Drame, écrit et réalisé par Jeff Nichols, The Bikeriders est un film convenable. L'histoire se déroule dans les années soixante et nous fait suivre les membres d'un club de motards crée dans le fin fond du Midwest. Mais bientôt, ce qui devait être un lieu de rassemblement pour les marginaux locaux va laisser place à un gang plus dangereux, ce qui va bouleverser l'harmonie de ce club. Ce scénario, s'inspirant du livre de photos du même nom publié par Danny Lyon, est globalement plaisant à visionner pendant toute sa durée de près de deux heures, malgré de nombreuses tares. En effet, l'intrigue, plutôt classique, ne parvient jamais réellement à décoller en dépit d'une exposition qui prend son temps. Pourtant, il y avait matière à faire avec ce récit narré sur plusieurs années. Mais celui-ci n'est pas bien raconté, notamment à cause d'une temporalité mal maitrisée. De plus, les thématiques abordées comme la rivalité, l'héritage, la camaraderie ou encore l'amour, ne sont pas correctement traitées. Résultat, le film ne semble parler de rien. Même son ton sérieux et grave ne parvient pas à distiller des sentiments. La faute entre autre à des personnages peu intéressants, à commencer celui joué par Austin Butler. Son tempérament ne colle avec rien et on a du mal à comprendre ce qu'il veut dans la vie. Surtout, sa romance avec Kathy, incarnée par Jodie Comer, ne fonctionne absolument pas. On ne ressent à aucun moment de la séduction, du désir et ou de l'amour entre eux. On se demande même ce qu'ils font ensemble tant il représente tout ce qu'elle déteste. Seul le rôle interprété par Tom Hardy parvient à dégager plus de consistance. Mais du coup il se retrouve bien seul, surtout que les autres membres du club ont des rôles très secondaires. En conséquence, les relations établies entre tous ces individus ne procurent absolument aucune émotion alors qu'il eut été possible de nous toucher. Des échanges soutenus par des dialogues beaucoup trop artificiels pour parvenir à créer des liens forts. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère bonne. Mais sa mise en scène aurait du être beaucoup plus percutante avec ces groupes de motards propices aux belles images. Il n'en est hélas rien. La photographie est correcte mais avec de tels environnements et une reconstitution d'époque comme celle-ci, on pouvait s'attendre à des plans plus marquants. Ce visuel sans plus-value est accompagné par une b.o. aux titres se fondant bien avec le propos, sans pour autant être mémorables. On retiendra d'avantage le tapage produit pas les moteurs vrombissants. Reste une fin vraiment pas à la hauteur venant mettre un terme à The Bikeriders, qui, en conclusion, est un film correct mais assez vite oubliable.