La possédée du lac
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Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 janvier 2024
Un écrivain dépressif décide de séjourner dans un hôtel en bord de lac. Officiellement, pour se mettre au travail, en réalité, pour retrouver une femme de chambre sur laquelle il avait flashé l’année précédente. Problème : celle-ci est décédée dans des circonstances troubles…
Ne vous attendez pas à un vrai polar. « La donna del lago » est un étrange drame brumeux, à l’aspect irréel. Déjà, le point de départ est singulier, puisque notre héros n’avait aucune relation avec la victime. Il était juste obsédé par elle ! Ensuite, tout le film se déroule dans un lieu touristique hors-saison, et donc quasi désert, sous un climat froid.
Surtout, la mise en scène se veut presque expérimentale. Quelques changements de formats ou passages à du noir et blanc hyper contrasté. Une jolie photographie qui montre les tourments des personnages. Des effets de montage surréalistes. Dont certaines scènes qui s’avèrent en réalité être des fragments de l’imagination du romancier. A se demander si ce n’est pas le cas de tout le film !
Sur l’ambiance et la forme, c’est donc plutôt réussi, mais je n’en dirai pas autant du récit. L’intrigue n’est guère palpitante, d’autant que je n’ai éprouvé aucune empathie pour cet auteur-voyeur. Ca n’avance pas beaucoup, et le final n’est pas réellement satisfaisant… peut-être était-ce justement l’intention des réalisateurs ?
Je ne saurai recommander le film à tout le monde, votre appréciation dépendra de votre sensibilité aux images et aux films d’ambiance…
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 mai 2025
Luigi Bazzoni réalisateur italien à la filmographie plutôt ramassée (5 longs métrages de fiction entre 1965 et 1975) est longtemps resté méconnu. Les sorties DVD récentes de trois de ses films (« La femme du lac », « Journée noire pour un bélier », « Le Orme ») mettent en valeur une personnalité originale au service d’un point de vue artistique affirmé. « La femme du lac » (renommé "La possédée du lac" pour la sortie DVD) s’avère être un film intrigant aux accents poétiques, adaptant le roman éponyme (« La donna del lago ») de Giovanni Comisso lui-même inspiré d’un fait divers tragique.
Alors que le giallo a fait son apparition deux ans plus tôt sous l’égide de Mario Bava (« La fille qui en savait trop », « Les trois visages de la peur », « Six femmes pour l’assassin »), Luigi Bazzoni pour sa première réalisation après être passé par l’assistanat auprès de Sergio Greco et Mauro Bolognini, livre un suspense qui reste un peu à la marge d’un genre n’ayant pas encore complétement défini ses codes notamment en ce qui concerne l’expression graphique très stylisée de la violence qui deviendra sa marque de fabrique.
Luigi Bazzoni a fait le choix de diffuser l’angoisse à travers les regards des protagonistes et les fantasmes de Bernard, un écrivain (Peter Baldwin) venu se ressourcer hors-saison dans un hôtel situé au bord d’un lac dans une station balnéaire montagneuse du Nord de l’Italie. Le jeune écrivain possiblement en rupture sentimentale et en panne d’inspiration mise beaucoup sur ses retrouvailles avec une femme de chambre (Virna Lisi) qu’il avait côtoyée lors d’un précédent séjour un an plus tôt. spoiler: Il ne va pas tarder à apprendre par le directeur de l’hôtel (Salvo Randone) que la jeune femme est morte quelques mois plus tôt dans des circonstances troubles qui ont amené les autorités à conclure à un suicide. Mais les rumeurs courent dans la petite station. L’esprit légèrement embrumé de Bernard va être savamment utilisé par Bazzoni pour brouiller les pistes, le spectateur ne sachant jamais si celles évoquées sont simplement l’émanation des rêves de celui qui enquête maladroitement et sans grande conviction ou réellement tangibles.
Le scénario écrit à trois mains par Luigi Bazzoni, Franco Rossellini (neveu de Roberto Rossellini) et Giulio Questi (futur réalisateur de « La mort a pondu un œuf » un excellent giallo avec Jean-Louis Trintignant) remplit parfaitement son office de captiver le spectateur qui veut bien se laisser prendre par l’atmosphère éthérée qui émane tout à la fois de la direction d’acteurs très subtile de Bazzoni et de la photographie en noir et blanc cotonneuse de Leonida Barboni.
spoiler: Le patron de l’auberge, sa fille (Valentina Cortese), son fils (Philippe Leroy), sa belle-fille (Pia Lindström) et bien sûr la défunte (Virna Lisi) son tour à tour convoqués par l’imagination de Bernard pour autant d’hypothèses crédibles à explorer
. Ce qui pourrait paraître comme une intrigue inaboutie constitue en réalité tout l’attrait du film grâce à l’identification au jeune écrivain en perte de repères proposée par Bazzoni qui utilise avec maestria les gros plans du visage de Peter Baldwin acteur américain de second plan ici parfaitement employé et solidement épaulé par Valentina Cortese et Salvo Randone, acteurs confirmés du cinéma italien. « La femme du lac » constitue donc une expérience unique à l’intérieur d’un genre encore naissant qui va progressivement devenir prisonnier du succès de ses codes narratifs et esthétiques.
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