Un film muet… qui murmure des choses très justes.
On ne sait pas en quelle année on est. Tout semble usé, fané, comme si le monde s’était arrêté en 1983 dans un bar à néons. Les décors sont anciens, les musiques finlandaises ont ce quelque chose de mélancolique qui colle au plafond, et même la radio, quand elle parle, parle de guerre. Bref : ambiance joyeuse.
Et pourtant… j’ai souri. Plusieurs fois. Pas à cause de blagues, non. Mais à cause de cette absurdité tranquille. Cette manière que le film a de te montrer la déprime générale, le vide des jours, les silences qui pèsent… et de t’en faire rire malgré toi. C’est froid, mais jamais cynique. C’est lent, mais jamais complaisant. C’est juste… humain.
Les deux personnages principaux, Ansa et Holappa, sont des êtres un peu cabossés, solitaires, qui cherchent à s’accrocher à quelque chose — un regard, un job, un chien qui s’appelle Chaplin. Ils ne parlent pas beaucoup, mais on sent tout. L’envie d’exister un peu plus fort. De sortir du gris.
Alors oui, il ne faut pas être déprimé pour regarder ce film. Ou alors, il faut l’être juste assez pour y voir une petite lumière. Parce qu’au fond, c’est une fable. Pas grand-chose ne se passe, mais il se passe l’essentiel : une rencontre, une absence, une attente. Le strict minimum… mais bien fait.
Une jolie petite pépite !