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Septième Sens
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4,0
Publiée le 29 octobre 2015
L’année 1948 marque un tournant décisif pour le cinéma japonais, car elle voit naître la collaboration de deux géants du cinéma nippon : le réalisateur Akira Kurosawa et l’acteur Toshiro Mifune. Ensemble, ils ont engendré quatorze longs-métrages. Tous différents, tous uniques. L’ange ivre nous narre la rencontre d’un médecin alcoolique et d’un yakuza atteint de la tuberculose.
La chaleur est presque insoutenable et les moustiques omniprésents. Tous les personnages de Kurosawa ne cessent de s’éponger le front dans un climat tendu. A travers sa filmographie, une ambiance étouffante est souvent de mise, synonyme de malaise dans la société japonaise. Mais le comique de situation que le cinéaste insuffle dans chacune de ses scènes donne à son film un air tragi-burlesque fascinant.
En confrontant un médecin humaniste et un gangster désabusé, l’auteur créé un duo novateur et authentique. Leurs joutes verbales, aboutissant toujours sur des échecs, traduisent les désillusions d’une nation qui vient d’essuyer une terrible défaite trois ans plus tôt. Mais la poésie inhérente à l’art de Kurosawa imprime la pellicule par divers procédés. Ici, l’air de guitare joué à chaque fin de journée. Là, l’espoir d’un avenir meilleur qui se dessine à travers les yeux d’une jeune fille.
En réunissant deux de ses acteurs fétiches (Mifune et Shimura), Kurosawa réalise un beau film sur l'évolution d'un rapport entre un médecin alcoolique et un mafieux tuberculeux. Les scènes entre ces deux immenses comédiens sont d'ailleurs très réussies, avec un mélange d'hostilité et de tendresse pour le moins subtil. Mais le film s'attarde aussi sur une partie mafieuse peu intéressante, car celle-ci propose des personnages à l'envergure pas très imposante et un enjeu relativement faible. "L'Ange ivre" possède donc une intensité dramatique de qualité, des passages particulièrement émouvants, mais fait certains choix scénaristiques peu convaincants. Un bon Kurosawa, mais qui ne fait pas partie des meilleurs.
On est en plein dans la veine "film noir inspiré du cinéma américain avec une bonne dose de néoréalisme le tout à la sauce japonaise" kurosawienne avec cette œuvre, qui est donc dans le même club que "Le Chien enragé" et "Entre le ciel et l'enfer" ; sauf qu'à cause de quelques fautes de rythme et de thèmes pas assez exploités (genre la "femme" du boss qui travaille comme assistante du personnage principal !!!) on n'atteint pas le rang de ces deux œuvres. Mais il y a quand même du très très bon Kurosawa dedans. Déjà la confrontation entre le médecin bourru et alcoolique, joué par le très talentueux Takashi Shimura, et le jeune yakuza tuberculeux qui se refuse à montrer sa fragilité et qui croit naïvement qu'il y a un code d'honneur dans son milieu, interprété par l'immense Toshiro Mifune dont c'est la première des seize collaborations qu'il aura avec le cinéaste, qui aboutit à une relation ambiguë entre rejet et attirance ; ensuite pour une séquence de bagarre mémorable avec crachement de sang et glissade sur de la peinture ; pour aussi un côté métaphorique intelligent avec une grosse mare sale et polluée ; et enfin pour un ton désespéré qui s'achève tout de même sur une légère note optimiste. Pas pleinement maitrisé mais il y a quelques beaux ingrédients qui feront la grandeur du cinéma d'un très grand cinéaste.
