C'est du Fellini certes maisc'est extrêmement lent. La prestation de lGiulietta Masina y est pour beaucoup, tant son jeu d'acteur insuffle à la Strada une poésie qui fait son charme. Cependant sur la longueur, le parfum se distille, faute d'un récit ou d'une réalisation solide. Joli quand même.
Trois personnages principaux : - Gelsomina, simple d'esprit, genre Forrest Gump mais en beaucoup moins bien ; - Zampano (Anthony Quinn), artiste de rue aux apparences brutales mais ayant un bon fond ; - "le fou", aux apparitions épisodiques et à l'utilité incertaine. Difficile de voir en ce film le chef d'oeuvre dont on a tant parlé.
Trois seules notes positives pour ce film : 1) la présence de Anthony Quinn 2) les paysages de l'Italie pauvre des années 50 et la musique. Le reste est nul (scénario et surtout l'actrice et le funambule aussi agaçants l'un que l'autre).
Fort vieilli tant dans la forme ou les thématiques que surtout dans le jeu théâtral soulignant l'aspect élégiaque, ce drame de la solitude s'incarne avec force dans le visage enfantin, triste, éperdu de Giulietta Masina, impériale de douleur contenue. Malgré sa présence, il est difficile de s'immiscer dans ce quotidien morose ou artificiel selon les personnages, d'autant que la dimension lacrymale attendue est bien trop appuyée. Un mélodrame désuet.
Gelsomina est vendu par sa Mere à Zampano un saltimbanque ambulant qui va la brimer. Il y a dans la Strada une douce mélancolie qui fait merveille. On nous montre des personnages qui subsistent dans une misère qui ne laisse pas la place pour les sentiments. Et ces sentiments réprimés rongent les protagonistes de l’intérieur comme une maladie. Porté par les interprétations de Giulietta Masina et d Anthony Quinn qui font exister deux personnages à la douleur de vivre intemporelle la Strada est un film qui a gardé toute sa beauté en évoquant des sentiments universels.
Il faut bien l'avouer, je ne suis pas entré dans le film. A qui la faute, si ce n'est à Fellini et son style si particulier, qui m'a bien plu dans d'autres cas mais pas ici: la mise en scène n'est pas spécialement laide (il y a de belles idées), mais le rythme quasi absent, les personnages qui fonctionnent plus en mimiques qu'autre chose, l'enjeu de l'histoire qui est plutôt faible, et les péripéties convenues. Peut-être faudra-t-il lui redonner une chance un jour, comme pour d'autres films, mais ce premier visionnage ne m'a clairement pas emballé.
Si ce n'est pas à cause de son histoire très succincte (bien que porteuse d'une des plus belles morts hors-champ de l'Histoire du cinéma) que "La Strada" est considérée comme un chef d'oeuvre, alors, pourquoi est-ce ? Tout simplement pour ces deux héros. D'un côté la brute bestiale, brutale, inculte mais pas aussi dépourvue de coeur qu'elle en a l'air et de l'autre, la crève-la-faim attachante, fragile, naïve, mais à la fois insondable. Tout l'intérêt du film réside dans la relation qui se noue entre les deux. Où l'amour, la détestation et le mépris ne font plus qu'un. Toute personne réussissant à appréhender ce dialogue de sourds permanent trouve à tous les coups la clé de "La Strada". Surtout que Fellini a l'intelligence de filmer ces deux héros médiocres et sans avenir avec énormément de compassion sans se laisser happer par le piège du misérabilisme. La Masina, avec sa tête d'artichaud (comme dit dans le film) et sa fantaisie réprimée est au sommet et Anthony Quinn, tout en force (mais avec une fragilité qu'on prend soin de nous cacher jusqu'au bout) se hisse facilement au même niveau.
Un bon film de Fellini...près de 60 ans d'âge et qui se regarde avec plaisir. Mêlant avec brio le réalisme mis en valeur par le Noir et Blanc et le surréalisme des situations, en particulier le premier rôle féminin, sorte de clown lunaire, le film traite de le la difficulté pour un homme fruste et macho de se laisser aller à ses sentiments.
Mi-artistes forains, mi-vagabonds, Zampano et Gelsomina arpentent les routes italiennes et gagnent quelques sous au hasard de représentations médiocres. Achetée par Zampano et soumise à sa brutalité fruste, Gelsomina est une touchante femme-enfant, romantique et rêveuse, qui semble échappée du cinéma muet tant la physionomie que lui prête l'étonnante Giulietta Masina indique, plus que des paroles, ses peines, ses (petites) joies et ses surprises. L'adorable composition de Giulietta Masina fait d'ailleurs pour beaucoup pour le charme du film. Du duo hétéroclite qu'elle forme avec l'athlétique Anthony Quinn émane une humanité émouvante, à mi-chemin entre le drame néoréaliste et le conte triste. Les expressions tragi-comiques de la comédienne et les bougonneries de Quinn caractérisent deux personnages inoubliables; ils sont à la fois pathétiques dans leur voyage vers nulle part, que Gelsomina entreprend avec espoir mais dont Zampano n'attend rien, et poétiques par leur existence marginale et bohème que Fellini relate avec amour et compassion.
