Le Comte
Note moyenne
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Stephen Guerrero
Stephen Guerrero

19 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2026
Notre introduction est sombre et explicative, et la violence est à couper le souffle. La manière dont le personnage principal est présenté est élégante et captivante, et j'apprécie beaucoup la narration.
L'imagerie est amusante et reste pertinente pour l'histoire, tout en étant parfois un peu loufoque. Des comportements perfides sont à l'œuvre, et j'espère qu'ils auront une incidence sur le déroulement de l'histoire.
La cinématographie est réalisée de telle sorte qu'on a l'impression d'assister à une œuvre d'art en direct, et il est difficile de détourner le regard. La franchise des dialogues est à la fois comique et rafraîchissante, et suffisamment décalée pour être divertissante.

Une histoire merveilleusement racontée, une interprétation d'un vieux conte d'amour et de désirs, de passion et de solitude éternelle, qui touche autant par son émotion que par son esthétique visuelle.
Viktoriamelinda Nagy
Viktoriamelinda Nagy

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4,5
Publiée le 16 juillet 2025
Je dois avouer qu’au bout de cinq minutes, je me suis demandé : « Qu’est-ce que cette absurdité ? » Et pourtant, en poursuivant, j’ai été complètement happée. El Conde est une œuvre étrange, noire, souvent dérangeante… mais aussi brillante, et d’une richesse politique et artistique rare.

Ce qui frappe d’abord, c’est le choix audacieux de représenter Pinochet comme un vampire centenaire. Ce n’est pas gratuit : c’est une manière directe de montrer que certaines formes de pouvoir sont littéralement prédatrices, qu’elles se nourrissent du sang du peuple. La satire est crue, mais intelligente. Le lien historique entre Pinochet et Margaret Thatcher est bien réel, et le film en joue avec une ironie mordante. Derrière les dialogues absurdes, les cœurs broyés dans le mixeur ou les scènes grotesques, c’est toute la violence d’une époque qui ressurgit — celle d’un Chili brisé sous les bottes du néolibéralisme importé de Londres.

L’autre fil de lecture, tout aussi fort, c’est celui de l’hypocrisie religieuse. Cette nonne, censée "sauver les âmes", finit par céder à la tentation du pouvoir et du sang. Comme si personne ne pouvait rester pur dès lors qu’il touche à l’intimité du pouvoir. Le message est clair : on ne réforme pas un monstre, on devient lui.

Enfin, j’ai trouvé très juste la manière dont le film traite les questions d’héritage et de famille. Le déchirement entre les enfants, prêts à se trahir pour une part du butin, est à la fois universel (toute famille avec un patrimoine connaît ce malaise) et éminemment politique : c’est aussi ainsi que fonctionnent nos élites. Derrière les discours d’unité, tout se résume souvent à la répartition du pouvoir, de l’argent, du prestige. Ce film m’a aussi beaucoup fait rire. Un humour noir, très noir, qu’il faut mériter, car il repose sur une connaissance du contexte historique. C’est un cinéma qui ne cherche pas à plaire à tout le monde — et c’est tant mieux.

Mon passage préféré ? La fin. Lorsque l'on découvre que ce vieux vampire, ce monstre froid, a tout investi non pas dans des paradis fiscaux, mais dans… les livres. Une fortune dilapidée en culture. C’est à la fois pathétique, ironique, et presque poétique. Peut-être parce que c’est un peu mon cas aussi : je ne possède pas grand-chose, mais j’ai toujours mis mon argent (et mon énergie) dans les livres. Et dans ce choix-là, il n’y a pas de regret.

En somme, El Conde est un film inclassable, parfois lent, souvent absurde, mais terriblement intelligent. Il ne séduira pas tout le monde, mais il mérite d’être vu, pensé, digéré. Un film rare.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 février 2025
Il y a des figures qui, même mortes, continuent de hanter le monde. Des ombres qui s’accrochent aux murs de l’Histoire. Avec El Conde, Pablo Larraín ne se contente pas de faire revivre Pinochet : il l’exhume, le transforme, lui accorde le plus cruel des fardeaux : celui de ne jamais pouvoir mourir.

Faire de Pinochet un vampire n’est pas un simple effet de style. C’est inscrire le dictateur dans un mythe plus large : celui du monstre qui traverse les siècles, invincible. Le vampire est le prédateur ultime, une figure de domination absolue qui s’alimente de la vie des autres pour prolonger son règne. Pinochet, ici, ne fait pas exception. Son pouvoir ne repose plus sur les chars ni sur la répression, mais sur une fortune accumulée, sur des héritiers avides, sur une société qui, malgré elle, porte encore les stigmates de son passage.

Mais dans El Conde, le tyran n’est pas glorifié. Loin du vampire aristocratique et charismatique à la Dracula, Pinochet est un être fatigué, un monstre qui n’a plus la force d’effrayer, un spectre dépassé par l’époque. Il voudrait mourir, mais son nom, son image, son héritage le retiennent.

