leïla et ses frères". Le foyer, pièce centrale du long métrage, est confronté au chômage de tous ses enfants sauf un : Leïla. Souhaitant sauver sa famille de la misère, c’est elle, avec un soutien irrégulier de ses frères, qui lancera l’initiative de faire construire une boutique dans le grand centre commercial où elle travaille. Mais une pièce demeure manquante : l’argent. Sans lui, les cinq frères et sœurs ne peuvent rien faire. Vendant tout pour cette affaire, les enfants qui ne peuvent pas payer la totalité de la somme s’en remettent alors au père préférant sa satisfaction personnelle, symbolique et ostentatoire de devenir le parrain de la famille lors d’un mariage plutôt que de venir en aide à ses propres fils afin de leur construire un avenir décent et stable. Et c’est bien cette double impulsion antithétique qui vient bouleverser la famille et opposer tous ses membres : d’abord les enfants face à leurs parents, puis la sœur et ses trois frères face à Alireza et enfin Leïla, seule, face à ses quatre frères qui préfèrent signer leur perte par respect générationnel plutôt que de s’assurer une prospérité future. Saeed Roustaee dresse ici une véritable ode à la femme par le personnage de Leïla apparaissant comme un guide tout au long du film. La jeune iranienne, telle une Antigone moderne, se dresse devant l’homme âgé, son père ici, et sait lui dire « non » par le verbe puis par le geste. La totalité du long métrage aspire également à remettre en cause les liens régissant la famille traditionnelle en démontrant que les enfants, devenus adultes, n’ont pas toujours tort face à leurs parents, surtout lorsque leur propre vie en dépend. "Leïla et ses frères" est assurément un film représentant la déchéance de la progéniture d’une famille mais pas seulement. Même le père a perdu aux changes, sacrifié contre son gré. La frénésie visuelle, auditive et actionnelle couplée à la feinte supériorité du père laisse place aux insultes et à la chute au cours du mariage. La mort de ce dernier sera à la fois vécu comme une tragédie et une comédie par la danse d’Alireza succédant à ses pleurs et par le regard fort adressé par Leïla à son frère. "Leïla et ses frères", malheureux long métrage non récompensé à Cannes, est un film à ne pas manquer !
khesanh76
khesanh76

37 abonnés 356 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 septembre 2022
L'argent gère toutes les relations sociales que ce soit en Occident ou en Iran. On voit Leila et ses frères se débattre dans un univers "impitoyable" en Iran, où visiblement les sanctions américaines ont engendré une inflation démentielle (40% par an) ! Mais ce film est un poil long, une heure de moins aurait largement suffit. Mais c'est très instructif sur les conditions de vie des Iraniens qui essayent de survivre dans des conditions économiques terribles. Film à découvrir pour vivre la vie des Iraniens au quotidien
Stéphane R
Stéphane R

30 abonnés 501 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 octobre 2023
plongée dramatique dans les affres d'une famille iranienne aux prises avec les affres de la réputation, de l'honneur et de l'argent qui n'est pas là. Grande et magnifique tragédie, dont les quelques notes du parla piú piano de Nino Rota (Le Parrain) font un bel écho
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 septembre 2022
Le film rappelle plusieurs pièces du camarade Molière : L'avare poussé au drame, un Bourgeois Gentilhomme où Monsieur Jourdain n'aurait pas l'once d'une fortune.
Le pauvre Esmaïl nous apparaît d'abord comme un vieillard un peu largué mais sympathique, avec un charme suranné  ; il s'avère en fait assez vite secret, retors, égoïste et vaniteux, au détriment de sa fille Leïla et de ses quatre fils, espèces de pieds-nickelés iraniens.
Leïla donne des femmes iraniennes une image d'intelligence, de finesse et de détermination, par opposition aux hommes, plus mous, souvent un peu lâches. La violence qui émane de son personnage surprend.
Au delà de l'étude de caractères, Saeed Roustae nous livre une sombre image de l'économie iranienne : la fermeture d'une usine du fait de malversations, d'immense écarts patents de niveau de vie, la corruption privée omniprésente, la précarité du grand nombre dramatiquement aggravée par les sanctions américaines. L’hôpital est la seule institution dont Saeed Roustae semble vouloir donner, malgré la cohue, une image assez positive -faisant louer par Leïla l'engagement du personnel soignant-.
Pendant plus de deux heures, on ne s'ennuie pas ; on a l'impression d'une descente progressive aux enfers avec une montée de la violence. La fin, charmante et glauque à la fois, est particulièrement réussie. Certains diront qu'elle est particulièrement bienvenue, après 2 h 35 de tensions...

