Vers un avenir radieux
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Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juillet 2023
Giovanni (Nanni Moretti dans son propre rôle) est un réalisateur italien reconnu mais vieillissant dont l’avenir est de moins en moins radieux. Le film qu’il tourne à grands frais sur un épisode de l’histoire italienne qui lui tient à cœur – la réaction du PCI de Togliatti à l’insurrection hongroise de 1956 et à sa répression par les chars russes – subit bien des déboires, à cause des foucades de son actrice principale (Barbara Bobulova) et de la déconfiture de son producteur français (Mathieu Amalric), l’obligeant à une démarche humiliante auprès des producteurs de Netflix (survendue comme la séquence la plus drôle du film mais déjà largement éventée par la bande-annonce). Sa femme (Margherita Buy), la productrice de tous ses films, produit parallèlement le thriller sans âme d’un jeune réalisateur italien surcôté et s’apprête à le quitter. Sa fille, qui compose la musique de ses films, a grandi et refuse de se plier aux rites familiaux auxquels son père est tant attaché ; elle est sur le point de déserter le nid familial pour épouser un barbon polonais qui a bien trois fois son âge.

J’ai lu beaucoup de critiques élogieuses du seizième film de Nanni Moretti et d’autres qui l’étaient beaucoup moins. Je me suis paradoxalement reconnu dans toutes.
J’admets volontiers qu’on puisse ne pas aimer "Vers un avenir radieux", qu’on puisse reprocher à son réalisateur, vieillissant et bougonnant, son égocentrisme et à son scénario gentiment prévisible sa paresse. Pour qui n’a jamais vu de film de Nanni Moretti, cette première confrontation est sans doute déroutante sinon décevante, donnant l’impression de faire irruption dans une réunion de famille à laquelle on n’a pas été dûment invité.

Mais, pour les vieux cinéphiles comme moi dont la quasi-totalité de la vie adulte a été bercée, à intervalles réguliers, par les films de Moretti (je l’ai découvert en 1994 seulement avec "Caro Diario" et ai eu besoin de quelques séances de rattrapage pour découvrir "Sogni d’Oro", "Bianca" et "La messe est finie"), retrouver le maestro à la sortie de chacun de ses films, comme pour ceux de Woody Allen, a le parfum d’une fidélité nostalgique.

Il ne faudrait pas déduire de la (trop) longue phrase qui précède que la seule qualité de "Vers un avenir radieux" soit d’ajouter une nouvelle ligne à la riche filmographie de son réalisateur.
Sa principale qualité me semble-t-il est l’auto-dérision dont Nanni Moretti sait faire preuve. Faute avouée, dit-on, est à moitié pardonnée. Nanni Moretti est incontestablement égocentrique. Mais il l’est d’une façon très particulière. Son personnage – dont on se demande la part d’autobiographie qu’il recèle – n’est pas unanimement sympathique. Son aveuglement n’a d’égal que son orgueil. Sa diction est volontiers sentencieuse. Ce vieux beau, toujours élégamment mis, s’écoute parler… et ne tient pas toujours des propos lumineux. Même la trottinette qui a remplacé le scooter mythique de Caro Diario sent un peu trop son boomer. Il faut, me semble-t-il, un sacré culot pour écrire un tel rôle et pour le jouer.

On pourrait reprocher à Nanni Moretti de cabotiner. Les yeux interloqués qu’il roule, les silences qu’il oppose aux situations qui le sidèrent sont les mêmes que ceux qu’il avait dans ses films précédents. Mais là encore, le vieux cinéphile que je suis trouve un plaisir nostalgique à les retrouver, de film en film (on me dira – et on aura raison – que je ne prends pas le même plaisir à retrouver Isabelle Huppert de film en film). Le plaisir manifeste qu’il a pris à tourner les deux dernières séquences est tellement contagieux qu’on sort de la salle revigoré et rajeuni
Christine Laugier
Christine Laugier

