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ned123
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4,5
Publiée le 27 août 2026
J'ai vu un film... qui transforme un fait divers du XIXe siècle en Italie en une blessure toujours ouverte.... pour qui a de la mémoire...
"L'Enlèvement" de Marco Bellocchio relate l'histoire vraie d'Edgardo Mortara, enfant juif de Bologne baptisé en cachette par sa servante, arraché à six ans à sa famille par les autorités pontificales qui le considèrent désormais catholique. Ce que Bellocchio en fait est bien plus qu'un pamphlet antireligieux — c'est une fresque baroque et intime, lyrique jusqu'à l'excès, qui bascule avec une aisance stupéfiante entre drame familial, thriller judiciaire et fresque historique.
Le génie du cinéaste réside dans sa capacité à n'épargner personne. Le pape Pie IX est un monstre de vanité magistralement campé, mais la communauté juive, les royalistes, les institutions — chacun instrumentalise l'enfant au service de ses intérêts. Quant à Edgardo lui-même, peu à peu effacé par la géopolitique, il demeure une figure troublante et nuancée — victime d'un lavage de cerveau que Bellocchio rapproche explicitement du syndrome de Stockholm.
La mise en scène en clair-obscur, la bande originale intense, la scène des obsèques pontificales — morceaux de cinéma époustouflants.
L’Enlèvement de Marco Bellocchio est reparti du Festival de Cannes 2023 sans aucun prix. C’était probablement injuste tant est puissante cette évocation du destin d’Edgardo Mortara, ce garçon juif de six ans découvert baptisé en cachette alors qu’il était nourrisson et enlevé par les autorités catholiques avec la bénédiction du Pape Pie IX pour en faire un bon catholique. C’était il y a seulement 170 ans, l’histoire avait fait beaucoup de bruit. Enea Sala est magnifique dans le rôle du très jeune Edgardo, Leonardo Maltese un peu moins dans son interprétation du même en jeune adulte.
“L’Enlèvement” est un drame historique inspiré d’une histoire vraie. Le film raconte l’histoire tragique d’un enfant juif enlevé à ses parents par l’Église catholique en 1856, sous prétexte qu’il aurait été baptisé par quelqu’un. C’est un récit touchant qui explore la souffrance d’un enfant et d’un homme déchiré par le dogme, perdu entre son identité et sa place dans le monde.
Le film offre un portrait sévère et sans concessions de l’autoritarisme de l’Église catholique du 19ème siècle, ainsi que du pape Pie IX. La réalisation se distingue par ses magnifiques costumes, une photographie soignée et une mise en scène efficace qui plongent le spectateur dans cette époque troublée.
Le scénario réussit à montrer de manière intelligente comment un fait divers, apparemment individuel, a pu se transformer en un véritable séisme politique. Bien que je ne le qualifierais pas de film de référence, “L’Enlèvement” mérite qu’on s’y attarde. C’est une œuvre qui invite à la réflexion et qui ne laisse pas indifférent. 7/10
J'ai découvert ce film presque par hasard, et je ne m'attendais pas à être autant happé par cette histoire vraie. En 1858 à Bologne, dans une famille juive, les soldats du Pape débarquent en pleine nuit pour arracher le petit Edgardo, six ans, sous prétexte qu'il aurait été baptisé en secret par sa nourrice quand il était bébé. Ce qui suit est à la fois un drame intime déchirant et une fresque historique qui montre la puissance (et l'absurdité) de l'Église à cette époque. Marco Bellocchio, à plus de 80 ans, signe un film d'une force rare, avec une rage contenue qui traverse chaque plan. Ce qui m'a le plus touché, c'est la façon dont le réalisateur filme la famille Mortara. Les parents, interprétés magnifiquement par Fausto Russo Alesi et Barbara Ronchi, sont dévastés mais refusent de baisser les bras. Leur combat devient vite politique, avec le soutien de l'opinion publique libérale et de la communauté juive internationale. On sent la colère monter face à l'intransigeance du Pape Pie IX. Bellocchio ne tombe jamais dans le manichéisme facile : il montre aussi comment l'enfant, une fois arraché à sa famille, est peu à peu modelé par son nouvel environnement. Ces scènes sont d'une tristesse infinie, sans jamais verser dans le pathos gratuit. Visuellement, le film est splendide. Les intérieurs sombres, les lumières nocturnes, les costumes et les décors recréent parfaitement cette Italie du XIXe siècle en pleine ébullition. La mise en scène est à la fois classique et très moderne dans sa manière d'alterner entre l'intime et le grand spectacle historique. J'ai particulièrement aimé comment Bellocchio utilise la musique et les silences pour accentuer la tension. Ça respire le cinéma d'auteur maîtrisé, sans jamais être ennuyeux une seconde sur ses 2h15. Bien sûr, on peut toujours chipoter : le film est parfois un peu emphatique dans sa dénonciation de l'Église, mais vu le sujet, c'est compréhensible. Pour moi, ça reste une œuvre puissante qui pose des questions toujours d'actualité sur la tolérance, le pouvoir religieux et l'identité. Si vous aimez les drames historiques qui ont du sens et de l'émotion, foncez. L'Enlèvement est de ces films qui restent en tête longtemps après le générique. Un très beau 4/5 bien mérité !