Larraín pose ainsi une question vertigineuse : une dictature disparaît-elle vraiment, ou ne fait-elle que changer de forme ? Si Pinochet n’est plus, ses lois économiques perdurent, ses partisans restent influents, ses crimes ne sont pas pleinement jugés.

Si El Conde attaque frontalement la figure du dictateur, il ne se limite pas à son cas. Larraín élargit le prisme pour viser une caste plus large : celle des héritiers du régime, ces enfants de la dictature qui n’ont rien bâti mais qui ont tout reçu. Des charognards déguisés en bourgeois, obsédés par la fortune de leur père mais incapables d’assumer l’héritage de ses crimes. Ils incarnent cette élite post-Pinochet qui profite toujours du modèle économique né sous la répression, qui refuse d’affronter la mémoire et qui, sous des airs de modernité, perpétue l’injustice.

Le film souligne avec ironie et cruauté leur cupidité, leur hypocrisie, leur lâcheté. Ces héritiers ne sont pas des monstres surnaturels comme leur père : ils sont pires, car ils n’ont même plus l’excuse du combat idéologique. Ils ne défendent ni une vision du monde ni un projet politique, seulement leur confort matériel et leur place au sommet d’un système gangrené.

En cela, El Conde dépasse le cadre chilien pour toucher à une réalité plus universelle. Partout, les dictatures laissent derrière elles une élite qui a appris à se recycler, à se fondre dans la démocratie sans jamais rendre de comptes. Ce ne sont plus des généraux en uniforme, mais des hommes d’affaires, des banquiers, des politiciens qui continuent à tirer les ficelles en arrière-plan.

Là où El Conde frappe fort, c’est dans son esthétique. Larraín plonge dans un noir et blanc somptueux, un monde de brume et de manoirs lugubres. Un univers qui convoque les films expressionnistes allemands et les classiques de la Hammer. Mais cette imagerie est aussi un instrument de satire. En poussant le trait, en exagérant le mythe, Larraín transforme son tyran en figure tragiquement absurde.

Mais il nous met aussi face à une vérité plus dérangeante : le fascisme ne s’éteint jamais vraiment. Il change de visage, il se fond dans les institutions, il s’adapte à son époque. Il ne disparaît pas, il attend, dans l’ombre, prêt à ressurgir sous une autre forme.
Gumayushibre
Gumayushibre

9 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 septembre 2024
Sans grande attente au démarrage Le Comte fut finalement une bonne surprise de part une esthétique et une bande son plaisantes. Le côté absurde et inattendu de certaines scènes m'a particulièrement plu.
Valentin Douvry
Valentin Douvry

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 mars 2024
Une satire gothique d'un régime et plus généralement de l'économie libérale. Une esthétique captivante qui rejoint l'absurdité du scénario. Ce film dresse un portrait vampiresque de la famille du dictateur Pinochet tout en déterrant les cadavres de l'histoire chilienne. À voir, même si parfois la critique politique tremble quelque peu et manque de subtilité.
François Salein
François Salein

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 février 2024
Excellent, singulier, brillant. Un film très surprenant et qui revisite avec junior et dérision les années sombres de la dictature de Pinochet.
Dik ap Prale
Dik ap Prale

296 abonnés 3 072 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 février 2024
Passé les dix premières minutes, l'intérêt s'étiole puisque la satire s'arrête là. Le reste est une table de discution sans grand intérêt ni vigueur, qui se laisse mourir à petit feu. Pour l'axe empreinté, bien que trop vite abandonné.
JM B
JM B

5 abonnés 25 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 décembre 2023
Mais qu'est-il arrivé à Pablo Larrain ? Après ses excellents No et Neruda, à quoi rime cette comédie grotesque, ce délire sans queue ni tête ? Voulait-il démontrer qu'il sait faire de bons films avec n'importe quel scénario ? Et bien c'est raté.
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 novembre 2023
Le comte est un film qui impressionne par sa direction artistique et son noir&blanc absolument magnifique. Passé la forme, il reste un film à peine supportable tant son écriture est décousue, voulant absolument raconter trop de choses de façon trop littérale. Un manque de subtilité qui transpire également des personnages, tous plus insupportables les uns que les autres et caractérisés grossièrement.
Darkthor
Darkthor

