Souriez, vous êtes maudit
Dans Smile, un sourire n’a jamais autant donné envie de se barrer en courant. L’idée, c’est que chaque rictus flippant annonce un futur cadavre, et pas de bol, c’est à Rose Cotter, psychiatre en chef des traumatismes chelous, que ça tombe dessus. Imaginez Le Cercle version psychologue : au lieu d’une VHS maudite, c’est un sourire qui te colle aux basques. Si l’idée vous fait rire, attendez de voir la gueule des malades. Plus creepy, c’est une photo de classe de 3ᵉ.
Sosie Bacon, fille spirituelle de Kevin « Footloose » Bacon, porte le film sur ses épaules. Avec son jeu entre panique totale et regard désabusé, elle est aussi crédible qu’un mec essayant d’expliquer à ses potes que non, la fille possédée derrière lui, c’est pas une hallucination. On lui colle une intrigue où passé familial et folie surnaturelle dansent un slow inquiétant, mais disons-le, la longueur du film fait qu’on décroche un peu avant que le DJ mette Highway to Hell.
Le concept de la malédiction est cool : tu vois un truc flippant, tu meurs dans la semaine, et tu passes le relais au suivant comme une MST du surnaturel. Mais à force de vouloir être sérieux, Smile oublie parfois qu’un bon film d’horreur, c’est aussi une montée en tension qui te cloue au siège. Là, ça traîne un peu entre deux scènes de jump scares, et ça donne envie de demander au démon s’il n’a pas un planning plus serré.
Smile joue la carte du sous-texte : drame psychologique, culpabilité, traumatisme. Mais soyons honnêtes, on vient pour flipper, pas pour une séance de psy gratuite. Les frissons sont là, mais épars, et souvent prévisibles. Oui, ça reste efficace, mais on est loin des grands classiques du genre qui te font regretter de dormir avec la lumière éteinte. Ici, c’est plus « Oh non, encore un visage flippant » que « Mon Dieu, je ne vais jamais m’en remettre ».
Parker Finn fait ses gammes : des plans bien foutus, une ambiance pesante, mais sans grande audace. On voit qu’il a du potentiel, mais il faudrait lui offrir un scénario plus nerveux pour vraiment éclater à l’écran. On apprécie les efforts, mais on reste sur notre faim, un peu comme quand tu regardes un film Netflix que tu finis par oublier avant même de l’avoir noté sur SensCritique.
Smile, c’est comme un resto où on te vend une entrecôte, mais tu te retrouves avec un steak haché correct. Ça marche si tu veux un film d’horreur light, avec des moments de tension bien foutus et une actrice principale au top. Mais si tu cherches un vrai choc cinématographique, ce sourire-là risque de s’effacer aussi vite qu’un bon souvenir d’ex.
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