Bonjour l’asile
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71 critiques spectateurs

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Laurence Tabouret
Laurence Tabouret

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 mars 2025
Ce deuxième film de Judith Davis est très frais bien qu'étant un véritable miroir de notre société actuelle. L'humour est subtilement dosé. Le casting est pertinent et les acteurs mettent bien en valeur les différentes groupes sociaux évoqués. Écolo, bourgeois avides, altermondialistes, chacun en prend pour son grade, mais avec sourire. On interroge aussi le couple, et ce qui permet de faire couple, valeurs, ambitions, mais aussi amitié, enfin un film sur l'amitié entre femmes, rassemblant à l'image deux femmes fortes de leurs différences, et qui luttent ensemble pour trouver un équilibre !!! Et Bernard ! Des pistes sont esquissées, appelant à un retour à la sensibilité, ce qui fait notre humanité. Les références sont nombreuses et font de ce film un petit ovni... à ne pas manquer. Avec "Tout ce qui me reste de la révolution", j'avais pris une claque, "Bonjour l'asile" redonne de l'espoir, un autre monde est possible.
Vixounet
Vixounet

4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 avril 2025
Dès la première scène, in media res, le film donne le ton qui ne sera démenti à aucun moment : Jeanne, Élisa, Bastien, la troupe du tiers lieu, même Amaury se définissent, se construisent par leur travail, qu’il soit épanouissant ou aliénant… bien souvent les deux à la fois. Et les autres, par leur absence de travail, leur parasitisme de classe. Très peu de manichéisme chez la réalisatrice Judith Davis qui incarne Jeanne. Les personnages se répondent, se transforment en se côtoyant, s’écoutent dans le couple comme dans le groupe, dans le salon, la cuisine ou auprès de Grosse Mama.
C’est la comédie la plus intelligente de l’année avec des trouvailles qui ne peuvent pas être entièrement inventées : tout est vrai, probablement même en deçà de la vérité. spoiler: La conseillère de France-Travail qui craque au téléphone, le petit démon punk dans la tête d’Élisa, la somatisation par l’urètre, le champagne aux notes finales presque poire.


Et c’est un cinéma émancipateur sur le fond comme sur la forme. C’est assez rare pour le souligner.

spoiler: On accepte la pourtant peu probable rédemption du transfuge de classe. Ce pauvre chez les riches, ce winner à la manque, aux dents blanches du carnassier parvenu. Heureusement, la potion de vérité de Cindy, dont tous les bocaux font pop ! et fument, change le monde. Donnez-nous-en la recette ! Nous pourrons alors nous aussi parler depuis l'endroit des larmes. Peut-être consciemment, peut-être sans honte bue.


Il y a un peu d'Amaury et de Bastien en chacun de nous, un peu de Victoire sans doute aussi, de Jeanne et d’Élisa, de Cindy. On aura parfois honte de nous y reconnaître et on en rira, on pourra même, peut-être, en être transformé. C'est ce qui différencie une œuvre singulière d'un produit calibré, un artiste d'un artisan : la capacité à modifier le public.

Sortirez-vous transformés de cette séance ? Retrouverez-vous le héron aux genoux écorchés de votre enfance ? Je l’espère.
Elisabeth Charmot
Elisabeth Charmot

4 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 décembre 2025
Vu au cinéma. Il y a deux histoires dans ce film : celle de l'asile, que veut racheter le groupe d'Amaury pour en faire un hôtel, et celle de deux femmes (Jeanne et Elisa) qui se retrouvent alors que l'une continue de vivre sa vie de femme libre de son temps : elle travaille, crée, et l'autre, prisonnière de sa vie de mère de famille. On aurait gagné à avoir deux films différents, parce que quand il y a trop d'idées, ça fatigue un peu. L'autrice ne va pas jusqu'à prendre le risque de parler des femmes réellement soumises à des maris autoritaires ou à une religion : Elisa est juste une femme prise au piège de sa vie de famille et par un mari flemmard.
Quant à l'histoire de l'asile, du coup, on est un peu frustré parce qu'on aimerait connaître un peu plus cet univers loufoque et ces personnages attachants. On voit bien le jeu des promoteurs avec le pouvoir politique, c'est très vrai.
Luc Réfabert
Luc Réfabert

