La solidarité pour quitter la précarité : cette phrase résume à elle seule le cinéma social de Ken Loach. Celui-ci situe l'action de son dernier film dans le nord de l'Angleterre où l'arrivée de réfugiés Syriens va semer le trouble dans le village. ceux-ci ont pour habitude de se retrouver dans le seul commerce restant, le pub "The Old Oak". Le patron, T.J. cabossé par la vie et ne supportant plus "le racisme ordinaire" de ses clients va se lier d'amitié avec Yara (Ebla Mari), passionnée de photographie et parlant la langue locale. Peut-être un peu moins percutant que ses deux précédents films ("Moi, Daniel Blake" et "Sorry we missed you"), Ken Loach donne néanmoins une nouvelle fois un éclairage sur ces classes oubliées de son pays en montrant que même avec certains réticents, le vivre ensemble n'est pas une utopie pour ceux qui en doutent. Dave Turner est formidable. Un film nécessaire!
Même pour un vieil et inconditionnel admirateur de Ken Loach, ce film est une petite déception. Traitant du racisme populaire - à l'occasion de l'irruption de familles réfugiées syriennes - dans un coin déshérité de l'Angleterre industrielle, il se perd parfois en circonvolutions et petites saynètes qui finissent par affaiblir le propos politique. Il reste que KL filme à merveille la décrépitude des lieux et des gens dans un monde sans futur où l'on finit par se détester a force d'ennui et de pauvreté. La conclusion optimiste a pour conséquence d'émouvoir le spectateur qui aura pourtant du mal à croire qu'il suffit de vouloir...
Un film bouleversant, qui traite du sujet de l'accueil des migrants et de la misère avec tact. Difficile d'être généreux et ouverts pour les habitants d'une petite ville eux-mêmes écrasés par un passé d'exploitation minière intraitable et la misère issue du chômage et de l'absence de perspectives. Mais l'espoir n'a pas déserté. "Force, solidarité, résistance" sont inscrites sur la bannière. Le duo formé par TJ et Yara est émouvant. L'histoire paraît simple mais est tissée avec beaucoup de finesse. J'ai été très touchée.
On peut dire tout ce qu'on veut , un film de Ken Loach reste un film de Ken Loach Certes prévisible , mais l'histoire racontée est toujours intéressante , prenante même , elle vous interroge , elle dérange..je ne suis pas de son bord politique , mais pourtant j'aime son humanisme , son militantisme intelligent , sa manière de filmer les rapports humains , les acteurs qui n'en sont pas , toujours du grand et vrai cinéma ! Un immense bravo à lui pour l'ensemble de sa carrière
Ken Loach poursuit son combat contre le libéralisme destructeur. Film émouvant et plein d'espoir dans une Angleterre déstructurée aux habitants se noyant dans l'alcool et la haine de l'autre.
Peut-être le meilleur Ken Loach car ce film est universel.Cette fable est une leçon de vie,l'entraide est la clé de nombreuses solutions. Tous les personnages sont attachants,même les quatre teigneux .Certaines photos sont remarquables,les acteurs parfaits,un seul bémol,Yara est un peu trop larmoyante.
Certes cela reste du Ken Loach mais les ficelles semblent aussi usées qu'un récit somme toute trés banal. Le goût de la guimauve à l'eau de rose l'emporte....
Film touchant, The Old Oak est rempli de naïveté. Cela plaira à celles et ceux qui sont à la recherche de positif et de bons sentiments, mais laissera sur le côté les personnes cherchant de la crédibilité et de la justesse.
Superbe film, riche en thèmes dont le principal est celui de la pauvreté au Royaume-Uni, notamment dans le nord-est, au bord de la mer, près de Durham, région qui a souffert de la politique (libéralisation de l’économie, réduction de la dépense publique, privatisations, affaiblissement des syndicats, etc.) de la Première Ministre (1979-1990) Margaret Thatcher (1925-2013), responsable de la fermeture de nombreuses industries, ici les mines de charbon, malgré la longue grève des mineurs de mars 1984 à mars 1985. spoiler: Des maisons sont achetées en ligne pour 8 000 £ par des investisseurs chypriotes, dévalorisant les maisons voisines et créant du ressentiment chez leurs propriétaires . La misère engendre la bêtise et le racisme (« il est plus facile de s’en prendre à plus faible que soi ») mais aussi, la solidarité (« A manger ensemble, on se serre les coudes »). Ken Loach est constamment sur le fil du rasoir et construit un film sans misérabilisme, ni manichéisme, grâce au scénario (du fidèle Paul LAVERTY dont c’est la 15e collaboration) qui expose les faits (donnant la parole aux Anglais, accueillants ou racistes, et aux réfugiés syriens) et à une mise en scène remarquable, permettant d’obtenir l’excellence des acteurs, au jeu quasi documentaire. Dave TURNER qui joue Tommy Joe Ballantyne, le patron du pub « The old oak » (« le vieux chêne ») est tout en nuances, tiraillé entre son passé (spoiler: où il a privilégié son pub au détriment de sa femme et de son fils ) et essayant de rendre le présent meilleur (en créant une cantine solidaire). C’est aussi un film féministe car ce sont les femmes, de toute nationalité, qui agissent, et de façon positive. Ici, les racistes sont des hommes et l’actualité (Ukraine, Proche Orient) montrent que la violence est le fait des hommes.
