L'Enlèvement
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traversay1

4 473 abonnés 5 346 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2023
La veine historique des œuvres de Marco Bellocchio a toujours été féconde et, si L'Enlèvement n'a pas la puissance de frappe de Vincere, par exemple, il ne fait pas moins preuve d'une maîtrise formidable dans un récit relatant des faits datant du milieu du XIXe siècle, peu ou pas connus, de ce côté-ci des Alpes, en tous cas. Cette conversion peu catholique d'un garçon juif, que nous conte le cinéaste, est prétexte à dénoncer les agissements éhontés de l’Église, en des temps où l'unité italienne va enfin se concrétiser, en réduisant le pouvoir de l’État papal. A cet égard, le portrait de Pie IX est particulièrement marquant, monstre de vanité et de morgue. De même que la scène de ses obsèques, morceau de cinéma époustouflant. Mais au-delà de la pompe, des ors et du cynisme de la religion, le film s'attache aussi au parcours de cet enfant arraché à ses parents et manipulé pour en faire un mouton catholique. L'Enlèvement brille à la fois par son lyrisme, à la limite de l'excès, et par son caractère profondément intime, avec les contradictions d'une âme chahutée par le destin. A 80 ans passés, et notamment depuis 2 décennies, Marco Bellocchio n'en finit pas d'étonner et d'émerveiller, par sa capacité à évoquer les sujets les plus caractéristiques de la société italienne, quelle que soit la période historique qu'il traite, avec une force visuelle et narrative sans beaucoup d'équivalent parmi ses collègues cinéastes, tous pays confondus.
Yves G.

1 840 abonnés 4 000 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2023
En juin 1858, dans les États pontificaux, le jeune Edgardo Mortaro est soustrait à la garde de ses parents par les soldats du Pape au motif qu’il aurait été secrètement baptisé et doit recevoir une éducation catholique. Le rapt provoque une campagne internationale de soutien à ses parents, des riches marchands israélites bolognais, qui exigent sa libération. spoiler: Mais le pape Pie IX, dont l’autorité vacille sous les coups du Risorgimento, refuse de relâcher l’enfant.

J’évoquais, dans ma récente critique de "Killers of the Flower Moon" l’étonnante créativité de plusieurs réalisateurs octogénaires au sommet de leur art qui continuent, avec une insolente jeunesse, à tourner des films exceptionnels. J’ai eu le tort d’oublier Marco Bellocchio, quatre-vingt-trois ans au compteur, qui, depuis plus de cinquante ans, domine le cinéma italien : "Les Poings dans les poches", "Buongiorno, Notte", "Vincere", "Le Traître"…

Son dernier film en date – avec toujours la crainte qu’à son âge il s’agisse effectivement du dernier – témoigne d’une étonnante maîtrise. Il appelle selon moi les mêmes éloges respectueux que le dernier Scorsese. Tout y est parfait, du scénario, de la mise en scène, de la direction d’acteurs et de la musique. Avec le défaut parfois des films trop parfaits qui n’ont pas ce je-ne-sais-quoi, ce petit-rien qui nous les rendraient attachants.

"L’Enlèvement" raconte une page édifiante de l’histoire de l’Italie. Il campe avec le personnage de Pie IX, bouffi d’orgueil, un portrait édifiant de la papauté vacillante, sur le point d’entrer dans une des périodes les plus sombres de son histoire. Mais, comme savent l’être les grands films, "L’Enlèvement" raconte aussi un drame intime, celui de deux parents brutalement séparés de leur enfant. Chacun des deux réagit à sa façon à la douleur bestiale que cet arrachement provoque : spoiler: la mère se mure dans une rage silencieuse, le père se projette dans un activisme débordant au risque de nuire à la cause de son fils.


Mais le plus intéressant est Edgardo lui-même. Sera-t-il fidèle à l’amour de ses parents et à sa foi, comme le spectateur l’espère secrètement ? Ou, du fait de son jeune âge, se laissera-t-il influencer par ses nouveaux tuteurs qui portent à son éducation à la foi catholique à Rome un soin minutieux ?

