Que ce film est vrai ! authentique, poignant, vibrant, humain. On en est presque gêné d'être le spectateur de cette tranche de vie tellement ce film est vrai. On a l'impression que rien n'est écrit à l'avance et que l'on vit avec eux leur vrai vie. Le jeu d'acteur du Père et tout simplement magistral, hors de portée de toutes critiques, un claque. oui c'est du cinéma de niche, oui il aura du mal à s'exporter, oui il sera peu distribué donc foncez le voir avant qu'il ne soit trop tard. On peut encore ressentir des choses au cinéma.. ouf !
Le cinéma iranien est rarement décevant. "Leïla et ses frères" n'est pas une exception. On vacille entre rire et larmes, en passant rapidement d'une émotion forte à une autre. Malgré le fait que j'ai eu du mal à "rentrer dedans" les premières 45 minutes et que je l'ai trouvé bien trop long, je pense que c'est un excellent film qui vaut le coup d'être vu !
Leila et ses frères s'inscrit dans la lignée de ce cinéma iranien fondé sur un scénario et une interprétation très solides pour pointer un dysfonctionnement de nos sociétés. Farhadi fut la grande incarnation de ce genre, particulièrement avec Une séparation. Dans tous ces films, les twists s'enchaînent pour révéler une réalité toujours plus complexe, avec en arrière-plan une observation documentaire et clinique de la société iranienne. Ici le thème-clé est le choix, l'indécision, la prise de risque, bref, tous ces tournants que nous devons prendre dans la vie pour nous en sortir. Le scénario est une machine implacable pour exacerber ces virages à 90° qu'une vie doit prendre parfois pour rester à flots. Les frères de Leila ont fait des mauvais choix dans leur vie, et doivent encore prendre des arbitrages cruciaux. Tous ont bricolé une existence dans une société iranienne où la débrouille semble de mise. Et ils ne sont pas arrivés bien haut. Mais une opportunité identifiée par Leila les met en mouvement : la possibilité d'acheter un fond de commerce dans une galerie marchande. Ce projet est traité comme dans À l'origine de Xavier Giannoli, ce film sur une autoroute dont on ne sait même pas où elle va : jamais on ne saura ce que les trois frères comptaient vendre dans ce magasin hypothétique. En effet, le récit tourne uniquement autour du moment de l'achat, des moyens d'acquisition, du cours d'une monnaie qui change sans cesse, etc. Ces problématiques en croisent deux autres, à savoir les traditions iraniennes et la fierté familiale, incarnées par le père. Le vieil homme rêve en effet de tenir son rang dans un contexte social où les symboles sont rois. Il veut, un jour de sa vie, être à l'honneur d'une célébration. Mais sur ce dossier aussi, Leila intervient, en croyant bien faire... Les comédiens sont tous admirables, chacun dans leur registre ; le récit est exceptionnellement bien construit ; le film traite de thèmes rares dans le cinéma mais si fréquents dans la vie. Cependant cela n'a pas l'effet de nouveauté des premiers Farhadi sortis en France ; nous sommes sur un terrain déjà assez balisé.
Réalisateur tellement talentueux! Immersion dans un univers culturel et humain cruel envers les femmes dans lequel se démène le personnage féminin d'une façon remarquable et puissante
Décidément le cinéma iranien me séduit beaucoup. Leila et ses frères est un très beau portrait de femme dévouée et éclairée dans une société ultra patriarcale, c'est une histoire familiale qui n'est pas manichéenne ( les 4 frères sont tous à leur façon sympathiques) et aussi un film social . Juste un bémol sur la longueur du film qui aurait pu être écourté de 20mn sans en être affecté.
