Prix du Jury cannois, une sorte de parenthèse (dé)senchantée à l'intérieur de laquelle la solitude se vit mieux quand elle est partagée. Une œuvre finlandaise, proche par moments du théâtre filmé, parfois mélancolique, mais aussi un peu trop austère pour m'embarquer dans celle-ci.
"Les Feuilles mortes" de Kaurismaki est vraiment un bon film. La représentation des relations amoureuses et de toutes les difficultés que les amants peuvent rencontrer y est intéressante et délicate. A vrai dire, le réalisateur ne passe que peu par la parole pour représenter l'amour des deux personnages. Tout passe avant tout par le regard et par la musique. On appréciera les nombreuses références cinématographiques : Jim Jarmusch, Robert Bresson, Jean-Luc Godard... J'avoue que la réflexion des spectateurs à la sortie de "The Dead Don't Die" m'a fait exploser de rire. Toutefois, je précise que ce film est mon premier Kaurismaki. Ayant assisté à la séance avec quelqu'un qui connaissait bien mieux son cinéma que moi, je me fais également son porte-voix. Selon lui, lorsqu'on a déjà vu les plus grands films du réalisateur comme "Au loin s'en vont les nuages" ou "La Fille aux allumettes", ce dernier long métrage n'a qu'un intérêt mineur.
J'ignore à quoi pourrait ressembler l'amour à la finlandaise, mais aujourd'hui, pour ce soir uniquement, je la vois comme un cœur emprisonné dans la neige, rempli de pudeur et de justesse. Armé d'une caméra posée, de décor archi simplifiée et tourné vers le Helsinki des indigents et des désespérés, le film, avec peu, donne beaucoup. Des émotions d'abord. De la pudeur également. Des métaphores, dont la principale est une porte ouverte/fermée (la vaisselle) sur le cœur de Ansa et encore le chien, avec son nom.
Comme une glace emprisonnée dans un monde qui n'existe plus, les meilleurs moments du film se produisent lorsque la glace a déjà fondue. La lenteur (50 minutes sur 1h20) qui règne nous renvoie à un cinéma qui ne se fait plus. Le scénario tient sur une feuille, voir même un simple post-it et on imagine sans peine qu'un téléfilm aurait pu prendre cette trame. Ce faisant, il n'aurait jamais suscité autant d'émotions.
La patte Ari Kaurismaki est bien présente dans "Les feuilles mortes". Alma Pöysti et Jussi Vatanen (le Ryan Gosling finlandais) sont deux célibataires singuliers. L'une sans emploi, tombe amoureuse de l'autre alcoolique. Moitié absurde, moitié désespéré, le film nous touche avec tendresse et austérité, tout en nous rappelant en toile le fond le conflit qui sévit en Ukraine.
J'ai trouvé ce film ennuyeux au possible, joué par des acteurs que l'on dirait amateurs tellement ils sont empruntés, raides ; ils sont empreints d'une telle tristesse forcée que même les hôtesses d'accueil de l'hôpital donneraient envie de repartir en courant. Mise en scène caricaturale qui n'a pas dû demander beaucoup de temps : l'acteur principal a une bonne mine pour un homme qui boit et qui fume énormément.
Vu en avant-première avec rencontre des deux acteurs principaux (très sympathiques) après, et heureusement car ne connaissant pas l'univers du réalisateur j'ai eu des explications sur des éléments qui me perturbaient (tous les décalages temporels). L'histoire est simple mais universelle et mise en scène avec beaucoup d'humanité, de poésie et de musique nostalgique. La guerre en Ukraine revient en fil rouge sur le poste de radio (les acteurs nous ont expliqué que la Finlande étant voisine de la Russie et ayant une histoire commune avec elle, cette guerre est omniprésente dans l'esprit des finlandais). La misère sociale, le manque de protection des travailleurs surprend aussi. Un beau film apaisant malgré son contexte difficile, qui donne de l'espoir. A voir.
Le film dure à peine plus d'une heure mais c'était certainement l'une des plus longues heures de ma vie tant il ne se passe rien... J'avais déjà eu l'un ou l'autre aperçu du cinéma de Korismaki et je savais un peu à quoi m'attendre mais les critiques presse quasi unanimement dithyrambiques (je savais pourtant que j'aurais dû me méfier...) m'ont encouragé à le visionner. Je n'aurais pas dû. C'était d'un ennui...
