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Jipéhel
37 abonnés
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4,0
Publiée le 14 avril 2024
Seule contre tous
Stéphanie Di Giusto persiste et signe, elle aime les personnages de femmes à la marge. Après son très intéressant portrait de La Danseuse, Loïe Füller, c’était il y a déjà 8 ans, voici 115 minutes de romance dramatique qui constituent, somme toute, un objet assez singulier pour intriguer un large public. Rosalie est une jeune femme dans la France de 1870 mais ce n’est pas une jeune femme comme les autres, elle cache un secret : depuis sa naissance, son visage et son corps sont recouverts de poils. De peur d’être rejetée, elle a toujours été obligée de se raser. Jusqu’au jour où Abel, un tenancier de café acculé par les dettes, l’épouse pour sa dot sans savoir son secret. Mais Rosalie veut être regardée comme une femme, malgré sa différence qu’elle ne veut plus cacher. En laissant pousser sa barbe, elle va enfin se libérer. Elle veut qu’Abel l’aime comme elle est, alors que les autres vont vouloir la réduire à un monstre. Abel sera-t-il capable de l’aimer ? Survivra-t-elle à la cruauté des autres ? Le sujet est original, l’histoire est belle, la mise en scène très léchée, l’interprétation à la hauteur des ambitions de la cinéaste. Un beau portrait de femme, pudique et bouleversant. Bien que le film s’intéresse sur Clémentine Delait, une femme à barbe qui connut la célébrité au début du XXème siècle, il ne s’agit en aucun cas d’un biopic, mais bien d’une fiction. D’ailleurs, plus que le parcours de la vraie femme à barbe qui a inspiré Rosalie, la réalisatrice voulait explorer les sentiments, le désir et un amour inconditionnel. Pudeur et violence ce mêlent dans ce récit, mais quand on est un être « à part » comme elle, l’amour devient beaucoup plus que l’amour. Alors que la plupart des femmes atteintes d'hirsutisme étaient réduites au statut de monstres de foire, Stéphanie Di Giusto a choisi de ne pas la représenter dans une foire, un cirque ou un bordel… certainement une des forces de ce drame. Une belle réflexion sur le regard des autres à la gloire de l’amour et de la tolérance. Intemporel et universel. Il semble qu’avec Nadia Tereszkiewicz, la cinéaste ait trouvé l’interprète parfaite et quand elle parle d’évidence charnelle, on le ressent durant tout le film. A ses côtés, Benoit Magimel est parfait et bouleversant, pétri de ses blessures intériorisées. Benjamin Biolay, Gustave Kervern, Guillaume Gouix, Juliette Armanet, - pour son 1er rôle au cinéma -, complètent une distribution brillante. La finesse qui baigne ce film sait nous éviter les écueils du mélo ou le sensationnalisme. Une belle réussite.
Un grand film toute en finesse , qui nous permet de se mettre dans la peau des principaux acteurs et de se poser leurs questions … très bouleversant, on est pris par l’histoire et les personnages sont merveilleusement bien joués ! Bravo , je ne suis pas sortie indemne de ce film !
J'ai été touchée par cette histoire, très bien incarnée. C'est beau, c'est vivant, c'est une ode à l'amour quand il s'affranchit des différences, du "qu'en dira-t-on", et qu'il lui faut du temps pour apprivoiser deux solitudes. Un petit bijou!
L'hirsutisme n'est pas le nœud de l'histoire, mais son prétexte pour aborder une émancipation féminine, au XIX siècle, dans une France rurale. Le récit est joliment narré, bien que les rebondissements soient assez prévisibles.
Très beau film sur la différence, et son acceptation par les autres et soi-même. Nadia Tereszkiewicz est lumineuse, parfaite dans ce rôle de femme à barbe. Après ses interprétations de haut vol dans "les amandiers", "l'île rouge", ou mon crime" , elle confirme qu'elle est un des piliers de la nouvelle génération des actrices françaises. Hâte de la revoir sur grand écran. Elle est magnifiquement entourée par Benoît Magimel, capable de tout jouer avec grand talent.
Joli film, librement inspiré de Clementine Delait, une femme à barbe de la fin du 19eme siècle, où est principalement traité le thème de l'acceptation, des autres et de soi. Si Benoît Magimel fait un très bon travail sur ce film, entre le dégoût, la colère et finalement la tendresse et l'empathie, je dois reconnaître que j'ai adoré Diana Tereszkiewicz ! Elle interprète parfaitement le rôle, entre angoisse, amour, pragmatisme, désespoir, fierté,... on y croit et on est tendu à chaque interaction. Sa volonté d'émancipation tout au long du film malgré l'indifférence de son mari, le dégoût des villageois ou la curiosité déplacée des autres nous rendent le personnage très attachant. La relation entre Abel et Rosalie manque juste un tout petit peu de développement sur la fin à mon sens mais rien de dérangeant. Mention spéciale aux maquilleurs qui ont fait un travail incroyable !
Ce film témoigne de la capacité de certains êtres humains à mener les autres vers l’humanisme ou la barbarie. En effet, le temps, dans sa linéarité, ne reflète pas une évolution continue de la grandeur, de l’intelligence ou de l’humanité des êtres, mais plutôt de la capacité qu’ont certains à entraîner l’ensemble des hommes et des femmes vers le progrès ou vers la misère humaine. Rien n'est jamais acquis et ce film en témoigne : tout reste à défendre, en permanence, et il arrive que hier soit meilleur que demain. Une ode à l'amour.
Magnifique ! Un drame émouvant digne de Choderlos de Laclos. Une tension poignante que Benoît Magimel entretient par son jeu sur le fil. Pas de mièvrerie. Une belle parabole tournée dans le style du roman de cour. Les références à Ridicule de Patrice Leconte sont bien vues dans ce siècle des lumières. Excellent travail du chef opérateur. Photo de bon ton. Merci.
Un film qui manque encore cruellement de notoriété. Rosalie (le film éponyme)fait preuve d'une présence d'esprit relationnelle et sociétale très importante qui manque cruellement à notre société. Très belles musiques et casting surprenant! Je vous conseille fortement ce chef d'œuvre.
J'étais dubitative en voyant le thème mais le film se trouve très émouvant et pleins de poésie. Un peu décalé des faits réels mais reste tout de même lourd de sens et de moralité. Un film que j'ai beaucoup apprécié, pas trop plat comme ça aurait pu être.
Bien sûr, je prends en compte l'excellent jeu d'acteur qui résulte d'un superbe casting!
L'histoire proposée est vraiment très touchante grâce à son personnage principal qui est très attachant de par sa compréhension, son calme et sa gentillesse.
J'aurais mis 4 étoiles si le film était un peu moins long car, à un moment, il finit par se répéter sur son message.
une intéressante réflexion sur le regard des autres et sur l apparence et la différence, avec une actrice et un acteur qui se fonde dans leurs personnages. plus un directeur photo au sommet de son art.
J’avais peur d’un second éléphant man ou d’une mièvrerie sur la différence mais c’est franchement réussi. Les acteurs vivent leurs rôles (dommage pour la jolie Nadia bien grimée mais horrible). Les décors et l’ambiance sont réalistes. L’histoire est tirée d’une histoire vraie. Cela n’en n’est que plus appréciable.