Ayant apprécié "Midnight Special" (même si j'en ai assez peu de souvenirs), j'avais hâte de découvrir le nouveau projet de Jeff Nichols. "The Bikeriders" arrive donc 7 ans après sa dernière sortie française, et je dois dire que je suis assez mitigé par rapport à ce retour. Sur le papier, le film avait tout pour me plaire, que ce soit au niveau de son casting ou dans ses idées. Tout le concept du projet est de mélanger de la fiction à un style de faux documentaire, ce qui pouvait offrir un rendu intéressant. Et pour le coup, si on prend cette idée du simple point de vue de la narration, il faut dire que c'est plutôt maîtrisé. Par exemple, je trouve que le montage est particulièrement bien géré, car les scènes s'enchaînent dans un ordre extrêmement cohérent et qui facilite la compréhension du récit. Comme l'histoire n'est pas linéaire, il était donc important de réussir à maîtriser ce point et le film s'en sort vraiment très bien à ce niveau. Cependant, ce qui va bien plus me gêner va venir du scénario en lui-même, car je le trouve un peu trop convenu. Sur la dernière heure, quand le film se lance réellement, j'ai pu pleinement apprécier la qualité du montage, mais ce ne fut pas forcément le cas sur la première. Toute cette première partie ne sert donc qu'à introduire les bases de notre univers, et je dois dire que l'ensemble s'avère assez long à démarrer. Il faut une heure avant que les premiers éléments perturbateurs ne viennent créer des enjeux face à toutes les bases qui ont été posées, ce qui offre beaucoup de frustrations au spectateur durant cette période. Et pour ne rien arranger, le long-métrage va aussi utiliser cette technique, que je déteste, qui consiste à placer une séquence importante, qui se passera plus tard, au début du film. Par conséquent, quand cette scène arrive plus tard, on se demande rapidement quelle était la nécessité de nous la montrer au début. Le fait de l'avoir déjà vu diminue son impact dans le récit, alors qu'elle est celle qui lance réellement les enjeux importants. Cela va simplement empêcher de nous faire ressentir le véritable lancement de l'intrigue, et va encore un peu plus ralentir les choses. Et globalement, c'est vraiment ce type de détails qui m'ont fait sortir du récit. Mais pour le reste, je dois dire que j'ai quand même vu de belles choses au sein de ce film. Si les personnages ne sont pas les plus attachants (et cela est fait exprès) ou les plus travaillés (je pense notamment à Benny, car j'aurais aimé voir davantage de scènes avec lui), le casting rattrape énormément de choses. J'aime beaucoup la prestation de Jodie Comer par exemple, ou même celle de Tom Hardy. Ils donnent correctement vie à leurs personnages, et ils portent beaucoup de séquences. Et finalement, quand le film se termine, j'ai quand même eu la sensation d'avoir appris quelques trucs. Ce n'est clairement pas le film le mieux écrit de la carrière de ce réalisateur, ni même le plus intéressant. Mais grâce à son montage et à son casting, il réussit quand même à nous faire passer un moment plutôt correct. Pour conclure, un retour mitigé.