St Aignan - Le Petit Casino - 11 sept 22
gysmoanne
gysmoanne

25 abonnés 40 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 septembre 2022
Je craignais la longueur du film mais finalement on est emporté par cette histoire de famille où la sœur fait bouillir la marmite pendant que sombrent ses frères, victimes de la crise économique et que son père, toujours régit par les traditions dépense le peu qu'il reste. Belle interprétation et plongée dans la société iranienne
Pierre Phdb
Pierre Phdb

24 abonnés 297 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2022
Un film fort, avec peut être parfois un peu de longueur mais les plus de deux heures trente se regarde sans ennui.

Film fort et des plans magistraux comme ceux du début de l'évacuation des ouvriers d'une usine. C'est simplement dantesque!

L'histoire, deux visions qui s'opposent: "le paraitre" c'est a dire pour une famille occuper au sein de son clan le rang qu'il estime être sien; "le réel" c'est a dire comment survivre, gagner de l'argent dans une société où il faut plutôt vivre de combines plus ou moins légales. Le paraitre étant la préoccupation du patriarche, le réel la préoccupation de la jeune génération. Mais on a beau être jeune on est quand même imprégné par les traditions.

Un film qui se plonge dans les arcanes de ces conflits et où bien sûr et c'est peut être le plus important il faut être attentif au lieux montrés, a la vie en Iran, l'usine, les hôpitaux...

A voir
Sébastien B.
Sébastien B.

23 abonnés 146 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 octobre 2023
Un an après un sidérant « La Loi de Téhéran », le cinéaste change de registre (mais déploie toujours autant de talent) pour conter une magnifique fresque familiale contemporaine évoquant avec autant de délicatesse que de pudeur l’intime, mais aussi (et de nouveau) avec férocité toutes les scléroses et hypocrisies de la société iranienne. Il brasse tour à tour : le carcan féminin, l’asphyxie clanique, le patriarcat toxique, le marasme économique, le poids suffocant de la tradition et les illusions fragiles qui se brisent sur le mur de la paralysie totalitaire. Le plus épatant c’est qu’il arrive à ponctuer son récit de respirations salvatrices, grâce à l’humour (parfois noir), la somptuosité de ses plans et la qualité de ses dialogues. Moins sec et ramassé que son précédent film, plus ample et porté sur l’émotion, il expose le portrait d’une famille inoubliable, une figure de femme dont la volonté de vivre marquera les esprits assez longtemps. Un grand film, encore.
sentenza
sentenza

18 abonnés 34 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 septembre 2022
Un vrai morceau de cinéma que maîtrise de bout en bout Saeed Roustaee pendant cette chronique familiale de près de 3h. La mise en scène et remarquable accompagnée d'un excellent casting, dont la Leïla du titre, extrêmement puissante, qui aurait mérité une récompense lors du dernier festival de Cannes. Trouvant des échos avec d'autres films "familiaux" comme le Parrain, le film ausculte brillamment une société iranienne exsangue entre le poids des traditions et de celui d'une économie en chute libre.
gonin.robert
gonin.robert