2 abonnés 15 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 juillet 2023
Toujours un bonheur de retrouver ce grand cinéaste .
mais la il veut aborder tant de choses ,que cela tourne en rond et qqs longueurs sont la .
casting formidable
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 286 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2023
Quel bonheur de retrouver Moretti après la grosse déception de Tre Piani Un cinéaste en totale liberté,qui se paye tous les luxes : celui de radoter, celui d'aller à contre courant des modes cinématographiques, celui de nous offrir une leçon de cinéma et de morale ( la place de la caméra est elle une affaire de morale ? Hommage à Godard ?) lorsqu il interrompt le film d'un confrère.
Au delà de la liberté il y a aussi la nostalgie, l hommage à fellini et au monde du cirque, le choix de très belles chansons populaires des années 60 ( franco battiato mais aussi Dassin), une séquence finale chaleureuse et fraternelle. Et puis l humour décapant bien dur, et cette étonnante manière de découper ses phrases, cet étrange débit vocal de moretti acteur. Mais aussi et surtout le sentiment, aussi bien pour le cinéaste que pour son spectateur d être un survivant , un rescapé des années 50 perdu au milieu de l'ignorance ( ah bon il y avait des communistes en Italie dans les années 50? demande un assistant ) et des témoignages du modernisme qui envahissent et encombrent le plateau, donc l'intimité de Moretti
Bref un film d auteur qui ose toutes les audaces, qui n'est pas conçu par l'intelligence artificielle et ne cède pas aux diktats what the fuck de Netflix ( ce qui nous vaut une scène bienvenue et irrésistible)
On attend la suite !
Melle Bigorneau
Melle Bigorneau

7 abonnés 48 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juillet 2023
Un film qui s'adresse certainement aux fans de Nani Moretti et aux cinéphiles.
Sympathique Nani, sympathique histoire d'amour, intéressante vision du métier de réalisateur et de la mise en scène.
Quelques passages très savoureux avec un "what's the fuck" inoubliable
Mais pour le reste, c'est long !! c'est bavard !! et au final , pas franchement interessant
ludovic_l
ludovic_l

5 abonnés 11 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 juillet 2023
Moi qui d'habitude aime bien les films de Nanni Moretti, qui avais bien aimé son dernier avec Tre Piani, que là le film m'a paru long malgré sa courte durée, plrs personnes ont quitté la salle en cours de séance, l'idée du film est bonne, la bande annonce aussi, mais le film traîne bp trop en longueur, on ne comprend pas tout, on ne saisit pas toujours quel est le but de ce qu'on voit, là où Nanni Moretti veut en venir, on a plusieurs fois l'impression d'assister à la fin mais non une nouvelle scène démarre, bref le genre de films où si j'avais su ce que j'allais vivre je ne serais pas venu.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2023
Nanni Moretti n’est pas vraiment ce qu’on pourrait qualifier de « vieux cinéaste », même si à (seulement) 69 ans, le maestro trône sur près d’un demi-siècle d’une carrière ininterrompue à la cohérence affolante. Ce nouvel film invite à faire des bilans voire à boucler des boucles, comme un film testament… Moretti se plaît à se mettre en scène comme un homme qui ne mesure pas combien son statut, son autorité et sa magie vacillent. Avec toutes les vertus comiques de ce retard accumulé entre sa perception et la réalité. spoiler: L’épouse et productrice depuis quarante ans (incomparable Margherita Buy) plus très aimante, évoluant dans l’ombre de son mari cinéaste envahissant, prépare en secret son départ du domicile conjugal, avec l’assistance d’un psychanalyste. Pour la première fois, elle produit, de surcroît, le film d’un autre réalisateur, jeune, adepte de la violence à l’écran, aux antipodes de Giovanni mais qui ne se prive pas de lui donner des leçons… Sa fille, désormais compositrice, s’embourgeoise, et a un amant polonais qui a trois fois son âge, elle en a marre de ses lubies et de ses rites, comme celui de regarder en famille le « Lola » de Jacques Demy à chaque veille du tournage d’un nouveau film… (mais il n’en tourne qu’un tous les cinq ans !!) Son producteur français désargenté (Amalric aussi sautillant qu’agaçant et vraiment pas indispensable ) lui organise un rendez-vous ubuesque chez Netflix, afin de potentiellement sauver le film de Giovanni…séquence assez drôle, nourrie de néologismes anglais et d’une utilisation abusive du mot « produit », jusqu’à ce qu’une question de l’un des employés de la multinationale fasse déborder la scène. « Quel est l’arc narratif du personnage ? Comment évolue-t-il ? », et Giovanni de répondre : « Dans la vie, on ne change jamais vraiment. Il n’y a qu’au cinéma que les gens changent…

