Vers un avenir radieux
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Lynebonnaud
Lynebonnaud

2 abonnés 135 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 octobre 2023
Un nouveau film de Nanni Moretti en salles, est toujours pour moi un rendez-vous gourmand de cinéma. Découvert avec « Palombella Rossa », je ne me lasse pas de son cinéma.
Nanni Moretti fait son cinéma depuis maintenant 5 décennies. Il se filme dans son rapport à la société italienne, au couple, à la famille, à sa finitude et à la création cinématographique.
Ses films sont parfois des chefs d’œuvres (La chambre du fils, Habemus papum, Mia Madre, Santiago Italia) et d’autres fois des films mineurs, mais toujours cet esprit joyeux qui vient chatouiller notre rapport au monde en mettant en scène son alter ego qui nous touche de manière universelle.
Dans « Vers un avenir radieux », Nanni Moretti fait un film dans son film, si ça n’est pas la première fois, il en profite pour y inviter le cinéma qui l’anime. Il convoque les cinéastes américains d’origine italienne qui l’interrogent sur le rapport à la violence du cinéma, de Francis Ford Copolla à Martin Scorsese. Il partage avec John Cassavetes qu’il cite, le fait de se mettre au centre de son œuvre en créant des personnages qui sont ses alter ego. On apercevra Gena Rowlands en ouverture du film.
Il compose une longue scène, tentative avortée de remake du chef d’œuvre méconnu de Frank Perry The Swimmer. Il y enchaine les longueurs de nage, le projet étant de le faire de piscine en piscine, tel le déroulement de la vie et de tout ce qu’on a pu rater, comme le faisait le personnage de l’acteur Burt Lancaster en remontant sa lucinda river jusqu’à sa source pour en retrouver la pureté originelle. Et Giovanni (alter ego de Moretti) de constater qu’il est désormais trop tard, il eut fallu pour lui réaliser « Le nageur » 40 ans plus tôt, avant d’être trop vieux. Parallèle émouvant avec le bel homme de Hollywood dont le corps de quinquagénaire n’était déjà plus celui de « Tant qu’il y aura des hommes ».
Il s’entoure des mêmes acteurs, famille de cinéma de Moretti d’un film à l’autre, et nous fait la surprise de la présence de Mathieu Amalric en producteur de son film à ses côtés. Acteur réalisateur lui aussi en France, mais surtout tout aussi tiraillé par des démons intérieurs qui animent sa création. Par la présence du producteur qui se défile avant le clap de fin de tournage, il interroge dans « Vers un avenir radieux » la production cinématographique de Netflix aux coréens qui prendront la relève. Petit clin d’œil au grand architecte Renzo Piano, présent lui aussi dans le film, qui créait et façonne des paysages du monde moderne contemporain.
L’affiche du film nous rappelle celle de Caro Diario. Nanni Moretti la montre dans son film, il se trouvait alors en Vespa de dos prêt à déambuler. De l’introspection de journal intime où le réalisateur s’éloignait, il vient cette fois-ci en trottinette faire face à ses interrogations, toujours en déambulant dans la ville. Il se met au centre des siens et regarde tout autour, en en faisant parfois des tonnes, accentuant de manière outrancière ses mimiques. Cherche-t-il à nous dire qu’il peut jouer lui aussi à croire à un avenir radieux, même s’il doit surjouer ?
C’est bien là tout ce qui fait le charme du cinéma de Nanni Moretti, l’esprit malicieux qui vient contrebalancer l’aigreur du vieillissement et le regard critique qu’il porte sur l’évolution du monde.
Damien Vabre
Damien Vabre

190 abonnés 493 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 octobre 2023
Difficile de faire plus caricatural que le rendez-vous avec les cadres de Netflix et le tournage où Moretti appelle ses amis prestigieux pour empêcher un jeune réalisateur de filmer un meurtre. Cela pourrait être vaguement drôle mais il n'arrive pas à rendre sa suffisance comique.
VLM
VLM

