L'Ange ivre
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Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2015
L’année 1948 marque un tournant décisif pour le cinéma japonais, car elle voit naître la collaboration de deux géants du cinéma nippon : le réalisateur Akira Kurosawa et l’acteur Toshiro Mifune. Ensemble, ils ont engendré quatorze longs-métrages. Tous différents, tous uniques. L’ange ivre nous narre la rencontre d’un médecin alcoolique et d’un yakuza atteint de la tuberculose.

La chaleur est presque insoutenable et les moustiques omniprésents. Tous les personnages de Kurosawa ne cessent de s’éponger le front dans un climat tendu. A travers sa filmographie, une ambiance étouffante est souvent de mise, synonyme de malaise dans la société japonaise. Mais le comique de situation que le cinéaste insuffle dans chacune de ses scènes donne à son film un air tragi-burlesque fascinant.

En confrontant un médecin humaniste et un gangster désabusé, l’auteur créé un duo novateur et authentique. Leurs joutes verbales, aboutissant toujours sur des échecs, traduisent les désillusions d’une nation qui vient d’essuyer une terrible défaite trois ans plus tôt. Mais la poésie inhérente à l’art de Kurosawa imprime la pellicule par divers procédés. Ici, l’air de guitare joué à chaque fin de journée. Là, l’espoir d’un avenir meilleur qui se dessine à travers les yeux d’une jeune fille.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 décembre 2008
Avec ce film Kurosawa dresse un portrait courageux et sévère des yakuzas mais il n'avait sans doute pas prévu que mifune (yakuza terrifié par la maladie) crève autant l'écran. On est frappé par ça ressemblance d'allure et de jeu avec Alain Delon, simple coincidence ou source d'inspiration pour le second, en tout cas c'est efficace dans les 2 cas.
Le fait que le film soit amputé d'une heure donne des espèces d'emballements et diminu probablement la force du film.
raphaelK
raphaelK

18 abonnés 401 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 novembre 2017
Sans même que l’on s’en rende compte, Kurosawa nous a emmené sur des territoires émotionnels et intellectuels variés, et pourtant sans jamais rien forcer, sans jamais rien appuyer. sublime.
Antoine D.
Antoine D.

47 abonnés 343 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2018
Un soir, un médecin soigne un yakuza et découvre qu’il est atteint de la tuberculose. Mais le jeune homme n’accepte pas la maladie et refuse de se soigner, le médecin quant à lui s’attache au jeune homme et veut le soigner.

C’est le septième film de Kurosawa et la première d’une longue collaboration avec Toshiro Mifune jusqu’à Barberousse. Le grand thème du film est bien évidemment la relation maître-disciple.
Dans sa mise en scène, le cinéaste s’inspire du cinéma expressionniste allemand des années 20 avec des lignes obliques et des contre plongées sublimes.

Kurosawa montre le peuple japonais à l’ère Meiji qui était censé apporter la paix mais qui a apporté surtout la guerre et la destruction du peuple japonais. Il met en scène la montée en puissance des yakuzas qui prennent le contrôle du marché noir, Kurosawa pose donc la question de sauver ses ennemis.
Kymani Alger
Kymani Alger

38 abonnés 547 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 août 2023
L'ange ivre est l'un des films les plus importants dans la filmographie des films de Kurosawa car ce film marque la première collaboration entre Toshiro Mifune et lui même . Kurosawa signe une belle histoire d'amitié entre un Gangster atteint de la tuberculose et un médecin adict à l'alcool film très touchant et très s'insère ( Kurosawa nous plonge dans la psychologie des personnages) mais est trop prévisible [Spoiler] Matsunaga n'écoute rien de ce que le médecin lui dit cela va donc le conduire à la mort [ fin du Spoiler] . Le film devient parfois lassant mais reste correct dans l'ensemble.
Lenalee23
Lenalee23

42 abonnés 369 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2009
Terrible de vérité, de réalisme et de talent le réalisateur et son acter fétiche commencent leur ascension vers la consécration.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 avril 2011
Akira Kurosawa a encore fait un chef d'œuvre ?! Non, impossible ?! Étonnant ! Bref arrêtons l'ironie et autres formules sarcastiques pour le moment.
Dans sa traversé humaniste et donneur de leçons Kurosawa pose et impose par son réalisme son talent narrative. Ce film schématise pour la première fois la rencontre Toshiro Mifune/A.K. Nous observons pour les kurosaistes (kurosaiste ? Et pourquoi pas ?) toujours aussi bien le remarquable jeu d'acteur de Toshiro Mifune par son caractère de brute ainsi que celui de Takashi Shimura surprenant par son personnage aussi habitué de Kurosawa. Ce film dresse le portrait d'homme aux caractères forts, décrit la crainte de la mort, toujours aussi bien l'hypocrisie autant chez les yakusas que chez ce médecin qui se vante d'envoyer dans l'au-delà ses patients. Les métaphores visuelles emplissant le film et la musique somptueuse de Fumio Hayasaka fidèle d'Akira, les cadrages magnifiques nous laisse perplexe devant ceux ci.
Film culte à voir ! (comme tous les (Akira) Kurosawa)
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 janvier 2009
Un des premiers Kurosawa qui met en scéne la rencontre entre un médecin alcoolique et un jeune yakusa dont il découvre la tuberculose .Belle métaphore entre la maladie et la pègre de Tokyo le tout autour d'une marre nauséabonde . T.Mifune est excellent mais la prestation du médecin est fabuleuse . à voir pour l'intensité dans le jeu d'acteurs .
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Avec ses acteurs fétiches (Mifune et Shimura), Kurosawa réalise une nouvelle fois un très bon film. Un film noir et une histoire qui se déroule pendant l'après-guerre.
CloakBack
CloakBack