Akira Kurosawa a encore fait un chef d'œuvre ?! Non, impossible ?! Étonnant ! Bref arrêtons l'ironie et autres formules sarcastiques pour le moment. Dans sa traversé humaniste et donneur de leçons Kurosawa pose et impose par son réalisme son talent narrative. Ce film schématise pour la première fois la rencontre Toshiro Mifune/A.K. Nous observons pour les kurosaistes (kurosaiste ? Et pourquoi pas ?) toujours aussi bien le remarquable jeu d'acteur de Toshiro Mifune par son caractère de brute ainsi que celui de Takashi Shimura surprenant par son personnage aussi habitué de Kurosawa. Ce film dresse le portrait d'homme aux caractères forts, décrit la crainte de la mort, toujours aussi bien l'hypocrisie autant chez les yakusas que chez ce médecin qui se vante d'envoyer dans l'au-delà ses patients. Les métaphores visuelles emplissant le film et la musique somptueuse de Fumio Hayasaka fidèle d'Akira, les cadrages magnifiques nous laisse perplexe devant ceux ci. Film culte à voir ! (comme tous les (Akira) Kurosawa)
Kurosawa signe là un film plein d'humanité et de mélancolie au scénario merveilleusement bien écrit. Takashi Shimura et Toshirô Mifune sont excellents avec une préférence pour Mifune dont le regard suffit pour comprendre sa tristesse. La mise en scène est très soignée.
Première collaboration entre l’acteur Toshiro Mifune et Akira Kurosawa, L’Ange Ivre est un film réussi. Film intimiste aux personnages forts, Kurosawa souhaite faire passer un message par son film comme le résume la phrase du docteur « c’est la volonté qui manque aux hommes ». Les deux personnages principaux sont des caractères forts voire violent, l’un gangster, l’autre alcoolique, on découvrira qu’ils cachent un fond de gentillesse et d’humanité. Le docteur est interprété par le toujours en forme Takashi Shimura qui joue un personnage loin de ses compositions des Sept Samouraïs ou de Rashomon excepté le fait que c’est lui qui amène la sagesse dans le film, il représente celui que l’on doit écouter. Le gangster malade est interprété par Mifune qui lui aussi est loin des personnages qu’il incarne dans les deux films cités précédemment, il est touchant dans le rôle. Kurosawa est au rendez-vous aussi, on retrouve les plans d’extérieurs situant l’action dont on a l’habitude et quelques belles séquences comme l’affrontement entre les deux yakuzas. Un film de Kurosawa à voir.
Un film qui tient à la fois du néo-réalisme (comparable au films italiens de la même époque), du mélodrame et du cinéma noir à l’américaine. Kurosawa n’est pas encore au sommet de son inspiration personnelle et il n’évite pas quelques lourdeurs conventionnelles (le coté édifiant du mélo, la valeur métaphorique de la mare polluée et de la maladie un peu trop appuyée). Cela dit son talent de mise en scène éclate déjà, le tableau social de la misère et de la délinquance dans le Japon urbain de l’immédiat après-guerre est très réussi, l’affrontement entre le médecin et le jeune yakuza confronté à sa mort prochaine est captivant. Le génie de comédien de Mifune est lui aussi déjà évident, il est tout bonnement fascinant dans son rôle de marlou au bout du rouleau. Une sorte de grand félin blessé…
Un des premiers Kurosawa qui met en scéne la rencontre entre un médecin alcoolique et un jeune yakusa dont il découvre la tuberculose .Belle métaphore entre la maladie et la pègre de Tokyo le tout autour d'une marre nauséabonde . T.Mifune est excellent mais la prestation du médecin est fabuleuse . à voir pour l'intensité dans le jeu d'acteurs .
Avec ce film Kurosawa dresse un portrait courageux et sévère des yakuzas mais il n'avait sans doute pas prévu que mifune (yakuza terrifié par la maladie) crève autant l'écran. On est frappé par ça ressemblance d'allure et de jeu avec Alain Delon, simple coincidence ou source d'inspiration pour le second, en tout cas c'est efficace dans les 2 cas. Le fait que le film soit amputé d'une heure donne des espèces d'emballements et diminu probablement la force du film.
