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Un visiteur
3,5
Publiée le 18 septembre 2012
L'intérêt du film se trouve pour moi dans le jeu des acteurs. Giulietta Masina est excellente en foraine ingénue et simplette. Touchante, elle porte à elle seule toute la mélancolie de l'oeuvre. La musique de Nino Rota sublime la réalisation. Pas de suspense, pas d'intrigue, on ère ici au gré des déplacements de Zampano, forain qui recueille une pauvre fille afin d'en faire sa partenaire. Entre solitaires qu'ils sont, le dialogue est difficile, l'amour aussi...
Un chef-d'oeuvre du grand cinéaste italien. Fellini signe un film émouvant, captivant, sombre et fascinant. La mise en scène est excellente, merveilleuse, certains passages surréalistes sont des plus beaux, et les acteurs font des miracles. Giulietta masina est forte, puissante, elle nous fait rire et pleurer du début à la fin, aux côtés d'un Anthony Quinn superbe. Fabuleux !
L'homme, la femme, l'amant. La brute, l'ingénue, le saltimbanque. Trois personnages pour une histoire des plus simples. Si Fellini est encore grandement influencé par le néoréalisme italien, «La Strada» tient plus de la fable que de la chronique sociale. Il épure au maximum l'intrigue (qui rappele celle de «L'Atalante» du français Jean Vigo) pour en garder une émouvante métaphore de l'humanité, tiraillée entre l'amour et la haine, entre la bonté et la violence. Gelsomina, pauvre jeune fille simple d'esprit, se fait un jour vendre par sa mère à Zampano, un homme brutal vivant de ses numéros de démonstration de force. Il rudoie continuellement Gelsomina, lui confiant les tâches les plus ingrates et la traitant comme une moins que rien, jusqu'au jour où surgit dans leur vie le saltimbanque Il Matto. Il séduira immédiatement la candide Gelsomina et les conséquences seront terribles pour le trio, Zampano devenant soudainement jaloux du nouveau venu. Les comédiens sont exceptionnels, Giulietta Masina en tête avec sa figure clownesque, drôle malgré toute la tristesse qui s'en émane, même si Anthony Quinn n'est pas en reste, excellant dans son rôle d'homme violent et totalement insensible à l'amour que lui porte Gelsomina. On est tout de suite touché par le jeu des acteurs, et l'impression de beauté douloureuse qui se dégage du long métrage est renforcée par la jolie partition de Nino Rota et par l'admirable photographie en noir et blanc. Désespéré et bouleversant, «La Strada» est un des premiers chefs-d'oeuvre de Federico Fellini. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Chef d’œuvre absolu de l’art cinématographique obtenu avec peu de moyen. Tout y est : la maîtrise des prises de vue, du découpage, du montage ; la qualité du scénario et des dialogues (ah ! Les propos d’Il Matto –le fou- à Gelsomina sur l’utilité : pas de grands discours philosophiques ou moralisateurs ni mot d’auteur savamment travaillé. Non. De simples propos de bon sens qui viennent du cœur !), le jeu des acteurs, tous sublimes, pas une fausse note, et pour finir la musique de Nino Rota qui, comme dans le film lui-même, finit par imprégner le spectateur et provoquer –comme la madeleine de Proust- cette étrange nostalgie mêlée de joie et de tristesse . Merci Monsieur Fellini.
Le film se veut naïf mais trop forcé il en devient niais. Le jeu de l'actrice principale n'a rien d'attendrissant. Il devient rapidement insupportable. L'aspect psychologique n'est qu'effleuré. Le symbolique est noyé dans un misérabilisme incommensurable.
