Avec "Connemara", Alex Lutz propose une œuvre plus grave que ses précédentes escapades de metteur en scène. Le film explore ces existences cabossées par les choix, les classes sociales, les souvenirs. L’idée de construire le récit à travers des séquences isolées par des ambiances sonores différentes, comme si chaque fragment appartenait à sa propre bulle sensorielle, aurait pu être un choix fort. Elle devient vite un tic, qui alourdit la narration et brise plus qu’elle ne construit. Cet effet de style finit par fatiguer, comme une distance imposée entre le spectateur et l’émotion. Heureusement, Mélanie Thierry, elle, ne fatigue jamais. Elle habite son rôle avec une finesse déconcertante, à la fois opaque et traversée d’élans bruts. Un film touchant par endroits, frustrant par d’autres. Un entre-deux, comme les vies qu’il raconte.
Difficile de ne pas voir une convergence thématique évidente entre Partir un jour et Connemara. Le second prend appui sur le roman de Nicolas Mathieu mais il est peu probable que ses lecteurs se satisferont de son adaptation, dans un film qui aborde le sujet social, encore heureux, mais en l'immergeantt dans une romance qui tend à prendre toute la place. Alex Lutz, dans ce bilan de la quarantaine, de la jeunesse enfuie, de la dépression, de la vie de province et des retours de flamme, use et abuse de dialogues en décalage avec les images, des flous artistiques et, pour être succinct, d'un maniérisme qui ôte une grand part de sa fraîcheur à une intrigue qui apparaît, au demeurant, assez pauvre. Le couple formé par Mélanie Thierry et Bastien Bouillon (encore lui !), fonctionne plus que correctement, dans ses hésitations et son alchimie, mais les autres personnages sont quant à eux négligés et réduits à quelques gros traits de plume (Gamblin et Célarié). A la décharge du réalisateur, l'univers du romancier semble difficile à réinventer à l'écran, non pas à cause de ses thèmes mais de son style, même si les frères Boukherma, dans Leurs enfants après eux, ont été plus proches d'en capter l'essence, quitte à le trahir un peu, mais en ne cherchant pas une écriture plus emberlificotée, écueil dans lequel Lutz est hélas tombé.
Quelle déception je m’attendais à passer une bonne soirée sans avoir eu d’échos ou lu de critiques. C’est un film qui enchaîne des scènes avec des dialogues qui se chevauchent. Parfois on ne comprend plus où l’on se trouve. Les personnages ne sont pas développés. Rien à voir avec Partir un jour. Lutz s’est fait plaisir à les filmer dans les longues scènes au lit. C’est dommage car Mélanie Thierry est charmante et joue très bien. Passez votre chemin.
Ce Connemara, adaptation du très bon roman de Nicolas Mathieu, s’égare totalement, étouffé par une mise en scène prétentieuse, le film sombre dans la confusion et l’artifice, jusqu’à perdre toute authenticité.
Décidément .... Peux-t-on réaliser un bon film en hachant le contenu de flash-backs qui donnent envie d'un cachet d'aspirine, sans histoire, sans développement, en empilant les séquences les unes sur les autres, pour "faire genre" comme disent les jeunes. C'est un très mauvais film, mal fagoté, prétentieux, assommant, Aucune ligne éditoriale, à l'esbroufe, à la truelle, comprends si tu peux, je multiplie les scènes de lit ( sur un malentendu çà peut marcher) je cadre en gros plan "ad nauséam", je demande à Mélanie Thierry Thierry de pleurer à chaque scène ( une pub pour Kleenex ?) , en fait je ne sais pas trop comment je vais m'en tirer, je ne sais pas filmer l'intime, les sentiments, les hésitations, les choses de la vie, je suis pas Claude Sautet, donc faut pas m'en vouloir. On peut réaliser d'excellents films sur un mince propos encore faut-il avoir du métier et du talent. Axel Lutz présente d'excellents solos sur scène mais apparemment le cinéma c'est très ("trop") nouveau. Avant de vouloir faire des arabesques, des contorsions et le triple Axel ( si j'ose dire) mieux vaudrait sans doute apprendre le B-A BA du métier. Et faire simple ... Humblement ....
