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Philippe D
46 abonnés
30 critiques
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5,0
Publiée le 16 novembre 2024
Un dilm incroyable qui ma totalement bouleversé. Tout est ambigu, les situations comme les personnages. Sont-ils innocents ? Sont-ils pervers ? Chacun peut se faire son opinion. Le réalisateur arrive à suggérer cela avec une économie de moyens étonnante et des dialogues souvent magnifiques.
Tout, dans le cinéma d’Alain Guiraudie, est affaire de climat que définissent des corps engagés dans le parcours d’un décor singulier que présente, ici en guise de générique, la caméra embarquée dans le véhicule de Jérémie. Les différents lieux constituent autant de microcosmes régis par le rituel : spoiler: cueillir des champignons en forêts, revenir chaque nuit dans sa chambre d’enfant un peu après quatre heures du matin, prendre l’apéritif réunis autour d’une table . Se dessine une carte du désir marqué par l’attirance des contraires et par l’échec de toute entreprise d’unification ; c’est le déséquilibre et la division qui priment, avec comme ponts bâtis des tentatives interdites qui suspendent, un temps, la morale. Miséricorde surprend ainsi non par son immoralité – lieu commun du cinéma d’Alain Guiraudie – mais par sa liberté tonale : au schéma de culpabilisation et de rédemption promis par le titre se substitue un louvoiement burlesque qui produit, outre une dynamisation du récit, un effet d’authenticité. Se trouvent là devant nous des êtres humains paumés s’efforçant, par divers moyens, de spoiler: vivre avec leur frustration et d’« apprendre à aimer sans retour » , adage chrétien que le long métrage détourne intelligemment. La violences des rapports entre les personnages exprime un désir d’amour inavouable et tortueux. « Faut juste aimer ça », réplique Vincent spoiler: alors qu’il ne cesse de frapper Jérémie . Une belle et insolente réussite rappelant, dans un genre similaire, Tom à la ferme (Xavier Dolan, 2013).
J’apprécie l’Aveyronais courageux mais son film est un petit exercice sympa mais qui ne prend pas vraiment. D’ailleurs, le souhaite il vraiment ? Ce qui est bien, c’est la direction d’acteurs, lesquels sont tous bons. La comparaison avec As Bestias est très en faveur du film espagnol sans doute à cause de l’intensité dramatique dont Miséricorde est totalement dépourvu.
Un film quelque peu étrange où j'ai eu du mal à entrer. L'atmosphère, les personnages, les non-dits et les sous-entendus le tout dans un village presque sans charme étaient pesants. Et puis on se laisse prendre dans ce climat surtout lorsque spoiler: l'intrigue tourne au drame . Les personnages restent mystérieux ou plus habités. Les interrogations internes des personnages deviennent plus présentes et nous renvoient à des réflexions plus personnelles sur le poids des secrets. A voir !
Film très original avec une ambiance bien particulière. Les liens entre chaque personnage se découvrent au fur et à mesure du film. Ils sont parfois assez surprenants. Vaut le visionnage.
quelle chance de voir un film français audacieux, très bien joué, sans débauche de moyen et tout en tension, et...humour ! comme d'autres réalisateurs (Ozon par ex), A. Guiraudie joue sans cesse sur l'ambiguïté, le doute, l'étrange, l'inpolitiquement correcte sans ce filme...mais lui réussi sans aucune contestation de ma part, et ce, jusqu'à la fin...
Petits villages, grand enfers. Guiraudie regarde vers Buñuel pour raconter un meurtre, le meurtre des désirs et meurtre de la foi. Casting à la hauteur du défit.
J'ai beaucoup aimé l'interprétation de Monsieur le Curé et de Jérémie, et la photographie et Catherine Frot. C'est drôle et doux mais surtout drôle parce qu'il y a tout de même de la violence. Je ne cesse de me demander si les Giroles sont une références à Alain Guiraudie.
C'est très drôle, on ne s'ennuie jamais, on rit beaucoup et on goûte la saveur de ces dialogues simples, mais pleins de crédibilité. Je ne suis pas convaincu, comme le disent certains critiques professionnels, qu'il s'agisse d'un film sur le désir, désir non partagé en l'occurrence, mais enfin, admettons ! Que le jeune Jérémie veuille coucher avec Walter paraît assez vraisemblable, quoique curieux, qu'il y ait sans doute une attirance entre lui et le fils de Martine est incontestable (les bagarres en disent long), le désir sublimé du prêtre pour Jérémie est assez plausible. Mais enfin là n'est pas l'essentiel, me semble-t-il, et on est plus dans le jeu, dans le parcours obligé (on est dans un film de Guiraudie tout de même) que dans l'exploration réelle du désir. Le seul désir réel qui existe, à mon avis, est celui que Jérémie a éprouvé pour le boulanger défunt, désir dont sa femme a bien été consciente d'ailleurs, et qui resurgit via la photo. En revanche, le scénario est bien ficelé, et les moments de drôlerie sont assurés (la confession du prêtre, les dialogues avec les deux gendarmes....)
C'est bien filmé et les paysages sont magnifiques. Un copain a eu cette réflexion : c'est Théorème dans le massif central. Pas faux. La première partie est assez subtile et crédible. Le film part en sucette à partir du moment où le curé passe au premier plan et le cinéaste retrouve ses travers : beaucoup de bites pas sexy et un scénario invraisemblable.
C'est génial.... dans son genre, et son genre est très spécial . J'ai rarement vu un film aussi "niche" mais c'est quand même très bien réalisé. J'ai eu besoin d'une heure pour rentrer dans le film, mais j'ai fini par y rentrer, donc c'est déjà la moitié de faite... Sinon, ça finit par devenir très intéressant et les personnages sont assez intringuants en fin de compte. Gros bravo aux acteurs jouant Walter, le prêtre (vraiment un illustre personnage), et les gendarmes. Si vous êtes prêts à être indulgent, regardez le !