6 abonnés 66 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 juin 2024
Si vous voulez de l'absurde, ce film est pour vous.
Ce film est bien évidemment une satire des politiciens, cruels, véreux, manipulateurs et autocentrés, qui détruisent tout sur leur passage.
C'est un film avec un scénario très original avec un Pinochet vampire à prendre au millième degré et une bonne sœur exorciste.
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 octobre 2023
D'emblée on est aussi perplexe qu'intrigué par cette affiche stylé mais dont les symboliques laissent un peu pantois entre le Noir et Blanc qui crée un paradoxe avec le rose bonbon. Force est de constater que Pablo Larrain a autant d'audace que d'ambition avec ce projet qui joue la satire dystopique à fond en réécrivant l'histoire. Le film part d'une idée absolument géniale, un Noir et Blanc de toute beauté avec un acteur qui est un Pinochet plus vrai que nature malheureusement il y a aussi de mauvais choix, des maladresses et des omissions essentielles. D'abord il y a la voix Off pompeuse et envahissante, qui accentue la sensation d'un film trop bavard, mais surtout on s'aperçoit que l'intrigue est sans réel enjeu, qu'on a une dictature presque fantasmée car jamais réellement mis en image et on se demande bien où est le peuple chilien ?! On est donc toujours partagé entre la fascination pour ce récit unique, original, curieux avec des plans magnifiques et quelques dialogues qui font mouches, et cette intrigue sans passion ni tension, qui manque de mordant (!) et qui reste finalement trop sage. Dommage...
Site : Selenie.fr
Marie Guyon
Marie Guyon

3 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 octobre 2023
La forme du film était exceptionnelle. Même si on devine l'intrigue et la volonté de Pablo Larrain, le fond manque de contenance et de pertinence.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 septembre 2023
Je n'avais déjà pas été très fan du pourtant salué "Spencer" de Pablo Larrain, et Le Comte ne m'a pas spécialement réconcilié avec. Le pitch de base est pourtant vraiment excellent, j'adore la mise en scène et la photographie du film, tout comme les acteurs qui sont très bons. Mais au final, j'ai la sensation d'avoir regardé une belle coquille vide. On ne ressent pas de messages profonds dans l'œuvre, on ressent très peu d'émotions devant : aucune empathie, aucune pitié, pas de scènes choquantes malgré un film relativement violent… Le Comte est très beau sur la forme mais sur le fond, je ne pense pas que je vais en retenir grand chose. Dommage !
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 septembre 2023
Pablo Larraín transforme le vénal dictateur chilien Augusto Pinochet en un vampire qui erre dans notre monde depuis 250 ans jusqu'à ce moment de doute avec cette envie de quitter définitivement ce monde. Des pensées morbides qui ne tombent pas dans l'oreille d'un sourd puisque ses enfants arrivent en urgence pour réclamer leur héritage. C'est à se demander qui est la plus grosse sangsue entre ce buveur de sang et ses vautours d'enfants. Si l'on sait que l'on ne va pas voir un vrai film d'horreur avec Pablo Larraín derrière la caméra, le réalisateur chilien nous fait presque regretter que ce ne soit pas le cas, car "El Conde" offre quelques moments savoureux dans le registre que ce soit au niveau de l'ambiance, de l'action avec des scènes gores ou de l'aspect visuel très soigné. La mise en place est d'ailleurs très réussie en ce sens. La suite m'a paru plus inégale notamment parce que j'ai eu l'impression d'assister à un contrôle fiscal avec cette nonne à la fois exorciste et comptable. L'intrigue manque d'intérêt avec des enjeux familiaux assez faibles. On est surtout loin de la satire mordante promise par le réalisateur tandis que l'humour fin ne fait jamais mouche, et ce malgré de bons dialogues. Bref, un film qui a ses moments, mais l'ensemble est moyen.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 septembre 2023
Lire d'autres critiques ici : https://doisjelevoir.com/

Il n’y a que Pablo Larraín pour avoir l’idée lumineuse de transposer l’image d’un dictateur sanguinaire sur celle d’un vampire. Pour ceux ne connaissant pas Augusto Pinochet, il s’agit d’un dictateur militaire chilien qui a pris le pouvoir de force le 11 septembre 1973. Durant ses 16 ans de terreur, il y a eu des dizaines de milliers de disparus, sans compter tous les torturés. Prendre le vampire, cette créature maléfique sanguinaire, pour faire ce dictateur, est un choix des plus judicieux.

Ce film est une satire très sombre avec énormément de référence à l’époque de la dictature. Nous sommes en plein dans un humour noir. Le rire est presque nerveux face à cette élite profitant de la dictature, alors qu’on sait à quel point le peuple en a souffert. Afin d’apprécier Le Comte, il faut donc connaître un minimum le sujet. Si ce n’est pas le cas, cela peut être plus difficile de rentre-dedans. En effet, c’est ce côté attaque de la dictature par des répliques subtile qui lui donne toute sa richesse.

Surtout que l’intrigue en elle-même n’est pas ce qu’il y a de plus attractif. L’histoire est des plus banales, avec un rythme assez lent. Pour autant, Pablo Larraín est un réalisateur de talent. On se régale de sa gestion de la photographie. Un travail sur l’image mettant en avant l’horreur du personnage d'Augusto Pinochet.

Comment souvent dans les films du réalisateur chilien, on peut compter sur un casting de qualité. En-tête, nous avons Jaime Vadell. Du haut de ses 87 ans, il continue ses collaborations fructueuses avec Pablo Larraín après entre autres Neruda, El Club et No. C’est aussi un régal de retrouver Alfredo Castro. Encore une fois, on ne peut que constater qu’il est un meilleur acteur chilien.
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