Sensible! « Connemara », adapté du roman du même nom, est le nouveau drame romantique d’Alex Lutz. N’étant pas un connaisseur de la filmographie du cinéaste connu à la base pour son rôle dans « OSS 117 2 » et surtout pour la série « Catherine et Liliane », j’ai été attiré par ce film pour son histoire se déroulant dans les Vosges. « Connemara » a en effet été tourné dans la région de Epinal notamment, et c’était très amusant de reconnaître des rues et paysages de lieux que l’on connait bien soi-même. Mais est-ce que j’ai apprécié le film dans sa globalité pour autant? On va dire que j’ai été touché mais aussi frustré.
J’ai d’abord eu un problème avec le rythme qui me semble très inégal dans ce long métrage. Certains passages dans l’histoire sont très rapide (le premier quart d’heure, puis les retrouvailles entre les 2 amours de jeunesse surtout), tandis que d’autres se veulent lents (certains dialogues et certaines scènes très étirées). En fait, le film a une dimension clairement contemplative, qui fait que j’ai effectivement trouvé le temps long, surtout vers la fin de l’oeuvre. Cette dernière aurait gagner à compter un bon quart d’heure de moins. On peut aussi noter que le montage de ce film est assez particulier. Il y a bon nombre de minis flashbasks et de flashforwards qui viennent pas-dessus certains dialogues. Cela n’est pas pour me déplaire et vient comme un élément en plus qui fait dire que la mise en scène de « Connemara » se veut travailler et plutôt originale dans sa forme. Pour le coup, on sait que nous ne sommes pas devant un téléfilm. Côté réalisation, Alex Lutz met l’accent sur les gros plans, afin que le spectateur soit au plus prêt de son duo de personnages. Ce procédé permet de se rendre compte de la performance des interprètes, mais laisse peu de places pour les décors, ce qui est assez regrettable pour ma part.
Cela dit, on découvre ici une Melanie Thierry très forte et captivante dans ce qu’elle dégage émotionnellement. Son personnage est clairement le centre du récit. Pour l’accompagner, on retrouve face à elle Bastien Bouillon, moins expressif mais attachant, doux et juste en jeune papa qui, lui aussi, a connu une vie familiale et personnelle tourmentée. La relation entre les deux fonctionne, l’alchimie est bien là. Enfin, le film regorge de personnages secondaires, plutôt intéressants à suivre, mais qui finissent par manquer de développement, l’idée étant, je suppose, de rester focaliser sur le lien entre les 2 protagonistes.
Bref, « Connemara » est un film honorable dans le paysage du cinéma français. On sent que Lutz et son équipe y ont mis du coeur. Maintenant, ce n’est pas pour moi, je n’ai pas envie de le revoir mais je peux le recommander aux adeptes du genre.