Le Désert rouge
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Trelkovsky
Trelkovsky

82 abonnés 264 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 janvier 2011
Pour Michelangelo Antonioni, "Le désert rouge" est un changement : il s'agit en effet de son premier film en couleur, un pas en avant vers une nouvelle modernité cinématographique et donc vers un élargissement de son champ d'expression artistique. Pour le cinéaste, c'est l'occasion de brosser le portrait d'un monde en pleine mutation ; mais cela va bien plus loin que la simple image pessimiste qui saute tout de suite aux yeux. Non, "Le désert rouge" est bien plus complexe que cela : c'est à la fois un drame humain, un regard anxieux porté sur le monde industriel et paradoxalement une œuvre d'une troublante poésie et d'une beauté abstraite.

C'est un film d'une ambiguïté constante. Antonioni semble donner deux grandes dimensions contradictoires à la mise en parallèle des personnages et des paysages industriels dans lesquels ils évoluent : d'une part, le vide existentiel des protagonistes et le profond sentiment d'illogique se dégageant de la façon dont les décors sont filmés semblent rapprocher ces deux éléments. Mais la vivacité et l'authenticité des tourments intérieurs de l'héroïne (interprétée par la magnifique Monica Vitti, qu'Antonioni film une nouvelle fois somptueusement) contraste avec la froideur et le caractère impitoyable du monde qui l'entoure.
Quelle idée ressort de tout cela finalement ? Celle d'une humanité déshumanisée par le monde qu'elle créé, prise à son propre jeu, ou alors celle d'un univers artificiel construit sur le propre paradoxe de l'Homme ?... Le cinéaste italien signe-là une œuvre passionnante sur bien des plans ...

Mais ce qui rend son film si exceptionnel, ce ne sont pas seulement les idées qu'il développe. Il s'agit également d'une pure œuvre d'art, expérimentale, poétique et abstraite. De paysages a priori froids et sans vie, Antonioni parvient à tirer quelque chose de profondément sensible et vivant. Il joue avec les formes et les couleurs, peint des tableaux précis, filme le réel comme de l'abstrait ...
Dans cette atmosphère viciée, il y a quelque chose de fascinant et de beau. On ne saurait pas dire quoi. Mais après tout, c'est sans doute l'une des caractéristiques du génie artistique ; faire surgir des impressions d'objets que l'on n'aurait jamais imaginés ressentir comme tels.

Chaque plan de ce sublime "Désert rouge" renferme ses contradictions, sa part de poésie, son inexplicable beauté ... C'est simplement un chef d’œuvre d'une richesse et d'une valeur artistique inestimables.
jean-paul K.
jean-paul K.

17 abonnés 323 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 janvier 2017
Un de vos spectateurs nous dit que ce film aurait pu être réalisé par Bergman ou Tarkovski, hélas il l'a été par Antonioni. En dehors du fait que c'est ennuyeux au possible, on n'arrive pas à s'interroger sur quoi que ce soit. Par ailleurs Monica Vitti est remarquable et les quelques touches de couleur dans la grisaille des paysages sont intéressantes, mais cela ne suffit pas à sauver le film.
max6m
max6m