L'Enlèvement - le sujet est forcément intéressant mais il manque le petit truc pour rendre le film agréable. Les images sont sombres et les acteurs manquent de charisme. Le sujet mérite le détour 3/5
Bellocchio filme cette histoire avec une maîtrise impressionnante. La mise en scène, la musique et les acteurs donnent au film une vraie ampleur, avec parfois quelque chose de très théâtral dans les émotions et les décors. J’ai particulièrement aimé le mélange entre le drame intime et la dimension politique.
C'est une séléction au festival de Cannes de 2023. Un film européen. L'histoire vraie de Edgardo Mortara. L'affaire Mortara expliquée en 2 heures de film. Les états pontificaux vers 1850, des états dirigés par le Pape. 3 millions d'habitants sur 44000 kilomètres carrés en 1853 . Dont la ville de Rome et de Bologne. Une monarchie absolue avec comme chef le pape Pie IX, le pape de l'église catholique durant 31 ans, de 1846 à 1878. Le premier pape photographié. La pratique d'enlèvements d'enfants juifs à leurs familles, consédérant avoir été baptissés par leurs servantes. Une époque. Une affaire devenue une affaire internationnale avec des retentissements jusque dans les journaux de l'époque, dans toute l'Europe et en Amérique. Un film tourné à Bologne avec beaucoup de décors et de costumes. Un film pour amateurs d'histoire. Le César 2024 du meilleur film étranger.
C’est un film singulier dont le cœur du récit surprend profondément. Bien que l’on connaisse tous l’Inquisition du Moyen Âge, ce qui est montré ici dépasse largement ce que l’on aurait pu imaginer encore au XIXe siècle. S’agit-il d’une chasse aux Juifs, ou plutôt d’une volonté d’évangélisation et de christianisation poussée à l’extrême ? Sur le plan historique, le film nous plonge aussi dans une période trouble et souvent méconnue : l’Italie n’est pas encore unifiée, ce qui semble renforcer le pouvoir de l’Église et du pape. Les décors sont magnifiques et participent à l’atmosphère du récit. L’histoire, atypique, laisse néanmoins une certaine perplexité. Ce n’est qu’à la fin que l’on découvre qu’elle est inspirée de faits réels, ce qui renforce encore le malaise. Au fond, le film apparaît surtout comme une réflexion sur l’amour filial, mais aussi sur l’endoctrinement. Les enfants s’adaptent vite, et parfois trop vite. Nous sommes tous conditionnés, d’une certaine manière, dès le plus jeune âge, et c’est probablement l’idée principale que je retiendrai de ce film.
Intéressant pour le côté historique on apprend des choses cependant il y a quelques longueurs qui pèsent un peu sur le film pour qu'il doit excellent dommage
Un film poignant et révoltant d'autant qu'il relate des faits historiques. Cela a moins de deux siècles, ce n'est donc pas si vieux et pourtant, il s'agit de pratiques d'inquisition révoltantes. Le réalisateur italien maîtrise son sujet et a bien choisi ses personnages principaux, en particulier, le petit garçon qui est parfait de de naturel.
Du magnifique cinéma italien comme je l'affectionne. Je l'avais loupé lors de sa sortie au cinéma et enfin découvert ce soir sur Arte. La beauté travaillée de la lumière fait que certaines scènes ressemblent à des peintures. Le sujet est centré sur l'enlèvement ce petit garçon par l'église catholique mais peut-être pas assez approfondi historiquement. C'est le seul reproche que j'ai à faire de ce film.
Très beau film, la dernière partie (Eduardo futur prêtre) un peu moins bonne, et on ne suit pas trop la "conversion" libre d'Eduardo au christianisme. Il faut sortir d'un esprit polémique sur l'autoritarisme de l'Eglise d'alors, puissance temporelle. La scène du Christ crucifié et des clous est très émouvante, pour un chrétien...
Dans le Bologne du milieu du 19ème siècle, un enfant juif est réclamé par l’Eglise catholique sous prétexte qu’il aurait été baptisé. Ce point de départ d’une histoire véridique sert d’ancrage à un récit dénonçant l’obscurantisme et l’obsession religieuse sous toutes ses formes. La réalisation aux accents baroques joue magnifiquement avec différents genre au sein d’un récit aux multiples enchevêtrements pour ses protagonistes. Teinté d’une ironie mordante « L’enlèvement » est un grand film ayant su dépasser la simple reconstitution historique grâce à une maitrise formelle et un sens de l’écriture aiguisé tout en jouissant d’une excellente distribution.