The Old Oak
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Yves G.

1 856 abonnés 4 063 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 octobre 2023
Dans une ancienne cité minière du nord-est de l’Angleterre frappée par la crise, deux misères se percutent : celle des habitants de longue date, paupérisés par le chômage, et celle des récents immigrés syriens chassés par la guerre. Le seul lieu de sociabilité du village est un pub décrépi, "The Old Oak". Son propriétaire taiseux, TJ Ballantyne (Dave Turner) se lie d’amitié avec Yara (Ebla Mari) une jeune Syrienne passionnée de photographie. Ensemble ils vont tenter de vaincre les préjugés qui séparent els deux communautés.

Le dernier film de Ken Loach sera-t-il le dernier ? À quatre-vingt-sept ans, l’infatigable réalisateur britannique est de retour. Et il continue de creuser la même veine. Sa longévité, sa constance, l’imminence de son inéluctable disparition font penser à Woody Allen. Mais les ressemblances s’arrêtent là. Woody Allen est à droite, Ken Loach (très) à gauche. L’un saute d’un continent à l’autre pour truffer de bons mots les coucheries sans conséquences d’une classe d’hyper-privilégiés alors que l’autre, les pieds à jamais enfoncés dans l’humus pluvieux du nord de l’Angleterre, nous arrache des sanglots en glorifiant la résilience du lumpenprolétariat. Les scandales sexuels dans lesquels le premier s’est englué en a fait un paria, ostracisé par les studios hollywoodiens et les grands festivals alors que le second, bi-palmé (en 2006 pour "Le vent se lève" et en 2016 pour "Moi, Daniel Blake"), est devenu la coqueluche d’un public bien-pensant.

"The Old Oak" ne contient aucune surprise. C’est sa plus grande qualité et son plus grand défaut. Il réjouira tous ceux – et ils sont nombreux – qui aiment sincèrement le cinéma généreux de Ken Loach et de son scénariste attitré, Pau Laverty, qui, une fois encore, signe un scénario millimétré. Plaira-t-il pour autant aux grincheux qui, comme moi, ont le corps trop endurci pour fondre sur commande et qui surtout reprochent au vieux cinéaste de nous resservir toujours la même formule ?

Le cinéma de Ken Loach a une immense qualité : il sonne juste. Même si parfois, les dialogues au pub, dans cet Anglais si déformé qu’on peine à le comprendre, sont parfois un peu trop calibrés, chaque personnage se voyant assigner la fonction d’incarner un point de vue – celui du raciste hostile à tout corps étranger, celui du Bon Samaritain prêt à accueillir toute la misère du monde, celui de l’arbitre qui cherche à concilier ces positions inconciliables – l’ensemble n’en dégage pas moins un parfum unique d’authenticité, porté par l’interprétation aux petits oignons des deux interprètes principaux : Dave Turner en bloc de tendresse humaine – qui rappelle Daniel Blake et toute une généalogie de héros loachiens courageux – et la jeune et fraîche Ebla Mari, entre lesquels Ken Loach nous épargne une idylle amoureuse qui aurait été particulièrement artificielle.

"The Old Oak" pose une question d’une brûlante actualité, dans le nord Angleterre comme dans la France dite « périphérique » : les plus défavorisés, ceux que la vie, le chômage, l’alcool, la solitude ont brisés, au lieu de se révolter contre le système qui les oppriment, ne déversent-ils pas leur rancœur contre plus faibles qu’eux ? Le racisme n’est-il pas devenu l’opium du peuple ?
La façon dont le débat est posé au début du film est aussi simple que pertinente : les « Anglais de souche », bas du front (national ?) et sérieusement alcoolisés, qui voient débarquer dans leur rue des réfugiés syriens demandent aux services sociaux : « Pourquoi eux et pas nous ? Pourquoi ces réfugiés syriens bénéficient-ils d’une aide financière et matérielle à laquelle nous, Anglais de souche victimes de la crise, n’avons pas droit ? »

Jamais dans "The Old Oak", on n’évoque le Rassemblement national ou ses avatars britanniques, UKIP, le BNP, le BNF…. Mais jamais non plus une réponse convaincante n’est apportée à la question posée. Et c’est là que le bât blesse. Le questionnement politique ô combien pertinent soulevé par Loach se dissout dans une mélasse mielleuse. La gentillesse innée des protagonistes est la solution à tous les maux. Cette moralement naïvement rousseauiste est cinématographiquement très efficace ; car elle est l’occasion de scènes profondément touchantes qui attendriront même les plus grincheux comme moi. Pour autant, si on s’astreint à un minimum de distance critique, force est de trouver à ce film un goût de trop-peu, un manque d’exigence, une tendance critiquable à préférer nous faire pleurer que réfléchir.
Matthieu B.
Matthieu B.

17 abonnés 290 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 octobre 2023
Film visionné au cinéma.

Nous sommes plongés dans un trou perdu du Royaume-Uni, peuplé en grande majorité par d'anciens miniers. L'idée est de représenter cette population, fracturée et déclassée par rapport à ses ancêtres pourtant déjà largement malmenés par Thatcher à l'époque. Ce déclin en 30 ans a plongé cette population dans l'amertume (et l'alcool), la colère (dirigé en partie sous forme de racisme) ou l'abandon. Et l'arrivée de migrants s'annonce donc virevoltante.

