L'Enlèvement
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Neila Driss
Neila Driss

86 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2023
Le film "Rapito" (L'enlèvement) du réalisateur italien Marco Bellocchio a été projeté à la 76ème édition du Festival de Cannes, plongeant le public au cœur de l'affaire Mortara. Il offre une immersion captivante dans l'Italie du XIXe siècle et soulève des questionnements profonds sur la liberté religieuse, l'identité et la tolérance.

Le film retrace le destin extraordinaire d'Edgardo Mortara qui a suscité une vive émotion dans toute l'Italie du XIXe siècle. Les autorités sont venues chez ses parents un soir de juin 1858 et leur ont donné vingt-quatre heures pour leur remettre leur enfant. Cette intervention a été réalisée sur ordre du pape, après la révélation du baptême secret de l'enfant.

Face à cette décision implacable, les parents d'Edgardo ont tenté de comprendre et de faire valoir leurs arguments. Ils ont rapidement découvert qu’une ancienne servante catholique était à l'origine de cette trahison. Malheureusement, dans l'État pontifical de Bologne, toute discussion était vaine et les autorités ne laissaient place à aucun compromis.

En raison de son baptême, Edgardo est considéré comme un apostat et il lui est donc impossible de vivre au sein d'une famille juive. Selon les croyances de l'époque, seule l'Église peut le sauver et le protéger spirituellement. L'inquisiteur de Bologne organise donc son placement dans une maison des catéchumènes, un institut fermé destiné à la conversion au catholicisme des jeunes juifs, musulmans et chrétiens non catholiques.

L'affaire Mortara, bien qu'exceptionnelle, n'est pas un cas isolé. Lors de la conférence de presse qui a suivi la première du film, le réalisateur a révélé que de nombreux autres enlèvements et conversions forcées ont eu lieu depuis le XVIe siècle. En effet, les familles juives étaient contraintes d'employer des servantes catholiques pendant le shabbat et celles-ci se chargeaient secrètement de baptiser les petits enfants juifs dans le but de les "sauver". Cette pratique était soutenue par les autorités religieuses catholiques au nom de Dieu. Au cours du procès, la servante a d’ailleurs affirmé avoir baptisé le petit Edgardo alors qu'il était malade et qu'elle le croyait mourant, dans l'espoir de le sauver des limbes, conformément à la croyance répandue à l'époque.

Ces conversions secrètes étaient utilisées comme moyen de pression par les autorités pour inciter les familles juives à se convertir au catholicisme afin de récupérer leurs enfants. Une alternative farouchement rejetée par la famille Mortara, qui refusait de choisir entre leur enfant et leur religion.

"Rapito" va bien au-delà d'un simple drame historique, il rappelle l'importance de la liberté religieuse et soulève des questions profondes sur l'identité, la foi et la tolérance. Ce film poignant invite à réfléchir aux conséquences de l'intolérance religieuse et à la nécessité de préserver les droits fondamentaux de chaque individu, indépendamment de sa croyance.

"Rapito" explore avec minutie le thème de l'emprise à travers l'histoire bouleversante de ce jeune enfant soudain plongé dans les préceptes de la religion catholique. Dès son arrivée dans sa nouvelle demeure, Edgardo reçoit un conseil d'un autre garçon, lui indiquant qu'il doit se comporter de manière exemplaire s'il souhaite rapidement retrouver sa famille. Cependant, ce conseil se révèle être un piège, donnant l'illusion d'une conversion heureuse, alors qu'en réalité, il renforce la décision des autorités papales de le tenir éloigné de sa famille. Parallèlement, un processus d'endoctrinement se met en place, basé sur l'enfermement et la culpabilisation.

Un autre élément remarquable de cette histoire est la trajectoire d'Edgardo Mortara lui-même. Malgré l'épreuve incommensurable qu'il a vécue, il deviendra prêtre et restera un fervent catholique jusqu'à sa mort, restant à distance de sa famille, essayant même de la convertir au catholicisme. Marco Bellocchio a mis en évidence les contradictions d'Edgardo Mortara et la souffrance qui en découle. Il utilise habilement le mystère qui entoure la psychologie du personnage tout au long du film. Est-ce qu'il fait semblant ? Est-ce qu'il agit par réflexe de protection ou est-il victime du syndrome de Stockholm ? Tout au long du récit, le personnage fascine et suscite des questionnements.

