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5,0
Publiée le 25 mai 2026
Avec La strada, Fellini transforme l’errance d’une troupe misérable en une parabole bouleversante sur la cruauté, l’innocence et le besoin désespéré d’amour. Giulietta Masina atteint une grâce presque irréelle dans le rôle de Gelsomina, personnage fragile et lumineux dont chaque regard semble contenir toute la tristesse du monde. Face à elle, Anthony Quinn incarne une brutalité primitive qui finit pourtant par révéler, dans ses fissures, une immense détresse humaine. Fellini filme les routes, les foires et les paysages pauvres de l’Italie comme un mélange de réalisme rugueux et de poésie mélancolique, déjà traversé par son goût du merveilleux. Une œuvre profondément humaine et intemporelle, dont la douleur douce-amère continue de résonner longtemps après le dernier plan.
La Strada part d’une histoire minuscule (une brute, une ingénue, un saltimbanque) mais Fellini en tire quelque chose de plus grand. On regarde avec émotion des gens abîmés, incapables de dire clairement ce qu’ils ressentent, et qui finissent par se faire du mal faute de savoir aimer. Gelsomina est évidemment le cœur du film : naïve, drôle, triste, muette, mais jamais réduite à une simple victime. Pour moi, La Strada, c’est avant tout Giulietta Masina. Elle est bouleversante, avec ce visage à la Chaplin qui peut faire passer une émotion sans un mot. Face à elle, Anthony Quinn donne à Zampano une brutalité animale, mais aussi une faille qui met du temps à apparaître. J’ai aimé cette façon de transformer la pauvreté et l’errance en univers de conte, avec ses routes, ses clowns, ses numéros et sa solitude. Le rythme est parfois lent, et il est vrai que la relation bourreau/victime peut rester par moments un peu trop figée. Mais la musique de Nino Rota, la fragilité de Gelsomina et la scène finale sur la plage donnent au film une vraie puissance émotionnelle. La Strada ne m’a pas transcendé, mais laisse une trace nette, comme une mélodie triste qu’on garde en tête. Un conte cruel et profondément humain sur l’amour qu’on ne sait pas donner, et qu’on comprend souvent trop tard.
La Strada m'arrache le cœur ! C'est une histoire d'amour sacrificielle et insolite. Un grand poème en noir et blanc sur une fausse brute et une fausse clown.
C’est avec une histoire tragique au possible que Fellini entre en 1954 par la grande porte du cinéma mondial , et porte aux nues son épouse Giulietta Masina . Une jeune fille vendue à un lutteur forain par sa famille qui ne peut pas nourrir toutes ses bouches. Elle est aux anges, et découvre le monde avec bonheur, malgré les rebuffades de son patron, brut de décoffrage . Anthony Quinn, imparable.spoiler: Il la bat souvent. Elle pourrait le quitter pour un autre artiste, un funambule , plein de poésie, d’amour et de simplicité . Mais Gelsomina revient toujours vers Zampano, avec sa mélodie mélancolique qu’elle trompette telle une rengaine amoureuse. Sous sa petite mine contrite, celle du film muet qu’elle se joue sous son fard de clown Giulietta Masina entrait dans la légende du cinéma mondial. Son personnage, sa mise en scène, son interprétation demeurent encore à ce jour parmi les portraits les plus fabuleux du septième art . AVIS BONUS Dans un français parfait , Giulietta Masina raconte l’histoire du film que deux critiques dissèquent à leur façon Pour en savoir plus :
Mi-artistes forains, mi-vagabonds, Zampano et Gelsomina arpentent les routes italiennes et gagnent quelques sous au hasard de représentations médiocres. Achetée par Zampano et soumise à sa brutalité fruste, Gelsomina est une touchante femme-enfant, romantique et rêveuse, qui semble échappée du cinéma muet tant la physionomie que lui prête l'étonnante Giulietta Masina indique, plus que des paroles, ses peines, ses (petites) joies et ses surprises. L'adorable composition de Giulietta Masina fait d'ailleurs pour beaucoup pour le charme du film. Du duo hétéroclite qu'elle forme avec l'athlétique Anthony Quinn émane une humanité émouvante, à mi-chemin entre le drame néoréaliste et le conte triste. Les expressions tragi-comiques de la comédienne et les bougonneries de Quinn caractérisent deux personnages inoubliables; ils sont à la fois pathétiques dans leur voyage vers nulle part, que Gelsomina entreprend avec espoir mais dont Zampano n'attend rien, et poétiques par leur existence marginale et bohème que Fellini relate avec amour et compassion.
"La Strada" est une oeuvre des plus cultes du cinéma italien. Dans ce film, Fellini nous dépeint la vie d'une jeune femme ;incarnée à l'écran par la splendide Giulieta Masina; qui va faire la rencontre du terrible "Zampano". Et, autant vous dire que les émotions sont au rendez-vous. On rit, on pleure et on aime cette oeuvre magistrale du génie Fellini.
A chaque fois que j'ai vu un classique (comme Casque d'or, Les sept samouraï ou Les enfants du Paradis pour ne citer qu'eux), la raison de leur succès et de leur postérité m'est apparue évidente, techniquement comme en terme de narration. Pas cette fois. La technique ne m'a guère impressionnée et l'histoire est vraiment misérabiliste et horrible. Seule l'interprétation de Giulietta Masina paraît comme un rayon de soleil dans cet univers glauque et désespérant.
