Un peu déçu de m'être ennuyé pendant la première partie du film. Sujet intéressant, soulignant très pertinemment l'absurdité du fanatisme religieux voire de toute religion au travers d'une histoire méconnue et pas si ancienne. Le film aurait gagné à être un peu plus court
Quel film et quelle histoire! Le cinéaste nous offre une œuvre baroque, mêlant Histoire et histoire, tragédie grecque et farce romaine, réalisme et fantastique. Les acteurs sont tous formidables. La photographie est somptueuse et la BO est à l'image de cette partition cinématographique majuscule.
Véritable récit poignant, ce film bouleverse par son histoire, et le jeu parfait des acteurs nous retourne. Il aurait suffit d'une musique plus en adéquation avec la réalisation, et ce serait un chef-d'oeuvre.
La perfection atteinte par Rapito résulte de sa capacité à rassembler, d’un même mouvement artistique, le passé et le présent, les Chrétiens et les Juifs ainsi que les spectateurs, qu’ils soient cinéphiles ou non, en témoignent la fluidité et la lisibilité du récit. Marco Bellocchio redouble chacune de ses images, lui compose un double inversé de sorte à figurer à l’écran la dualité qui tiraille de l’intérieur Edgardo, égaré entre deux familles, entre deux villes symboliques (Bologne comme berceau de la contestation, le Vatican comme siège de la papauté), entre deux religions disposant de leurs croyances et de leurs traditions respectives : une scène le montre d’abord caché sous la robe de sa mère, soucieuse de protéger son fils de l’inquisiteur ; une autre, au milieu du film, reproduit cette localisation sous la robe du pape cette fois lors d’une partie de cache-cache, jeu auquel s’adonnait d’ailleurs le protagoniste alors âgé de six ans. Le cinéaste italien parvient à articuler la reconstitution historique, minutieuse dans le détail de ses lieux, de son éclairage et de ses costumes, et l’onirisme tour à tour merveilleuse – spoiler: la guérison miraculeuse du Christ décrucifié – ou satirique, caricatures de presse à l’appui ; il impose une liberté de ton appréciable, subordonnée à une élégance de chaque plan, tout en dialoguant avec d’autres œuvres en lien avec persécution et exactions religieuses, notamment Silence de Martin Scorsese (2016), avec spoiler: ce plan final sur les mains divulguant une croix, preuve de la foi véritable du prêtre jésuite, dont Bellocchio semble se souvenir lors des funérailles d’un enfant . La superbe partition musicale de Fabio Massimo Capogrosso accentue les changements de registre et de rythme. La complexité du personnage d’Edgardo conjure tout manichéisme et restitue la puissance de conversion et d’emprise de l’Église catholique certes, mais plus généralement encore de toute instance adulte qui se sert des plus jeunes pour asseoir son autorité. Un chef-d’œuvre reparti bredouille du festival de Cannes en 2023.
Présenté en CO à Cannes ( 2023), le dernier opus à ce jour du cinéaste vétéran italien de talent Marco Bellochio ( " les poings dans les poches", " le traître) est reparti la corbeille vide.
Le scénario revient sur un épisode du pontificat du pape Pie IX ( la plus longue de l'histoire de ce ministère), celui de l'enlèvement par la police papale ( l'action se déroule à Bologne alors administrée par le pape) d'un enfant juif de six ans, qui aurait été baptisé par une servante quelques années auparavant.
Cet épisode traversa les frontières et est devenu une sorte d'exemple avant l'heure du "syndrome de Stockholm".
Le film aborde le thème du prosélytisme, du fanatisme religieux, même venant des plus hautes instances de la hiérarchie de l'église.
Il va sans dire que le regard porté sur cet histoire, comporte un aspect universel qui transcende bien sûr la seule religion catholique et même la religion tout court.
Par delà son aspect thématique, Bellochio réussit un opus magnifique au plan formel. Véritable leçon de mise en scène appuyée de décors splendides et d'un photo exceptionnelle, on se demande comment le jury a pu passer à côté de ce film ambitieux et de haute gamme.
À Bologne au milieu du XIXe siècle un jeune garçon juif est enlevé à sa famille par l’armée pontificale sous prétexte qu’il a été baptisé et qu’il doit donc rejoindre les petits soldats de Dieu. Le toujours fringuant Marco Bellocchio choisit la forme d’un opéra baroque pour nous dresser un portrait tout en clair obscur de son pays qui s’apprête à s’unir en un seul royaume alors que le Pape s’accroche à un pouvoir qu’il n’a plus. Et le réalisateur italien dresse le constat d'une religion qui sépare, qui maltraite et qui n’amène qu’à la guerre. Et à l'aune de ce qui se passe depuis le début du XXIe siècle comment lui donner tord?
