Deuxième chef-d’œuvre de l’œuvre de Fellini (dans l’ordre chronologique après Les Vitelloni), La Strada est sans doute son film le plus connu, celui qui lui a en tout cas attiré les faveurs du grand public et a révélé - à juste titre - Giulietta Masina comme un monstre sacré du cinéma mondial. Son personnage de Gelsomina fait partie des archétypes universels de l’humanité au même titre (par exemple) que Marguerite Gauthier ou Esmeralda. Le film expose l’errance de Zampano (magnifique Anthony Quinn qui trouve là le rôle de sa vie), hercule de foire, brute et ivrogne invétéré, qui a acheté pour 10 000 lires sa nouvelle compagne, sœur de la précédente morte à la tâche. Au-delà de l’exposition habituelle chez Fellini de divers types passionnants d’êtres humains sur la toile de fond inépuisable du spectacle ambulant, ce qui fait la richesse unique de ce film est la rédemption finale de Zampano, qui trouve littéralement son âme en l’autre, cet autre au départ insignifiant et sans valeur et dont il ne peut trouver l’amour que dans le manque. Une réflexion en passant : songeons au nombre de films que l’on tient pour des œuvres estimables et dont on oublie la fin aussitôt après les avoir vus. Songeons en contrepartie à toutes ces fins inoubliables chez Fellini pour souligner sa force et sa grandeur. Les sanglots déchirants et solitaires de Zampano sur la plage où il est rejeté après avoir appris la mort de Gelsomina font partie à tout jamais de la grande histoire du cinéma. N’oublions pas la mention spéciale habituelle à la musique de Nino Rota, petite musique de l’âme que l’on continue à porter en soi et à fredonner longtemps après le générique de fin de cet immortel chef-d’œuvre.
Ne serait-ce que pour la présence d'Anthony Quinn & de Giuletta Masina, la raison serait suffisante de voir & revoir ce grand film. La métamorphose de Zampano à la toute fin du film, de brute épaisse en amant désespéré (& trop tardif), puis ivre de mysticisme après s'être roulé en larmes dans le sable; & le déchirant clown triste Gelsomina, fidèle par sa soumission à celui que la simplette qu'elle est comprend pourtant mieux qu'il ne fait lui-même, sont les clés d'une réalisation où Richard Baseheart a pourtant sa place de choix en plaisantin aérien & grain de sable consolateur. Maintenant, qu'on s'attarde sur le sublime N&B qui découpe les moindres nuances d'expression des visages (beaucoup de gros plans inoubliables) & fait étinceler le mouvement des vagues sous un intemporel éclat lunaire, & l'on comprendra mieux ce qui fait de Fellini 1 génie. Je sais que la nouvelle mode est de regarder les films en DVD, mais je ne saurais trop conseiller d'aller le voir sur grand écran (il est régulièrement projeté), puis d'étudier les scènes coupées ou non retenues dans le scénario final, grâce à l'excellente édition de l'Avant-scène. Histoire de se rappeler comment les premiers cinéphiles découvraient & se remémorient le cinéma. De toute façon, ce film est incontournable, l'un des plus beaux du grand Federico.
Une oeuvre étrange et intemporelle par le nombre de thèmes qu'ils abordent (les artistes de cirque, la femme considérée comme un objet, la place de chacun dans l'univers,...) qui doit beaucoup à Anthony Quinn, acteur parfait dans l'incarnation de l'homme fort et brutal, et bien sûr à la lumineuse Giuletta Masina, parfaite elle aussi. Fellini a pleinement réussi une oeuvre complexe mais surtout émouvante magnifiée par le célèbre thème mélancolique de Nino Rota. Un chef d'oeuvre.
"La Strada" marque l'avènement d'un cinéaste majeur italien en la personne de Federico Fellini. En 1954 ce dernier mettait en scène ce duo impérissable du septième art. Anthony Quinn, immense interprète capable de passer de la virilité au tragique le plus déchirant avec une lucidité absolument déconcertante. Puis surtout Giulietta Masina dans le rôle de sa viedont la démarche et le sourire n'ont pas finis de faire rêver. Car "La Strada" est un rêve qui nous emmène dans un autre monde, ou nos désirs y deviennent temporairement réels. Alors on s'évade soudain. On joue du tambour et de la trompette en compagnie de Gelsomina, battue par le robuste Zampano. On voudrait comme elle suivre l'ange Il Matto pour qu'il continue éternellement à nous faire rire de ses numéros mais le destin en décidera autrement. Un sommet de poésie. Splendide.