Giovanni croit encore à ses idéaux passés, au communisme rêveur et triomphant… Et l’aveuglement du vétéran rime, de manière ironique, avec celui qu’il a inscrit au cœur de son scénario, situé en 1956 : des communistes italiens hésitent à condamner l’invasion de Budapest par les chars soviétiques, au moment même où ils accueillent un cirque hongrois à Rome…
Dans un chaos complet, non dénué de grâce pour qui le contemple depuis un fauteuil de cinéma, « Vers un avenir radieux » devient le film de toutes les crises : du couple, de la soixantaine finissante, du cinéma, de la gauche italienne, que Moretti a si longtemps personnifiée… Mais loin de la tragi-comédie parfaitement huilée, le résultat frappe d’abord par le poids de confessions, de rage et l’énergie du désespoir dont le cinéaste le charge. L’artiste, manifestement, ne supporte plus grand-chose, ni l’inculture de ses nouveaux collaborateurs, ni les décisions politiques qui ont conduit l’Italie à devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Quant à son propre état psychique, il est troublant d’entendre Giovanni, au pied du mur, avouer à sa fille son addiction aux somnifères et aux antidépresseurs.
Le réalisateur rend hommage à Fellini, à Scorsese, convoque l’architecte Renzo Piano, réfléchit sur le devenir du cinéma, égrène rengaines populaires et citations de son œuvre passée tout en ayant l’élégance de nous amuser.
Nanni Moretti, connu pour ses diatribes philosophiques et sa manière bien à lui de se mettre en scène, retourne une nouvelle fois la caméra pour une mise en abyme chargée de nostalgie sur le cinéma, l'engagement politique et le monde qui change. Les légendaires obsessions morales du cinéaste italien sont là mais la drôlerie se révèle plus généreuse et rafraîchissante et l’humour plus que jamais sert d'antidote à la désespérance
Bernard F
Bernard F

35 abonnés 82 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juillet 2023
Excellent. Un Nanni Moretti en grande forme.Touchant, drôle. Tout comme Mathieu Amalric d'ailleurs. Un très bon scénario avec ce film dans le film sur les évènements de Budapest de 1956 et l'attitude du PC italien face à la répression soviétique. Plongée dans l'histoire et dans le monde du cinéma avec ses acteurs, ses divergences de vue dans le tournage des scènes et aussi la vie personnelle des protagonistes. Le film est ponctué de quelques chansons en français ou en italien bienvenues. La diction est tellement parfaite qu'on a parfois l'impression de comprendre l'italien, même quand on le parle à peine, voire pas du tout. On passe un très bon moment.
momo M.
momo M.

50 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2023
On retrouve le Nanni Moretti que l'on aime, toujours un peu politique. De la nostalgie et beaucoup de tendresse dans cette histoire du cinéaste vieillissant qui ne se retrouve plus dans le monde d'aujourd'hui.
Le D.
Le D.

247 abonnés 1 126 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 juillet 2023
"Vers un avenir radieux" est un film que j'ai trouvé sympa. L'histoire est intéressante mais certaines scènes m'ont paru un peu longue et certaine inintéressante. Les personnages sont attachants et les décors sont agréables.
Pascal Ferrari
Pascal Ferrari

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 juillet 2023
Un imbroglio politico-sentimental invraisemblable épicé de citations orales prétentieuses. Il faut certainement avoir des sympathies communistes pour apprécier... et encore... Je vais essayer de voir ce que ce réalisateur a fait auparavant histoire qu'il remonte un peu dans mon estime . Malgré tout la bande son est sympathique et évoque le génial Nino Rota.
Ça tourne
Ça tourne

40 abonnés 55 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 juillet 2023
Nanni Moretti sort, avec "Vers un avenir radieux" (traduction du titre d'ailleurs qu'à moitié réussie), un film pertinent et bien maîtrisé. La mise en abyme fonctionne bien et ses correspondances avec le processus artistique, la vie personnelle et le positionnement politique demeurent très intéressants. Toutefois si, comme nous le fait comprendre le réalisateur, la mort n'est pas une fin en soit, un tel utopisme en est-elle une ? Le pendant sombre a assurément son pendant clair. Il me semble que le gris aurait été plus pertinent pour sublimer la réalité. Quant à la critique du stalinisme, même si celle-ci fonctionne bien sur le plan politique, est-elle réellement pertinente sur le plan artistique ? Je ne suis absolument pas partisan d'un cinéma sclérosé par l'ordre mais on sait pourtant combien certains tyrans du septième art (comme Kéchiche par exemple) sont tout de même parvenus à réaliser des chefs d'œuvre. Ainsi, j'ai eu la désagréable impression que le réalisateur se plaçait dans ce film dans une situation d'idéaliste, tant dans son sens vulgaire que philosophique...
Kissou
Kissou