Les magouilles du Vatican et son antisémitisme dans l'Italie du 19ème siècle à travers l'histoire aberrante d'un enfant juif arraché à sa famille à partir d'un motif fallacieux. Les images et la photo sont belles mais l'histoire très dure donne un film très froid.
Dans ce chef-d'œuvre, Marco Bellocchio dissèque l'histoire italienne, révélant des racines gangrenées par les institutions, cultivées par des hommes. Le film navigue habilement du drame familial à l'indignation nationale, explorant avec profondeur le thème du rapt.
Telle une toile de maître, le film crée une toile secrète et ritualisée, plongeant le public dans une esthétique artistique captivante, méticuleusement façonnée par sa fascination pour le décor, la musique envoûtante et les costumes. Les éclairages clair-obscur, telles des énigmes, guident le récit, révélant des rêves blasphématoires à travers des séquences oniriques empreintes d'une ironie moins légère.
Au cœur de l'œuvre, Bellocchio façonne le pape, le ramenant à sa condition terrestre avec un humour caustique. Au détriment, d'Edgardo, négligé, mais qui devient le pivot d'une narration d'une grande richesse et profondeur.
Alors que dire de ce film "l'enlèvement" , Ce film historique, dramatique est normalement pas trop mon rayon pour être honnête. Nous sommes dans les années 1858, pour moi ca fait loin je trouve pour trouver des faits historiques pure et vrai ceci dit, il y a toujours une vérité derrière cette fiction qui est abominable évidemment. J'ai mis la note de 3/5 car je suis mitigé, j'ai pas aimé ,et j'ai pas détesté non plus a vrai dire. Le film est plutôt bien fait, il m'a manqué quelques chose pour que ce soit un vrai coup de coeur.
C'est beau mais c'est beaucoup trop sombre la plupart du temps .. cette quasi obscurité incite à la sieste..Il y a des longueurs et même si tous jouent très bien; j'avoue que je n'ai pas été émue sauf dans les quelques rares moments où on sent la détresse des parents et de l'enfants. J'ai été déçue car on m'avait vendu ce film comme magistral et à la fin malgré la situation hallucinante et scandaleuse décrite dans le film, je me suis sentie peu concernée.
L’histoire de cet enfant juif, au milieu du 19eme siècle, enlevé sur ordre du pape sous le prétexte fallacieux et invérifiable qu’il aurait été baptisé en secret par sa nourrice, est étonnante et peu connue. Rien que pour ca le film vaut d’être vu. Par contre la mise en scène est plutôt laborieuse, on ne ressent pas beaucoup d’émotions, et le film n’est pas exempt de longueurs ou l’on s’ennuie par moments. Interessant donc mais loin d’être aussi bien que les critiques pourraient le suggerer.
Un film énorme, tiré malheureusement d un fait réel,réalisé par l l'excellent marco bellochio , dont "fais de beaux rêves " m avait fait forte impression, qui illustré le deuil d un homme , perdant sa mère, un soir pendant qu il dormait. Dans l enlèvement, on suit une famille juive qui font le deuil d un enfant, enlevé injustement par l eglise catholique, a cause d une de leurs domestiques qui en cachette avait baptisé l enfant. On assiste à un combat d un père et d une mère, inégale malheureusement qui va dépasser les frontières, et dépasser l l'entendement. Bellochio comme d habitude merveilleusement et utilise le clair obscur pour accentuer la décrépitude et la cruauté de ce siècle, surtout dans cette période où l l'inquisition est présente. Un film à voir
Évidemment, c'est une belle réalisation. Évidemment, c'est du grand spectacle réussi. Mais que reste-t-il de tous ces effets de manche ? L'aspect historique du papisme en Italie est survolé. La cohabitation des religions n'est pas vraiment abordée. Le ressenti de ce petit bonhomme balloté entre juifs et catholiques est passé sous silence. La manipulation et l'emprise ne sont pas interrogées. Ne reste que de l'emphase, renforcée par une musique grandiloquente.
Un très beau film en costume sur la bêtise du catholicisme triomphant. Les juifs victimes d'un pape dictateur y perdent leur enfant. A voir pour la bêtise humaine.