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mars 2025
Film ébouriffant, explosif hilarant. Plusieurs scènes irrésistibles : celle où les spoiler: mâles s'entraînent à nommer l'intimité féminine ou les impros de Claire dumas.
Marie VERSCHUERE
Marie VERSCHUERE

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 avril 2025
Enfin ! un film, jubilatoire, fort, fascinant, décalé… qui me comble, nourrit ma réflexion et mon imaginaire, donne voix à mes angoisses et questionnements avec un humour ravageur et salvateur.
Il montre dans quoi nous sommes enfermés – nos choix de vie, croyances, rôles sociaux et intimes. Un effet miroir sans concessions de nos contradictions et frustrations.
Jusqu’au vertige paroxystiques, par les changements de positions d’observation, sur nos conflits : mentaux, moraux, interpersonnels…
Ce film remet en cause notre monde « normal » en pénétrant, au cœur de la forêt (celle des contes) dans la fantaisie bienveillante du monde « alternatif » du tiers lieu, présenté au regard extérieur de prime abord comme nef ou navire des fous, psychiatrie hors les murs, où Jeanne pénètre telle une ethnographe, à son corps défendant - un espace temps suspendu.
Or ce lieu est bel et bien en prise directe avec ce qui l’environne, ses hôtes lucides, organisés et non utopistes. Ce refuge pour le fardeau de la « fatigue d’être soi », et de devoir être ce qu’on sait qu’on ne devrait pas être, est menacé par le monde extérieur, ses normes, règlementations, convoité pour le rentabiliser au profit de l’assimilation capitaliste.
C’est à la fois très finement dépeint mais asséné sans prendre de gants :
tout le monde en prend pour son grade, plein la gueule, claques assurées.
Lequel des univers est le plus « fou », des bobos friqués, des écolos, des résidents du tiers lieu – Il est surtout fascinant de les voir entrer en résonnance…
De voir l’effet révélateur pour chaque personnage sortant de sa zone de confort pour une immersion dans un territoire improbable ou il perd tous ses repères jusqu’à l’hébétude.
Le spectateur également reste sous le choc, sonné d’une telle justesse de ton :
le partage des tâches conjugales, le mépris de classe qu’on pointe si aisément chez les autres…
J’y ai ressenti le même effet jouissif que dans la série « Better call Saül » quand l’avocat qui ne renie pas les compromissions retrouve ses valeurs et défend le fermier dont la petite parcelle de désert du nouveau Mexique empêche le conglomérat de finaliser son projet immobilier (l’argument « visuel » inoubliable qu’il trouve fait écho aux provocations visuelles de Judith David ; ces allégories sexuelles depuis le théâtre de l’antiquité, la scène Shakespearienne jusqu’aux nôtres).
Ces thérapies de groupe existent : pour la résolution des conflits, les positions perceptuelles, permettent au sujet de donner voix aux différents protagonistes, de faire entendre ses ressentis, et à l'empathie de calmer la colère ou d'apaiser la tristesse. Pour le cadre naturel, les thérapies transgénérationnelles et leurs controverses interrogent dans l'inégale série "le chemin de l'Olivier".
Nos ambivalences se perçoivent, font l'intérêt des films, mais celui ci, innovant, donne image et voix au bouffon qui ose exprimer les hypocrisies ; puis libère pour le spectateur, la voix intérieure du personnage (astuce planante, l'hypnose le permet aussi) : ce qui passe de l’inconscient, vers la prise de conscience.
Ce qu’on décèle en soi et que l’on ose à peine s’avouer (ce mari qui normalise, de par son privilège d’être né homme, d’échapper aux tâches domestiques – cette femme d’affaire riche qui autojustifie son mérite: quand on veut, on peut…), ces lâchetés quotidiennes, ce snobisme, nos jugements… Il est rare qu’un film énonce le mot à mettre sur cette sensation : notre honte – A peine éprouvée, niée, scotomisée, expulsée… pour reprendre l’apparence, les attitude et les fuites, permettant de protéger le « confort » intérieur –
Le confort n’étant jamais une position qui permet de découvrir, d’agir, d’élargir nos vie, a décrypté Mélanie Bestel présente à l’issue de la projection, dépeignant le travail de toute la troupe, jonglant entre réalisme et conte, l’acceptation de toutes les idées pour leur valeur en tant que points de vue, même si on n’est pas d’accord. Partir « de soi », de ses expériences, pour « partir de » soi, expérimenter d’autres points de vue. Faire société n’est pas un consensus mou. C’est un bouillonnement créatif où chacun devrait se sentir légitime pour ce qu’il est.
Et la dérision, l’humour, la satire, ont toujours lutté contre les oppressions…
Ce ton est simplement essentiel, pour Judith Davis qui vise à alléger le spectateur de ses angoisses, le libérer de ses certitudes acquises, de ses croyances limitantes pour lui redonner, énergie vitale, élan créatif (ici celui d’Elisa).
« les seuls endroits qui peuvent nous permettre de nous réparer, de penser un présent et un futur digne, où le désaccord peut exister, où l’organisation collective s’invente », sont menacés. Le promoteur est confronté sans hostilité, mais sans appel « clairement vous ne comprenez pas - on ne déplace pas un sol… » qui a mis des années à s’enrichir en permaculture. Et ce vivre ensemble n’a pas de prix.
Et, oui, il existe bel et bien des lieux de vie alternatifs et autogérés, hors des structures institutionnelles, il y en a un dans mon village, (également cerné par la progression des lotissements immobiliers…).
Oui, ces îlots de refuge, d’Asile, cathédrales ou châteaux, ruines réinventées… répondent à la nécessité de pouvoir trouver un lieu où l’on pourra discerner ce dans quoi on est englué, se ressourcer, se retrouver au sens propre, depuis l’enfant dont on a nié les aspirations, pour réinventer son propre chemin.
Précipitez vous s’il est encore programmé (malgré le bouche à oreille, le critère sans appel du nombre d’entrées, a coupé sa visibilité). A mon sens, le titre « bonjour l’asile », l’affiche, et la bande annonce, desservent le film, pourraient évoquer une énième comédie sur les incohérences de notre monde, formatée et simpliste. Reprendre en titre « Hospitalité Permanente » n’a pas été envisagé ? C’est autrement intriguant (cette réplique « j’ai pris des œufs à l’HP » !) et le bouche à oreille aurait pu être « tu sors de l’HP ? tu as été voir l’HP ? »….
Ce film aux multiples lectures et effets « réfléchissants » résonne en nous un long temps ultérieur. Met en mouvement des émotions profondes, et c’est tellement salutaire !!
Ouvrant un abime de questionnements…
Leur collectif « l’avantage du doute », pour le coup, porte particulièrement bien son nom.
Sophie S
Sophie S

