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4,0
Publiée le 15 novembre 2023
Un film d'une maitrise et d'une puissance qui impressionnent.
Marco Bellocchio use ostensiblement de techniques de mise en scène dans le but de donner de l'ampleur à son récit. Chaque plan est magnifique et témoigne d'un geste ample. La sublime bande originale, de Fabio Massimo Capogrosso, est utilisée à la perfection pour provoquer, de manière volontairement excessive, lyrisme et émotion. En cela, le Maître italien nous offre une leçon de cinéma.
Certains reprocheront un trop grand classicisme mais le sujet appelait cette forme de réalisation, que l'on pourrait toutefois qualifier de faussement classique, tant le réalisateur ose utiliser certains codes jusqu'à saturation. Mais il est vrai qu'un léger ventre mou vers le milieu du film à souligner. Si les mécanismes d'endoctrinement sont très bien rendus compte, le film ne va peut être pas assez loin et tourne rapidement en rond en se contentant de survoler certains épisodes, créant ainsi une certaine forme de distance entre le spectateur et le récit.
L'on se doit toutefois de saluer le casting, impeccable, avec un Pape glaçant et parfait de bout en bout et un petit garçon au charisme indéniable. Mais c'est peut être lorsqu'il devient un jeune homme, à la construction complexe et déchirée, que le film est le plus passionnant, dans un dernier tiers de haute volée.
A plus de 80 ans, le réalisateur ne mollit pas et continue d'oser porter un regard critique sur le passé de son pays, notamment lorsqu'il s'agit de clouer au pilori les excès auxquels peuvent conduire les religions .
Pour toutes ces raisons, il est difficile de comprendre comment le film a pu repartir du dernier Festival de Cannes sans le moindre prix.
Du bon cinéma comme on aime. Costumes, décors et scénario, tout y est .A voir en VO évidemment. Et puis un sujet qui fait réfléchir. Malheureusement pas sûr que l epoque trouble dans laquelle nous vivons nous apporte beaucoup d éclaircissement.
La note parle d'elle-même je n'ai rien aimé. Le récit est lent, les acteurs sont caricaturaux, la BO volontairement assourdissante par moment ridiculise le propos. Même si cette histoire inspirée de faits réels est honteuse ce film ne lui rend vraiment pas honneur
Le Bellochio vieillit bien, et ce nouvel opus, brillante reconstitution d'événements survenus sous Pie IX, alors que l'Eglise catholique est sur le point de perdre son pouvoir temporel en Italie, prend la suite de la série sur Aldo Moro et autre Traitre repenti. Les décors du Vatican sont à la mesure de la puissance papale, les clairs-obscurs des intérieurs bolognais propices à accueillir l'intimité de la nombreuse famille juive Mortara, et le scénario nous réserve plusieurs scènes bouleversantes: l'enlèvement de nuit, le décès de la mère, les pardons humiliants au pied du pape. Bellochio raconte avec grandiloquence et force musique un pan d'histoire d'italienne, sans juger sur le parcours de ce jeune converti de force. Si l'église catholique a depuis longtemps montré les boursouflures de son hyper-puissance déclinante, l'universalité du thème de l'obsession de beaucoup de religions à vouloir convertir les brebis égarés frappera le spectateur. Le spectacle est brillamment mis en scène et joué, le fond de l'histoire laisse le goût amer que l'histoire est un éternel recommencement. Bellochio n'y est pour rien, mais assez sage pour nous le rappeler. cinéma - novembre 2023
Voici la nouvelle splendeur de Marco Bellochio qui réalise ici son meilleur film depuis Vincere, un chef d'oeuvre absolu. Sans atteindre le perfection de ce dernier, en raison d'une lègère baisse de rythme lors de la période adulte du personnage principal, ce film reste splendide d'intensité émotionnelle et dramatique. Tout en ayant peut être une vocation pédagogique, la reconstitution historique est parfaite. L'enlèvement est aussi très émouvant, les scènes d'enlèvement et l'ultime passage sont des chefs d'oeuvre absolu de maîtrise cinématographique. Bellochio est un virtuose de la mise en scène, le film est d'ailleurs très rapide, tendu et les plans d'actions sont très maîtrisés. Le film présente une structure opératique manifeste, bien servi par une remarquable composition musicale qui accentue l'aspect "opéra". Les personnages existent réellement et, principalement celui du Pape, qui peut être à la fois pathétique, drôle et pervers. Comme souvent dans la filmographie de Bellochio, les thématiques de la trahison (qu'elle soit politique, religieuse ou mafieuse) et de l'endoctrinement apparaissent au plein jour et équivalent à des concepts, tant le cinéaste va dans les profondeurs des choses. De plus, le scénario ne verse jamais dans la prévisibilité (telle la vie du petit garçon dans l'école catholique). Ce film brillant, malheureusement absent du palmarès de Cannes, qui selon moi aurait dû obtenir la palme d'or, n'est pas sans humour en raison des personnages et des situations assez expressionnistes qui évoquent la période du cinéma muet.
