A la lueur de la chandelle
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 avril 2025
La lecture du synopsis de A la lueur de la chandelle en apprend beaucoup au spectateur qui aura erré, près de deux heures durant, dans une maison bourgeoise du nord du Portugal, en essayant de trouver des clés de compréhension. Nul doute que André Gil Mata se sent davantage proche du cinéma de Chantal Akerman que de celui de Spielberg mais était-il besoin d'étirer certaines scènes à la limite du supportable, comme ce plan d'un évier qui se vide très lentement, une bonne minute, ressentie comme une heure, ou presque ? Ce sont des bribes de vies qui nous sont contées, notamment de petite fille à vieille dame, dans un grand désordre chronologique, où l'on saisit l'ennui d'une existence décevante, à l'aune de celui qui nous étreint devant l'écran, voulu visiblement par le réalisateur, qui nous laisse nous débrouiller avec les différentes temporalités entremêlées. La première parole n'est prononcée qu'au bout d'une trentaine de minutes et les dialogues brillent par leur rareté. En revanche, de nombreux plans séquence nous permettent d'admirer le jardin luxuriant sous toutes les boutures et il est indéniable que le film est amoureusement et joliment réalisé, pour un pur exercice de style sur le temps qui passe et la finitude des êtres. Mais Dieu, que c'est lent et long.
Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 avril 2025
André Gil Mata est un réalisateur portugais formé à la "Film Factory" de Béla Tarr, l’immense réalisateur hongrois aux films aussi longs ("Le Tango de Satan" dure sept heures trente) qu’hypnotisants. Si on rajoute que Mata se revendique des influences d’Andrei Tarkovski, de Chantal Akerman et de Manoel de Oliveira, son célèbre compatriote, on imagine à quel niveau d’exigence son cinéma se hisse.

À la lueur de la chandelle m’a inspiré des sentiments radicalement contradictoires. La lecture de l’excellente critique de Mathieu Macheret (c’est un pléonasme car toutes les critiques de Mathieu Macheret sont excellentes et leurs lectures sont pour moi une leçon d’humilité) m’avait mis en garde. N’étant pas un grand fan du cinéma contemplatif, j’aurais dû me méfier d’un film « presque impossible à raconter tant il se refuse à toute certitude narrative » et je n’aurais pas dû conclure trop vite « l’étrange et stimulant pacte d’hermétisme (au sens ésotérique) que le cinéaste noue avec son spectateur ».

Le visionnage fut une purge. De la première à la dernière minute, je me suis ennuyé comme un rat mort (comment diable un rat mort peut-il s’ennuyer ?). Chaque plan, étendu jusqu’au sadisme, a produit sur moi une irritation croissante, voire une hilarité difficilement contenue. Chaque silence d’un film quasiment muet – c’est le chat qu’on entend le plus – m’a semblé peser des tonnes. Paradoxalement, dans un film où il ne se passe quasiment rien, je n’ai pas compris grand chose, ne réussissant pas à identifier les différents personnages ni à saisir à quel âge de leur vie ils étaient filmés. Bref, je suis sorti de la salle en fulminant et en jurant qu’on ne m’y reprendrait pas (même si, évidemment, je suis allé voir dès le lendemain un film ouzbek sur un couple de vieux paysans).

Mais, après y avoir réfléchi, après m’être documenté, après avoir laissé mon irritation retomber, j’ai changé d’avis sur ce film exigeant. J’ai compris l’intention proustienne de l’auteur : faire revivre, sans s’attacher à la linéarité du récit, sans rien corriger de la confusion nébuleuse dans laquelle ils persistent, les souvenirs d’une vie attachée à la maison qui en fut le cadre.

Car – j’aurais peut-être dû commencer par là – "À la lueur de la chandelle" est une biographie. Celle de la propre grand-mère du réalisateur, prénommée Alziria. Toute sa vie durant, jusqu’à sa mort en 2008, cette femme très pieuse a habité dans une grande maison bourgeoise du nord du Portugal. Une domestique brésilienne, Beatriz, l’a servie pendant près de soixante ans. Pour raconter cette vie immobile, Mata use d’un procédé exigeant et déroutant. Sans jamais quitter cette maison, sinon pour quatre promenades circulaires dans le jardin qui rythment le temps qui passe au clocher de l’église et les saisons qui se succèdent, il filme de longs plans silencieux des deux vieilles femmes qui se regardent en chiens de faïence et auxquelles reviennent des souvenirs enfouis.
On voit Alziria plus jeune, avec ses parents, pratiquant le piano et la peinture, mais sacrifiant toute ambition artistique et professionnelle, à un mariage sans amour et à l’éducation de ses enfants.

Vu sous cet angle, "À la lueur de la chandelle" est autrement plus intelligent et stimulant que l’impression que j’en avais en sortant de la salle. Il n’en reste pas moins que son visionnage fut une épreuve douloureuse dont je peinerai à me remettre.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 avril 2025
Attention cinéma à la limite de l'expérimental qui rappelle les oeuvres de Chantal Ackerman. Le cadrage est limite pictural et il n'y presque pas de dialogue. L'objectif du réalisateur. Montrer que dans le rien et le vide de la journée de deux vieilles dames on peut toucher au beau et à l art si on s'en donne le regard.
FaRem

10 571 abonnés 11 448 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 3 avril 2026
Deux vieilles femmes vivent dans une ancienne maison où elles font plus acte de présence qu'exister. On peut dire qu'elles ont fait leur temps et elles en sont conscientes. Il y a le poids des années, mais aussi des souvenirs dans cette maison qui en a connu des choses. Elles ne sont pas seules dans ce lieu, mais il ne s'agit pas d'une histoire de fantômes à proprement parler. André Gil Mata capte ce quotidien au ralenti avec une routine monotone qui les voit répéter les mêmes gestes avec difficulté alors que les souvenirs et les époques s'entrechoquent. Cela se ressent lourdement dans le contenu qui est répétitif et ennuyeux. Il y a des mouvements de caméra singuliers, mais encore faut-il être éveillé pour les voir... "Sob a Chama da Candeia" est un film contemplatif qui pousse le vice à l'excès avec des plans interminables qui rendent l'ensemble soporifique.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

8 abonnés 162 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 mai 2025
Peu éclairé par la chandelle de Mata

Avec le dernier film d’André Gil Mata, il faut se concentrer et se risquer à des interprétations sujettes à interprétation. Deux vieilles femmes cohabitent en un lieu où l’on parle portugais, dans une maison bourgeoise passablement décatie. D’autres personnages apparaissent, sont-ils la descendance de la maitresse de maison ? La deuxième femme a-t-elle d’autres rôles que celui de domestique ? Quatre saisons passent, en réalité des décennies. Et la maison reste dans son jus, réceptacle immuable des trajectoires de vie. La lumière et l’ordonnancement des objets se gravent irrémédiablement dans l’œil du spectateur. Il ne se dit presque rien dans À la lueur de la chandelle mais le film dit beaucoup sur le passage inexorable des ans, et aussi peut-être sur la rigidité qu’ils confèrent sournoisement.
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