L'histoire d'Edgardo Mortara est exceptionnelle à bien des égards, notamment par sa médiatisation. Ses parents ont lutté sans relâche contre les autorités pontificales pour récupérer leur enfant, mobilisant la presse libérale qui en a fait un scandale national. Elle est devenue un symbole de résistance face à l'inquisition, renforçant ainsi la position inflexible du pape Pie IX, déterminé à appliquer strictement les dogmes religieux et à préserver son pouvoir. Marco Bellocchio souligne que cette affaire a pris une dimension "politique", en soulignant son lien avec la "dislocation de l'État pontifical" à l'époque.

Ce contexte historique, étroitement lié à l'affaire Mortara, se reflète dans la structure du film, qui s'appuie sur trois moments clés : l'enlèvement en 1858, le procès en 1860 rendu possible par l'arrivée des nationalistes au pouvoir à Bologne, et enfin, la conquête de Rome en 1870.

L'affaire Mortara est devenue célèbre et a posé un casse-tête pour le pape Pie IX et son principal conseiller, le cardinal Antonelli. Face à la pression publique et aux pétitions incessantes de la communauté juive réclamant le retour d'Edgardo, le pape, a simplement publié son édit : "Non possumus" (Nous ne pouvons pas).

Ce n'est qu'en 1859, lorsque l'armée italienne renverse la domination papale à Bologne, qu'un nouvel espoir surgit avec un procès contre Felletti, l’inquisiteur. Malheureusement, il est disculpé et l'avocat répond sèchement à Momolo, désespéré de ramener Edgardo à la maison, que cela ne sera possible que lorsque Rome sera prise.

Marco Bellocchio a découvert le destin d'Edgardo Mortara dans un livre de Vittorio Messori, un auteur catholique et conservateur qui défendait les raisons justifiant la séparation de l'enfant de sa famille par le pape. Cette affaire hautement médiatisée a suscité des passions déchaînées et a donné lieu à de nombreux récits, parfois contradictoires, parmi lesquels il a fallu faire le tri. Lors de la conférence de presse, Marco Bellocchio, le réalisateur, et Susanna Nicchiarelli, la coscénariste ont déclaré avoir eu la chance de travailler sur les sources directes de l'affaire Mortara, notamment les dépositions du procès, dont celle de Mariana Mortara, la mère, qui a décrit en détail les événements relatés dans la première partie du film, tels que l'arrivée des policiers et leur demande du nom des enfants. Cette richesse d'informations a permis de sélectionner parmi de nombreux éléments réels. Cependant, il restait à imaginer l'intimité des personnages, un aspect pour lequel très peu d'informations étaient disponibles.

Le film documente de près les circonstances de l'enlèvement d'Edgardo et les premiers efforts pour le ramener, avec des scènes émouvantes mettant en avant la mère désemparée, interprétée par Barbara Ronchi, et le jeune Enea Sala dans le rôle d'Edgardo.

Malgré son jeune âge, ce dernier a brillamment incarné le personnage, même s'il n'a probablement pas pleinement saisi l'importance du film en raison de sa jeune expérience de vie. Le réalisateur estime avoir fait un choix judicieux en sélectionnant cet acteur très jeune, qui a su apporter une profondeur émotionnelle remarquable à son interprétation. Il souligne également que Sala, n'ayant jamais mis les pieds dans une église et étant dépourvu des contraintes d’une éducation catholique, sans être non plus juif, et a pu puiser dans une profondeur intérieure pour incarner le personnage.

Marco Bellocchio a révélé que Steven Spielberg avait également prévu de réaliser un film sur l'affaire Mortara et avait même commencé à repérer des lieux en Italie. Cependant, il a finalement abandonné le projet, ouvrant ainsi la voie à Bellocchio et son équipe, ce qui est préférable, le film devant être tourné par des italiens et en langue italienne. Une version américaine aurait été autre et surement moins authentique!

"Rapito" plonge le public au cœur d'un épisode bouleversant de l'histoire italienne. Les performances exceptionnelles des acteurs donnent vie aux personnages avec une intensité émotionnelle palpable. L'esthétique soignée du film s'inspire des grands maîtres de la peinture pré-impressionniste italienne et française, tel Eugène Delacroix. Les décors minutieusement reconstitués, les costumes somptueux et les couleurs vives et contrastées créent une atmosphère visuelle captivante, transportant le spectateur dans un univers saisissant de réalité.