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mars 2025
Film original et très drôle qui délivre un message politique nécessaire dans notre monde de plus en fou, et prône une société plus ouverte, communicante et décroissante tout en s'interrogeant sur la violence et les failles de chacun.
Alex c
Alex c

1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 mars 2025
Tout n'est pas à jeter mais on ne se prend pas dans l'histoire, des acteurs pas toujours crédibles, des figurants pas mieux, j'ai assisté à l'avant première avec beaucoup de déception.
Laurent
Laurent

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4,5
Publiée le 20 janvier 2025
vu a l'occasion du festival du film politique de Carcassonne. Excellente critique de nos ambivalences. On rit souvent, on s'interroge tout le temps. A voir.
Lucas Catherine
Lucas Catherine

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 mars 2025
C'est une comédie drôle, pleine de fraîcheur, sympathique, originale. Les personnages sont attachants et croqués avec tendresse. Le rythme tombe juste ainsi que le jeu des acteurs. Le film questionne le "vivre ensemble" en couple, en amitié, en famille, en collectivité, en société. Avec des trouvailles excellentes !
Arkzyna
Arkzyna

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5,0
Publiée le 24 avril 2025
Ce film est vraiment incontournable !
Le film présente un regard sur notre société rarement représenté au cinéma, mais représentatif des questionnements qui parcourent notre société.
C'est un regard proche de ce qu'on pourrait appeler le female gaze.
LLD
LLD

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5,0
Publiée le 26 novembre 2025
Très bonne comédie douce amère, à la française.
Je conseille sans modération. Film au budget modeste, au casting modeste, au résultat excellent
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