On ne comprend pas l'intérêt de l'histoire développée dans ce film. Le nombrilisme du personnage principal est pénible, reflet sans doute d'une époque où l'on juge que tout devient insupportable. Sur un plan technique le montage haché - menu est désagréable. Quant à l'utilisation systématique de la profondeur de champs, sur quasiment chaque scène, c'est une sophistication inutile à tel point que pour certains plans l'on a l'impression d'être frappé d'une subite cataracte.
Le monde se décompose en deux parties. Ceux qui restent et ceux qui s’en vont. Hélène est de ceux là, ceux qui partent découvrir un monde meilleur, different, qui s’élèvent, rencontrent. Un jour, après un burn out, elle retrouve ses terres natales vosgiennes ainsi que de vieilles connaissances, comme Christophe, un lointain fantasme. Lui, justement appartient à ceux qui sont restés. Ces deux parcours de vie que tout oppose se recroisent et s’entremêlent. L’histoire est très forte (le livre de Nicolas Mathieu, qu’Alex Lutz adapte à l’écran fut un immense succès en librairies) et parlera à toutes celles et tout ceux qui ont quitté leurs terres natales. Le film se place surtout dans ce point de vue. Mélanie Thierry y livre une prestation de haute voltige dans ce rôle qui lui semble taillé sur mesure. Côté réalisation, c’est fluide, efficace, rythmé, du bon Alex Lutz. Personnellement, j’ai été happé du début à la fin (et quelle fin !), cette vie cabossée et aussi faite de choix.
La mise en scène, ou plutôt le filmage, de cet objet prétentieux le rend tout à fait odieux. Des affèteries ininterrompues - flou, gros plans sur n’importe quel objet qui croise l’objectif de la caméra, et bien souvent sur le nez ou l’oreille de Mélanie Thierry, dont les cheveux blonds tremblent sur fond de soleil couchant dans une esthétique qu’on dirait empruntés à une banque d’images tellement c’est cliché (il y aussi beaucoup de plans d’oiseaux qui volent dans le ciell) - peinent à masquer l’absence de chair de ces personnages, réduits à des stéréotypes sociologiques éculés. C’est absolument nul et désolant.
Dommage j'adore Bastien Bouillon et pour une fois il est avec une actrice pas trop mauvaise pour moi, sauf que la mayonnaise ne prend pas, l'histoire tarabiscotée n'a ni queue ni tête ,on comprend juste à la fin que le beau Christophe fait un peu bauf pour Hélène et trop de tu le il n'y a presque que ça ,le film se traine en longeur déception pour moi (j'avais adoré Bstien dans la nuit du 12 , et bien dans le comte de Monté Cristo ) mais la il ne dégage pas grand chose au final bref ce méfier des bandes annonces entre autre
Le film est tellement glauque qu’il est rapidement lassant. Dur dur d’aller jusqu’à la fin. Pour tout dire : il est difficile de comprendre ce que le réalisateur a voulu montrer, et certaines scènes d’intimité sont carrément gênantes. Bref, contrairement à ce qui est annoncé en haut de l’affiche le film n’est ni subtil, ni puissant : il est surtout à éviter.
Elle s'ennuie dans son travail haut placé, alors elle décide de tout plaquer pour se "mettre au vert" à la campagne, et tombe sur Bastien Bouillon, le beau gars du coin, mais qui n'est pas facile à aborder... Voici donc Partir un jour, ah non, zut, Connemara, le film d'Alex Lutz qui a le malheur de passer juste après le film d'ouverture de Cannes (avec un scénario qui y ressemble comme deux gouttes d'eau, le même acteur principal qui refait exactement le même jeu, mais sans massacrer une playlist Nostalgie du dimanche soir, c'est déjà ça de pris). Il en est la version plus assommante (beaucoup ont ronflé, dans la salle), d'une mollesse absolue, sans aucune surprise sur la fin du récit, et avec des personnages assez antipathiques (difficile de dire si cela vient de la mise en scène assez froide avec son sujet, ou si les personnages gueulards et assez gamins dans leurs décisions sont l'unique cause du peu d'attachement que l'on s'en fait). Le résultat est un drame amoureux nonchalant, devant lequel on s'ennuie poliment, feignant de ne pas remarquer que la caméra tremblotte par moments (un effet de style ?) et que la bande-son ne propose rien pour nous réveiller (oui, vous aurez la chanson-titre, mais dans un passage tellement attendu qu'elle en devient inefficace). Certainement le roman dont le film est l'adaptation devait fonctionner, car le badinage amoureux "j'essaie de changer de vie et de partenaire...oh ben, je ne suis pas plus heureuse" a bien besoin d'un écrin littéraire, de tournures de phrases avec quelques effets, de pages qui se tournent avidement, ici tout ce qui ne fonctionne pas avec ce film mou du genou.
