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Craoux
40 abonnés
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2,0
Publiée le 27 avril 2026
Bien sûr, la jeune Llucia enlumine à sa façon l'affaire, mais que sa quête d'identité est laborieuse. La multitude des personnages qu'elle va rencontrer à Vigo ajoute au sentiment de confusion. Et était-il vraiment nécessaire de mettre en images certains excès de la Movida ? .. à moins que cet angle de vue appuie lourdement le propos en témoignant de l'insouciance, de l'irresponsabilité de ses parents biologiques (Marina conçue par erreur). Bon, le petit entre-soi Cannois a apprécié, moi .. pas.
Très beau film poétique, doux et fort, intime et sociétal, magnifiquement interprété par Lucia Garcia J'ai beaucoup aimé son originalité, sa construction en chapitres mêlant présent et passé, la découverte progressive d'une histoire et d'une identité
Après un passage à Cannes assez confidentiel (séance unique à 15h au Grand Palais, et une timide séance de rattrapage en Agnès Varda à 14h... Autant dire qu'on n'était même pas au courant que ce film existait dans la Sélection, et c'est bien dommage), Carla Simon nous présente au Festival d'Alès (où l'on s'est occupé de la Dame) son film "semi-autobiographique" qui lui ressemble beaucoup : incroyablement solaire, et très délicat. Sans même poser la question, on comprend bien que l'héroïne du film qui cherche des réponses sur ses parents (disparus quand elle était petite), c'est elle. On voyage donc avec cette jeune femme dans les racontars et récits familiaux glanés autour d'une réunion estivale, aidés par le rosé piscine qui délie les langues, ou les cousins qui souhaitent arracher le pansement au plus vite. Les découvertes qu'elle fait sont tantôt tendres, tantôt cruelles, mensongères ou trop honnêtes, jusqu'au fin mot que la "Mama" (la grand-mère) taiseuse refuse de révéler. Alors Carla se met à inventer, à divaguer joliment, dans une troisième partie de film qui est très poétique. Dans la plus pure idée cathartique d'une fille qui veut serrer ses parents disparus dans ses bras, le fantasme vient à la rescousse du cœur en peine, et il est difficile de ne pas être ému par ces retrouvailles qui n'ont juste pas les pieds sur Terre (mais perchés dans un Ciel qui a des airs de toit d'immeuble très banal). On est parti en roue-libre sur l'interprétation du film quant au chat qui emmène l'héroïne jusqu'aux parents : "On est d'accord que c'est un chat-fantôme ? Car il a toujours le même âge dans le flashback avec les parents, et ça fait un lien assez fort avec la représentation du chat dans les tableaux de la Renaissance, qui est un symbole d'indépendance, de sexualité libre, d'émancipation, à l'inverse du chien qui est représenté dans les tableaux des épouses prudes, pour dire qu'elles sont fidèles à leur mari et à leur statut en société. Je pense donc que le chat est un guide parfait pour mener l'héroïne vers la révélation que ses parents étaient spoiler: deux camés follement amoureux, qui se sont enfuis car leur famille respective réprouvait leur lien puissant, mais qui signera leur perte plus tard. " / Carla Simon, surprise : "Euh, c'est juste que j'avais un chat qui s'appelait Fernandez quand j'étais petite, et il m'a énormément marquée, il guide souvent mes souvenirs car je me rappelle d'abord de lui, puis des membres de ma famille qui gravitaient autour. Et pour le chat du film, il a le même âge car j'étais allergique à absolument tous les autres chats du casting. Mais, j'adore votre interprétation, vous dites que c'est quelle période picturale, déjà... ?". Encore une fois, on est parti en rando dans les Montagnes de la Sur-Interprétation, mais quelle belle balade, et on garde finalement cette piste de lecture. Car on en veut pour la couleur des robes mère-fille à la fin, elles sont rouges : la passion, la violence des sentiments, elle est bien là, et par pitié ne venez pas nous déniaiser en disant que la costumière n'avait plus que ces robes au pressing... Comme Carla, on veut croire à la force de nos fantasmes, à la réalité d'un rêve qui se joue dans les quelques indices qui s'échappent d'un barbecue trop arrosé en famille, dans l'incroyable tendresse qui se dégage de la troisième partie onirique de ce très (très) beau Romeria. Et Carla de conclure : "Eh ben, heureusement qu'on n'avait pas un chien."
Un beau film avec ce qui manque si souvent aujourd'hui à beaucoup : du cinéma. L'idée de mêler au film les séquences vidéo prises par l'héroïne donnent sa saveur au film, et le met en abîme. Les acteurs sont parfaits, avec une impeccable Llucia Garcia. Pas un chef-d’œuvre, mais un très bon moment de cinéma, sensible et vivant.
