Soyez avertis, le synopsis raconte quasi tout du film. Là n’est pas l’intérêt de cette œuvre remarquable ; Eisenberg et Culkin ne font plus qu’un au travers d’une performance exceptionnelle, en duo dysfonctionnel intimement lié. C’est sans compter une toile de fond (en vérité de premier plan) qui dresse un portrait presque jamais vu auparavant de l’héritage juif du 21è siècle, du poids du silence et d’une solitude étouffante, le tout à la sauce américano-ashkénaze plus sincère / dramatique qu’à son habitude.
Profondément empathique, A Real Pain touche bien plus qu’il ne fait mal, et introduit honorablement et avec finesse à une mémoire présente bienvenue de la Shoah.
Ambiance relativement feel good pour cette comédie dramatique qui propose une réelle réflexion sur des sujets socio-historiques jamais faciles à aborder.
Ce film se veut comique avec un acteur notamment qui en fait des caisses, mais sur un sujet sérieux, la visite de la Pologne en voyage organisé pour voir notamment un camp de concentration. Je n'ai pas du tout adhéré au film qui ne m'a pas fait rire et suis sortie de la salle avant la fin. Ce qui est rare.
Comment peut-on faire du sous Woody Allen, avec qui a tourné Eisenberg, de façon si indigente? Kieran Kulkin grimace et joue le même rôle tel que découvert dans la série Succession. Bref une comédie superficielle, qui cause beaucoup trop, à propos d'un sérieux sujet -la Shoah- Begnini l'a fait avec un tout autre talent. On peut passer son chemin, sans rien manquer. AP au Premiers Plans Angers - janvier 2025
Vu en avant-première. Jesse Eisenberg réalise une comédie dramatique, en jouant aux côtés de Kieran Culkin, sur l'histoire de deux cousins diamétralement opposés, qui se réunissent lors d'un périple en Pologne pour connaître leur passé et rendre hommage à la grand-mère décédée. C'est une très bonne comédie dramatique avec deux très bons acteurs. Une première partie très intéressante pour devenir un peu plus classique dans sa seconde partie.
Un voyage très intéressant et « agréable » avec ce petit groupe de personne à travers la Pologne. Je retiendrais surtout la performance d’acting de Kieran Culkin: il incarne son personnage à la perfection.
A Real Pain a des airs d'un Woody Allen du siècle dernier (cynique, toujours intelligent, sensible et pertinent, mais aussi un peu geignard), et peut compter sur la caméra de Jesse Eisenberg (qui se cherche encore, mais finira bien par se trouver, on le mise d'avance) et le jeu "Succession" (exactement le même) de Kieran Culkin (récompensé par un Golden Globes pour ce rôle, ce qui est plutôt surprenant, mais nous a offert un discours de remerciement déjanté qu'on ne regrette absolument pas). A Real Pain, donc, suit le parcours de deux cousins partant en voyage organisé pour retracer l'itinéraire de leurs grands-parents juifs pendant la Shoah, mettant les nerfs à rude épreuve, les questions éthiques sur le tapis (où se situe la frontière entre le tourisme malsain, l'hommage historique et le devoir de mémoire ?), et les amitiés en valeur (les deux cousins en profitent pour se faire des petits trips, et se disent tout entre deux rails...de coke, et de train aussi). Le film reste nonchalant, presque mollasson, et évidemment plaintif (ce que l'on a reproché à quelques Woody Allen), le jeu réchauffé de Culkin donne surtout envie de se refaire l'excellente série Succession, et on regrette un certain manque d'émotions (avec un sujet pareil). Certainement Eisenberg n'aura pas été à l'aise avec le fait de faire du pathos avec l'histoire de ses ancêtres, envers qui on sent un profond respect tout le film durant. Dans l'ensemble, c'est un élégant drame initiatique, mêlant petites histoires de famille et grande Histoire, qui peut compter sur la pertinence des questions qu'il pose sur notre rapport aux héritages culturels de nos ancêtres. Au road-trip voyageant sur les rails de train de l'Histoire, Eisenberg préfère les bad-trips sur les rails de coke, qui font ressortir les petites histoires. Intéressant.
Comment faire avec comédie avec un sujet tragique? Jesse Eisenberg aurait pu tomber dans une tonne de pièges qui l'aurait amené droit vers le mauvais goût, mais il les évite un à un pour plonger dans un récit intime, drôle et émouvant. Kieran Culkin en loser magnifique à qui on voudrait mettre des baffes crève l'écran. Un film tout en humanité et en traits d'humour bien écrits, sur le traumatisme transgénérationel, qui est bien nécéssaire par les temps qui courent.
Vu en Allemagne (sortie en salles janvier 2025). Un film qui vaut surtout pour la performance de Kieran Culkin, parfait en cousin à la fois insupportable, attachant et lucide. Une réflexion pertinente sur l'héritage de générations antérieures dans une famille et ce qu'on en fait, le retour aux origines, le respect de la mémoire.
Dans A Real Pain, Jesse Eisenberg propose un road movie postmoderne qui, sous des allures faussement légères, offre de profondes réflexions. Ici, le voyage de deux cousins américains vers la Pologne, terre de leurs ancêtres marquée par les cicatrices de la Shoah, déjoue les attentes d’un récit solennel en optant pour une hybridité à la lisière du drame et de la comédie, de l’intime et de l’historique.
Eisenberg ne cherche pas tant à délivrer des réponses qu’à ouvrir des failles. Le titre, déjà, ouvre une réflexion. Là où certains films se risquent à la didactique, A Real Pain embrasse toutes les contradictions.
Le film agit comme un catalyseur d'idées, une matrice ouverte, décomposant des concepts complexes et intangibles comme la transmission du trauma, l'immatérialité des souvenirs et la quête de sens dans un monde post-tragédie. Cette richesse thématique offre une réflexion d'une densité qui dépasse les limites du récit lui-même, invitant à une méditation prolongée après le visionnage. Le film n’impose pas de lecture unique : il refuse les arcs narratifs parfaitement bouclés et les solutions définitives, préférant laisser ses personnages et ses spectateurs dans un état de trouble.
Cependant, cette richesse intellectuelle peut parfois surpasser la forme narrative ou stylistique du film. Si l'écriture ou la réalisation me semble moins inspirée, c'est parce qu'elle sert avant tout de véhicule pour ces idées, sans chercher à les égaler par une grammaire de cinéma. En ce sens, A Real Pain devient une œuvre où le message dépasse le médium : un film dont la force réside davantage dans ce qu'il fait émerger chez son spectateur que dans ce qu'il propose visuellement ou narrativement.
En fin de compte, ce n’est pas tant ce que le film montre qui séduit, mais ce qu’il inspire à penser.
Deux cousins se retrouvent pour un voyage en Pologne en hommage à leur grand-mere. Un film tendre, les écorchures des deux protagonistes se dévoilent tout au long de l'histoire.