Article publié ici:
https://www.webdo.tn/fr/actualite/culture/cannes-2023/206056
Coric Bernard

463 abonnés 857 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 septembre 2023
C’est un superbe film historique comme sait le faire Marco BELLOCCHIO. La réalisation est très soignée avec de magnifiques prises de vues et des décors somptueux. Rien que pour l’aspect technique, ce film aurait dû ramener un prix de Cannes.
Le scénario est aussi bien construit sans trahir la réalité historique de cet épisode pas forcément connu du grand public. C’est aussi une réflexion sur les méfaits de l’inquisition et du traitement des juifs en Italie. Ce beau film ne souffre pas des deux heures et quart de projection tant le talent de sa mise en scène est brillant.

Bernard CORIC
Arthur Brondy

308 abonnés 1 516 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juin 2023
En Italie en 1858, l’église catholique retirait certains enfants juifs à leurs famille pour les convertir. Lorsque les soldats du pape sont venus prendre Edgardo, la famille Mortara a su mobiliser son réseau pour tenter l’impossible : récupérer son enfant. Ce film retrace cette histoire tragique et cruelle. C’est glaçant, révoltant et bouleversant. Somptueux.
Redzing

1 460 abonnés 4 974 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2025
L'histoire vraie d'Edgardo Mortara, un enfant juif de Bologne, baptisé en cachette par sa servante. A l'âge de 6 ans, il est enlevé par les autorités pontificales, qui le considèrent comme catholique et le font éduquer selon leur doctrine.
Il aurait été facile de sombrer dans l'académisme, ou dans le pamphlet facile anti-religieux. Heureusement ce n'est pas du tout le cas. Marco Bellocchio traite son sujet avec subtilité... et pessimisme.
Peu de gens sont vraiment reluisants dans ce récit, si ce n'est peut-être les parents désespérés du jeune garçon. La communauté juive voit dans cette histoire l'occasion de servir ses intérêts (ou tout au moins de ne pas les dégrader davantage). Les royalistes l'exploitent pour faire renverser l'autorité du pape. Tandis que celui-ci se terre dans sa position religieuse et prétendûment sacrée pour ne pas voir la réalité en face.
Même le pauvre Edgardo est présenté en nuances. Balancé entre sa volonté de suivre avec zèle la démarche qu'on lui impose pour en sortir au plus vite, et ses tentatives de garder ses origines juives. Mais il deviendra finalement presque secondaire, dans un récit qui privilégie la géopolitique. Ce qui n'est pas pour me déplaire, d'autant que les thématiques sont passionnantes.
A ce niveau, Marco Bellocchio et Paolo Pierobon ont du s'amuser à représenter Pie IX de cette manière ! Un pape conservateur, peu à peu isolé, en proie à des cauchemars et du déni.
Je reprocherai quelques fonds verts et plans numériques voyants qui visent à reconstituer les Bologne et Rome du 19ème siècle. Mais c'est du pinaillage, globalement les décors sont réussis, et la mise en scène sombre fonctionne bien. Notamment avec cette BO assez intense.
Un drame fort.
Roub E.

1 323 abonnés 5 414 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 septembre 2024
Une histoire passionnante sur l identité et la foi qui est transmise ou plutôt imposée. Un sujet qui pour le coup m a beaucoup intéressé. Les décors et costumes toujours primordiaux dans un film d époque sont de toute beauté en revanche les quelques effets visuels font peine à voir. J ai trouvé cependant dommage que le contexte n ai pas été mieux décrit et explicité alors que le film et très ancré dans son époque et que peu de parallèles sont fait avec le monde actuel.
Hotinhere

803 abonnés 5 523 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 août 2024
Entremêlant fresque historique baroque et drame familial aussi stupéfiant que déchirant, Bellocchio signe un pamphlet extrêmement puissant contre l’endoctrinement religieux. La scène finale est folle !
4,25
moket

673 abonnés 4 741 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 juin 2024
Une fresque historique superbement mise en scène, un spectacle baroque et une charge contre ce que les religions ont de plus laid : le repli sur soi et l'enfermement. Le film est toutefois un peu inégal : la réalisation perd parfois de son allant et les histoires parallèles sont un peu fouillis...
PLR
PLR