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 juillet 2023
Finalement très décevant malgré quelques séquences jouissives. Trop décousu, ce film se révèle finalement si mal construit que j’ai failli m’endormir à la fin qui n’en finit pas sans conclure. Dommage!
François Huzar
François Huzar

10 abonnés 83 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2023
A partir d'un canevas très simple, Moretti livre ses états d’âme par une suite de saynètes qui s’enchaînent à un rythme soutenu. Ce faisant, il renoue avec la forme de son Journal intime (1994) – la trottinette électrique ayant remplacé la vespa. Et il ne s’interdit rien, entraînant l’ensemble de son casting dans une chorégraphie au milieu d’une scène, prodiguant à un jeune couple les dialogues de leur dispute, interrompant le tournage d’un jeune réalisateur pour s’interroger sur la juste manière de représenter la violence.
Vers un avenir radieux opère comme une synthèse de tout le cinéma de Moretti. On reconnaît ici et là des éléments éparses de ses précédents films : le rapport au parti communiste, sa passion du ballon rond, l’éclatement de la famille, la psychanalyse, la mise en abyme d’un tournage.

La critique complète du Huzar sur le toit : https://www.senscritique.com/film/vers_un_avenir_radieux/critique/291330796
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

177 abonnés 569 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 juillet 2023
Ai vu "Vers un avenir radieux" de Nanni Moretti. Evidemment le titre est à prendre au second degrés car rien n'annonce vraiment un futur réjouissant ni dans l'actualité, ni dans ce long métrage, seul le cinéma aurai le pouvoir de nous faire croire à cette devise nous déclare Moretti. Le réalisateur tenait là un sujet formidable mais ce n'est pas ce qu'il a choisi de traiter. Moretti qui sur l'affiche de "Journal intime" partait vers l'horizon en scooter, nous revient ici sur une trottinette en vieux monsieur fatigué, grognon à qui tout échappe et principalement l'avenir. Giovanni (Nanni Moretti) est un metteur en scène qui filme son dernier projet, celui d'une cellule communiste en 1956 à Rome qui accueille un cirque hongrois qui fuit l'insurrection de Budapest. Mais Giovanni rencontre des problèmes avec son actrice qui la ramène tout le temps, avec son producteur pas très rassurant et avec sa femme qui après 40 ans de vie commune veut elle aussi se diriger vers un avenir plus radieux et célibataire. Par générosité probablement le film se retrouve a aborder bien trop de sujets et ne réussi à n'en traiter aucun. Un peu comme Giovanni qui veut tout maitriser et devant qui tout s'effondre. Le film se veut léger et amer, mais l'équilibre est plus que fragile et Moretti n'a pas trouvé le bon dosage. Le léger se retrouve être superficiel et l'amertume devient parfois de l'aigreur. Ce dernier opus n'est clairement pas du plus grand Moretti, et ses nombreuses références à sa propre filmographie tournent un peu à vide. Tout comme Woddy Allen, Moretti s'avère piégé dans un rôle qu'il s'est donné lui-même, qui a fait son succès et sa marque de fabrique, une caricature de lui-même pesante et redondante. De très beaux moments de cinéma mais aussi de l'anecdotique (le couple que forme sa fille avec l'ambassadeur, les nombreuses chansons en play-back frisants le ridicule). Plusieurs personnages peinent vraiment à exister (le producteur, l'ambassadeur, la fille...) et le propos s'étiole assez vite, de plus l'élocution ici particulière de Moretti lente et sur-articulée et celle d'Amalric dans la sur-enchère et l'emphase épuisent assez vite le spectateur. C'est donc le film dans le film qui est le plus intéressant, le plus abouti et le plus cinématographique avec le couple formidable Magherita Buy et Sylvio Orlando, hélas nous n'en voyons que quelques bribes. Dommage !
Sami
Sami

7 abonnés 79 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juillet 2023
C'est le premier film de ce réalisateur italien que je vois.

J'ai bien aimé.

Il y a ici et là des grands moments qui m'ont fait sourire et qui m'ont véritablement enchanté.

L'histoire est comme un jeu de miroirs où le cinéaste se fait des grimaces sur le mode de l'auto-dérision.

Ce film est pour les amoureux(ses) de l'art cinématographique, le 7ième art.

Selon moi une des plus belles réussites : la façon dont le réalisateur filme les visages. Chaque visage est un nouveau soleil. Il est là le futur !
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