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 septembre 2023
Un film plaisant à regarder, irrégulier comme souvent chez Nanni Moretti, mais au fond instructif et plein de charme.
Arthus27
Arthus27

128 abonnés 642 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 août 2023
En avant propos, on peut tout d'abord regretter que le film ait une bande annonce et une promotion aussi peu fidèles. Alors que l'œuvre était présentée comme une comédie, mettant en avant tous ses gags, il est primordial de prévenir que ce n'est absolument pas fidèle à son ton, qui est plutôt dramatique. Ceci étant dit (ou écrit), Nani Moretti assume d'être réactionnaire et de râler sur son époque. Il en fait même une marque de fabrique, jusqu'à réaliser un film dans lequel il se met en scène et fait mine de se tourner en dérision. Vers Un Avenir Radieux met bout à bout toutes les obsessions du réalisateur et sa vision du cinéma. Les plateformes de streaming, l'esthétisation de la violence, les spécificités de la vie d'artiste... Le réalisateur est en décalage avec son temps et il le sait. Mais le résultat est très théorique, dans la mesure où la réalisation est presque absente. L'écriture manque également de cohérence, enchainant les scènes sans prendre la peine de les relier les unes aux autres. Le résultat est un film souffrant d'un gros manque de rythme et totalement vide d'émotions.
Babs Hellot
Babs Hellot

9 abonnés 34 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 avril 2024
J'ai sans doute des lacunes en cinéma italien, . mais j'ai été déçue par ce Moretti. Malgré quelques jolis moments, je crois qu'il faut être vraiment un fan du réalisateur pour apprécier.
Marianne Bacque
Marianne Bacque

18 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 août 2023
Un beau film pour ceux qui aiment Nanni Moretti qui y décortique avec une grande sincérité , de l'humour , de la tendresse et sans complaisance la vie du cinéaste qu'il est à la lumière des espérances et des désillusions de ces 50 dernières années .
Patjob
Patjob

45 abonnés 773 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 août 2023
Nanni Moretti nous gratifie, longtemps après son merveilleux « Journal intime », d’une nouvelle œuvre aussi savoureuse qu’émouvante de sincérité. Il reprend son personnage attachant, idéaliste, décalé et contestataire. Ici dans la peau de Giovanni (Nanni en étant le diminutif), véritablement son alter ego en cinéaste vieillissant et en militant désabusé. Ainsi l’auteur divague entre les contradictions politiques et la fin d’un espoir, par le biais du « film dans le film » qui montre l’invasion soviétique de Budapest en 1956 et les problèmes de conscience qu’elle a généré chez les communistes occidentaux, la marginalisation d’un cinéma d’auteur et de salle, menacé d’étouffement par les plateformes, et la fin d’un amour. Le film oscille ainsi entre humour et mélancolie. Il est plein de références cinématographiques, directes, par citations, affiches ou projections, ou indirectes par reprise d’un style ou d’une ambiance.
Un des personnages parle d’un film sur la mort du communisme et la mort du cinéma. C’est un peu cela, que ce « Vers un avenir radieux », très beau film désenchanté, qui veut contre vents et marées préserver l’espoir, et ravive l’amour du cinéma.
charboyon
charboyon

20 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 1 août 2023
Bienvenue en dans le monde égocentré et narcissique de Nanni Moretti... Drôle ? Non : les blagues pouêt pouêt son très attendues et éculées. Original ? Non plus : on nous ressort la fille qui se met en coupe avec un homme âgé, la femme qui veut secrètement le quitter son, mais qui n'ose en parler qu'à son psy. Léger ? absolument pas, on en fait des tonnes, on surjoue (Mathieu Amalric venu se perdre dans ce désastre fait presque peine à voir tellement il rame)....
Et Nanni Moretti, au milieu de tout ça (aux sens propres comme figurés) omni présent, qui commente, qui philosophe, qui interdit, qui ordonne et qui nous sert un film avec une très bonne intention initiale (les valeureux producteurs indépendants contre le méchant Netflix) mais qui qui se résume au final à un égotrip décevant et indigeste.
Catherine G
Catherine G