563 abonnés 1 793 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 novembre 2023
Je ne goute pas trop aux films longs, surtout en version originale sous-titrée (il n’y a guère plus d’une salle qui le présente en version française), et pourtant cette fois je ne me suis pas aperçu que c’était long (2h15mn). A mettre au compte de la curiosité sur cette intrigue. En général, avant d’aller voir ce genre de film nous venant d’Italie (pays qui a perdu de sa superbe et de sa gloire passée dans le 7ème art), le spectateur lambda a entendu parler du sujet, a vu la bande annonce s’il fréquente régulièrement les salles obscures. Ça vaut mieux car sinon l’introduction risque d’être un peu absconse, confuse, car les fondements de l’intrigue ne sont pas révélés tout de suite dès les premières images. A savoir le retrait autoritaire d’une famille de confession israélite en 1858 d’un enfant dont il s’avère qu’il a été baptisé selon le rite de l’église catholique par sa nourrice quelque peu naïve quoique religieusement bien intentionnée et que cette information a été portée à l’autorité épiscopale plutôt dogmatique, la norme à l’époque. D’où cet enlèvement pour une éducation conforme au droit canonique sous les auspices du Vatican. L’affaire nous dit-on fit l’objet d’un scandale international. Mais sans doute peu de spectateurs d’aujourd’hui auront entendu parler de cette affaire Mortara, du patronyme de l’enfant. Au-delà de ce fait divers et religieux, c’est aussi une confrontation avec le Pape de l’époque (Pie IX, oups jamais entendu parler avant bien que le règne de ce « Pape-roi » fut le plus long de toute l’église catholique romaine). Une immersion historique dans les soubresauts de l’Italie de l’époque en train de se construire et de chercher à s’unifier au détriment et contre cet Etat dans l’Etat qu’est l’Eglise. Quelque chose qui n’est sans doute guère connu de tout un chacun sauf à être féru d’histoire italienne ou de religion. Une découverte, une initiation, pour les autres.
Cinévore24

461 abonnés 960 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 novembre 2023
Traversée par des séquences oniriques, l'histoire vraie d'un baptême clandestin, menant à l'enlèvement d'un enfant par l'Église (ordonné par Pie IX lui-même) dans l'Italie du 19e siècle, et qui va être endoctriné par celle-ci.

Un drame prenant sur le pouvoir de l'institution chrétienne face à une famille juive déchirée et prête à tout pour faire éclater la vérité de ce scandale institutionnel.
eldarkstone

306 abonnés 2 439 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mars 2024
Un drame historique passionnant et prenant, du début à la fin ! quelques longueurs largement pardonnables ...
Agnes L.
Agnes L.