"L’Enlèvement" m’a fait penser à un opéra italien. Il en a la grandeur, l’énergie, la noire beauté. Sa musique, je l’ai trop vite évoquée, est majestueuse. Son final m’a cloué.
FaRem

10 566 abonnés 11 395 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 septembre 2023
"Rapito" revient sur l'affaire Mortara et l'enlèvement d'un petit garçon juif sur ordre de l'autorité religieuse au pouvoir après qu'ils ont découvert qu'il avait été baptisé par sa nourrice à l'insu de ses parents. Marco Bellocchio s'intéresse au combat de ses parents pour le récupérer et à son quotidien dans son nouvel environnement. Il est aussi question du retentissement international de l'affaire qui a mis le pape Pie IX sous pression, mais cet aspect est sous-développé. Je pourrais dire la même pour l'ensemble puisque l'histoire d'Eduardo laisse peu à peu place aux bouleversements politiques de l'époque comme si Marco Bellocchio voulait couvrir trop de choses à la fois. J'aurais aimé en savoir plus sur ce « lavage de cerveau catholique », car même s'il s'agit de son histoire, ce n'est pas un film à hauteur d'enfant, donc on n'a jamais son ressenti. En dépit d'un certain classicisme et d'un manque d'émotion, ce récit d'une injustice historique est intéressant de bout en bout grâce notamment à une solide interprétation de l'ensemble du casting.
bendelette
bendelette

34 abonnés 280 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2023
Un sujet surprenant,un fait historique des plus étonnants,dénonçant les revers de l'église catholique italienne au 19ième siècle.Se pose aussi l'embrigadement dans les deux religions citées dans le film.Les acteurs sont parfaits,les images en clair obscur,les zooms sur les visages magnifiques.Et ne pas oublier la musique que l'on aimerait réecouter.Non,le cinéma italien n'est pas mort.Merci Bellochio.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

175 abonnés 559 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2023
A vu "L'enlèvement" de Marcelo Bellocchio. Décidément les réalisateurs octogénaires sont très très inspirés en ce moment... après Scorsese qui signe un nouveau chef d'oeuvre avec "Killers of the flower moon", Bellocchio à son tour, sort un immense grand film. L'osmose entre un sujet jamais traité et puissant et la façon très opératique de filmer du réalisateur donne naissance à un long métrage sidérant et qui cloue le spectateur dans son fauteuil. Bellocchio sait recomposer l'Italie de la moitié du XIXème siècle sans jamais donner l'impression d'imposer une reconstitution qui sonne faux. La puissance des décors écrasants sans jamais être ostentatoires, la richesse des costumes sans jamais tomber dans l'étalage d'une production luxueuse, la beauté de la photographie qui sait estomper au maximum les effets spécieux (reconstitution de Bologne et de Rome), la fluidité du montage qui juxtapose avec sens et ironie les rituels judaïques et catholiques... Bellocchio sait dérouler son scénario implacable et nous raconter avec justesse et exactement la bonne distance le drame que vit la famille Mortara de confession juive et dont un des enfants (Edgardo) alors qu'il était gravement malade a été baptisé en catimini pas la bonne catholique. Quelques années plus tard les gardes du Pape sur ordre du Cardinal, à qui la bonne s'est confessée moyennant argent, viennent enlever l'enfant à ses parents pour l'élever dans la foi chrétienne. Cette situation qui n'a pas été unique est absolument effroyable. L'interprétation est magistrale et le petit Edgardo (Enea Sala) doit énormément à la puissance du film. Un film qui questionne, qui bouleverse par les injustices détaillées... le tout est magnifié par la musique très présente de Shostakovich et de Fabio Massimo Capogrosso. La musique comme dans un opéra, est présente de bout en bout du film, et souligne voir surligne (mais moi j'adore) tous les affects. C'est absolument implacable, imposant, inéluctable. La Force d'un Destin hors du commun avec l'efficacité d'un opéra de Verdi.
Simon Bernard
Simon Bernard