Un voyage troublant et enchanteur dans le milieu forain... La Strada est un film très particulier, il s'y passe beaucoup de choses mais on a l'impression qu'il ne s'y passe rien, et pourtant on est fasciné. C'est typiquement un film sur lequel j'aurais du mal à mettre des mots, un film qui fait rentrer le spectateur dans un rapport intime aux personnages. On s'émeut de Gelsomina, cette jeune femme livrée par sa mère à un forain dont elle n'arrivera jamais, malgré les nombreuses occasions, à se libérer de l'emprise. Le visage solaire de la grandiose Giulietta Masina rayonne de candeur et de mystère. Les expressions de son visage, son regard immense et sa gestuelle lui donnent une aura incroyable et mélancolique, celle d'un clown triste. Rarement un personnage de cinéma ne m'aura semblé si intriguant et envoutant. On a l'impression de ne jamais cerner ce qu'il y a sous la carapace de cette femme-enfant, souvent présentée comme simple d'esprit par ceux qui parlent du film. Sa moue boudeuse réussit à attendrir et interpeller le spectateur au delà de l'écran. C'est fou, car on s'attache à la relation de Zampano et Gelsomina alors que rien (ou presque) ne bouge entre ces deux êtres isolés : elle attendant un signe qui ne vient jamais et lui se refusant à ouvrir les yeux sur elle. Et pourtant, on termine La Strada avec un immense sentiment de nostalgie et de solitude : elle était tout pour lui, il était tout pour elle, et on le sait même si jamais Fellini n'en fait des tonnes pour nous donner à voir l'intensité de la relation de ces deux solitaires. Cette scène finale est réellement prenante et bouleversante. La Strada est d'ailleurs une véritable leçon de cinéma dont le statut de classique ne m'étonne en rien : tout est filmé à la perfection avec de magnifiques travellings, et la caméra capte les émotions. Le passage le plus magique du film est pour moi celui où les regards de Gelsomina et celui d'Il matto se croisent pour la première fois (alors qu'il rentre dans sa voiture après son numéro de funanbulisme). Il faut le capter, car il est court, mais c'est un de ces instants où on a l'impression qu'il n'y a plus ni acteurs, ni metteurs en scène, ni caméra. Un de ces instants où on a l'impression d'assister à une bribe de vie. Le personnage d'Il matto, seul à comprendre et savoir parler à Gelsomina, amène une très belle réflexion sur la vie et la place de chacun dans l'univers. Si je ne mets pas la note maximale à la Strada, c'est parce qu'il manque à mes yeux un peu de concision. Mais ce film est une véritable expérience, une interaction entre acteurs et spectateurs, un film qui nous berce tout du long par sa langue mélodieuse (ça donne envie de se mettre à l'italien) et sa musique superbe, et qui reste en tête après s'être terminé ...
L'histoire terrible poignante de Gelsomina, fille qui n'aura jamais eu de chance et de reconnaissance dans sa vie, et dans le milieu du cirque.
Federico Fellini réussit un véritable coup de maitre, sublimé par la musique de Nino Rota. Giuletta Masine est inoubliable dans son rôle de fille malchanceuse et Anthony Quinn excellent dans son rôle de brute bestiale, un duo d'acteur qui ont très bien su interprété "un couple" muettement amoureux l'un de l'autre. Bref, un excellent mélodrame poétique mais terriblement triste et réaliste, et subtile. Fellini est un grand cinéaste que je n'aie pas fini de découvrir.
D'ailleurs, je vais poster une petite histoire racontée brèvement dans la BD Watchme, oeuvre de Alan Moore, auquel j'ai beaucoup pensé durant le film :
"Un homme va chez le toubib, dit qu’il est déprimé, la vie lui parait dure et cruelle. Il dit qu’il se sent tout seul dans un monde menaçant. Le toubib dit : « le remède est simple, le grand clown Paillasse est en ville. Allez le voir, ça vous remontera. » L’homme éclate en sanglots : « mais docteur, qu’il dit, je suis Paillasse. » "
L'amour vient souvent trop tôt ou trop tard laissant derrière lui des larmes et des regrets. Les dialogues sont bons, l'image est belle, la musique est excellente, l'histoire triste mais bien tracée. J'aime bien quand Il Matto dit à Gelsemina "T'es sûre que t'es une femme ? Tu serai pas plutôt un artichaut ?", parce-que c'est vrai qu'elle ressemble à un artichaut. Anthony Quinn est excellent dans la peau de cette brute épaisse.