Ken Loach, sur la fin d'une belle carrière, nous amène dans un village du nord de l'Angleterre et nous fait rencontrer des personnages plein d'humanité et de bienveillance (pour la plupart). Dave Turner jour son rôle a merveille, rien a redire sur ce beau film très généreux du réalisateur aux deux palmes.
Les gens qui passent tous les jours prendre une pinte dans ce pub de Monsieur Ballantyne sont mineurs ou fils de mineurs. Ce sont tous ces bourgeois qui ne vivent pas ici qui leur envoient les réfugiés dans les villes minières où il y a tant de maisons à vendre pour une bouchée de pain. Ils n'en veulent pas à Chelsea. Et quand les pauvres en Angleterre d'aujourd'hui rejettent les étrangers, les riches les traitent de racistes. Ce déclin, n'aurait-il pas touché uniquement les mines. La solidarité semble déserter les coeurs, la fierté du monde ouvrier est en train de disparaitre... Plus aucune velléité de lutte pour sa dignité, que des stratégies individuelles. On s'en prend toujours aux plus pauvre que soi... Il faut du courage pour tendre la main. Merci à vous, Monsieur Ballantyne. Quand les habitants du bourg de mineurs défilent, on aperçoit la bannière offerte à la commune par les réfugiés syriens, à côté de la bannière du bataillon britannique des brigades internationales qui flotte fièrement. Un des meilleurs films de Ken Loach qui fait réfléchir au combat pour la solidarité humaine, au-delà de toute appartenance à une classe sociale.
TJ est le propriétaire du pub « The Old Oak » dans une ancienne cité minière marquée par la pauvreté. Son engagement en faveur de réfugiés syrien va être mal perçu le forçant à multiplier les efforts pour créer du lien social. Un film magnifique sur la solidarité. Ken Loach maîtrise à la perfection la tendresse de son histoire.
A vu "The old oak" le dernier film de Ken Loach qui a annoncé d'ailleurs que ce serai son dernier film. Quel dommage qu'un metteur en scène si unique, qui a toujours su traiter de sujets sociaux avec justesse, qui a su rendre cinématographique la vie des gens les plus démunis et sous pression, qui savait mettre l'éclairage le plus juste sur les injustices, qui savait doser son discours avec minutie et équilibre se fourvoie à ce point dans ce dernier projet. Dans "The old yak" rien ne va. Les beaufs sont racistes, les vieux sont cons, les jeunes des glandeurs, les femmes des pauvres filles... ça fait beaucoup pour le même village. Village qui reçoit des réfugiés syriens qui à peine sortis du bus sont pris sous la violence, les manifestations et les lazzi des affreux jojo british. Ca manque cruellement de nuance et de subtilité. Seul TJ Ballentyne, propriétaire du pub, est pourvu d'humanité, ce qui fait peu proportionnellement à la population masculine, alcoolisée à longueur de journée, de cette ancienne cité minière . TJ va essayer de rapprocher les deux camps qui se regardent en chien de faïence. Du côté syrien, Yara, jeune femme bilingue fait des photos de ces ours mal léchés à tout bout de champs. TJ et Yara vont additionner leurs espoirs et leurs énergies pour essayer de faire communiquer les forces opposées. Tout part d'un bon sentiment mais la naïveté du propos, l'enchainements d'actions utopiques, les facilités de scénario, les scènes improbables emportent tout sur leurs passages et réduisent ce film en une soupe bien insipide. Sans compter avec la scène finale qui s'éternise et qui n'a aucun sens. En une période qui demande urgemment de la nuance, ici tout est puéril et manque de maturité. Ce vieux chêne laisse médusé par ses carences scénaristiques et cinématographiques.
Larmoyant, pathos à n'en plus finir. Un film pour les grandes âmes sans politiciens, mais avec des gentils et des méchants. Un film pour la télé, pour des braves gens
Conte de fée social pour adultes CSP+ attendris par le sort cruel mais tellement édifiant des misérables. Ah comme les pauvres sont gentils, et quand ils sont méchants, c’est tellement pas de leur faute ! Pourtant je dois reconnaître que si le canevas de cette énième dénonciation de l’ultralibéralisme post-thatcherien est sans surprise, la distribution à elle seule vaut le déplacement : on voit des tronches et des trognes comme nulle part ailleurs au cinéma, dont beaucoup sont quelconques, certaines ridicules, la plupart cabossées par la rudesse de la pauvreté - mais toutes sont sublimées par la lumière généreuse du fidèle Robbie Ryan.