205 abonnés 689 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 novembre 2023
À Bologne au milieu du 19e siècle, un enfant juif est réclamé à sa famille par l'église catholique sous prétexte qu'il aurait été baptisé quelques mois après sa naissance. Cet événement a des répercussions politiques importantes dans un contexte où le pape Pie IX est controversé et embrase les ennemis du pouvoir catholique dans toute l'Europe. En salle le 01 novembre.

spoiler: L'enlèvement est une histoire absolument surprenante, pleine de rebondissements et d'implications politiques majeures sur fond d'amour familial. Le film est doté de quelques scènes soufflantes et parvient à surprendre régulièrement son spectateur, qui a du mal à rester impassible face à l'humanité de la famille, au rapport à la religion et à la loyauté. J'ai beaucoup apprécié la proposition de Marco Bellocchio qui fait le pari de nous emmener au coeur d'une période historique méconnue en compagnie de personnages dont les actes sont guidés par leurs émotions et leurs valeurs.
SUZY AND MEE
SUZY AND MEE

158 abonnés 114 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 novembre 2023
L'enlèvement OU l'histoire d'un gamin qui aimait se réfugier sous les jupes de... l'histoire à la fois pro et anticléricale repose sur un scénario inédit qui aurait pu se révéler passionnant mais tout est filmé de trop loin et le réalisateur est juché sur d'énormes sabots, dépourvu de finesse psychologique alors que la longueur du film lui aurait permis de s'appesantir sur les méandres humains d'un tel enlèvement! Bref drame historique bien brut, bien long et finalement un peu frustrant!
selenie

7 437 abonnés 6 638 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2023
Cette histoire est passionnante d'un point de vue dogmatique d'abord, mais aussi d'un point de vue géo-politique, mais si de côté purement religieux le film est précis et même plutôt pertinent on aurait aimé un contexte géo-politique plus travaillé et plus présent. Bellochio a préféré se focaliser sur l'enfant et le Pape, on aurait alors aimé avoir plus l'enfant et le combat des parents, le Pape prend autant d'importance que l'enfant lui-même. Mais le film restranscrit bien néanmoins le désarroi des parents, la conversion radicale de l'enfant qui a seulement six ans, et donc logiquement infuençable, s'apparente clairement à un lavage de cerveau et comme le précise Bellochio lui-même on "l'appellerait aujourd'hui le syndrome de Stockholm..." Le choix du cinéaste repose malheureusement trop sur le Pape et occulte donc quelques faits non négligeables, comme le fait que Egardo sera missionnaire dans toute l'Europe, qu'il tentera de convertir sa mère en 1878 soit avant sa mort, que son père a été victime d'une machination qui lui vaudra la prison... etc... On aurait donc aimé moins de Pape pour comprendre un peu plus le cheminement psychologique de Edgardo. En conclusion un film qui vaut le détour, certe peut-être un peu figé ou académique mais qui colle avec l'austérité ecclésiastique.
Site : Selenie.fr
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mai 2023
Avec "l'enlèvement", Marco Bellochio nous offre un splendide film historique matiné d'une histoire oubliée qui fait ressurgir les monstres passés de la persécution religieuse.

En 1858, dans le quartier juif de Bologne, les soldats du Pape font irruption chez la famille Mortara. Sur ordre du cardinal, ils sont venus prendre Edgardo, leur fils de sept ans. L’enfant aurait été baptisé en secret par sa nourrice étant bébé et la loi pontificale est indiscutable : il doit recevoir une éducation catholique. Les parents d’Edgardo, bouleversés, vont tout faire pour récupérer leur fils. Soutenus par l’opinion publique de l’Italie libérale et la communauté juive internationale, le combat des Mortara prend vite une dimension politique. Mais l’Église et le Pape refusent de rendre l'enfant, pour asseoir un pouvoir de plus en plus vacillant...

L'image est superbe, le casting de très haute volée.

Seul hic, le choix de Bellochio de nous montrer au sens figuré mais malheureusement aussi au sens propre le ridicule et le grotesque de ce scandale religieux.

