A Real Pain
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RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 janvier 2025
Liés bien au-delà du sang, deux cousins se retrouvent pour un périple en Pologne sur les traces de leur défunte grand-mère juive, survivante des camps de la mort...

Pour peu que l'on soit familier de sa filmographie, Jesse Eisenberg est un de ces rares acteurs dont il est facile d'imaginer qu'il laisse déteindre certains contours de sa personnalité à travers ses rôles. Cohérent dans ses choix où la noirceur se dispute souvent avec l'absurde et s'appropriant (la plupart du temps) des personnages introvertis, torturés, tournés vers une quête existentielle pour guérir ou s'affirmer, le néo-réalisateur qu'il est devenu (après le sympathique mais hélas trop oubliable "When You Finish Saving the World") transmet évidemment aujourd'hui la parfaite traduction de sa sensibilité et de ses obsessions à travers ses propres oeuvres.

Ce n'est donc pas étonnant de le retrouver derrière et devant la caméra de ce "A Real Pain", à la fois dans le regard d'un cinéaste qui s'interroge sur le mal-être actuel de ses pairs pour y laisser entrevoir une possible catharsis face à l'horreur/détresse d'une toute autre amplitude vécue par la communauté juive lors de la Seconde Guerre Mondiale et dans la peau d'un des deux cousins qu'il met en scène, un personnage parfaitement façonné pour lui-même, cadenassé par les conventions sociales et totalement dépassé par le comportement désinhibé de son compagnon de route.

Si les contours de l'opposition du duo de cousins menée de main de maître à l'écran par Eisenberg et Kieran Culkin (certes, à nouveau dans un rôle de dilettant dépressif après "Succession" mais il y excelle tellement, un Golden Globe 2025 est d'ailleurs venu justement récompensé sa prestation) peuvent paraître caricaturaux dans un premier temps, laissant entrevoir un schéma conventionnel de point de rupture/réconciliation grandissant entre eux, "A Real Pain" se montre heureusement bien plus subtil dans la progression de cette relation au sein d'un groupe de touristes américains de confession judaïque, se construisant sur une alternance de moments légers franchement amusants (avec une réelle volonté de faire briller les seconds rôles autour de ses vedettes) et évidemment dramatiques, révélateurs croissants de la souffrance du personnage de Culkin, le tout sur une double tonalité bien pensée en vue de traduire le caractère bipolaire de ce dernier au gré des situations.

Déjouant ainsi ce que l'on aurait pu supputer comme une évolution balisée du lien entre ses deux protagonistes principaux, Jesse Einsenberg préfère à juste titre se focaliser sur la mise en lumière de l'aspect affectif indéfectible qui en émane pour mieux transformer le spectateur en membre à part entière de ce petit groupe de touristes, observateur de plus en plus attaché de (et touché par) ces rapports quasi-fraternels forcément ambivalents mais immuables malgré les tempêtes.
Lorsque vient le point d'orgue de la confrontation à la "Real Pain" au travers de la visite dévastatrice d'un lien ô combien symbolique de ce pèlerinage en terres à jamais blessées, c'est sans doute là que le réalisateur monte d'un cran qualitatif supplémentaire par sa justesse et sa pudeur pour l'aborder et pour mieux nous rappeler que nos maux modernes aussi inaltérables et douloureux soient-ils vis-à-vis de notre condition d'être ne sont parfois rien devant la folie de certains ravages passés causés par l'Homme sur ses contemporains.