Autour d’un marais insalubre, dans un lieu sombre où se projettent des ombres troubles sur des murs biaisés, «Yoidore Tenchi» (Japon, 1948) d’Akira Kurosawa réalise un conte fragile sur le pouvoir et sa délicate possession. Le scénario de Uekusa et Kurosawa laisse s’affronter un jeune gangster avec un médecin acariâtre. Pour entamer sa longue et prolifique relation d’acteur avec Kurosawa, Toshirô Mifune interprète un jeune yakuza atteint de tuberculose contraint, pour se soigner, de réduire son orgueil et de perdre du pouvoir. Tourmenté entre son envie de grandeur et le mal qui le ronge, le personnage de Matsunaga se trouve en proie à la division pratiquée entre la loi de la nature et l’honneur de l’homme. Dans ce questionnement qui éprend le personnage sot du yakuza, le médecin, au-devant sa rustrerie, se fait raison est défend la cause de la nature en voulant absolument soigner le jeune malfrat. Cette lutte du corps avec l’esprit, grande rengaine platonicienne, contraste avec l’abjection du lieu. Au fur et à mesure que le corps de Matsunaga se meurtrit, le marais bouillant devers la clinique du médecin se remplit de saletés et de ferrailles croupissantes. Le jeune yakuza que la piètre condition sociale a destiné à se faire gangster se déverse, par métaphore, lentement dans le tombeau d’une eau crasseuse. Les hommes bien souvent ivres, dans ce décor aux allures expressionnistes, se courbent ou se raidissent, s’affalent sur le sol dans une nonchalance effrénée. En rendant nécessaire l’entraide entre un médecin vertueux au tempérament brusque et un yakuza colérique, Kurosawa invite à la dynamique. Bien qu’il manque un troisième pôle stable pour pouvoir instaurer une véritable énergie, comme dans «Hakuchi», le film ne témoigne pas moins d’une lutte entre les maux du corps et ceux auxquels se contraint l’esprit pour satisfaire une soif de revanche. Mifune, d’ores et déjà, incarne le tigre kurosawaïen en traçant, à coups de fougue, les lignes de la fragilité.
Il devient parfois inutile de critiquer quand le talent d'un homme est d'une évidence presque insolente. Quand un être surhumain réalise un film noir et subtil comme celui-ci avec un acteur fantastique (Shimura) et une légende (Toshiro Mifune), que faire de mieux que de se prosterner et de remercier le maître pour toutes ces offrandes cinématographiques. Un film important voire majeur dans la filmographie du maître Kurosan.
MAGNIFIQUE ! Voilà le mot qui devrait suffire pour décrire ce chef d’œuvre. Mais c’est si beau, si grand, si fort, si prenant, tellement brûlant, que j’ai naturellement l’envie d’en parler davantage ! C’est un film qu’on devrait pouvoir garder en permanence dans sa poche afin que chacune de nos actions est un poids tendre et sincère sur l’histoire du monde, un film qu’on devrait pouvoir regarder juste avant de mourir pour oublier la pensée égoïste qui fait qu’on regrette de bientôt n’être plus rien au profit d’une pensée non plus altruiste mais pourtant plus grande : la joie d’avoir été. Car en effet nous vivons, juste à côté de la peur, sur la péninsule timide du sourire au bout de laquelle se trouve une mare obscure et destabilisante dans laquelle nous ne tomberons pas. Et parce qu’il est difficile de conserver perpétuellement un film dans sa poche, parce que très certainement nous n’aurons pas la chance de le voir une dernière fois quand viendra notre heure, gardons-le au moins contre notre cœur ; comme un trésor, une petite note d’espoir éternelle. Merci à toi, Akira Kurosawa !
Avec ses acteurs fétiches (Mifune et Shimura), Kurosawa réalise une nouvelle fois un très bon film. Un film noir et une histoire qui se déroule pendant l'après-guerre.