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Jmartine
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4,0
Publiée le 23 avril 2023
Quel film coup de poing ce « About Kim Sohee » de la réalisatrice coréenne July Jung dont c’est le deuxième long métrage….Dans quelle société vivons-nous ou vivrons nous , avec ce culte de la performance et de l’évaluation continue…vous êtes à peine sorti du garage où vous avez confié votre automobile, que l’on vous demande de noter le réceptionniste tout en vous précisant que si vous ne mettez pas 9 sur 10, il en pâtira….Sohee ( remarquablement interprétée par Kim Si-eun, qui jouait dans l’excellent « Mademoiselle » de Park Chan-Wook ) est une jeune lycéenne, joyeuse et au caractère bien trempé, adepte du K-pop…Apparemment elle suit une scolarité dans un lycée professionnel agricole, et son professeur principal lui présente comme un grand succès le fait de lui avoir trouver un stage dans un centre d’appel lié à l’opérateur coréen des télécoms …S’il lui présente cela comme une victoire, c’est que lui aussi est jugé au nombre de placements de lycéens en stage… D’emblée, elle est jetée dans le grand bain avec des consignes explicites pour remplir sa mission : dissuader les clients qui souhaitent résilier leur abonnement. On lui présente les principales techniques de persuasion, ainsi que les objectifs de performance ostensiblement affichés dans la salle de travail – avec le classement des employées qui recense les taux de réussite de chacune et trône comme une épée de Damoclès. Management impitoyable, pressions, culpabilisation, humiliation , clients odieux, règne du tableau de classement qui broie les individus quel que soit leur positionnement hiérarchique …Sohee finit brisée par le système…et se suicide…ce suicide intervenant peu de temps après celui d’un manager qui a accompagné son geste d’une lettre d’alerte sur les conditions de travail de son personnel….Une policière , l’inspectrice Yoo-jin ( excellement interprétée par Doona Bae) enquête et découvre que tous se tiennent, de l’entreprise au lycée et jusqu’à la famille elle-même.. Mêlant le film d’enquête et le portrait croisé de deux personnages féminins, magnifiquement campés par Doona Bae et Kim Si-eun, une confirmation pour Doona Bae, une révélation pour Kim Si-eun, deux visages qui se fondent en un seul, celui du combat contre un ultra-libéralisme triomphant qui détruit l’individu…. À la fois dénonciateur d’un système éducatif qui ne sait qu’agir par la culpabilisation et l’humiliation, et d’un milieu du travail qui ne sert que ses propres intérêts, allant jusqu’à harceler ses employés, le scénario décortique la chaîne de responsabilités dans un système qui écrase les individus… Un film puissant, souvent glaçant, d’une grande finesse aussi bien dans l’écriture que dans le jeu… il faudra maintenant se souvenir de July Jung…En attendant allez voir ce film !!!!
Un film impressionnant sur la société sud coréenne ou le capitalisme et l'etat s'allient pour mettre au pas les lycéens qui découvrent avec horreur la socie6dans laquelle ils devront vivre.... Ou pas ! Glaçant
Le sujet relativement classique de la pression au travail, appuyé ici à l'extrème et de manière interminable, et trop lointain pour être comparable tant la culture professionnelle est différente en Corée, n'est pas ce qui fait le charme de ce film. Il reste l'exotisme de cette ville de second ordre, rarement montrée dans le cinema coréen et remarquablement filméeici, et le charme de l'interprète principale qui exprime bien la richesse de la personnalité de Sohee.
Kim Sohee est une brillante étudiante, plutôt discrète et bien élevée, qui débute un stage dans le service du standard téléphonique d'une grande entreprise d'opérateur internet. Sauf que, loin du stage qui apprend à l'élève ce qu'il veut (ou non) dans son futur métier, lui enseigne des compétences et savoir-être au travail, Kim Sohee va se confronter à des clients difficiles (avec les insultes gratuites qui les accompagnent), à des managers aux pouvoirs insuffisants pour la soutenir (ils se font eux-même taper sur les doigts par le grand patron), à une cadence folle, à des protocoles déshumanisés, à des salaires mensongers, à des magouilles inimaginables... On n'en dira pas davantage "en clair" (hors zone spoilers), pour vous garder la surprise du scénario, car About Kim Sohee ne nous avait d'abord pas trop convaincu avec sa première heure tournée vers le drame social qui tâche (à peu près tout ce qui sort de Corée du Sud dénonce déjà la déshumanisation au travail, l'humiliation d'un système qui écrase ses employés pour ne s'intéresser qu'au profit), pour nous surprendre fortement avec un twist de mi-film qui change la donne. spoiler: On pensait suivre jusqu'au bout ce personnage suicidaire, écœuré, las de ce système, mais lorsqu'il en finit pour de bon, et que l'on remarque à notre montre (maintes fois consultée, pendant la longue première heure) qu'il reste encore une bonne heure de film, on se demande où l'on va aller, à présent... Et le drame de basculer en enquête policière, à la façon d'un Psychose qui sacrifiait très tôt son personnage principal, à la stupéfaction générale, pour changer de registre de film. On suit donc pour le reste de About Kim Sohee la policière chargée de trouver les raisons obscures de ce geste désespéré, et l'on peut dire que les révélations sont choquantes (les arrangements entre les écoles qui doivent faire embaucher leurs élèves à tout prix, et les entreprises qui s'en servent comme main d’œuvre impayée à la démission quasi-assurée, dans un état mental lamentable, en fin d'année... Horriblement inhumain). Aussi, on aime la dernière pirouette narrative qui vise à lier les deux personnages principaux justement par ce rapport de "harcèlement / malêtre", la policière ayant rejeté l'étudiante du cours de danse, sa seule échappatoire mentale, la condamnant un peu plus au burn-out mortel. Cette culpabilité finale est un autre message fort du film, montrant que le moindre geste méchant ou moqueur, sans connaître le contexte de vie de la victime, peut nuire au-delà de l'intention de départ. About Kim Sohee est donc un drame social doublé d'une enquête policière "à rebours" (nous, on sait tout), qui est long, mais s'intéresse profondément à ses personnages (bien écrits) et à un système qui a vendu son âme au plus offrant. Faut appeler le standard pour changer d'offre, ça urge.