Cette idée est géniale. Sur le plan politique (montée des extrêmes), sur le plan sociologique (déclassement de la population), sur le plan humaniste (migration des populations) nous avons les bases pour construire une merveille.

Malheureusement, The Old Oak (Le vieux chêne) ne sera pas ce genre de film. Enchaînant les raccourcis, on se retrouve vite avec un sujet traité de manière caricatural jusqu'à la fin, où la naïveté reprend le dessus. Dommage, l'idée et les acteurs étaient excellents.
Nicky Cage
Nicky Cage

114 abonnés 483 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 octobre 2023
un spot tv sur l'immigration de 2h. vide d'une réa intéressante, scénario remplie de longueurs et de personnages inintéressant, aborder une tonne de sujet mais aucun abouti, avec un fin excréments tire-larmes et prévisibles. "The Old Oak" n'est qu'un énième film plat qui n'a comme seul message "aimez vous les un les autres",message transmis dans d'autres films et en bien mieux
Loïck G.

391 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 octobre 2023
C’est un bel exercice de style que réussit le scénariste attitré de Ken Loach , Paul Laverty en synthétisant au cœur d’un même récit l’histoire de réfugiés syriens dans un petit village minier anglais qui se meurt à petit feu. De la xénophobie à l’intégration bienveillante, le scénariste englobe de nombreux problèmes relatifs à la séparation, au racisme, à l’identité autour d’un pub que son propriétaire n’arrive pas à consolider. Les vieux habitués y tiennent fermement la rampe et le discours haineux envers les migrants. Le patron leur tient tête, fort d’une histoire personnelle qui peut le rapprocher des exilés qu’il accueille lui, avec bienveillance. Un vent de solidarité bouscule les plus réfractaires, réveille les consciences endormies . Ca peut paraître idyllique, convenu, … mais la caméra de Ken Loach saisit tous ces instants inespérés, ces retrouvailles pour dire que l’espoir n’est pas vain. Loach lui donne une raison d’être, un visage . Sobrement, instinctivement
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Jylg
Jylg

55 abonnés 492 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 octobre 2023
Encore un très bon Ken Loach. Il raconte la vie des gens, dans des situations bien compliquées. L'extraordinaire devient ordinaire. Cette histoire peut arriver partout en Europe... et nous, que ferions nous ? Question intéressante.
Titille13
Titille13

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2023
Un film tellement touchant et sincère tout en finesse. Sujet d’actualité et d’une grande humanité qui donne espoir pour le futur Il faut garder espoir
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 27 octobre 2023
Le film est bien mené et on ne s'ennuie pas : c'est déjà quelque chose. Mais cet hymne à l'accueil des migrants et à la solidarité universelle, fondé sur les bons sentiments humanistes du vieux réalisateur, sonne quand même assez faux et finit par tomber dans le conte de fées un peu nian-nian. Ces migrants sont tous gentils, ouverts, désireux de s'intégrer (il n'y a, curieusement, que des femmes, des enfants et des adolescents, peu d'hommes adultes), la religion semble n'occuper aucune place dans leur vie, ils n'ont aucune violence et ne sont animés que des meilleurs sentiments.... La fin, avec la bannière tissées par les Syriens actifs et généreux, m'a paru digne des mélodrames édifiants du XIXe siècle. Le seul intérêt du film, outre le jeu des deux acteurs principaux, m'a paru résider dans la peinture de la société anglaise en pleine déconfiture : misère de la population, décrépitude des institutions, déliquescence du tissu social. C'est un peu la France d'aujourd'hui, mais en pire.
Chris
Chris

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2023
Je ne trouve pas que Ken Loach perd de son talent ! Toujours beaucoup d intensité et d émotion dans ce film ! Les acteurs parfaitement choisis comme d habitude !
De l émotion , du désespoir et de l espoir ! Courez le voir vous ne le regretterez pas . A 86 ans il n aura peut être pas le temps d en faire un autre !!!
Jipéhel
Jipéhel

37 abonnés 195 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2023
La force d’espérer.

