Ce qui aurait pu être une réflexion passionnante sur la réussite finit en dégueulis de mépris parisiano-centré.
Dommage ! Car le scénario était prometteur, le casting aussi.
Car au lieu de prendre au sérieux son état (le burnout, c'est grave) et de se soigner, Hélène saute à pieds joints dans une histoire adultère, qui ne sera qu'un cache-misère et l'empêchera de se recentrer.
Au lieu de regarder la chance qu'elle a (une nouvelle histoire d'amour qui pourrait redynamiser sa vie et la sortir de son mariage moribond), elle finit par abîmer son amant. Non contente de lui briser le cœur et de spoiler le mariage où elle s'est incrustée, elle donne aussi un exemple peu reluisant au petit bout de 7 ans qu'elle a rencontré.
Alors c'est sûr, le réalisateur n'est pas tendre avec son héroïne, qui est décrite comme "une sympa" ironiquement, et est à la fois autocentrée, imbuvable, sanguine, geignarde, incroyablement cynique
(la discussion lunaire sur les enfants !)
. A mon sens, la figure de l'anti-héroïne est puissante, car elle doit servir de contrepoint à une réflexion, une morale...
qui ici ne vient pas.
La réalisation est hasardeuse, avec des morceaux de musique hétéroclites hyper présents (et parasitants) derrière des scènes contemplatives où le dialogue est au second plan et la caméra parfois à l'épaule, parfois pas.
Mais c'est surtout le postulat derrière le film qui m'a dérangée.
Personnalité narcissique à l'égo chancelant, Hélène a eu besoin de monter à la capitale pour se prouver qu'elle "valait mieux que ça".
(Une idée instillée par la maman d'une de ses copines d'enfance, parvenue devenue riche, à laquelle elle s'identifie et qui lui a mis dans le crâne qu'elle était trop intelligente pour rester en Lorraine).
Le film suinte ça : tout est fait pour donner l'impression que les gens malins et ambitieux ne peuvent réussir qu'à la capitale.
Chaque scène est méprisante, sans contrepoint aucun.
Le réalisateur a perdu une excellente occasion de montrer d'autres chemins vers "la réussite", d'autres fabriques du bonheur. Car non, les lorrains qu'elle rencontre ne valent pas moins qu'elle,
qui est elle pour les dénigrer implicitement ?
Une œuvre fade, longue, exempte d'émotions réelles, ponctuée des états d'âme "ouin ouin" d'une héroïne incapable d'apprendre, d'évoluer et de se remettre en question.
Le plus navrant me semble le fait que Mélanie Thierry, une actrice talentueuse, ait signé pour ce scénario. Mélanie, reprenez-vous !