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Dgasiglialaster5
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4,0
Publiée le 24 septembre 2023
« Tu vois, je n’ai pas oublié, la chanson que tu me chantais »… Oui, ce film délicat et solaire est bien, entre autres, un hommage aux chansons : à celles d’autrefois, surtout, qui charrient souvenirs et mélancolie. Le film est ponctué de ces chansons, le plus souvent en langue finlandaise mais traduites par les sous-titres. Elles racontent l’amour, la nostalgie, le besoin d’être un peu mieux dans sa malheureuse peau. C’est d’ailleurs au cours d’un Karaoké dans un misérable bar que se rencontrent les protagonistes, Ansa et Holappa, broyés par une société qui ne les a pas valorisés, pas même acceptés. Comme toujours Kaurismäki s’intéresse aux laissés pour compte. Le regard sur la Finlande est acéré et âpre : la loi du travail y semble rude, sans pitié, et les employés victimes d’un système qui les broie. Pour survivre, Ansa et Holappa sont voués à des travaux insalubres et très durs. Kaurismäki fait certainement un clin d’œil au "Jour se lève" quand il montre Holappa en combinaison et masque comme Gabin dans le film de 1939. Comme le personnage de Carné et Prévert, il dit que le métier qu’il fait lui dévore les poumons. Quel avenir pour cet homme et cette femme qui se rapprochent timidement, osent à peine se toucher mais se regardent pourtant avec attendrissement ? Kaurismäki procède par petits traits subtils, avec des riens qui en disent long : le sourire d’Holappa quand Ansa l’effleure d’un baiser sur la joue, celui d’Ansa quand elle choisit une petite bouteille de mousseux pour recevoir Holappa. L'humour est très présent : dans la naïveté de certaines répliques, dans la maladresse de ces amoureux qui ont des difficultés à s’épancher et à se rapprocher : le plan qui montre chacun des protagonistes assis à l’autre bout du canapé est révélateur et drôle. Pourtant, si on entend « Les Feuilles mortes » en fin de film, sur le générique, la mer n’effacera peut-être pas sur le sable les pas des amants désunis. Et si l’amour permettait de survivre ?
La photographie est plutôt réussie. Ce film est une ode au silence...parfois un peu extrême et un peu malaisant. La maladresse des personnages les rend touchants mais n'est-elle pas poussée un peu trop loin, les rendant trop irréels ?
Mais quel beau film! Le réalisateur nous plonge dans un mélange d’époques, et nous fait glisser dans un monde de douceur, d’amour, de respect , de solidarité et d’espoir sur fond de misère, d’injustice, de noirceur et de cruauté. Et tout ça avec tellement d’humour qu’on rit du début à la fin !!! Et la musique !!! Magnifique , il aurait mérité la Palme d’or.
"Les Feuilles mortes" primé au festival de Cannes (prix du Jury) est une comédie dramatique finnoise qui se regarde. En effet le réalisateur Aki Kaurismäki livre un récit avec ceux qu'il affectionne les gagne misère, les marginaux dans une histoire simpliste et un peu veillotte mais qui finit par toucher au cœur avec son côté poétique, sociale, réaliste, romantique et émouvant ainsi qu'un duo acteur qui marche bien Alma Pöysti et Jussi Vatanen.
On s attache immédiatement à ces personnages pas heureux mais qui résistent dans leur morne quotidien et les dialogues sont très bons avec ce décalage entre ce ton neutre et le contenu. Kaurismaki à toujours la flamme.
La scene finale m'a fait mourir de rire tellement elle caricature l'ensemble du film. On était 5 dans la salle et j'ai compris pourquoi. Ce film est une blague.
Du Kaurismäki pur jus, avec un merveilleux mélange de noirceur et de poésie, de pessimisme et de drôlerie. Les personnages, un peu décalés comme toujours, sont touchants, plein de dignité. On s'y attache, ils nous attendrissent et nous font du bien, même si leur vie n'est pas toujours rose. Quel cinéaste, qui sait parfaitement jouer de l'ellipse et de l'intemporalité !