S'il manque peut-être in fine quelque chose d'encore plus grand afin que "A Real Pain" nous laisse définitivement terrasser par l'émotion qui s'en dégage, l'odyssée relationnelle concoctée par Jesse Eisenberg pour son deuxième long-métrage nous aura pleinement convaincu que cela arrivera sans nul doute dans un futur proche, dans une réalisation à venir qui ne pourra que friser la perfection au vu du talent qui grandit derrière sa caméra.
Stéphane D
Stéphane D

174 abonnés 2 354 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 janvier 2025
Une vraie surprise! Dans un contexte déjà assez profond de visite commémorative du génocide des juifs en Pologne, on suit 2 cousins aux personnalités totalement opposées où les dialogues sont d'une profondeur rare. On y parle sans tabou de la mort (de la communauté juive, de la grand-mère décédée récemment, de la tentative de suicide...donc à tous les niveaux) et aussi des rapports avec les autres (tolérance, envie). On a le clown triste imprévisoble et le gars discret qui prend sur lui. Un vrai bon film d'auteur qui va en plus droit à l'essentiel puisque sa durée de 1h30 lui suffit à boucler le récit sans aucun besoin d'en rajouter.
Gaspard Conan
Gaspard Conan

10 abonnés 16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 mars 2025
A Real Pain mérite son Oscar (vu en avant-première au festival de Zurich)

Pour avoir fait un voyage mémoriel en Pologne avec Sciences Po, je peux vous dire que le film A Real Pain est très réaliste. Pendant mon voyage, les mêmes profils que dans le film se sont dessinés au fur et à mesure de la visite : celui qui rationalise tout (David dans le film) et celui qui externalise tout (Benji, porté par la performance cinglante de Kieran Culkin). Le film parvient à dégager des scènes d'émotions maîtrisées dont le flot ne se brise pas sur la difficulté de ce sujet épineux. En parallèle, le ton comique est pertinent pour faire redescendre la pression face aux crimes les plus atroces de l'histoire. Ainsi, le séjour en Pologne constitue un point de passerelle familial pour permettre à nos deux protagonistes d'affronter pleinement leur passé. Douleur, ressentiment, et passion sont les maîtres mots du film "A Real Pain", dont la caméra épouse les arcanes des vieilles villes polonaises. La finesse du film de Jesse Eisenberg permet de réaliser un alliage entre la petite histoire, celle de deux cousins en quête d'identité, et l'histoire avec un grand H, celle de la Shoah.

G.C.
Yves G.

1 845 abonnés 4 018 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 mars 2025
David (Jesse Eisenberg) et Benji (Kieran Culkin) sont cousins. Ils ont grandi ensemble à New York. David est aussi taiseux que Benji est volubile. Ils décident d’effectuer ensemble en Pologne un circuit sur les traces de leur grand-mère, survivante de la Shoah. Ils rejoignent à Varsovie un groupe de touristes cornaqués par James (Will Sharpe), un guide britannique féru d’histoire.

La bande-annonce de ce film m’avait mis l’eau à la bouche. Elle m’avait laissé escompter un film drôle, touchant et intelligent. Drôle comme ces buddy movies où l’appariement forcé de deux personnages que tout oppose (Brel et Ventura dans "L’Emmerdeur", Depardieu et Richard dans "La Chèvre") suscite le rire. Touchant comme une visite des lieux de mémoire de la Shoah en Pologne doit immanquablement l’être. Intelligent comme son titre polysémique : "A Real Pain" signifie à la fois, au pied de la lettre, un vrai chagrin, comme celui que provoque la mort d’une aïeule et qui relativise les petites irritations dont nos jours sont tissés mais "A Real Pain" peut aussi signifier l’enquiquineur, le boulet.

Tous ces ingrédients étaient au rendez-vous. L’alliance de la carpe et du lapin, de David le timoré avec Benji, le fort-en-gueule, produit son lot escompté de situations comiques. La visite de la Pologne, du ghetto de Varsovie au camp de Maidanek, suscite évidemment un silence respectueux comme elle invite à une réflexion sur le tourisme de la Shoah (on se souvient du livre de Jonathan Safran Froer "Tout est illuminé" et de son adaptation à l’écran avec Elijah Wood parti sur les traces du shtetl de son grand-père en Galicie). "A Real Pain" a un petit parfum allenien (d’ailleurs Jesse Eisenberg a joué deux fois chez Woody Allen en 2012 et 2016) avec ses dialogues ciselés et pleins d’ironie, et la place laissée à la musique – ici les oeuvres célébrissimes pour piano de Chopin.