Sur un autre continent, une autre planète, là où les grands ont retiré leurs banderilles, un cinéaste iranien Saeed Roustaee écrit un nouveau chapitre de la Leçon de cinéma à l’intention des thuriféraires cinéphiles. Pourtant auteur du scénario, il ne le filme pas à la virgule près, laissant à sa caméra le soin de prendre le pouls de son histoire, de s’y installer sans prévention pour mieux cerner cette famille iranienne au bord de la décomposition. Il la filme à l’instinct et l’accompagne dans ses égarements sur lesquels Leila, la seule fille de la famille, tente de mettre le holà. Sa solution est pragmatique , mais le poids de la tradition enraie la belle mécanique. Saeed Roustaee ne fait pas mystère de sa vision militante et politique d’un pays en déséquilibre constant . Un pays qui s’essouffle … Mais il le fait avec une telle rage, une vision si pertinente, que l’image et le verbe laissent à la fiction le soin de la faire exister pleinement. Il est question d’humiliation, de déchéance et de rebondissements salutaires pour garder la tête haute et sauver l’honneur d’une famille. Pour des acteurs prodigieux, aux registres bien épars, mais si étroitement liés par la rage constructive de la mise en scène. Derrière son auteur, Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh, Payman Maadi, ( il faudrait tous les citer) dégagent force et conviction, puissance et émotions. Dans un film qui n’en manque pas . Un très grand film . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
A travers cette fresque cinématographique familiale, remarquablement filmée, le cinéaste nous livre tous les aspects de la société iranienne. C'est un film profondément féministe, l'héroïne, entourée de ses frères, est la seule à percevoir la réalité de la misère sociale dans laquelle se trouve sa famille.En même temps à travers son regard et ses initiatives beaucoup plus raisonnables que celles de ses frères pour s'extraire de ce marasme, on perçoit tout le mécanisme social de la société iranienne (poids des traditions familiales,cultuelles et culturelles). Certes le film a une durée peu habituelle, mais contrairement à certains films iraniens les séquences du scénario s'écoulent sans aucune longueur. Film à recommander.
Chronique de vie d'une famille face à la crise économique en Iran. Quand la tradition se heurte au monde moderne. Il y a dénonciation de l'influence de la culture ancestrale : la scène du mariage est merveilleuse de vitalité et pourtant elle dit tout le poids de ce passé que ne veut pas passer et la puissance néfaste de l'argent. Ici le rôle principal, rôle féminin, est porté avec force et pudeur par Taraneh Alidoosti qui interprète le personnage de Leila. Évidemment je suis très sensible à ce rôle de femme. Leila si forte et si incomprise une féministe en toute discrétion mais comment se battre devant tant de tradition. L'histoire dénonce sans brutalité par les silences et les regards, mais avec force, l'injustice. Ce n'est pas un féminisme hystérique c'est un féminisme réfléchi, sans ostentation qui marque d'autant plus les esprits. Le film est constat mais sans critique. L'argument n'a mème pas vraiment sa place, il suffit juste de suivre ce récit, c'est suffisant pour être révolté. La timide évolution de la femme est amorcé mais si complexe. Et pourtant qui serait Leila sans ces frères, sans sa famille ? N'est ce pas aussi la fragilité de ces hommes un peu paumés qui lui permette d'exister. La scène finale est d'une grande délicatesse, là encore rien est dit de manière directe et pourtant la tristesse nous envahit aussi. Ce film c'est tout ça et bien plus encore
Une famille iranienne (les vieux parents, Leïla et ses 4 frères) peine à gagner de quoi manger. Leïla encourage ses frères à acheter une boutique alors que le père brigue le poste de parrain de la communauté familiale. Après la Loi de Téhéran, Saeed Roustaee confirme qu'il est le nouveau grand réalisateur iranien que l'on attendait. Leila et ses frères est un "Affreux, sales et méchants" à la sauce iranienne. Avec un humour décapant, le film dresse un portrait d'une rare acuité de la société iranienne. Les acteurs sont tous excellents. Un film à voir !
Très attachant La découverte d'une autre vision des traditions, de la difficulté de faire cohabiter les anciens et les nouvelles générations dans un pays liberticide
Un drame familial et social puissant et prenant. Une virtuosité de la réalisation , un jeu d'acteur précis et généreux ,un regard constamment doux et empathique du réalisateur sur ses personnages coincés dans une société hypocrite et sclérosée font de ce film une merveille.
Je craignais la longueur du film mais finalement on est emporté par cette histoire de famille où la sœur fait bouillir la marmite pendant que sombrent ses frères, victimes de la crise économique et que son père, toujours régit par les traditions dépense le peu qu'il reste. Belle interprétation et plongée dans la société iranienne
Saeed Roustaee est clairement l'un des très grands réalisateurs actuels. La loi de Téhéran démontrait déjà un formidable sens de la mise en scène et de la direction d'acteurs. Avec Leïla et ses frères, il embrasse avec ampleur le destin d'une famille, tout en abordant les enjeux sociaux, culturels et économiques qui traversent l'Iran d'aujourd'hui. Fort de références cinématographiques, il atteint à l'universalité, tout en affirmant un style singulier. Ses cadrages, son usage des travelings, le montage, la profondeur psychologique des personnages, tout concourt à la réussite de ce film. J'attends avec impatience les prochains.