Avec la chute des feuilles revient l'automne? Certains préféreront les promesses du printemps, ou la chaleur langoureuse des soirées d'été. Kaurismaki certainement pas. Son récit poétique autour des gens démunis et noyant dans l'alcool la tristesse des jobs minables, n'a d'égal que son pessimisme personnel qui l'amène à penser que l'homme est et restera l'artisan de ses propres malheurs. Et pourtant, pendant qu'une antique radio des années 50 distille les derniers infos concernant l'anéantissement sous les bombes russes de Marioupol, on se prend à aimer le gauche baller de ces amoureux taiseux et timides qui finiront par surmonter les malheurs du hasard et la nécessité. Une dernière image inspirée de Chaplin vous laissera pensif et attendri. Amateurs d'action, de films militants ou de considérations philosophiques, passez votre chemin, vous n'auriez pas envie de ramasser ces feuilles mortes. Et pourtant, elles deviendront le terreau de l'an prochain. Ne loupez pas les rares sourires de Ansa et Holappa, ils viennent illuminer une vie finlandaise déprimante. Cinéma - septembre 2023
Le finlandais Aki Kaurismäki fait partie des plus grands. Ce ne sont pas ces 81 trop courtes minutes qui me démentiront. Son Grand Prix du jury à Cannes non plus. Deux personnes solitaires se rencontrent par hasard une nuit à Helsinki et chacun tente de trouver en l’autre son premier, unique et dernier amour. Mais la vie a tendance à mettre des obstacles sur la route de ceux qui cherchent le bonheur. Minimaliste jusqu’à l’épure, un moment de cinéma qui nous parle de solitude et de tendresse refoulée, dans un monde près de basculer dans la guerre. L’éclatante démonstration d’un immense talent, qui plonge ses personnages dans un monde à la Hopper, filmé par un Chaplin des grandes années. Kaurismäki aurait pu se contenter de nous raconter un coup de foudre et ses épisodes plus ou moins chaotiques, ses avancées, ses reculs, ses balbutiements et faire ainsi de sa romance un film banal. Mais voilà le maître finlandais, sans avoir l’air d’y toucher, va toujours plus loin que les autres et fait de son film une ode à l’amour dans un monde en guerre. C’est l’histoire d’un couple habitué à la solitude et qui dissimule son mal-être derrière un cynisme de chaque instant. Le cinéaste interroge la fureur d’un monde qui l’effraie. Pour appuyer son discours, Kaurismäki fait allusion – plus ou moins directement – à des classiques du cinéma comme The Dead don’t die de Jarmush, ou encore Pierrot le fou de Godard, Journal d’un curé de campagne de Bresson jusqu’à l’ultime plan de ces trop courtes 81 minutes digne du meilleur Charlie Chaplin. Mais, oser un tel film, dans le paysage cinématographique du moment, en fait un OVNI douloureux comme un cri du cœur doublé d’une lueur d’espoir dans l’Homme. Une merveille ! Le duo central est admirable campé par Alma Pöyst et Jussi Vatanen, timides, maladroits et tellement touchants. Janne Hyytiäinen et Nuppu Koivu leur donne la réplique avec bonheur. Il n’y a ici ni inconscient à analyser, ni thèse à développer jusqu’à plus soif, mais se contenter à aller dans les détails pour comprendre où se niche l’émotion. A chaque plan au cordeau, - avec ce suprême raffinement de faire vivre ses héros dans des décors vintage avec, en fond sonore, les dernières infos de la guerre en Ukraine -, le style Kaurismäki saute aux yeux pour sublimer cette fable chaleureuse belle à pleurer… de joie.
Il y a de la magie et de l'émotion chez Kaurismaki, Du génie aussi à la Chaplin, auquel il adresse des clins d'œil...Quel régal romantique son nouveau film????Des couleurs à la Edward Hopper, de la musique à la Tchaikovsy, des textes de chanson qui vont à l'essentiel et remue le cœur dans tous les sens, les aficionados, dont je fais partie , ne seront pas déçu par ce nouvel opus, fulgurant, pictural, et qui ne voit les autres qu'avec humanité et conscience.....C'est du cinéma de haute volée, inqualifiable en un seul mot précipitez vous....chef d'œuvre !!!