232 abonnés 2 048 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2026
Un film poignant et révoltant d'autant qu'il relate des faits historiques. Cela a moins de deux siècles, ce n'est donc pas si vieux et pourtant, il s'agit de pratiques d'inquisition révoltantes. Le réalisateur italien maîtrise son sujet et a bien choisi ses personnages principaux, en particulier, le petit garçon qui est parfait de de naturel.
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 752 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2023
Le hasard de la sortie de « l’Enlèvement » entre en résonnance avec une actualité que Marco Bellochio ne pouvait envisager.
A bientôt 84 ans, le réalisateur italien n’a rien perdu de son mordant, bien au contraire, ses deux derniers longs métrages de fiction, « Le traître » et « L’enlèvement » se placent très haut dans la hiérarchie de sa filmographie. Alors que « Le traître » s’intéressait à l’histoire véridique de Tommaso Buscetta, un repenti de la Mafia, c’est à une autre histoire véridique que le réalisateur a consacré « L’enlèvement ».
En 1858, la ville de Bologne fait encore partie des Etats pontificaux et, à ce titre, l’inquisition y avait encore droit de cité. Le 23 juin 1858, la police pontificale, sur ordre de l’inquisiteur Pier Gaetano Feletti, a investi la demeure où habitent la famille Mortara et leurs 8 enfants. Les policiers exigent que leur soit remis Edgardo, un de ces enfants, alors âgé de 6 ans et quelques mois. Pourquoi cet enfant plutôt qu’un autre ?
Très simplement parce que la famille Mortara était une famille juive et parce que les autorités catholiques avaient appris qu’Edgardo avait été ondoyé en secret par une domestique de la famille Mortara alors que, bébé, il était très malade et que cette servante, en bonne chrétienne, craignait que, s’il venait à mourir, l’enfant aille rejoindre les limbes. Considéré comme baptisé à la suite de cet ondoiement, Edgardo ne pouvait plus, du point de vue de l’église catholique, être élevé dans sa famille juive sauf à devenir apostat et donc excommunié.
Il est donc emmené à Rome, loin des siens…. Dans ce véritable combat avec la papauté, le couple Mortara va trouver des soutiens un peu partout dans le monde et l’affaire abondamment traitée dans la presse, agite l’Italie, l’opinion publique libérale mais aussi la France, les Etats Unis jusqu’à la chute des Etats Pontificaux en 1870…et si Camillo Cavour, Napoléon III et la communauté juive américaine s’en mêlent, le pape Pie IX ( Paolo Pierobon, exceptionnel que l’on prend plaisir à détester dans ce rôle, tout comme on ne peut s’empêcher de détester l’inquisiteur Pier Gaetano Feletti, interprété par Fabrizio Gifuni ) ne veut rien entendre de son vivant.
Marco Bellochio a réalisé un film d’une rare puissance, qui aurait mérité une nouvelle récompense au dernier Festival de Cannes où il a été présenté. Le rapt de l’enfant, filmé comme dans un thriller, dans des teintes sombres, ( la photo et la lumière de Francesco Di Giacomo sont absolument magnifiques), l’interprétation des acteurs principaux, la façon de traiter en parallèle la tragédie familiale que vivent les Mortara, les tourments du jeune Edgardo, l’agonie du pouvoir temporel de l’Eglise, tout cela concourt à faire de « L’enlèvement » un film inoubliable…un sacré film, récit d’un lavage de cerveau qui tourne au syndrome de Stockholm…où le jeune Edgardo aura jusqu’au bout espéré convertir les siens !!
tuco-ramirez
tuco-ramirez

167 abonnés 1 792 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 décembre 2023
Un film passionnant sur l'endoctrinement et le poids du dogme dans la religion.
"Bologne Italie 1650. Dans une famille juive bourgeoise unie, l’un des enfants est un matin enlevé par les services de l’inquisition du pape sous prétexte qu’il a été baptisé en secret et qu’il doit donc recevoir une éducation chrétienne.
La famille bouleversée et déchirée suite à ce drame tente par tous les moyens en ses possibilités de récupérer l’enfant qui de son côté placé auprès d’autres enfants sous l’égide du pape lui-même apprend à se conformer au dogme catholique.
Une grande fresque historique pour témoigner de l’hégémonie périclitante du christianisme qui s’acharne à recruter de nouvelles ouailles quitte à briser des liens familiaux.
Outre la dénonciation d’un abus de pouvoir, le film montre aussi les écueils d’une forme d’endoctrinement d’un jeune cerveau contraint de renier les valeurs éducatives familiales au profit d’une religion qui au départ n’est pas la sienne et qui subit à l’âge adulte le boomerang de la violence de la séparation et l’emprise d’un dogme religieux.
Le film par sa dramaturgie et sa musique digne parfois d’un opéra traduit bien tout l’aspect mélodramatique de la situation.
Instructif et romanesque."
TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
brunocinoche
brunocinoche

139 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2023
Décidemment, Marco Bellocchio nous aura donné ses meilleurs films en fin de carrière. Mélangeant de nouveau grande Histoire et petite histoire, "L'enlèvement" est un film passionnant de bout en bout. Le parcours de l'enfant élevé et parallèlement, les démarches des parents et la révolte du peuple qui monte, tout est prenant. Outre un scénario riche et bien mené, le film bénéficie d'une mise en scène précise, au couteau qui met en valeur les personnages tout autant que les décors. les images sont très belles et la musique très présente. L'interprétation à l'image du film est solide, notamment le jeune acteur qui sait faire passer avec justesse mais sans exagération la détresse, la résignation et la fascination que son drame lui provoque.
Arthus27
Arthus27

127 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 août 2024
Un scénario ciselé, une mise en scène parfaite, et pourtant quelle déception que ce nouveau film de Bellocchio! La faute à une caractérisation approximative des personnages et à la froideur globale qui se dégage du film. Impossible alors d'entrer en empathie avec les personnages, ni à porter un intérêt pour leurs trajectoires respectives.
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