Une première partie assez peu convaincante, largement ratrappée par la seconde qui vient à la fois densifier, complexifier et nuancer le propos. Doona Bae transcende l'ensemble.
Dressage glaçant d'un constat coréen ou plutôt d'un malaise coréen. Le film en deux temps est rudement mené et ne nous laisse que peu de choix. Sans pour autant entrer dans le mélodrame, on suit sans vivre une histoire. L'émotion est peut être la valeur d'ajustement manquante.
J’ai découvert le cinéma sud-coréen en 2003 grâce au chef d’œuvre Printemps, été, automne, hiver et printemps de Kim Ki-duk (dont j’ai d’ailleurs aimé tous les films que j’ai vu ensuite). Confirmé par la suite en 2007 avec le très beau Le vieux jardin. C’est d’abord Doona Bae qui m’a attiré vers ce film. Je l’avais découverte en 2014 dans A girl at my door, réalisé par July Jung qui réalise aussi ce About Kim Sohee. Elle nous gratifie une fois de plus d’une belle réussite. Tout est bien fait ici. La mise en scène est discrète mais solide, le scénario finement écrit, avec des personnages bien développés. Le récit est inspiré d’un fait divers qui a bouleversé la Corée du Sud il y a quelques années. La direction d’acteur est tout aussi réussie. Kim Si-eun, personnage principal de la première partie, est une belle révélation. Doona Bae prend le relais dans la seconde partie et est bien sûr impeccable. La mort de l’une et l’enquête de l’autre vont reprocher les eux femmes de façon inattendue pour nous offrir un dénouement bouleversant. Nouveau carton plein pour la réalisatrice qui, espérons, ne mettra pas autant de temps à nous concocter un nouvel opus. A la frontière entre critique du monde du travail et de la société moderne, drame intimiste et polar, voilà un dur mais très beau film. Une réussite.
Quand la pression en entreprise s'exerce sur des jeunes personnes qui ne peuvent échapper aux dictats de leurs écoles. Une peinture réaliste des systèmes professionnels et scolaires en Corée mais qui pourrait s'appliquer à n'importe quel pays parce que les enjeux économiques et de profits n'ont cure d'une main d'oeuvre corvéable que l'on peut exploiter. Des acteurs justes dans un film sans concession. A voir !
Une dénonciation acerbe d'un fonctionnement sociétal basé sur la compétition en laissant une partie de sa jeunesse au fond d'un lac. Un film touchant qui manque d'un peu de rythme mais les deux heures dix sept passent facilement
"About Kim Sohee" présenté l'an denier au festival de Cannes (film de clôture de la semaine critique) est un drame policier coréen pertinent. En effet la réalisatrice July Jung s'est inspirée d'un fait divers survenu en 2016 (une lycéenne s'est suicidée pendant son stage dans un centre appel) pour en faire une histoire qui dénonce le système scolaire et professionnel totalement déshumanisé et basé sur la performance en Corée du Sud avec deux grandes actrices (Kim Si-eun et Bae Doo-na), je suis ressorti de la salle indigné et secoué.
Film social à la fois émouvant et générateur de colère face à un système qui broie les salariés, ici une jeune fille d'un milieu modeste fraîchement sortie de son école, cette dernière ayant signé une convention avec une grosse boîte. La deuxième partie du film raconte l'enquête et la solitude de l'inspectrice dans son combat pour connaître la vérité. Beaucoup de travailleurs seront sensibles à cette oeuvre qui dénonce la violence feutrée de tout un système. Un peu long sur la fin mais néanmoins mémorable. A voir.
Ce film Coréen est basé sur un fait divers qui a bouleversé le pays et qui pour le coup m’a mis une jolie petite baffe…
On y suit donc Kim Sohee, une étudiante, passionnée de danse, au caractère bien trempé, et qui en intégrant un stage se verra pourtant broyé par un système ultra-libéral. Le film dresse un portrait glaçant de la société Coréenne où les libertés individuelles sont écrasées par l’aliénation au travail à laquelle sont soumis les citoyens. Que ce soit, dans le monde du travail, dans le milieu scolaire, la famille, c’est assez sidérant de voir la façon dont ils sont continuellement confrontés à un culte de la performance, à la compétition, et à la comparaison aux autres…
Mais si le film est aussi fort, c’est surtout grâce à son écriture, qui nous offre presque deux films en un, avec deux point de vus différents, mais complémentaires, et rendant le message du film encore plus puissant. On passera ainsi, d’un drame social et d’un portrait humain, à un polar tout aussi passionnant. Par contre, on peut se questionner sur le nom du film pour les salles françaises : son titre original NEXT SOHEE prend tellement plus de sens…
Ici, il n’y a aucune fioriture, et pourtant on sombre en même temps que l’héroïne. C’est d’une justesse et d’une subtilité qui impressionne. La mise en scène est très sobre, avec notamment très peu de passages musicaux mais qui viennent savamment souligner les propos du film. Un film sociétal implacable et qui laisse sans voix lors d’un dernier plan extrêmement fort de sens