Une merveille. Le jeu des acteurs est d'une justesse incroyable, la musique de Nino Rota guide le spectateur, qui tel un funambule, reste en équilibre entre diverses émotions, mais arrive au bout du fil avec une douceur agréable, une nostalgie et un enchantement propres au cinéma Fellinien. Indispensable.
AU XXIe force est de constater que "La strada" a pris un sacré coup de vieux. A moins d'être nostalgique jusqu'au plus profond de son être. Certes il y a une certaine tendresse touchante, une poésie naïve qui attendrit mais l'aspect gnan-gnan finit par primer et faire passer la sensibilité pour de la sensiblerie. Giuletta Masina finit par irriter avec ses simagrées. Le "fou" gonfle. Seul Anthony Quinn parvient à convaincre. Bref, Fellini on aime ou on aime pas, moi non plus.
La Strada est un pur joyau. Fellini nous offre une magnifique parabole poétique sur la toute puissance de l'amour au travers de l'histoire de cette jeune femme simple d'abord achetée par une brute qui va ensuite découvrir en rencontrant le fou qu'elle a sa place, qu'elle sert à quelque chose. Nous en aurons la démonstration dans la scène finale poignante et émouvante. L'humanisation de Zampano, fruit de l'amour gratuit de Gelsomina est un véritable tableau de rédemption qui nous touche profondément. J'y vois également un hymne à la fidélité mise en valeur dans l'attitude radicalement opposée des deux personnages. Quant au discours du fou, il peut être entendu comme une métaphore poétique de la révélation. La profondeur des thèmes abordés est particulièrement bien portée par la justesse des acteurs. Anthony Quinn et Giuletta Masina signent là un de leurs rôles majeurs qui marquent définitivement l'histoire du cinéma.
Premier film de Fellini que je découvre, "La Strada" est un petit bijou rempli de poésie, de tendresse et d'humanisme, à aucun moment le cinéaste ne pose un regard cruel sur ses personnages et il évite toujours le pathos malgré la triste situation de Gelsomina, qui va de malheurs en malheurs, forcée de suivre le brutal Zampano interprété avec charisme par Anthony Quinn qui impose sa stature et sa voix face à Giulietta Masina, toute frêle avec son visage tout rond et innocent. L'histoire est simple mais touchante et en artiste libre et poète, Richard Basehart vient compléter le casting de ce film inoubliable.
Il s'agit d'un assez bon film d'auteur, j'en conviens. Je me suis assez longtemps ennuyé mais je fus émus par la fin et la musique est grandiose. Je regrette toutefois d'avoir du subir la mauvaise traduction de la vf.
Redoutablement ambiancé par Nino Rota, "La Strada" est une oeuvre unique en son genre et marque de la meilleure des manières, son cinéaste Federico Fellini. Gelsomina, jeune femme évasive et naïve se fait vendre par sa mère très pauvre à un vulgaire artiste viril de rue qui la brutalisera et la trompera. Jusqu'à ce qu'elle trouve cet véritable artiste qui lui procurera un intense et minime bonheur... Poésie lyrique reflétant une mise en scène que je définis de pas moins par l'adjectif GRAN-DIOSE , malgré un scenario fataliste qui s'avère au final assez simple toutefois. Mais bien sûr, cette fresque c'est celle de ces trois personnages (Gelsomina par Giuletta Masina prodigieuse par l'enthousiasme qu'elle dégage avec son mimétisme dans ses numéros, Zampano joué par Anthony Quinn (qui fera connaître le film Outre-Atlantique) très juste dans le rôle du brutal, quand à "Il Matto" personnifié par Richard Basehart en artiste de funambule qui est le seul à comprendre Gelsomina, superbe.), le film n'atteint jamais le misérabilisme. Arrêtons les qualificatifs, je conclus par dire que c'est un film pardon, une pièce maïtresse cinématographique à voir absolument et à déguster pour tout fanatique du septième Art comme moi et que les exsangues de grands classiques comme ce "road movie" fellinien aillent se faire foutre!!