1 abonné 29 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 juillet 2023
Film destiné aux cinéphiles qui y retrouveront sans doute plusieurs clin d'oeil cinématographiques.
Pour ma part j'ai surtout vu un parallèle entre un cinéma commercial pressé par les envies du public (violence) et de la sociéte (rentabilité, délais...) et un cinéma construit sur la sensibilté de l'instant, la mise en scène et l'image.
cat29
cat29

7 abonnés 28 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 juillet 2023
Un très bon crû de Nanni Moretti. Beaucoup d'humour, d'autodérision et une perplexité vis à vis du monde actuel.
Benevaaucine
Benevaaucine

24 abonnés 58 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juillet 2023
Dans ce film au titre mélodieux, Nanni Moretti s’interroge sur le devenir du cinéma, sur la façon de faire des films à l’heure du numérique, de Netflix et de l’effet What’s a fuck et de manière plus générale sur le pouvoir du cinéma.

Si certains peuvent y voir un égocentrisme exagéré du réalisateur, il y a je crois plutôt une vraie auto-dérision de sa part. Nanni Moretti n’hésite pas à se faire passer pour le vieux con qui dépassé par son époque, est plongé dans un pessimisme morbide et drôle. Il regarde avec effarement cette nouvelle génération du cinéma qui filme la violence avec une nonchalance désarmante et porte des mules, sans avoir lui même autre chose à proposer que des films où il est question de fin de tout.

Un film plein d’humour et de poésie qui nous rappelle que le cinéma est nécessaire comme vecteur de message politique, qu’il permet de remonter le temps et de réécrire certaines histoires.
Pour appuyer son propos, Nanni Morretti a la délicatesse de nous offrir une mise en scène beaucoup plus solaire, chantante et dansante que ses derniers films, avec notre grand Joe Dassin en bande originale ;)
Encore une fois, le cinéma italien fait mouche chez moi.
soulman
soulman

141 abonnés 1 436 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2023
Moretti est un cinéaste libre et le restera jusqu'à son dernier souffle. Se moquant des codes cinématographiques, du réalisme qu'implique la narration, il se met en scène une fois de plus, convoquant tous ses démons et rendant hommage aux auteurs admirés (par exemple à Demy, dont "Lola" fait l'objet d'un visionnage rituel, en famille, avant chaque début de tournage). Souvent cocasse, le récit n'est pas dénué de nostalgie, voire de mélancolie, surtout lorsque l'amour de toute une vie s'éloigne, de façon incompréhensible pour le metteur en scène.
Olivierh1962
Olivierh1962

3 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 juillet 2023
Ni un film politique ni un film italien et la langue défigurée. Un ersatz de film. Une erreur de bobine ?
Kebeks
Kebeks

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 juillet 2023
"II sol dell'avenire" de Nanni Moretti, œuvre cinématographique, souffrant d'un manque de focalisation sur des éléments concrets et intrigants, ce qui l'entraîne rapidement dans l'ennui et la répétition. C'est d'autant plus regrettable car le film réussit à transmettre la passion et l’amour du cinéma à travers le regard de Nanni Moretti. Certains moments sont véritablement passionnants tout en dénonçant certains aspects de l’industrie actuelle, mais ils se trouvent malheureusement égarés dans un excès d'informations dénuées d'intérêt. Film qui tombe alors dans la complication et donc très peu agréable à regarde.
frederic T.
frederic T.

30 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juillet 2023
Nanni Moretti nous offre un film savoureux. Entouré de ses acteurs fidèles, avec humour et ironie pour antidote à la désespérance face à la vacuité de notre société libérale, il nous propose un nouveau chapitre de son roman personnel, affirmant sa foi dans le cinéma (d’auteur) qui peut changer le cours de l’histoire ou des histoires - d’amour plus particulièrement – faire rêver comme un gamin devant un numéro de clowns.
Une comédie à la fois drôle et désabusée et modestement marquée par une auto dérision parfaitement assumée.
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