Décors, costumes, couleurs et accessoires vintage. Goût de l’anachronisme, du laconisme et du statisme. Raideur du cadre et raideur des interprètes. Minimalisme expressif. Humour dépressif. Importance des chansons de la BO, qui en disent plus que les dialogues. Voilà du Kaurismäki pur jus. Sans grande surprise, peut-être, pour qui connaît la filmo du cinéaste finlandais. Mais vraiment plaisant. Si le fond de l’histoire est aussi noir que le fond de l’affiche du film – un tableau qui dit la rudesse sociale et la difficulté de vivre (précarité professionnelle, délation, pauvreté, solitude, alcoolisme, guerre en Ukraine…) – Kaurismäki y diffuse son inaltérable générosité humaniste et sa drôlerie pince-sans-rire, en saluant le courage des petites gens et en lorgnant explicitement vers la fable sociale à la Chaplin. Une touche de tendresse dans un monde de brutes, une petite note d’espoir. Derniers refuges d’une humanité claudicante.
Aucun doute possible, nous sommes bien dans un film d'Aki Kaurismaki. On y retrouve son univers, son goût pour les héros du quotidien aux destins peu réjouissants et pourtant toujours porteur d'un certain espoir. On retrouve aussi le goût pour la musique, d'une autre époque, d'un autre pays et qui collent parfaitement à l'univers du cinéaste. Destins croisés, destins perturbés par les aléas de la vie, Kaurismaki semble tourner le même film depuis des années et malgré cela, continue à nous séduire et à rendre ses personnages attachants. Les personnages des "feuilles mortes" n'échappent pas à cette règle. De plus, les cinéphiles apprécieront les nombreux clins d'œil cinématographiques éparpillés le long du film, nous réservant le plus beau d'entre eux pour la fin.
En fait ce film a tout pour ne pas plaire, c'est triste, glauque, ennuyeux dirons certains, oui, mais c'est Aki Kaurismaki un grand metteur en scène et même si ses films sont toujours sur la même trame c'est poétique ,et les acteurs bien choisis j'ai passé une fois de plus un superbe moment, et ça m'a donné envie d'aller à Helsinki , vivement le prochain
Voir un film de ce réalisateur, c’est d’abord, rentrer dans son univers: La ville d’Helsinki, triste à pleurer. Des couleurs agressives (?), sous un ciel gris. Des chansons connues de tous, en finnois et puis Les feuilles mortes, bien sûr !
Mais encore, une histoire d’amour improbable entre deux paumés de la vie………….
Misère, misère, c’est toujours sur les pauvres gens, que tu t’acharnes obstinément (Coluche)
Avec la chute des feuilles revient l'automne? Certains préféreront les promesses du printemps, ou la chaleur langoureuse des soirées d'été. Kaurismaki certainement pas. Son récit poétique autour des gens démunis et noyant dans l'alcool la tristesse des jobs minables, n'a d'égal que son pessimisme personnel qui l'amène à penser que l'homme est et restera l'artisan de ses propres malheurs. Et pourtant, pendant qu'une antique radio des années 50 distille les derniers infos concernant l'anéantissement sous les bombes russes de Marioupol, on se prend à aimer le gauche baller de ces amoureux taiseux et timides qui finiront par surmonter les malheurs du hasard et la nécessité. Une dernière image inspirée de Chaplin vous laissera pensif et attendri. Amateurs d'action, de films militants ou de considérations philosophiques, passez votre chemin, vous n'auriez pas envie de ramasser ces feuilles mortes. Et pourtant, elles deviendront le terreau de l'an prochain. Ne loupez pas les rares sourires de Ansa et Holappa, ils viennent illuminer une vie finlandaise déprimante. Cinéma - septembre 2023
Film étrange ( original ) dans sa conception, sa réalisation, son jeu d'acteurs. On est plongé dans un univers sombre, aride, sans concession, mais esthétique, original, aux multiples facettes. On y bien, et à la fois, on est bousculé. Un film à voir