78 abonnés 180 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 août 2007
"Le désert rouge" est pour moi le plus grand film d'Antonioni, ou en tout cas le seul à pouvoir rivaliser avec cet autre chef d'oeuvre absolu qu'est "l'avventura". C'est aussi à mon sens l'un des plus beaux films en couleur de toute l'histoire du cinéma. Rien de moins.
Réalisé en 1964, "Le désert rouge" est considéré comme le dernier volet d'une tétralogie exceptionnelle (après "L'avventura", "la notte", et "l'éclipse") dont il serait en quelque sorte le film somme. On y retrouve effectivement les thèmes chers à Antonioni: solitude de la femme moderne, crise du couple, rapport de l'individu au monde qui l'entoure, perte de repères et de sens, errance qui entraîne une souffrance, une douleur de vivre. Mais le film n'est ni le portrait psychologique d'une femme névrosée, ni une critique du monde industrialisé qui serait la cause de ce mal moderne. Antonioni traite son sujet en évitant tout naturalisme et toute dénonciation critique. Sa démarche est purement artistique et se révèle ici par le traitement inouï de la couleur. L'utilisation de la couleur permet de révéler l'état psychologique et mental des personnages; les paysages sont le reflet des sentiments et des tourments intérieurs de l'héroïne (magnifique Monica Vitti). Antonioni parvient ainsi à transformer un monde à la base austère et froid (les usines, les tuyaux, les terrains vagues, les marres de pétrole et de boue) en un monde abstrait d'une immense beauté. Mais c'est paradoxalement ce monde intérieur magnifié qui semble être à la base de la crise du personnage (Guiliana crira elle-même qu'elle ne supporte plus toutes ces couleurs). Contrairement à sa réputation, "Le désert rouge" n'est pas un film "intellectuel". Il suffit simplement de se servir de ses yeux pour ressentir. Et cette émotion forte, transmise par l'abstraction du film, en dit bien plus et se révèle au final bien plus enrichissante que tout discours vaguement psychologisant... A voir absolument.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2017
Un des films majeurs du cinéaste italien. Poursuivant sa réflexion sur notre monde post-industrialisé, toujours avec la présence envoutante de Monica Vitti, Michelangelo Antonioni réalise avec «Le Désert Rouge» un manifeste sur la modernité doublé d'une oeuvre d'art plastiquement remarquable. Son travail sur les couleurs, utilisées afin de raconter par elles-mêmes l'état des personnages et dramatiser le récit, se révèle étonnant. Comme nombre des grands cinéastes passant du noir et blanc à la couleur, Antonioni ose toutes les expérimentations possibles, peignant les éléments, arbres, maisons, sols,... à sa guise. Mais ce long métrage reste difficile d'accès, l'art d'Antonioni résidant surtout dans les non-dits : « Mes films ne parlent de rien, mais avec précision » avouait-il. Abstrait et désenchanté, «Le Désert Rouge» évoque les bouleversements physiques et psychologiques de la modernité, aussi bien par l'omniprésence des usines que par la névrose de la jeune héroïne. Angoisse existentialiste, vide sentimental, crise du couple, perte des repères, solitude,... l'individualisme inévitablement lié à la modernité est plus que jamais présent, profondément déstabilisant. Mais le monde industriel est ici représenté d'une façon plus subtile et ambiguë qu'on pourrait le croire : les usines sont source d'activité, vivantes par rapport aux personnages déshumanisés, et l'éclat de leurs couleurs révèle une véritable fascination de la part d'Antonioni pour cette beauté artificielle, par opposition à celle de la nature. «Le Désert Rouge» est donc un long métrage riche et complexe, aussi bien sur le fond que sur la forme : un chef-d'oeuvre magistral. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 30 mars 2012
Pour mon premier Antonioni, je dois dire que j'ai été assez subjugué. Ce film est visuellement magnifique. L'histoire paraît simple, elle l'est, mais vraiment là n'est pas le plus important. Et c'est dire le travail énorme d'Antonioni : moi qui d'habitude aime les films avec des vrais scénarios tenaces, en apparence je n'aurais pas dû adhérer à ce film... Et pourtant.
Après réflexion je me dis que 2 réalisateurs (que je connaisse) réussissent à faire d'excellents films sans une vraie intrigue prenante. Antonioni donc évidemment, et Malick. Mais si pour le second c'est tout à l'avantage de privilégier l'image au sens "propre", avec une photographie sublime, et une quête d'humanité (ou inhumanité) à travers ces contemplations, pour le premier la démarche est tout autre: car ce film n'a vraiment pas d'évolution. Il part d'un point, pendant 2 heures ce point stagne, n'avance pas, et on le suit.
Et pourtant j'ai rarement vu un défilé aussi vite... (La première fois que j'ai regardé ma montre il était 1 heure passée, c'est dire !) Sérieusement ce qu'arrive à faire Antonioni est sublime. Tout passe par les images. Les dialogues sont intéressants mais guère importants, tout comme l'histoire donc.
La souffrance de cette héroïne incapable de s'adapter à une société constamment mouvante est principalement représentée à travers les images. Elle marche tout le temps, sans savoir où aller. Elle a en permanence froid, personne (pas même son nouvel ami) ne parvient à la réchauffer. Elle est déçue de tout (son mari, son fils, son ami aussi). La seule échappée est le rêve (la séquence avec l'histoire touche au sublime).
Yoloyouraz
Yoloyouraz

35 abonnés 566 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 juillet 2008
Un long couloir à errer entre l'incompréhension, l'ennui et l'absurde : ce désert cinématographique rappelle fortement Blow up.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 octobre 2012
Avec Antonioni c'est très simple, plus un de ses films est ennuyeux plus il est considéré comme un chef d’œuvre. Si on part de ce principe, "Le Désert rouge" est un chef d’œuvre absolu de l’œuvre antonionienne. Niveau technique, le réalisateur est très talentueux pour filmer des zones industrielles avec temps grisâtre et nuages de brouillard inclus et il est difficile de croire que la photo date de 1964. Mais autrement Antonioni filme l'ennui et le très gros problème c'est que cet ennui est très contagieux pour celui qui le regarde. D'où une très forte sensation de somnolence qui envahit rapidement le spectateur. Il y a des personnes qui sont certainement capables d'écrire une centaine de pages pour expliquer pourquoi ce film est un immense chef d’œuvre et pourquoi des gens comme moi sont des tocards incapables de comprendre la puissance et la profondeur de cet immense chef d’œuvre ; mais tant pis j'assume.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 16 avril 2012
Chiantissime donc forcemment un chef d'oeuvre, non merci.
Arthur D
Arthur D