"Prix du Jury à Cannes 2023 Vu à Deauville dans le cadre du Festival du film américain qui montre les films primés à Cannes On a là un vrai film de cinéma, où chaque image est léchée, ou un tas de référence à d'autres films apparaissent. Si les personnages sont un peu ""joués"", on est embarqué dans l'histoire de ce couple plutôt taiseux , pauvre mais toujours soignés, que le sort semble s'acharner à éloigner. Tout cela sur fond de guerre en Ukraine
Pourquoi Y Aller Pour la poésie de ce mélange de désespoir et d'humour, on aime suivre ces deux-là qui avancent courageusement dans leur vie malgré leur difficultés Pour la qualité de l'image La musique, parfois kitsch, est elle aussi très réussie
Pourquoi Ne PAs Y Aller On peut passer à côté de l'histoire et s'ennuyer si l'on ne s'immerge pas dans cet univers de Kaurismäki
Automne en emporte le vent... Comme une feuille orangée qui refuse de se poser sur le sol froid et mouillé, on suit avec un regard nostalgique et poétique la course de ce couple qui se tourne autour, manque de s'aimer, s'éloigne peut-être pour toujours dans leur morne quotidien... Kaurismaki, à l'entendre, ne trouve pas qu'il s'agit d'un très bon film dans sa filmographie, et on est très heureux de découvrir qu'on n'est pas d'accord. Avec des personnages qui sont malheureux dans un monde qui ne leur correspond pas et sublimés par une photographie qui tape dans l'oeil à chaque plan (peu de profondeur de champ, un jeu de couleurs sur les verts, les ocres, les marrons... c'est l'automne !), Les Feuilles Mortes semble parfois un lointain neveu dépressif (mais qui veut absolument s'en sortir, là est tout l'intérêt) d'un excellent Jacques Tati. On attend avec douceur que ces deux personnes finissent ensemble, on lâche un "oh non !" spoiler: quand le papier avec les coordonnées de la Dame tombe de la poche du Mister, on arrête carrément de respirer quand, en une fraction de seconde dans ce qui semblait être une happy-end niaise, l'homme se fait renverser violemment... On a cru regonfler un bateau pneumatique entier lorsqu'on a enfin repris notre souffle en voyant qu'il allait bien. On était dedans, pour de bon, et si d'aventure une scène dure un peu trop longtemps, vous avez cette BO incroyable à écouter (on essaie de "shazamer" sous notre veste), vous avez ces constructions de plans ultra intelligentes (vous ne savez pas qui des deux est prêt à s'engager : regardez sur le canapé, qui est du côté de la lampe allumée, et qui est nerveux à côté de celle qui reste éteinte...). Le binôme d'acteurs a de bonnes têtes de "Tout-le-Monde", ce qui accentue fortement notre identification à ces personnages jamais complètement niais, mais qui font preuve d'une tendresse contagieuse. Allez, on vous achève en vous disant que, parmi tous les blockbusters de plus de 2h, celui-ci ne fait que 1h20 tout mouillé. Comme un petit bonbon acidulé qui pique au début (avec sa mise en scène très étonnante, ses personnages tristes, son humour pince-sans-rire qu'on croise peu souvent...), Les Feuilles Mortes révèle très vite un coeur tendre qui fait vraiment du bien. Est-ce qu'au fond, les feuilles ne meurent pas juste pour faire vivre la mélancolie poétique de quelques poètes transis... En tout cas, elles ont inspiré à Kaurismaki un petit bijou, à ne pas rater.
Un film des plus banals , vu et revu 10 fois , déprimant , glauque .. les références (visuelles) à la Godard ou Truffaut lui auront sans doute valu un prix du jury .. allez y en forme en tout cas si vous devez le voir ... rien de plus à dire ....................,..,,,,..