Histoire vraie d'un enfant juif enlevé par la papauté au XIXiéme siécle, et qui va devenir malgré lui un enjeu politique fort du régne du Pape Pie IX. Si le sujet est passionnant, la réalisation l'est nettement moins. C'est grandiloquent, lourd et ennuyeux. Film fauché qui finit par se faire écraser par son sujet.
De Marco Bellocchio (2023). Didactique et édifiant pour un film historique très bien mené, et réalisé sur une page de l'histoire italienne peu connue ou oubliée. Marco Bellocchio est certainement l'’un des plus grands cinéastes italiens aujourd'hui. La force de son film réside à la fois dans sa justesse historique très bien documentée et la personnalisation de son histoire au travers le parcours douloureux d'une famille à laquelle on a enlevé leur enfant. La personnalisation à travers une famille permet non seulement l'identification mais aussi et surtout permets de donner toute la force et la mesure de centaines de drames qui se sont déroulés il n'y a pas si longtemps de cela. Une réalisation d'une maîtrise absolue à la fois riche du point de vue historique, riche du point de vue de la reconstitution historique . Très bien réalisé et très bien joué. En ces temps troublés , le film montre que la lutte contre l'obscurantisme est un combat non seulement difficile mais aussi toujours malheureusement d'actualité. Et que l'obscurantisme a été l'apanage de toutes les religions même si certaines s'en sont éloignées aujourd'hui. Non seulement le film est passionnant mais en plus très bien filmé avec une photo magnifique à l'image de grandes fresques historiques avec une pointe de baroque et de classicisme. Des plans entiers du film se regardent presque comme un tableau. Avec Enea Sala,, un jeune talent prometteur. Avec Leonardo Maltese et Paolo Pierobon.
L'enlèvement est un Bellocchio classique, presque prévisible, qui part d'une destinée individuelle pour raconter le basculement d'une Italie morcelée et sous l'autorité du Pape vers une autre, séculaire et unifiée. L'enlèvement est aussi traversé de quelques passages oniriques, là encore typiquement bellocchiens, qui donnent de l'épaisseur psychologique aux personnages, dont ce pape machiavélique à l'emprise terrifiante sur Edgardo. Bien que je l'ai trouvé intéressant et assez émouvant, j'ai toutefois parfois eu le sentiment que ce film était un peu désincarné, qu'il déroulait de façon trop linéaire son programme.
