Je n'ai jamais aimé le cinéma de Sofia Coppola et Elvis Presley n'a jamais été mon chanteur de rock'n'roll préféré. Si on ajoute que Priscillia ex-Presley est la productrice de son propre biopic, ce qui n'est jamais bon signe, je ne m'attendais pas à un miracle. Eh bien, ce film dont l'action (ou plutôt, le manque d'action) se déroule de 1959 à 1973, est encore pire que cela : en fait, il est aussi insipide que la grande majorité des innombrables chansons de la BO, ce qui est un comble quand on se rappelle l'extraordinaire vitalité de la chanson US durant les années 60. Il faut attendre au moins 3/4 d'heure pour que le film sorte de sa léthargie pour montrer le caractère possessif et machiste d'Elvis et son goût pour les pilules, que ce soit celles pour dormir ou celles, au contraire, pour rester éveillé, ainsi qu'un peu de caractère chez Priscillia. On se dit alors que le film va enfin devenir intéressant. Que nenni ! Ce n'est qu'une toute petite parenthèse et on retourne très vite dans le ronron. Des parenthèses comme cela, il y en aura 2 ou 3 autres, trop peu pour détourner le spectateur de l'ennui profond dans lequel il est plongé. Il y a aussi des moments où le film devient absolument grotesque dans sa réalisation, l'exemple le plus notable étant la scène qui voit Elvis et Priscillia ingurgiter des sucres imprégnés de LSD. Et puis, pourquoi avoir choisi de donner une telle différence de taille entre Elvis et Priscillia ? Elvis mesurait 1,83 m, Priscillia mesurait 1,63 m : 20 cms d'écart. Jacob Elordi mesure 1,95 m, Cailee Spaeny culmine à 1,51m : 44 cms d'écart. Quel était l'intérêt de plus que doubler cette différence ? Par ailleurs, on est surpris que, jusqu'à la fin du film, Elvis reste très svelte alors que, en 1973, quand Priscillia le quitte, l'embonpoint avait déjà commencé à bien le gagner. Quant à l'interprétation, Cailee Spaeny n'est pas mauvaise, elle n'est qu'insipide. Jacob Elordi, lui, est vraiment mauvais. En résumé : un film à très vite oublié. D'ailleurs, pour moi, c'est déjà fait !