Les caractères et les situations sont un peu trop hystérisés et la musique est poussé au maximum manière de nous enfoncer un clou de plus dans le "drama" du récit.

Le film reste captivant mais devient un peu pénible à force d'effets !
Cinéphiles 44

1 661 abonnés 4 616 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 mai 2023
Marco Bellocchio est de retour en compétition officielle à Cannes avec une oeuvre magistrale sur le destin tragique d'un enfant juif de Bologne dans les années 1850. Alors qu'il aurait été baptisé à l'insu de ses parents pour échapper à la mort, Edgardo est enlevé par les autorités catholiques pour être élevé au Vatican. Dans une sublime reconstitution historique (décors et costumes), "L'enlèvement" nous sidère par les cruautés qui s'imposent à une famille sous prétexte d'une religion. Un film alarmant porté par les époustouflantes compositions musicales de Craig Armstrong.
velocio

1 536 abonnés 3 492 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2023
En 1858, la ville de Bologne faisait encore partie des Etats pontificaux et, à ce titre, l’inquisition y avait encore droit de cité. Le 23 juin 1858, la police pontificale, sur ordre de l’inquisiteur Pier Gaetano Feletti, a investi la demeure où habitent la famille Mortara et leurs 8 enfants. Les policiers exigent que leur soit remis Edgardo, un de ces enfants, alors âgé de 6 ans et quelques mois. Pourquoi cet enfant plutôt qu’un autre ? Très simplement parce que la famille Mortara était une famille juive et parce que les autorités catholiques avaient appris qu’Edgardo avait été ondoyé en secret par une bonne de la famille Mortara alors que, bébé, il était très malade et que la bonne, en bonne chrétienne, craignait que, s’il venait à mourir, l’enfant aille rejoindre les limbes. Considéré comme baptisé à la suite de cet ondoiement, Edgardo ne pouvait plus, du point de vue de l’église catholique, être élevé dans sa famille juive sauf à devenir apostat et donc excommunié.

Le film va suivre l’existence d’Edgardo, emmené de force à Rome pour être placé dans un établissement proche du Vatican, tout en narrant les nombreuses tentatives de Momolo et Mariana Mortara pour, au minimum, visiter leur fils et, si cela s’avère possible, le faire revenir dans sa famille, sans oublier les séquences historiques que sont, en 1860, le procès de l’inquisiteur Feletti et l’entrée des troupes piémontaises à Rome en 1870. Dans ce véritable combat avec la papauté, le couple Mortara va trouver des soutiens un peu partout dans le monde, au sein de la communauté juive, bien entendu, mais également auprès de personnalités politiques, de personnalités religieuses et de chefs d’état dont l’Empereur des Français Napoléon III. Face à eux, face à ces soutiens, se dresse le pape Pie IX, un pape devenu petit à petit particulièrement conservateur et dont, par ailleurs, le pontificat fut le plus long de l’histoire de la papauté. Pour le Vatican, l’époque est historiquement difficile avec la naissance progressive de l’état d’Italie et des attaques de plus en plus fortes contre le pouvoir temporel de l’Eglise, ce qui amène Pie IX, qui considère Edgardo comme une prise de guerre, à se montrer d’une grande fermeté face aux demandes de la famille Mortara et de leurs soutiens. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-lenlevement/
tupper
tupper

189 abonnés 1 565 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 novembre 2023
Très intéressant sur le plan historique, théologique et psychologique, j’ai pourtant eu beaucoup de mal à rentrer dans le film. Peut être à cause de la forme très classique qui dénote dans la production moderne et qui nécessite un temps d’adaptation. Et si les plus de 2h semblent courtes au regard des décennies balayées, il n’en est rien faute au manque de rythme et au scénario finalement assez creux. Je ne rejoins donc pas les critiques dithyrambiques mais j’admets l’intérêt et la singularité de cette production plus taillée pour un jury de festival que pour le grand public.
Nath Visuals
Nath Visuals