Ce film est incroyable tant il nous livre l'injustice et les faits historiques de cette histoire vraie. il nous délivre un message et l'émotion de l'histoire dans l'Histoire. un jeu d'acteurs très réussi. Il devrait être diffusé à grande échelle
Fresque historique à effets puissants, l'enlèvement joue de la qualité de l'image (chaque scène ou presque est pensée comme un tableau en clair obscur, le blanc des premiers communiants s'opposant aux tenues noires de la famille juive, sauf au début quand les garçons surpris dans la nuit sont en pyjama et les officiers du Saint-Office tout de noir vêtus dans une scène magistrale où les deux groupes sont en totale symétrie), du jeu parfait des comédiens et la force de la musique très appuyée. L'émotion affleure, surtout dans les relations mère-fils, peut-être moins qu'espéré. C'est du grand spectacle (les passages avec le pape et la curie, le risorgiamento, les foules...) de la part d'un réalisateur convaincu de son talent (le travelling sur le rivage depuis la barque, les contre-plongées dans les escaliers, etc.) et qui en fait un peu trop. Mais quelle histoire saisissante et poignante ! La religion n'en sort pas grandi.
TERRIFIANT : ce film pose clairement les limites de la Loi de "Dieu" vis à vis des institutions terrestres. Et comment les lois de Dieu peuvent se substituer ou être au dessus des lois des hommes. L'histoire - véridique - de l'enlèvement du petit Edgardo Mortara ( en 1858) à Bologne illustre très bien ce dogme ! Les parents Mortara ne pourront s'opposer à la "volonté" divine représentée ici par le Pape Pie IX et le cardinal "inquisiteur" Pier Gaetano Feleti..La messe est dite : Ite Missa est ! Leur fils a été baptisé et ce sacrement ne peut pas "être défait" ! Au nom de cette affirmation le famille juive et leurs soutiens seront broyés au nom de Dieu ! La scène où les juifs de Bologne s'agenouillent devant le Saint Père, et lui baise les pieds montre à quel point la communauté juive en Italie a été humiliée est TERRIFIANTE ! PIE IX se fait un malin plaisir de rappeler qu'il lui suffit de claquer les doigts, pour que les portes du Ghetto se referment ! Ce film est sublime, car il montre comment l'Eglise Catholique "dresse" ses édiles, jusqu'à les faire abjurer leur passé ! A,voir et à revoir: ne serait ce que pour la manière dont l'Eglise catholique se crée ses élites ! Les costumes, les reconstitutions de Bologne en 1858, sont franchement remarquables !
Un film sans doute au propos trop vaste, qui réserve d'excellents moments ; dommage que les 30 dernières minutes se passent au pas de charge au risque de survoler le sujet et d'enchaîner les invraisemblances.
Un enfant juif orthodoxe que l'on arrache à sa famille car il a été baptisé. Les parents ne pourront plus voir leur enfant sauf s'ils se convertissent au catholicisme. Or, il se trouve que l'enfant, après une première nuit où il récite ses prière hébraïques, embrasse la religion catholique avec bonheur.spoiler: Il devient l'ange de l'établissement où il est manipulé jusqu'à renier sa religion juive.spoiler: Il devient même l'enfant chéri du pape et refuse de venir voir sa mère quand son frère le lui demande.
Marco Bellochio excelle dans ce film. spoiler: Au chevet de sa mère mourante, l'enfant, devenu jeune adulte, veut bénir sa mère en chrétien. Celle-ci lui dit : "je suis née juive et je mourrai juive".
Le réalisateur italien Marco Bellucchio nous livre un film accompli sur une très bonne histoire vraie: une famille juive dans laquelle un des enfants est baptisé selon les rites de l'église catholique et qui finira prêtre.Au delà de cette histoire déjà inédite en soi, le film aborde le problème de l'intolérance religieuse, mais aussi ceux de l'endoctrinement, du choix de vie, des priorités entre famille et vocation...Il est moins précis sur le plan historique où ça mériterait quelques éclaircissements sur l'Italie à cette époque.Le pape est à la tête d'Etats pontificaux qui occupent presque tout le centre du pays.Le roi Victor-Emmanuel II qui veut faire l'unité de ce pays, doit conquérir les états de l'église protégés par l'empereur Napoléon III.....Les personnages principaux sont bien campé et leur interprétation est sans failles.Une musique envoûtante accompagne l'image. Film admirable donc, avec des défauts mineurs