C’est le premier chef d’œuvre de Fellini, dans sa première période. Revu 70 ans après sa sortie, il est la preuve que dans le domaine artistique, la valeur ne souffre pas de l’usure du temps. On est confondu devant tant de créativité et de puissance émotionnelle atteintes dans une telle simplicité, aussi bien du scénario que des moyens mis en œuvre. En cela, mais aussi par l’importance du mime, par l’univers du cirque et le regard plein d’humanité porté sur les humbles, il rappelle le grand Chaplin. D’une histoire banale, Fellini fait ressortir des personnages très forts, en premier lieu l’inoubliable Gelsomina, et émerger des questions profondes sur l’humanité, la société, l’amour et la spiritualité. Magnifiées par la musique de Nino Rota, toutes les scènes sont de grande qualité et mériteraient d’être évoquées, et plusieurs sont véritablement bouleversantes. Une pépite de l’histoire du cinéma.
Si ce n'est pas à cause de son histoire très succincte (bien que porteuse d'une des plus belles morts hors-champ de l'Histoire du cinéma) que "La Strada" est considérée comme un chef d'oeuvre, alors, pourquoi est-ce ? Tout simplement pour ces deux héros. D'un côté la brute bestiale, brutale, inculte mais pas aussi dépourvue de coeur qu'elle en a l'air et de l'autre, la crève-la-faim attachante, fragile, naïve, mais à la fois insondable. Tout l'intérêt du film réside dans la relation qui se noue entre les deux. Où l'amour, la détestation et le mépris ne font plus qu'un. Toute personne réussissant à appréhender ce dialogue de sourds permanent trouve à tous les coups la clé de "La Strada". Surtout que Fellini a l'intelligence de filmer ces deux héros médiocres et sans avenir avec énormément de compassion sans se laisser happer par le piège du misérabilisme. La Masina, avec sa tête d'artichaud (comme dit dans le film) et sa fantaisie réprimée est au sommet et Anthony Quinn, tout en force (mais avec une fragilité qu'on prend soin de nous cacher jusqu'au bout) se hisse facilement au même niveau.
La vie ne serait-elle qu'une comédie géante dans laquelle pantomimes et numéros d'acrobates s'enchaînent ? Si le théâtre a trait avec les émotions simulées, les informations tues ou la répétition quotidienne, ancrer tout le réel de son film là-dessus occulte ce qui s'en détache. Toutes les conversations ne sont pas des partitions. On aime à croire qu'il reste de la sincérité dans nos relations.
Cela étant, le rythme circassien – ou du divertissement, en général –, s'en rapproche : une longue préparation, des mouvements répétés dans une journée, un moment clef, puis rebelote. À ceci près que le moment clef ne se produit pas toujours et reçoit rarement le même engouement que les numéros de Zampano.
Fellini oppose trois forces, presque jamais ensemble à l'écran : la brutalité irréfléchie, la candeur idiote et la désinvolture inconsciente. C'est la grande force du film : toutes trois se nourrissent autant qu'elle se nuisent. Zampano haït le fou parce qu'il contribue à l’émancipation de Gelsomina, dont il a besoin pour sa participation aux numéros et son soutien moral. Le fou attise la colère de la brute et prodigue des conseils à l'idiote. L'idiote obéit et s'affranchit en dépit de son autonomie propre
Belle trouvaille de Fellini, entachée néanmoins par la désynchronisation sonore, marque de fabrique du cinéaste, venant rappeler l'artificialité du récit, mais nuire à la crédibilité des émotions et, de facto, à l'implication dans l'histoire. Ce n'est pas la meilleure méthode pour rappeler le cadre artistique aux spectateurs qu'on aurait peine à oublier. Par ailleurs, le surjeu actoral – volontaire ou pas – participe à nous détacher du film.
Gelsomina est vendu par sa Mere à Zampano un saltimbanque ambulant qui va la brimer. Il y a dans la Strada une douce mélancolie qui fait merveille. On nous montre des personnages qui subsistent dans une misère qui ne laisse pas la place pour les sentiments. Et ces sentiments réprimés rongent les protagonistes de l’intérieur comme une maladie. Porté par les interprétations de Giulietta Masina et d Anthony Quinn qui font exister deux personnages à la douleur de vivre intemporelle la Strada est un film qui a gardé toute sa beauté en évoquant des sentiments universels.
Difficile de sortir intact de ce chef-d'oeuvre : un film traversé par la grâce du début à la fin, d'une simplicité absolue, sans aucun pathos, et en même temps terrible, bouleversant comme peu d'autres (pour ne pas dire aucun autre). Charlie Chaplin considérait Guiletta Massina comme la plus grande des actrices, on peut concevoir sans peine le choc qu'il a dû recevoir en découvrant ce miracle.
Ce film est atroce. Tous les clichés que dénoncent les luttes féministes y passent : un mari violent, une femme qui accepte de souffrir car "c'est son rôle", aucune perspective d'émancipation, et... un apitoiement très malvenu sur le sort du "héros", si triste, après tout, dans ce carcan de solitude qu'il s'est lui-même construit à grands coups de poings. Mais la.e spectateur.ice est tout de même amené.e à compatir : "c'est une brute, il n'y peut rien." J'aurais préféré que sa femme s'enfuie, le trompe, le tue, ou parvienne à s'exprimer un peu plus dans ce monde machiste et oppresseur. J'aurais aimé que Fellini la montre heureuse, jouant de la trompette et faisant la clown comme elle sait si bien le faire. Je salue malgré tout sa mémoire, car c'est celle de toutes celles qui n'ont pas pu fuir une situation désastreuse en abandonnant le s*laud qui prétend les aimer. Tout ce qui m'a plu, ce film le doit à la présence de l'actrice principale, à ses mimiques, à son jeu très sensible. Le reste, c'est du vent.
Ce chef d'oeuvre d'émotion, magnifique et atemporel, réussit l'exploit de retranscrire avec une simplicité exemplaire toute la complexité et les paradoxes de nos sentiments humains. Absolument magistral.