Alors que "V/H/S/94" apportait du sang neuf à la franchise et en égalisant même presque le deuxième épisode en terme de qualité, celui-ci, sorti tout juste un an après, est bien décevant ! C'est toujours original certes, mais les segments sont particulièrement inégaux, certains étant très mauvais tandis que d'autres bons, n'ayant que rarement de juste milieu (sauf un qui pioche pile dans ce qu'il y a de meilleur mais également dans ce qu'il y a de pire mais on y reviendra). Bref, comme d’habitude, je vais diviser cette critique segment par segment.
Pour commencer, il n'y a pas de fil conducteur. Gros changement puisque, mis bout-à-bout, le fil rouge représentait un segment à part entière, avec son titre et permettait de relier les autres de manière plus ou moins fluide en fonction des films. Ici, nous avons des passages animés en stop-motion de petits soldats visiblement manipulés par un enfant. Sans en dire plus, ces petits passages font partie d'un segment que l'on retrouvera plus tard dans le film. Et pour le coup, je trouve que ça fonctionne plutôt bien. Déjà car les fils conducteurs étaient clairement les points faibles des "V/H/S" en étant constamment brouillon ; là, ça permet d'aller à l'essentiel et puis surtout, ça rajoute une certaine étrangeté à l'ensemble.
Mais ce sera de courte durée puisque le premier segment, "Shredding", fait partie, du moins pour moi, des pires. Un espèce de groupe de rock/métal anarchiste qui s'amuse à saccager chaque lieu dans lesquels ils jouent pour les vues décide de s'attaquer cette fois à un lieu sacré, là où un groupe s'était fait piétiner par la foule. Évidemment, vous le voyez venir, ça tourne mal. Et, pour le coup, ça n'ira pas plus loin. Les personnages sont insupportables, l'ambiance est décevante, c'est sacrément long à se mettre en place, la fin est cheapos et puis c'est cliché, voire ringard (par exemple, lorsque les personnages font des blagues foireuses). Bref, un segment bien oubliable dans une franchise qui nous aura habitué à bien mieux.
Le second, "Giltine", est celui du juste milieu que j'ai mentionné plus haut. Voulant absolument intégrer une sororité, une jeune étudiante accepte un bizutage particulier : passer une nuit dans un cercueil. Ça devient redondant mais... les choses tournent mal ! Pendant une bonne partie, le film se doit d'être inventif puisqu'il n'y a qu'un seul personnage dans un huis clos particulièrement étriqué. Ce passage me rappelle d'ailleurs un peu "The Empty Wake" qui parvenait à être particulièrement oppressant avec peu de moyens. Ici, c'est le cas avec l'ambiance anxiogène, les araignées, les bruits, le bois qui menace de céder etc. Et puis, le segment devient par moments sacrément grossier, dès - sans spoiler - que l'antagoniste apparait. Encore une fois, je trouve ça assez cheap, ça casse l'ambiance et même si la fin est assez fun, on dirait une parodie allant alors à l'encontre de tout ce que le segment avait réussi à construire jusqu'ici. Dommage.
Le troisième, "Ozzy’s Dungeon", est le pire. Je comprends le délire mais je n'y adhère jamais. C'est pourtant divisé en trois actes bien distincts dans leurs ambiances mais les trois sont ratés. Encore une fois, je comprends cette espèce de critique (peut-être) des jeux télé américains les plus déshumanisants mais le court-métrage se complait dans une vulgarité crasse, allant toujours plus loin dans des couches de gore et de crade et ça ne prend clairement pas sur moi. Et en plus, c'est long et la fin vire complètement dans le grand-guignolesque.
Avec le quatrième, "The Gawkers", on approche de ce que ce "V/H/S" a de mieux mais c'est très subjectif car il faut adhérer au côté teen movie régressif. Personnellement, j'aime bien, surtout avec le found footage, on peut retrouver un peu de "Projet X" dans les personnages et même si le segment est sacrément prévisible, ça n'enlève rien à son ambiance très fun et efficace. Bon, je le concède, avant qu'il se passe vraiment quelque-chose, il faudra se taper des échanges bien lourds entre ados débiles. Encore une fois, si on aime le teen movie, ça passe.
Le cinquième "To Hell and Back Again", et là aussi c'est subjectif (et n'est-ce pas le but d'une critique en même temps ?), est le meilleur du film ! Il surprend en débutant de manière bien clichée et caricaturale, on se dit qu'on va encore passer un mauvais moment et puis ça bascule ! Ce n'est plus l'horreur qui s'invite dans notre monde mais l'inverse. En réalisant un espèce de rituel satanique, deux participants vont se retrouver propulsés dans le monde des démons. Et c'est complètement délirant ! Puis, pour le coup, les personnages sont drôles ; d'ailleurs le segment réussi à allier étrangeté et humour, le tout dans une ambiance relativement gore et en même temps un peu cheap mais sans que ce ne soit gênant. Bref, c'est un vrai plaisir !
Ainsi, ce "V/H/S/99" est, jusque-là, le moins réussi de la franchise même s'il possède quelques bons segments.