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Julia Berg
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4,5
Publiée le 24 décembre 2024
Vraiment bien, surprenant, drôle, Alain Guiraudie atteint là avec Miséricorde une forme qui sera sans doute plus grand public que jamais, mais il ne perd pas tout ce qui faisait la beauté de son cinéma jusqu'ici.
Pour les adeptes de réalisme et morale formatée, passez votre chemin. Si vous ne comprenez rien à ce film et le trouvez absurde c’est que son réalisateur est seul maitre à bord, c’est bien lui qui fixe les règles et pas vous, et sa règle fondamentale est qu’il n’y en a pas. Si cette ouverture à 360° ne vous convient pas ou vous fait peur, n’y allez pas. Pour les amateurs des contes pasoliniens, vous ne serez pas insensibles à ce film où le désir est omniprésent et téléguide tous les personnages, même s’ils l’expriment différemment les uns des autres. L’humour est aussi toujours présent, il nait de l’incongruité des situations, des barrières franchies à grandes enjambées. Un film gouleyant et rafraichissant où la beauté nait n’importe où, et surtout où on ne l’attend pas. Merci Alain Guiraudie.
Étrange film que ce Miséricorde , unique et singulier, où l’on retrouve les obsessions de Guiraudie et sa très grande liberté de ton. Mais aussi un hommage à Pasolini (Théorème revisité) mâtiné de Pagnol. Ça démarre très bien et très vite, le mystère plane sur ces retrouvailles après le décès du boulanger du village, puis les masques tombent peu à peu. Au centre du jeu, un jeune homme qui aide chacun à avouer son désir, beaucoup de non dits, de manipulations. De la subversion, une douce provocation , des situations assez délirantes. Ce pourrait être lourd, mais c’est plutot fin, très bien interprété, très personnel. Puis l’affaire prend un tour à mon goût un peu convenu, une sorte d’intrigue policière en mode loufoque. Hormis la très belle scène du confessionnal, la farce prend le pas sur le mystère et l’on décroche un peu, tout en savourant néanmoins l’incongruité des derniers séquences d’une joyeuse amoralité. Au final, un film qui ne ressemble à aucun autre, frontal, culotté. Et ce n’est pas tous les jours que la production française nous offre de tels ovnis, alors ne vous en privez pas.
Autant malaisant qu'hilarant ! Est-ce un film policier ? Pas vraiment, bien qu'il y ait un mort dès le début. Est-ce un thriller ? Oui, ce serait plutôt ça. Mais surtout un film du meilleur Guiraudie, avec des personnages ruraux, ni beaux ni moches, veuve de boulanger, ouvriers, paysans et curés, qui seraient ordinaires s'ils n'étaient pas des personnages de Guiraudie
Dans l’Aveyron, un village et ses habitants figées dans les années 60, un jeune revient pour des obsèques, les souvenirs, les rancunes, les désirs inavoués engendreront un meurtre. C’est entre Pagnol et Maigret mais trop pesant, oppressant et surtout interminable. Les images sont belles, les couleurs chatoyantes de la forêt en automne sublimes. Les acteurs sont très bons, seul le jeu de C Frot sonne faux. Un film hors du temps.
Un film inclassable et surprenant pour qui ne connaît pas la filmographie d’Alain Guiraudie (L’inconnu du lac, pour citer son film le plus connu). Ce film est pourtant bien dans la continuité de l’univers de Guiraudie, avec ses personnages ordinaires évoluant dans les paysages du Sud-ouest de la France. Guiraudie s’attache à décrire la peur et le désir, souvent non partagé, entre des personnages laissés pour compte de la société. L’histoire est une sorte de conte intemporel, qui commence avec la description du retour de Jérémie dans un village des Cévennes, pour assister à l’enterrement de son ancien patron boulanger dont il était amoureux. Il est accueilli par Martine, la femme du boulanger, qui n’est pas insensible à ses charmes. Mais lui s’intéresse plutôt à un voisin du village, Walter, célibataire bourru et ami de jeunesse. Le fils de Martine ne l’entend pas de cette oreille et fera tout pour éloigner Jérémie à la fois de sa mère et de Walter. Le curé du village, en soutane et bienveillant, est comme une sorte d’ange gardien qui voit tout et comprend avant les autres, y compris les gendarmes, les drames qui secouent cette petite société. Un meurtre sera commis, mais le curé fera tout pour innocenter le coupable, notamment dans une scène hilarante et blasphématoire. Le film, bien que comportant des scènes tragiques et violentes, est une ode réjouissante à la liberté et une réflexion profonde sur la culpabilité. Il se termine dans l’apaisement, mais toujours dans l’amoralité. Les acteurs sont formidables de naturel, particulièrement Jacques Develay dans le rôle de l’abbé, et Catherine Frot dans celui de la mère.
Chez Alain le monde y est toujours un peu doux et amer. A force, on y devient des enfants capricieux. On veut les bottes sans le pantalon, le village sans la moral, la scène d'enterrement sans le mort. Et Guiraudie nous gâte ! On rit (et tjrs avec plein de vieux dans les salles et c'est pas si commun)
Film odieux, insensible, finit par se moquer des marginaux faussement représentés. Ne permet aucune réflexion mature, se rapproche plus d'une suite de mauvaises blagues paillardes.
De Alain Guiraudie (2024). Un grand ''Guiraudie'' peut être mais assurément un film noir sur le désir et l'absolue vérité qu'il ne faut jamais juger un comportement avec rapidité et dogme . Une histoire parfois glauque mais aussi une comédie humaine comme il en existe dans tous les villages et familles . Du non dit aux secrets les plus enfouis , un labyrinthe dans la narration . Et pourtant malgré les secrets, non-dits et même le côté noir du film, on est emplie d'empathie envers tous les personnages . C'est d'ailleurs la force du film voire même son but ! D'où le titre même qui résume bien le dernier opus de Guiraudie . À savoir soyons miséricordieux envers le genre humain sans jugement rapide à l'emporte pièce ! Servi par de grands acteurs à commencer par Félix Kysyl, Catherine Frot, Jean-Baptiste Durand et jacques Develay dans le rôle de l'abbé .
Avec "Miséricorde", les voix de dieu sont impénétrables ! A défaut d'être le film du siècle, j'ai bien aimé. Jacques Develay est jubilatoire en prêtre...
Avec le synopsis je m"attendais à quelque chose de différent. Personnages absolument pas attachants, le film traine en longueur, surprend mais pas dans le bon sens. Il a été qualifié de comédie, je n'ai absolument pas ri. L'impression d'avoir perdu du temps