"La Strada" marque l'avènement d'un cinéaste majeur italien en la personne de Federico Fellini. En 1954 ce dernier mettait en scène ce duo impérissable du septième art. Anthony Quinn, immense interprète capable de passer de la virilité au tragique le plus déchirant avec une lucidité absolument déconcertante. Puis surtout Giulietta Masina dans le rôle de sa viedont la démarche et le sourire n'ont pas finis de faire rêver. Car "La Strada" est un rêve qui nous emmène dans un autre monde, ou nos désirs y deviennent temporairement réels. Alors on s'évade soudain. On joue du tambour et de la trompette en compagnie de Gelsomina, battue par le robuste Zampano. On voudrait comme elle suivre l'ange Il Matto pour qu'il continue éternellement à nous faire rire de ses numéros mais le destin en décidera autrement. Un sommet de poésie. Splendide.
Le spectacle de rue, c’est un thème fétiche chez Fellini ; un thème un peu chiche pour une bonne part du monde du cinéma de l’époque, aussi. Difficile à produire, le film bénéficie d’un Anthony Quinn qui ignorait tout du réalisateur & dont l’agent suspicieux a refusé un salaire basé sur un pourcentage des recettes ; ironiquement, l’acteur y a perdu de l’argent comme son personnage y perdra la joie de vivre. Une joie un peu âpre, même si pas autant qu’un doublage en italien qui passe très mal.
L’exploitation des plus faibles dans l’art itinérant contient une ironie qui n’allait pas s’arrêter à l’obtention du tout premier Academy Award pour un film en langue étrangère : avant de devenir le film favori du pape François, La Strada est un questionnement sur la tolérance. Est-ce tolérer que d’accepter les faiblesses de celui qu’on exploite ? Ou ”celle”, en l’occurrence : Giulietta Masina, la femme de Fellini (ç’a rassuré les producteurs), joue le rôle exténuant d’une simple d’esprit. Elle doit faire attention à ne pas comprendre ses propres sentiments pendant que son exploiteur fictif, drama Quinn, ne comprend le siens que trop bien & les a refoulés pour cette raison.
Là où le monde (intra & extra pelliculam) voyait une pauvresse & un méchant, Fellini pose la question autrement : comment faire que l’un se révèle dans les yeux de l’autre ? Rien ne sera dès lors plus très clair : se tenant à l’écart de clichés qu’on n’avait pas encore inventés, le régisseur parle à chacun de ses deux personnages : d’une part, il fait appel à la perspicacité de celle qui n’en a supposément pas, & d’autre part à ce que ressent celui qui refuse d’exprimer le fond de sa personne. Une profondeur qui rejaillit de protagonistes dont chaque image témoigne de l’incroyable plénitude.
Évidemment, cela provoque du conflit, & si ses fondements sont rattrapés au vol par l’écrémage d’un mélange savant, ses axiomes s’imposent un peu fort. Je pense que là aussi, Fellini était trop en avance sur son temps pour qu’un peu de sa précipitation ne survive pas jusqu’à un visionnage 65 ans plus tard.
Mais qu’à cela ne tienne, le tour de passe-passe est enclenché : remords et malheur seront les produits abrasifs d’une œuvre aux fantastiques éclairages parcourant les routes en quête de la plus belle des anti-histoires d’amour.
Pour moi, la Strada demeurera à jamais le plus grand film de Fellini. A la fois tendre, tragique, magique, drôle, dur, dramatique, léger, mélodramatique, poétique, La Stada est tout à la fois et bien d'autres choses encore. Une oeuvre unique bercée par la trompette de Gelsomina, la verve de Zampano et la poésie de Fellini. Une histoire simple et forte, à la limite de l'ultra-réalisme à l'italienne, qui porte en son sein un souffle fort qui renverse toutes les barrières émotionnelles. Un pur moment de bonheur tout simplement.
Magnifique, émouvant, sublime, les qualificatifs élogieux ne manquent pas pour parler de ce superbe film de Fellini. Une jolie histoire toute simple servie par un duo d'acteurs hors du commun. La Strada est un cinéma qui se vit et se ressent plus qu'il ne se commente. Simplement un chef-d'oeuvre.
Une merveille d’humanité d’une tristesse infinie. La Strada marque les esprits par sa profondeur dramatique qui fait chavirer les coeurs et par sa sincérité et une interprétation sublime de la muse de Fellini. Chef d’œuvre absolu du cinéma italien, immuable...