Un grand classique avec une Masina extraordinaire. Fellini montre son talent à nouveau dans ce film magnifique qui vient tout droit de son monde spécifique. Anthony Quinn n'aura pas fait de meilleur film que celui la. Ma note devrait etre 4 etoiles mais si je lui met 4 étoile je ne pourrai pas marquer ma preference dans les divers films de fellini. Du coup si vous regardez mes autres critiques il faudrai partir du fait que 2 etoiles pour ce film sont égales à 4 etoile comparativement aux autres films auxquels j'ai mis 2 étoiles
Impossible d'oublier la performance chaplinesque de Masina dans ce rôle bouleversant de Gelsomina. Film néo-réaliste portant fortement la patte Fellini, La strada n'est peut-être pas un chef d'oeuvre absolu, parfois un peu simpliste, mais le film parle à tous, cru, émouvant, et ce portrait de la misère dans le monde du spectacle reste le meilleur film de Fellini pour ceux qui ont du mal avec le mégalomane italien. Une belle réussite, qu'on revoit toujours avec plaisir.
Magnifique, émouvant, sublime, les qualificatifs élogieux ne manquent pas pour parler de ce superbe film de Fellini. Une jolie histoire toute simple servie par un duo d'acteurs hors du commun. La Strada est un cinéma qui se vit et se ressent plus qu'il ne se commente. Simplement un chef-d'oeuvre.
La Strada c'est l'histoire d'un caillou dans la rue. Gelsomina reste avec Zampano, plutôt que de suivre le funambule. Le funambule lui montre le caillou et elle comprend qu'elle est comme ce petit bout de pierre arrivé là, juste à sa place, et qu'il n'y a pas de meilleure place pour elle qu'avec Zampano, malgré son malheur. Ce n'est pas le Destin qu'elle accepte, mais quelque chose de supérieur, la reconnaissance de l'Ordre du monde.
un film burlesque, poétique, émouvant aux images inoubliables. Fellini est un grand conteur et traite ses personnages entre finesse et satire. Giulietta masina est touchante dans son personnage aux allures chaplinesque et anthony quinn en géant brutal ne montrera son coeur que dans la dernière scène sur la plage. Bouleversant
Pour les fans de Caliméro. Moi le côté "Personne ne m'aime, je ne sers à rien, c'est trop injuste", ça me gonfle. Sans compter que l'histoire est bien linéaire, le scénario pourrait tenir sur une ligne. La musique est pas mal bien sûr, mais de là à ériger ce film au rang de chef-d'œuvre d' l'histoire du cinéma non. Faut pas pousser mémé dans les orties.
Une fresque romanesque sur la vie des artistes de rue, menée par des personnages attachants et/ou révoltants, et par une mise en scène d'une maestria prodigieuse
Qu'on aime ou qu'on déteste, on ne peut que reconnaître le formidable talent de Fellini, talent déjà en oeuvre dans La Strada, film inclus dans la période néoréaliste du cinéaste. Plus modeste dans sa forme, son esthétique et sa narration, La Strada annonce pourtant déjà les grandes vibrations baroques de Huit et demi, Amarcord ou Fellini Roma. Plastiquement superbe (on en attendait pas moins d'un esthète comme Fellini), La Strada possède la force des grandes histoires pathétiques, à savoir celle de la douce et naïve Gelsomina, maltraitée par cette grosse brute de Zampano. Film néoréaliste, hommage au burlesque (les facéties de Gelsomina nous rapellent Chaplin ou Stan Laurel), La Strada montre bien la volonté de Fellini de ne pas s'enfermer dans cette mouvance dont on a fait de lui un peu hâtivement une figure de proue. Car le cinéma de Fellini transcende le réalisme pour s'évader vers un onirisme poétique qui trouve pour allégorie le personnage de l'ange (joué par Richard Basehart, un des futurs Vitelloni). Derrière une intrigue minimaliste se joue le destin de deux personnages on ne peut plus opposés, qui ne peuvent s'adapter l'un à l'autre. Et contrairement à ses confrères Rossellini, De Sica ou Visconti, Fellini recourt pour les premiers rôles à des acteurs professionnels dont Anthony Quinn, qui ne sait pas encore que ce rôle le prédestinera à ne jouer exclusivement que des rôles de brute. Son personnage de macho insensible au malheur de Gelsomina est certes cruel mais magistralement interprété malgré sa méconnaissance totale de l'italien. Quant à Giulietta Masina, toutes les actrices en herbe devraient un jour voir ce film et prendre une leçon de jeu auprès de cette actrice qui joua presque exclusivement sous les ordres de son mari. Film beau et triste à pleurer, La Strada est plus qu'un beau tour de magie : c'est un véritable miracle.