Que faut-il en retenir ? Que la province et les provinciaux sont moins intéressants moins intelligents moins « biens » que les parisiens ? Rien ne vaut Paris, sa rue de Rivoli sous un ciel radieux et certainement pas Epinal, sombre sous la pluie… trop de caricatures autour d’un thème éculé…
Une jeune femme de 40 ans. Un mari, deux enfants. Un boulot sur Paris, un burn-out, un retour sur Epinal. Un ancien beau mec du lycée. Une idylle amoureuse, une bouée de sauvetage dans la vie de cette femme. Sa vie va t-elle basculer ? C'est sûr que le duo Mélanie Thierry / Bastien Bouillon fonctionne bien à l'écran dans cette adaptation du roman éponyme de Nicolas Mathieu (paru en 2022) signée Alex Lutz. Les plans serrés immergent bien dans la peau de cette jeune quadragénaire en perte de repères, certes, mais il manque quelque chose à ce drame un peu lisse et introspectif à mon goût. L'ensemble tient la route, mais on frôle l'ennui. Moyen. Site CINEMADOURG . free . fr
Tant de critiques négatives, qu’au fond j’ai eu une agréable surprise….Mélanie Thierry, c’est la classe sur Grand écran…..L’histoire de cette femme qui retourne en Province est racontée comme on tisse une dentelle, avec délicatesse….Au fond la vie est simple ; il faut partager ses soucis avec quelqu »’un , ou avec des gens….C’est ce qu’a compris Mélanie Thierry après son burn out parisien….Le film manque peut être de créativité, de recherche dans la mise en scène, pas de surprises et un excès de scènes intimistes….IL manque quelque chose de plus terre à terre, des faits...Mais le romantisme à la Flaubert a fait ses preuves...Pourquoi pas, c’est un peu littéraire donc, plus que du cinéma…..quelques longueurs aussi à déplorer, mais la fin du film est subtile et ouvre bien des portes à tous ceux qui ne trouvent pas leur place dans ce monde..Je conseille sans insister. Ah oui bon choix de musiques aussi…..
C’est le problème avec les adaptations des livres de Nicolas Mathieu au cinéma ; le timing de leur sortie. Entre L’amour ouf / Leurs enfants après eux, Partir un jour / Connemara, ses adaptations semblent toujours souffrir d’un mauvais alignement pour être appréciées à leur juste valeur.
Connemara est un film doux-amer, qui commence assez difficilement, âprement, qui met du temps à produire véritablement des moments de cinéma. La caméra nous dévoile, non sans peine le destins croisés des deux personnages. On voit flou pendant une bonne demi-heure, puis tout à coup, tout s’éclaire, la sensation d’agiter ses regrets d’enfance, de ressentir la sensation d’un baiser fantasmé quand on était plus jeune, de repenser à tous ces rendez-vous manqués, ces gens qui se croisent mais ne se rencontrent jamais. Ressentir ces cœurs si proches et si lointains, éloignés par la routine, par le travail, par les allers-retours entre l’école et la maison. Ce sentiment de fatalité profonde, de vide indescriptible. Ressentir le départ, un dernier regard dans le miroir avant de partir, avant de progressivement s’éteindre.
Un très beau film sur la vie et les rêves inachevés, échoués.