Pour autant "A Real Pain" m’a laissé sur ma faim. J’y ai pris moins de plaisir qu’escompté. Il m’a donné une sensation de trop peu, comme celle que procure un joueur de tennis qui retient ses coups. La faute, une fois encore, à une bande-annonce qui révèle les principales chevilles du film et ne laisse aucune place à la surprise. La faute à un scénario trop modeste dont l’élégance et le refus du sensationnalisme se retournent contre lui : ainsi de la seule rencontre du film avec des autochtones, devant l’ancienne maison de la grand-mère, ainsi de l’épilogue du film.
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2025
Tout simplement brillant dans son exercice de style et de ton, EISENBERG livre une oeuvre forte, ou le propos humain, se joint à un propos historique particulièrement puissant, avec deux personnages centraux fantastique, que CULKIN et EISENBERG rendent tout simplement magiques
traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 janvier 2025
Le deuxième long métrage réalisé par Jesse Eisenberg ne vient pas de nulle part : sa famille, de confession juive, avec un père professeur de sociologie et une mère clown, explique, d'une certaine façon, la teneur de A real Pain, qui surfe entre élans de tendresse et de mélancolie. La douleur dont il est question avec ce voyage en Pologne, véritable pèlerinage en hommage à une grand-mère rescapée des camps, est aussi celle de deux cousins à l'heure des retrouvailles, l'un anxieux de nature, l'autre au bord de la bipolarité. Le film laisse la légèreté des débuts (et son humour) faire progressivement place à une forme de gravité, en se concentrant sur ses deux protagonistes principaux (Kieran Culkin est excellent) et leur relation, qui va d'un extrême à l'autre. Les autres personnages et la musique de Chopin servent d'accompagnement à ce périple, avant tout personnel, qui reste modeste dans son ambition, en cherchant la note juste plutôt qu'une grandiloquence qui semble étrangère à Eisenberg. D'où l'impression d'une œuvre mezza-voce, à la linéarité trop neutre et qui reste en surface, par pudeur, sans doute. Et il y manque un élément essentiel, la Pologne d'aujourd'hui, traversée comme un théâtre vide, dont les habitants ne sont que des figurants d'une histoire qui ne semble pas les concerner.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2025
A Real Pain est une œuvre singulière qui conjugue habilement la légèreté d’un buddy movie et la profondeur d’un drame sur le deuil et la mémoire collective. Pour son deuxième long-métrage, Jesse Eisenberg s’attaque à un sujet délicat : la transmission du traumatisme historique à travers les générations. En suivant deux cousins, David et Benji, lors d’un "Holocaust tour" en Pologne après la mort de leur grand-mère survivante de la Shoah, le film confronte l’intime et l’historique avec une justesse remarquable.

L’un des points forts du film réside dans l’alchimie entre Jesse Eisenberg et Kieran Culkin, dont les interactions oscillent entre humour grinçant et moments d’émotion brute. Benji, électron libre au comportement imprévisible, incarne une forme de révolte face aux conventions du devoir de mémoire, tandis que David, plus réservé, tente de donner un sens à cette expérience. Ces deux approches divergentes nourrissent une dynamique à la fois touchante et réaliste.