3 abonnés 2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 4 janvier 2023
Je ne sais pas quoi dire .. j'en suis à 1h09 .. il reste 43 minutes .. je ne comprends pas ce film .. j'arrête et passe à autre chose ..
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 octobre 2020
Sur le thème de l'incommunicabilité et du mal de vivre, un film à la mise en scène hypnotique et aux couleurs sublimes mais qui se révèle très ennuyant malgré la presta remarquable de Monica Vitti. Lion d'or à Venise.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 décembre 2024
Bon faut pas le répéter les mecs, je compte sur vous hein. Mais voilà, je suis amoureux de Monica Vitti, depuis la première fois que je l'ai vue sur un écran, et ça commence à faire un bail. C'est d'ailleurs pour sa présence que j'avais décidé de regarder ce "Désert rouge", sinon, j'y aurais réfléchi plus d'une fois. Parce qu'Antonioni et moi, on n'est pas des super potes. Soit il m'intéresse vraiment ("Profession : reporter"), soit il m'assomme d'ennui (L'éclipse", "Zabriskie point") soit il m'intéresse et m'ennuie à la fois ("Blow up"). Quant au "Désert rouge", c'est dans la troisième catégorie qu'il se classe. On connaît les thèmes de prédilection du Michelangelo et l'on sait dans quels décors il aiment jeter ses personnages, mais franchement, y a des fois, faut vraiment se le fader. S'il n'y avait pas la belle Monica, je n'aurais sans doute pas mis la troisième étoile.
Tietie008
Tietie008

32 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 décembre 2013
Premier film d'Antonioni, ce désert là se déploie dans un univers industriel, laid et pollué où se meuvent des individus silencieux, comme frappés par la dépression. Un rythme lent, pianissimo, qui évoque cette rencontre entre un chef d'entreprise joué par Richard Harris et une femme mariée dépressive, interprétée par Monica Vitti, l'égérie du réalisateur. Intensité des silences, jeu chromatique du réalisateur pour filmer cette société industrielle qui déshumanise et enlaidit. Un film dans la lignée des précédents où il ne se passe pas grand chose, qui décrit une atmosphère plus qu'il narre une histoire.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mai 2022
Photo admirable, chaque plan est une œuvre d’art qui justifie le Lion d’Or à Venise. Monica Vitti splendidement filmée, rayonne de sa beauté tout au long du film. En revanche, il n’est pas aisé de suivre les scènes parfois improbables, émaillées d’ellipses et de symboles qui décrivent son état dépressif. Un film à voir absolument pour sa qualité esthétique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 novembre 2007
Il deserto rosso est un film d'horreur. C'est le film le plus tragique, le plus noir, le plus triste, le plus déprimant, le plus gris, le plus sans espoir qui ait jamais été fait. C'est une peinture étraignante qui se perd dans la beauté parfaite de couleurs atones, dans l'angoisse du rouge (les cheveux de Monica Vitti sont une fixation pour Antonioni), dans l'instabilité du vert, dans les nuances perfides du gris, dans ces pâles tentatives de rendre lumineuse une vie humaine qui ne vaut rien, qui est aussi froide que cette magnifique Ravenna industrielle. Les paysages, la sensation d'aliéneté est encore plus forte que dans les autres films d'Antonioni, les clins-d'oeil (les jouets, les dessins, les bateaux, le brouillard, les couleurs du magasin, etc. etc. etc.), les détails, le dialogue, les acteurs (quoi de plus affligeant d'Ugo "non ha ancora ingRanato?"), le désespoir de la vie, l'inutilité de l'amour et la maternité.
Risible dire que le désert rouge est mon "film préféré": le désert rouge est une terrible critique à la société, un témoignage d'aliénation et de folie, une oeuvre d'art d'une force inégalable.
La torturée Monica Vitti ne rend que plus fort cette sensation avec son rire, son accent, ses interprétations magistrales.
Il deserto Rosso est simplement un film imperdable, l'un des films les plus importants de l'histoire du cinéma. Lui donner 4 étoiles est si réductif... les chefs-d'oeuvre ne se notent pas.
Tietie007
Tietie007

4 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 décembre 2020
Formel et silencieux, comme tous les Antonioni. Que ceux qui veulent un peu d'action passent leur chemin.
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