Ce film, réalisé par Audrey Diwan, n'a d'"Emmanuelle" que le nom, et encore !
En effet, mis-à-part la scène d’introduction dans l'avion (une nouvelle fois, Emmanuelle s'adonne à des plaisirs fugaces dans un avion avec un inconnu), ce film n'a rien à voir avec le mythique "Emmanuelle" de 1974. Après, quand je dis mythique, ça ne veut pas forcément dire bon car le premier film était tout de même assez ennuyant et partait un peu trop dans les sens vers la fin. Alors oui, ce n'est pas un remake mais une nouvelle adaptation du roman éponyme, que je n'ai pas lu. Ceci est donc le second film de l'univers que je regarde car effectivement, à partir d'une soixantaine de films et téléfilms, tous pays confondus, on peut appeler ça un univers, voire même une galaxie ! Bref, pas de Black Emmanuelle ni d'Emmanuelle dans l'espace, ici, on revient à quelque-chose de beaucoup plus sobre, voire même bien trop ! Pourtant l'idée n'est pas mauvaise, réadapter le roman cinquante ans après la sortie du premier film dans un contexte où la représentation des femmes n'a, dans le fond, malheureusement pas tellement changé mais un peu quand même, aurait pu donner quelque-chose d'intéressant et notamment apporter un regard nouveau sur l’œuvre de base, voire même faire revivre le mythe à l'écran. Mais il n'en est rien, tout simplement car il ne se passe pas grand-chose ! Ici Emmanuelle (enfin du moins on le suppose d'ailleurs parce-qu'elle n'est jamais nommée) travaille dans la finance et se rend à Hong-Kong pour voir ce qu'il ne tourne pas rond dans un hôtel de luxe. On reste donc dans un pays dont le personnage ne connait pas les codes (la Chine à la place de la Thaïlande dans le premier film) mais on s'en fout un peu puisqu'il passe donc son temps dans ce fameux hôtel de luxe... et dans lequel il ne se passe pas grand-chose ! Non en effet, on a bien compris qu'Emmanuelle est un peu nympho sur les bords et qu'elle cherche un plaisir sexuel qu'elle ne parvient pas à trouver mais ça s'arrête là. Alors, ce qui change par rapport à 1974, déjà, c'est la fin complètement foutraque que nous n'avons plus ici (mais si l'idée est la même) et puis surtout, Emmanuelle cherche à s'épanouir sexuellement par elle-même et non à l'aide d'un vieux sexagénaire qui lui fait faire des expériences étranges. Ici, elle s'amourache d'un businessman bien mystérieux mais avec lequel bin il ne se passe pas grand-chose plus ! Non, tout est mou, les dialogues sont sacrément plats, surtout lorsqu'ils sont débités sur un ton monocorde, sûrement car ça fait plus chic. Et puis surtout, rentrons enfin dans le cœur du film, c'est pseudo-érotique, en tout cas moins que le premier, sorti, je le rappelle, cinquante ans plus tôt ! Oui, alors Emmanuelle se rase le pubis, elle se passe un glaçon sur les seins pendant des plombes et elle se masturbe avec une chinoise m'enfin le tout reste très soft, ce qui est bien dommage pour une saga à la réputation si sulfureuse.
Vouloir refaire "Emmanuelle" en 2024 est donc une mauvaise idée, du moins lorsque l'intrigue est reléguée au second plan au profit d'un discours pseudo-féministe qui ne trompera pas grand-monde.