Voilà des années qu’on nous annonce « c’est le dernier Ken Loach ». Je ne sais pas si ces 113 minutes sont effectivement les dernières réalisées par le génial britannique – souvenez-vous, Moi Daniel Blake, Jimmy’s hall, La part des anges, Route Irish, Le Vent se lève, Break and roses… parmi tant d’autres chefs d’œuvre -, mais toujours est-il que ce jeune homme de 87 ans a encore de quoi enchanter son public. TJ Ballantyne est le propriétaire du "Old Oak", un pub situé dans une petite bourgade du nord de l’Angleterre. Il y sert quotidiennement les mêmes habitués désœuvrés pour qui l’endroit est devenu le dernier lieu où se retrouver. L’arrivée de réfugiés syriens va créer des tensions dans le village. TJ va cependant se lier d’amitié avec Yara, une jeune migrante passionnée par la photographie. Ensemble, ils vont tenter de redonner vie à la communauté locale en développant une cantine pour les plus démunis, quelles que soient leurs origines. Primé quatre fois à Cannes et trois fois aux César, l’immense cinéaste britannique revient donc avec son un regard d’une maturité inégalée sur le monde moderne et ses soucis. Sans doute le film le plus bouleversant et le plus juste de cette année 2023.
Mon témoignage sera simple. Lorsque l’écran s’est éteint, j’avais le cœur gros et la larme à l’œil. Je me suis levé et j’ai regardé les membres du public. Tous avaient les yeux embués, terrassés par l’émotion provoquée par ce film admirable et mais aussi la joie d’avoir vu un aussi beau film, d’avoir partagé quelques instants – somme toute trop courts -, ce cri de colère et d’humanité. Oui, tous les personnages du film ont tout perdu, ou presque, et trouvent encore et toujours la force d’espérer. Bien que Loach met en scène ce que notre société compte de pire et de meilleur, il évite tout manichéisme, tout simplisme, ce qui nuirait totalement à son message. Après avoir pris à bras le corps les conditions de vie des ouvriers, l’avortement, l’addiction, le traitement des personnes en situation de handicap, la grande détresse sociale, il nous parle avec une rare sincérité à la fois de l’accueil réservé aux réfugiés en Angleterre, notamment dans les milieux ruraux et du sentiment d’abandon dont peuvent justement souffrir les habitants de ces milieux, en comparaison avec ceux des grandes villes. Ce faisant, le cinéaste prend garde à ce que chaque point de vue comporte une part de vérité. Un chant d’espérance orchestré magistralement par un des plus grands cinéastes de notre époque.
Loach, le magicien, a aussi un pouvoir exceptionnel, celui de découvrir des acteurs et actrices formidables. Dave Turner n’avait tenu jusque là qu’un petit rôle dans Sorry, we missed you – le précédent Ken Loach – et son talent, sa présence, sa justesse éclatent au grand jour au côté d’une débutante, Ebla Mari, bouleversante. Ajoutons à ce haut d’affiche Claire Rodgerson et Trevor Fox. Mais tous les seconds rôles syriens comme anglais sont absolument parfaits. Ne ratez sous aucun prétexte ce film qui remet sans cesse les hommes debout. Et rassurez-vous, le « vieux chêne » est plus vert qu’on ne le dit puisque la rumeur annonce un nouveau film, Harvest, avec Caleb Landry Jones pour l’année à venir… A suivre !
Alcazar I.
Alcazar I.

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2023
Un vaccin contre l'indifférence et le manque de solidarité. A voir de manière indispensable dans la période. Bravo M. Ken loach et ses acteurs.
Fixx
Fixx

7 abonnés 22 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2025
Une fois de plus, Ken Loach réussit une comédie sociale touchante là où les réalisateurs Français échouent systématiquement quand ils se lancent dans ce genre de films. Ici, et comme souvent avec Ken Loach, il est question d'humanité, de solidarité, d'entraide, entre des populations malmenées (les habitants d'une ancienne cité minière du nord-est de l'Angleterre d'un côté, des réfugiés Syriens de l'autre). Les films de Ken Loach sont utiles et nécessaires et ils mériteraient d'être vus par tous, et pas seulement par une poignée de fidèles du réalisateur. Celui-ci ne déroge pas à la règle. C'est une nouvelle réussite qui donne envie de dire "Merci monsieur Loach" !
Bernard Attal498
Bernard Attal498

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2023
Un film plein de finesse, qui aborde un sujet d’actualité et de société. On dans le film dès le début et le temps passe trop vite.
Philippe BOUQUET
Philippe BOUQUET

1 abonné 4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2023
Dans la lignée de ses précédents films , une leçon d'humanité ,qui fait le plus grand bien dans cette période si tendue .
Patricia D.
Patricia D.

87 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2023
The old oak (Le vieux chêne) est un beau Ken Loach.
Dans le nord-est de l'Angleterre, décor de la grande grève des mineurs en 1984-1985, la population est sinistrée, délaissée par les gouvernements successifs. Seul subsiste un pub (The old oak) pour que les habitants puissent se réunir. C'est précisément dans cette région que sont orienté·es des réfugié·es syrien·nes qui ne seront pas accueilli·es chaleureusement. Entre ces deux camps apparemment inconciliables, une solide amitié va faire bouger les lignes, entre TJ, le propriétaire du pub, et Yara, jeune réfugiée qui a appris à parler anglais auprès d'infirmières bénévoles dans un camp.
Le film bénéficie du long travail préliminaire effectué par Ken Loach et son fidèle scénariste Paul Laverty. L'histoire est réaliste, le sujet traité avec empathie et générosité. Les moments collectifs sont particulièrement forts et émouvants, là où la solidarité peut créer l'espoir d'une vie meilleure.
Tellav
Tellav

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 octobre 2023
Que d’émotions ! Superbe fresque de notre civilisation avec ses qualités et ses défauts. Beaucoup d’espoir et de générosité, ne ratez pas ce film emplis d’humanité que vous mettra certainement les larmes aux yeux 
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