83 abonnés 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2023
L'enlèvement, que j'ai vu en avant première au mk2 bibliothèque dans le cadre de Cannes au mk2 est un film que j'ai vraiment apprécié. Si je me trompe pas, ce n'est pas ce qui a de plus courant un film sur des événements religieux qui soit sélectionné à Cannes.
L'enlèvement raconte l'histoire d'un petit garçon (Edgardo) juif mais qui a été baptisé à l'insu de sa famille donc qui devient catholique. Le petit Edgardo va rapidement être retiré de sa famille par des soldats du pape. Le but de l'église est donc de le convertir et de lui donner une éducation catholique.
Ce film met en lumière un récit basé sur une histoire vrai dans une époque où le pouvoir de l'église était au plus haut et rien ne peut empêcher cet enlèvement. En arrivant au "pensionnat" avec les autres enfants déjà présent, un autre garçon lui dit de faire au mieux pour apprendre vite et se plier pour pouvoir sortir le plus vite possible. Mais ce conseil ne va pas aider Edgardo et on entre dans un réel combat où le jeune juif va prendre sur lui et va être un très bon élève ce qui va faire bonne impression. Mais cela ne peut durer...

Edgardo est en quelques sortes entre deux camps avec une grande difficulté de choisir et particulièrement dans la deuxième moitié du film où il va beaucoup en souffrir. Au delà de la question cinématographique, cela fait beaucoup réfléchir également sur le point de vue spirituel.
Le jeune acteur Enea Sala nous offre un très bon jeu pour son âge ce qui n'est pas forcément le cas de certains autres personnage comme le père qui à certains moments perd en crédibilité mais rien qui ne fait nous détacher du film.
Le film est très bien rythmé sauf à un moment au tribunal par un moment un peu plus ennuyeux mais nécessaire pour comprendre la suite de l'histoire.
Bref, pour moi c'est un film très réussi qui mérite vraiment d'être vu. C'est un film pleins de questionnement sur les actions d'Edgardo et ses prises de décisions pour sa vie dans un contexte qui précède l'invasion de Rome en 1870 et qui y parvient durant le film
Christoblog

920 abonnés 1 794 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 novembre 2023
Voici un Bellocchio très solide, cependant un petit peu en-dessous de ses meilleurs films.

Certes, l'interprétation et la direction artistique sont irréprochables, et la mise en scène est très solide. Mais une fois qu'on a fait ces compliments au film, on a un petit peu tout dit.

Le sujet est formidable. Il s'agit de l'histoire vraie d'un enfant juif arraché à sa famille par le Pape en 1850, au prétexte qu'il aurait été baptisé clandestinement à l'insu des parents par la servante de la famille.

Je m'imaginais Bellocchio explorant avec ferveur et cruauté tous les recoins de cette histoire terrible, creusant dans la psyché des différents protagonistes, éclairé par un anticléricalisme acide. Mais curieusement, le film est d'une facture très classique, au final très sage, illustratif et presque scolaire.

S'il montre bien les mécanismes d'endoctrinement rodés de l'Eglise catholique, et dresse un portrait saisissant du Pape Pie IX, il survole un peu vite un certain nombre de péripéties ( spoiler: la rencontre de l'inquisiteur et de la servante, le faux retournement d'Edgardo lors du transport du corps...).


Moins original et subtil que le dernier film du réalisateur italien (Le traitre) dont l'ampleur narrative était impressionnante, L'enlèvement est typique du film victime d'un sujet captivant qu'il ne parvient pas à dépasser.
Ufuk K

616 abonnés 1 712 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 novembre 2023
"L'Enlèvement" bien accueilli par la critique, en compétition officielle cette année au festival de Cannes est un drame historique moyen dans l'ensemble. En effet le réalisateur italien Marco Bellocchio s'est inspiré d'un fait réel (Edgardo Mortara jeune garçon juif, enlevé de force de sa famille bolonaise, en 1858, pour être élevé comme chrétien) livre un récit intéressant sur l'endoctrinement religieux et les dérives de l'Eglise catholique avec une parfaite reconstitution du XIX éme siècle même si j'ai trouvé que l'ensemble manquait de force et d'émotions.
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