Les Morfalous est un film à peu près honorable, mais qui franchement reste assez mineur, surtout compte tenu du casting et de la présence de Verneuil derrière la caméra.
Il ne ressort pas grand-chose de ce métrage en fait. L’histoire est parfois divertissante, mais n’accroche réellement que dans sa première partie et sa dernière, offrant au milieu de vraies lenteurs, des rebondissements peu passionnants et peu crédibles. Le métrage rate sa dimension « humoristique », sans atteindre non plus le sérieux d’un véritable film de guerre, et cela même si Belmondo évite l’abattage cabotin qui le caractérise trop souvent. En clair, le métrage n’a peut-être pas toujours su choisir sa tonalité, et ça manque de consistance, de relief, d’épaisseur, faute à une intrigue restreinte et à un propos sans grande ambition.
Le casting est solide, et pour le coup ça reste le principal atout du film. Même si certains personnages n’ont malheureusement guère d’utilité, et sont amenés de façon assez lourdaude, les interprètes sont au rendez-vous, notamment un très bon Michel Constantin. Belmondo hérite du rôle principal, et il offre une prestation honorable, moins cabotine que de coutume comme je l’ai déjà dit. Il compose un bon duo avec Semmler dans la dernière partie, que je n’ai pas peur de considérer comme le meilleur acteur du lot, donnant toute son épaisseur à ce dernier chapitre. Villeret est sous-utilisé à mon sens, dommage, tandis que Marie Laforêt nous gratifie de son charme mais n’a pas non plus une énorme épaisseur.
Sur la forme Verneuil orchestre un métrage correct, sans plus. Bonne ambiance désertique, une séquence d’action en ouverture convaincante, le métrage ne distille pas un grand luxe et paraît parfois avoir été contraint en terme de budget, mais c’est assez « authentique » et la reconstitution est assez bien faite pour faire illusion. Les Morfalous restent cependant un peu en-dessous de ce que j’attendais, c’est-à-dire un film plus percutant en termes de mise en scène, et plus luxueux sur le plan de l’image.
En somme, Les Morfalous est un métrage de guerre juste passable. On est loin des sommets du genre, et pour tout dire on sent bien qu’on est dans la période mollasse de la carrière de Belmondo, même si ici il livre peut-être une de ses meilleures prestations de cette époque. Un Verneuil mineur, voire dispensable si on est insensible au casting et au genre. 2.5