Le sujet du film était prometteur. Malheureusement la réalisation erratique, le jeu des acteurs, la musique de violoncelle lancinante font de Romeria un calvaire. On s'ennuie ferme. Pour peu qu'on ait écouté ou lu une critique on sait à l'avance les maigres ressorts narratifs du film. Un ratage complet
Film sensible et délicat qui met en scène une jeune fille qui doit se pencher sur sa famille biologique pour obtenir un document d'état civil nécessaire à sa poursuite d'étude. On interroge ici la nécessite et la qualité des liens du sang. Marina cherche et trouve comment ses parents ont disparu et pourquoi elle a été adoptée. Llúcia Garcia incarne à merveille cette quête de la vérité, cette apparence de fragilité qui se mue en opiniâtreté pour faire émerger des hontes et des secrets dont elle a fait les frais. L'un des meilleurs films du moment.
C’est un récit intime, nourri de l’histoire personnelle de la réalisatrice, Carla Simón, et porteur à ce titre d’une forme de catharsis. Une catharsis déployée en douceur. C’est aussi une chronique sociale, avec un va-et-vient temporel entre les années 1980 et les années 2000, qui permet de plonger dans la période post-Franco en Espagne, période de liberté et d’excès, période de l’apparition du sida, tout en posant une critique de la bourgeoisie et du patriarcat, avec ses préjugés, ses tabous, son mépris social. La narration épouse le pèlerinage (“romeria” en catalan) de la jeune héroïne sur les lieux de vie de ses parents défunts et d’une famille paternelle qu’elle ne connaît pas. Cette narration avance avec simplicité, justesse et délicatesse, en faisant se répondre deux journaux intimes, celui de l’héroïne et celui de sa mère. Belle idée. Et belle sensibilité générale, qui capte par petites touches des impressions sensorielles (la mer, le soleil…), des instants cruels, une mélancolie diffuse, ainsi que la quête d’une vérité, l’appropriation d’une histoire familiale, les fondements d’une identité. La tonalité est globalement au réalisme, avec une touche d’onirisme (la reconstitution imaginaire d’un épisode de vie passé des parents défunts) et une touche de surréalisme mortifère (la scène de bal). Bref, il y a du cinéma dans ce film. Du cinéma qui reste encore assez sage, un peu trop dans la retenue probablement pour atteindre des sommets. Mais du cinéma qui témoigne d’une maîtrise fine et qui fait éclore une actrice, Llúcia Garcia, modeste et solaire.
Scenario bien mince, on s'ennuie car l'histoire s'étire en longueur. Une enfant adoptée revient dans sa famille biologique paternelle pour obtenir une signature de document d'état civil en vue d'une bourse. On suit en parallèle l'histoire de ses parents spoiler: morts du sida après avoir abusé de drogues...On est dans les années 80, ce qui explique le silence de la famille sur les causes du décès .Mais que c'est long, ça va on a compris depuis longtemps. Et certaines scènes oniriques n'apportent rien au film. Bref, très moyen.
Tout à fait honnête malgré l'interminable flash back reprenant avec force détails les journées des géniteurs lues dans le journal de bord par leur jeune fille. Marina est remarquablement interprétée, les autres moins. Le rappel du sort réservé aux malades du sida dans les années 80 n'est pas inutile mais ce flash back semble surfer ( donc superficiellement ) sur la légèreté simplette, - entretenue par un père fortuné -, du jeune couple oisif qui sombre dans l'addiction suicidaire.
Film intime et réaliste, au charme modeste. Dans cette quête de la mémoire familiale, la jeune comédienne Llucia Garcia est lumineuse. Elle navigue avec fragilité entre son présent et un passé non résolu. Le littoral de la Galicie sert de décor, souvent depuis des voiliers, qui rappellent que des destins peuvent chavirer.
Un pélerinage pour connaître son histoire et ses origines. Marina veut exister officiellement tant que petite fille par rapport à ses grands-parents paternels et par rapport à la société. Cette reconnaissance officielle est indispensable pour obtenir sa bourse d’étudiante.
Projeté (sans doute un peu brutalement) dans le feu ardent de la compétition à Cannes en 2025, ce joli film délicat de la Catalane Carla Simón est agréable à découvrir.
Le point de départ est séduisant : une jeune fille dont les parents sont morts du SIDA revient à Vigo pour obtenir un document attestant son ascendance.
Elle est accueillie par ses oncles et tantes, et des grands-parents odieux. Elle va découvrir petit à petit le sort de ses parents, et par le biais de très beaux passages oniriques, va même revivre à l'époque de ses parents. Romería est émaillé de trouvailles plaisantes et poétiques (une vengeance piquante, un carnet qui s'anime), mais il manque au film, en grande partie autobiographique, une dimension narrative plus accentuée.
La jeune actrice Llúcia Garcia, dont c'est le premier film, est formidable : elle ne peut empêcher son visage de rayonner, même quand elle tente de rester complètement impassible.
Une réalisatrice à suivre, qui a obtenu l'Ours d'or avec son film précédent, Nos soleils.