Eisenberg choisit une mise en scène sobre, évitant tout pathos excessif. À l’image de Shoah de Claude Lanzmann, les lieux de mémoire sont filmés avec pudeur, laissant le spectateur face à leur gravité. A Real Pain est une réflexion puissante sur la douleur individuelle et collective, où l’histoire familiale s’inscrit dans la tragédie plus large du peuple juif.
Tarantin0
Tarantin0

5 abonnés 59 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 février 2025
Une superbe réussite pour le premier de Jesse Eisenberg accompagné d’une interprétation phénoménale de Kieran Culkin. Un pur chef-d’œuvre aussi amusant qu’émouvant.
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 février 2025
Deux cousins que tout oppose s’embarquent pour un périple en Pologne afin de retracer l’histoire familiale.
L’un est posé, l’autre envahissant, et leur relation oscille entre complicité et agacement au fil du voyage, qu'ils font avec un guide et quelques autres personnes de confession juive, comme eux.
L’antagonisme de ce duo fonctionne plutôt pas mal au départ, mais finit par lasser un tantinet, étant donné qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent côté scénario finalement.
Ce tourisme mémoriel possède tout de même quelques qualités, mais ne décolle jamais véritablement.
Quelques échanges font sourire, certaines séquences touchent juste, mais l’ensemble manque d’ampleur.
On attend un moment fort qui ne vient jamais, comme un plat prometteur mais un peu trop fade.
Bavard, frustrant et inabouti.
Site CINEMADOURG.free.fr
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 février 2025
Ce n'est pas mon humour, scénario pas terrible et façon de parler énervante, j'ai eu du mal à rester jusqu'à la fin....
Sébastien D.
Sébastien D.

12 abonnés 85 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 3 mars 2025
C'est vraiment moyen, une série de clichés et des acteurs qui se regardent jouer des blagounettes typiquement américaines. C'est du cinéma qui ressemble plus à un épisode de série comme il y en a des milliers.
Alice025

1 887 abonnés 1 499 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 février 2025
Réalisé par Jesse Eisenberg, ce petit film nous raconte le voyage de deux cousins assez différents l'un de l'autre dans le but de se relier à leurs racines familiales. L'histoire est sympathique mais reste tout de même très linéaire, on apprécie ce séjour avec eux mais on est pas forcément touché plus que cela : pas mal, mais sans plus.

http://cinephile-critique.over-blog.com
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 421 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 février 2025
Si vous aimez les valses et les nocturnes de CHOPIN !
Sur le thème de la discordance, on ne peut pas trouver mieux que ces 2 cousins :
- CULKIN (Benji) est fantasque, déprimé, suicidaire, ultra-sensible et trublion révolté .
- EISENBERG (David) rangé, père de famille, épuisé par son cousin, et soucieux.
Le film est verbeux, avec une grande analogie avec les dialogues de Woody Allen.
Ce groupe de juifs fait un parcours initiatique en Pologne, sur le thème de la souffrance, de la douleur et du deuil, ce qui nous donnera l’occasion de découvrir le terrible site de MAJDANEK (camp de concentration – musée) et le magnifique château de LUBLIN.
L’épilogue, très émouvant , évoquera à nouveau la discordance, avec la séparation physique et comportementale des deux cousins. Beau film !
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 894 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 janvier 2025
Comment peut-on faire du sous Woody Allen, avec qui a tourné Eisenberg, de façon si indigente?
Kieran Kulkin grimace et joue le même rôle tel que découvert dans la série Succession.
Bref une comédie superficielle, qui cause beaucoup trop, à propos d'un sérieux sujet -la Shoah- Begnini l'a fait avec un tout autre talent.
On peut passer son chemin, sans rien manquer.
AP au Premiers Plans Angers - janvier 2025
Shiki
Shiki

117 abonnés 279 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 février 2025
« A Real Pain » est un film qui prend son temps, qui nous entraîne dans un petit périple entre deux cousins, direction la Pologne sur les traces de leur grand mère paternelle décédée. J’avoue avoir un avis mitigé sur le film, il ne se passe pas grand chose, certaines blagues passent sans forcément nous esclaffer de rire.. j’allais arriver au bout du film en me demandant l’intérêt de ce dernier… et là, le dernier plan arrive, et il m’a personnellement bousculé , secoué et m’a renvoyé dans la gueule les 1h30 et pourquoi ça en valait la peine.. pour ressentir ce que le personnage de Kieran Culkin ressent et subit depuis le début..
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