10 abonnés 420 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mars 2026
L’Ange ivre suit la rencontre tendue entre un médecin alcoolique et un jeune gangster souffrant dans un quartier pauvre du Japon d’après-guerre. Un film sombre et très marqué par son époque qui m’a impressionné par ses thèmes et son atmosphère, malgré quelques limites liées à son âge.

Avant de le voir, il faut savoir que le film est réalisé en 1948 dans un Japon encore profondément marqué par les conséquences de la Seconde Guerre mondiale et par l’occupation américaine. L’atmosphère urbaine reflète ce contexte de reconstruction et de tensions sociales. Le film occupe aussi une place importante dans la carrière d’Akira Kurosawa puisqu’il marque l’affirmation de son style et le début de sa collaboration avec Toshiro Mifune.

Le film explore plusieurs thèmes liés à la société japonaise de l’après-guerre. À travers la maladie du gangster et l’environnement délabré du quartier, Kurosawa évoque une société fragilisée et moralement instable. La tuberculose devient presque la métaphore d’un monde abîmé par la guerre. Le récit aborde aussi la responsabilité individuelle et la manière dont certains tentent de résister à la violence ou à la fatalité.

L’Ange ivre s’intéresse également aux ambiguïtés morales des individus. Le médecin qui tente d’aider les autres reste lui-même imparfait, tandis que le gangster oscille entre arrogance et vulnérabilité. Le film refuse une opposition simple entre bien et mal et observe plutôt les contradictions humaines. À travers ces personnages, Kurosawa évoque aussi la jeunesse perdue de l’après-guerre et les illusions de puissance qui peuvent masquer une grande fragilité.

J’ai trouvé le film assez impressionnant pour l’époque. Les thématiques restent fortes et les personnages sont écrits sans manichéisme. J’ai aussi beaucoup apprécié la mise en scène de Kurosawa et l’atmosphère du Japon d’après-guerre qui donne au film une identité très marquée. L’interprétation de Mifune m’a particulièrement frappé, très expressive, et le marécage au centre du quartier apporte une dimension symbolique forte à l’ensemble.

Cela dit, vu d’aujourd’hui, certains aspects paraissent un peu datés. Quelques passages mélodramatiques ressortent davantage et le récit peut sembler parfois irrégulier. Le rythme reste aussi assez lent par moments, ce qui crée quelques passages moins engageants malgré les qualités évidentes du film.

Au final, L’Ange ivre reste une œuvre importante dans le parcours de Kurosawa et un portrait marquant du Japon d’après-guerre. Un film parfois inégal mais riche dans ses thèmes et dans son regard sur les personnages.
Ann Cassy
Ann Cassy

3 abonnés 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2021
Quelle merveille ! Le film distille des messages enclin à la préservation de la vie, la sous intrigue devient aussi importante que l'histoire pitché ! Mifune est un animal, Shimura est exceptionnel e toutes les femmes de ce film sont extraordinaires voir cela pour un film d'époque japonais m'a beaucoup surprise ! Petit bijou ♥
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 mars 2008
MAGNIFIQUE ! Voilà le mot qui devrait suffire pour décrire ce chef d’œuvre. Mais c’est si beau, si grand, si fort, si prenant, tellement brûlant, que j’ai naturellement l’envie d’en parler davantage ! C’est un film qu’on devrait pouvoir garder en permanence dans sa poche afin que chacune de nos actions est un poids tendre et sincère sur l’histoire du monde, un film qu’on devrait pouvoir regarder juste avant de mourir pour oublier la pensée égoïste qui fait qu’on regrette de bientôt n’être plus rien au profit d’une pensée non plus altruiste mais pourtant plus grande : la joie d’avoir été. Car en effet nous vivons, juste à côté de la peur, sur la péninsule timide du sourire au bout de laquelle se trouve une mare obscure et destabilisante dans laquelle nous ne tomberons pas. Et parce qu’il est difficile de conserver perpétuellement un film dans sa poche, parce que très certainement nous n’aurons pas la chance de le voir une dernière fois quand viendra notre heure, gardons-le au moins contre notre cœur ; comme un trésor, une petite note d’espoir éternelle. Merci à toi, Akira Kurosawa !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 décembre 2024
Une histoire d'équilibre.