5 abonnés 74 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 septembre 2022
Plongée dans l'Iran d'aujourd'hui et la pauvreté souvent engendrée par les traditions et le patriarcat.
Seules les femmes pourraient changer les choses.
Un pur régal
Ninideslaux
Ninideslaux

106 abonnés 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2022
On sait maintenant que Saeed Roustaee est un grand; on a un peu de mal à rentrer dans ce film exagérément long -parce que nous sommes dès l'abord confronté à un aspect de la civilisation iranienne assez déconcertant.
Le père (Saeed Poursamini), vieillard irascible, autoritaire, capricieux et avare (et pour finir, devenu opiomane...) héberge de plus ou moins bon gré une partie de ses quatre fils et sa fille. L'acteur rend magnifiquement le côté odieux du patriarche... Leila (Taraneh Alidoosti) est là parce que son père a toujours empêché ses projets de mariage. Elle travaille, mais elle doit aussi seconder sa mère, naturellement inconditionnelle de son seigneur et maitre...
Pour les frères, rien n'est simple. Parviz (Farhad Aslani) travaille, lui aussi, mais il est affligé d'une monstrueuse obésité et de cinq adorables marmottes de moins de sept ans....Manouchehr (Payman Maadi) trafficote et Farhad (Mohammad Ali Mohammadi) conduit un taxi. Enfin, Alireza (Navid Mohammadzadeh), le plus pondéré, le plus raisonnable, vient de se faire licencier d’une entreprise en faillite frauduleuse, ce qui veut dire, en gros, qu'il n'aura droit à aucune indemnité.... Une belle scène d'introduction montre les ouvriers quittant l'usine la tête basse, alors que dans la mosquée, les têtes s'inclinent sous le poids des commandements saints.... Comprenne.... qui voudra.....
Dans ces grandes famille chiites, la tradition veut qu'il y ait un parrain, choisi parmi les anciens. Dans son nombreux et riche cousinage, le père fait figure de minus. Et pourtant, à la mort du présent parrain, lui, le fauché avec sa famille de bras cassé, il rêve de lui succéder.... d'être la vedette... de présider, sur l'estrade, aux réunions de famille, et très vite, au mariage du fils d'un opulent cousin. Elle sera grandiose, la cérémonie (les femmes d'un côté, les hommes de l'autre), des centaines de musiciens, un orchestre, un somptueux buffet.... Oui mais, c'est le parrain qui doit faire le plus gros cadeau (en gros, il paye le mariage...). L'opulent cousin lui fait bien comprendre qu'il n'est pas le bon candidat. Eh bien, si: il les a, les quarante pièces d'or....Il la vivra, cette soirée de rêve. Il sera, brièvement, celui à qui tous rendent hommage.... Oui, il les a économisées, pendant que sa famille vit dans la mouise... Vous comprenez que ce côté là de la société iranienne nous surprend et nous déconcerte.
Mais dans la famille il y a un mec: c'est Leila. Qui veut acheter un local dans l'immeuble où elle travaille, bien placé (même si pour le moment ce sont des toilettes) pour ouvrir une boutique dont tous les frères pourront vivre. Dans une scène d'une incroyable violence, elle en va jusqu'à gifler ce père que les garçons, eux, ne peuvent que continuer à respecter parce que les traditions l'imposent. La fin est absolument désespérante: revendre le local? Mais c'est la crise de l'uranium enrichi, et le sanctions internationales font que la monnaie iranienne se dévalue et que le local ne vaut plus rien, par rapport à son prix de départ....
C'est un film, contrairement à d'autres, récents, fait pour être projeté en Iran. La preuve: les femmes gardent le foulard, même chez elle, en présence de leur père et de leurs frères. Même si, pas une seule fois, le nom du prophète n'est prononcé! Apparemment, le famille se fiche de la religion. Pour nous, c'est un film qui, outre ses grandes qualités formelles, nous fait découvrir encore un peu plus profondément cette civilisation à la fois si lointaine et si proche...
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