Thriller psychologique réalisé par Edward Berger, Conclave est un bon film. L'histoire nous fait suivre Thomas Lawrence, le doyen du Collège des cardinaux qui, malgré ses réticences, est chargé de superviser le conclave qui permettra de désigner le successeur du pape qui vient de mourir d'une crise cardiaque. Commence alors en coulisse un jeu de pouvoir entre tous les cardinaux afin d'élire le nouveau souverain pontife. Ce scénario, adapté du roman du même nom de l'auteur Robert Harris, s'avère intéressant à visionner pendant toute sa durée de près de deux heures. En effet, l'intrigue permet de découvrir comment se déroule le processus afin de désigner le pape à travers cette lutte interne sous fond d'idéologie. S'ils sont une centaine de cardinaux réunis, seuls une dizaines sont mis en avant, alors que cinq sont de réels prétendants au titre suprême de Saint-Père, chacun faisant jouer ses relations pour obtenir des voix via leurs programmes électoraux entre conservatisme, libéralisme, traditionalisme et avis plus réactionnaire. Ces divergences d'opinions créent une certaine tension, d'autant plus que chacun de ces hommes de Dieu cachent des secrets liés à leurs passés. Même si l'on parvient à facilement deviner qui sera l'élu, l'ambiance communautaire emplie de coups bas se veut haletante. L'ensemble est porté par des personnages bien développés, interprétés par une distribution convaincante comprenant Ralph Fiennes, Stanley Tucci, John Lithgow, Lucian Msamati, Brian F. O'Byrne, Carlos Diehz, Sergio Castellitto, Merab Ninidze, Jacek Koman ou encore Isabella Rossellini, une des seules femme mise en avant. Tous ces individus entretiennent des rapports de rivalité donnant lieux à beaucoup de doutes et de suspens. Des échanges soutenus par de bons dialogues exprimés en plusieurs langues. Sur la forme, la réalisation du cinéaste allemand s'avère qualitative. Sa mise en scène se veut sobre et épurée dans le but de servir son propos. Surtout, elle bénéficie d'une jolie photographie, notamment à la faveur des lieux religieux arpentés au sein desquels se déroule l'action, mais aussi grâce aux touches de teintes rouges disséminées un peu partout, lui donnant un cachet esthétique singulier. Ce visuel soigné est accompagné par une . signée Volker Bertelmann, dont les compositions puissantes renforcent l'atmosphère incertaine et tendue. De plus, elle bénéficie d'un thème principal donnant une identité musicale à l'œuvre. Reste une fin faisant malheureusement un peu déprécier le tout, venant mettre un terme à Conclave qui, en conclusion, est un long-métrage méritant d'être découvert pour son côté instructif.