Lorsqu'il se lance dans la production de l'ange ivre, Akira KUROSAWA considère qu'il s'agit de son premier véritable film, du premier où il est libéré des contraintes des studios et où il peut exprimer sa mise en scène et son cinéma.

Il témoignera également sur sa première rencontre et première collaboration avec celui qui deviendra son acteur fétiche avec plus d'une dizaine de projets en communs qui comptent parmi eux quelques uns des plus grands chef d'œuvre du réalisateur japonais, Toshiro MIFUNE.

Kurozawa se souvient d'un acteur quasiment incontrôlable, d'un acteur qui ne se dirigeait pas mais qui fonctionnait à l'instinct et qu'il a donc fallu lui laisser incarner son rôle comme il l'entendait, mais que cette décision, qui s'est révélée pertinente, mettait en danger l'équilibre auquel Akira Kurosawa voulait tendre pour son film.


Ce film est à tous les niveaux une histoire d'équilibre, une danse sans filet sur le fil tendu au dessus de l'arène.


Il y a d'abord l'équilibre entre les deux personnages principaux, le médecin qui voudrait dissimuler son humanisme derrière une forme d'aigreur, qui se plaît à tenir tête aux yakuzas mais fera tout pour les soigner selon les principes moraux d'Hippocrate. Un homme mûr, dont l'expérience de la vie et de la mort a fini par contrôler ses émotions, mais qui ne fait guère illusion face à sa dame de compagnie. Il est l'ange ivre auquel le titre fait référence, il est l'ange qui interdit aux enfants du quartier de s'approcher de la nauséabonde et porteuse de germes mare polluée, il est l'ange qui veille à la santé de tous et il est l'ange qui offre un répit aux membres de la pègre.

La pègre c'est Toshiro Mifune, jeune, insolent, insoumis, partagé entre le respect des lois et traditions qui régissent son monde et sa position d'homme malade. Position dans laquelle s'il veut guérir, devra s'affranchir de ce qui régit son monde.

Il n'écoute pas par principe, mais le doute s'installe assez pour qu'il y réfléchisse, le médecin et l'homme finissent par développer une relation étrange, un équilibre une fois de plus entre respect mutuel, lien générationnel, oppositions radicales entre deux mondes enfermés dans leurs carcans respectifs de traditions séculaires, on pense parfois à ces relations uniques qui pouvaient naître entre de puissants souverains autoritaires et leurs bouffons qui jouissaient d'une impunité unique et qui rappelaient à leurs rois, l'impermanence de la vie. Le médecin c'est l'esclave de l'antiquité qui murmure régulièrement à l'oreille de son maître "memento mori".


La mise en scène dans son ensemble est un équilibre entre divers cinémas, on évoquera l'expressionnisme allemand avec des jeux de lumières qui confèrent au noirs et blancs sublime du film, des aspects et des ambiances qui frisent par moment le fantastique, certaines scènes apparaissent comme chromées, et le jeu de Mifune investi, incarné, oscille entre un savant dosage de justesse et de théâtralité mais sans jamais tomber dans l'excès.


Hormis une ou deux scènes, les mouvements de caméras sont réduits au minimum, Kurosawa préférant illustrer sa narration par des plans fixes, très travaillés, aux détails de mise en scènes subtils mais terriblement signifiants, un jeu d'ombre pour nous situer en un instant dans un été caniculaire, un jeu de reflet pour nous indiquer les interrogations d'un des protagonistes, une contre plongée inattendue pour nous dire que la domination a sans doute changé de camp, et tant d'autres éléments empruntés au langage du cinéma font de ce film une véritable référence et un chef d'œuvre total.


On craint parfois, assister à un étalage grossier de tout ce que Kurosawa sait faire, mais l'homme est assez malin pour ne jamais tomber dans le trop. S'il courtise et convoque différents cinémas, différentes influences et propose aussi son identité, il parvient à toujours garder cet équilibre précaire, on y voit de la comédie, on y voit de l'expressionnisme, on y voit du nô ou du kabuki, on y voit tout cela et bien plus encore, mais jamais on ne tombe dans la farce et la pantomime.


J'évoquerais enfin une scène hallucinante, tant sur le plan de sa réalisation, que dans son apport au film, qui elle aussi s'inscrit dans cette notion d'équilibre qui selon moi habite cette œuvre, c'est la scène de danse avec la chanteuse, inspirée des comédies musicales hollywoodienne de l'âge d'or, une parenthèse free jazz pétillante qui pouvait tomber comme un cheveu sur la soupe, mais qui se révèle être une bouffée d'air frais salutaire.


Un film majeur que chacun devrait voir.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 8 août 2018
film ultra reac. même dans le japon des années 40 et son environnement si hostile à l'émancipation des jeunes il y eut encore des " artistes" pour prodiguer les leçons de maintien du pouvoir.
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