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Manon Bonnenfant
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4,0
Publiée le 27 juin 2024
Que dire... Vu au Champs-Elysées Film Festival (pour une exclusivité nationale) et l'adjectif "OVNI" semble être le mieux approprié. On y suit la trajectoire croisée de deux adolescents se sentant "à part" dans ce monde (comme beaucoup durant cette période) et qui se passionnent pour une série TV obscure. Derrière cette esthétique pleine de néons, couleurs pastels et paillettes, se cache un propos beaucoup plus sombre et presque désespéré. Tantôt l'on se croirait dans un rêve, tantôt l'on se surprend à ressentir de la mélancolie. Un gros coup de cœur tout particulier pour la BO, qui ravira les fans de shoegaze/dreamy pop & électro. A voir pour sa singularité.
Avis mitigé. Des très belles inspirations (Lynch, Cronenberg, Sofia Coppola....). Visuellement réussi de bout en bout, un beau clip MTV 90s. L'histoire original manque de rythme, beaucoup de lenteurs.
C'est maladroitement bizarre, ça se veut bizarre, mais plutôt raté, malgré un univers décalé, coloré, vintage. L'univers parallèle est peu attrayant (un peu ringard à la Dr Who, Buckaroo Banzai) et surtout peu développé, l'univers concret est déprimant, les antagonistes sont ennuyeux, larmoyant, et on n'a que peu d'empathie ou de sympathie pour eux…
I Saw the TV Glow ne parle pas d’horreur, mais d’effacement. D’une disparition lente, presque imperceptible. Un film troublant et intime, qui installe un malaise persistant et interroge frontalement la manière dont on choisit, ou non, d’habiter sa propre vie.
Il faut l’aborder sans attendre les codes du genre. Jane Schoenbrun privilégie l’expérience sensorielle à l’intrigue, l’état intérieur au récit structuré. L’atmosphère, la lenteur et les sensations diffuses prennent le pas sur toute mécanique dramatique. Les décors suburbains stylisés entretiennent un décalage constant, et la télévision devient un espace mental où le réel se fissure.
Le film explore la construction identitaire et la difficulté d’habiter son propre corps. À travers le rapport obsessionnel à une série fictive, il interroge la fiction comme refuge plus supportable que la réalité. La télévision agit comme un miroir déformant, révélant des failles que le monde social ne sait pas accueillir. Le récit traverse la dissociation, le décalage et la peur d’assumer une vérité intérieure sans place claire.
Il questionne aussi le pouvoir des images et leur empreinte générationnelle. Certaines œuvres vues à l’adolescence deviennent des matrices durables, façonnant notre rapport à nous-mêmes. Les thématiques liées à la transidentité circulent avec délicatesse, sans discours appuyé. Le film montre la tentation d’un imaginaire plus cohérent que le réel, au risque d’une existence vécue à distance.
De mon côté, j’ai vécu un moment suspendu, presque hypnotisé face à l’écran. J’ai été sensible à l’atmosphère singulière, à la cohérence esthétique et à cette manière générationnelle d’interroger notre rapport aux images comme refuge. Les thèmes autour de la transidentité et de la fuite dans la fiction résonnent avec justesse. Si l’on y est réceptif, le film peut vraiment interroger notre propre manière de vivre ou de se cacher.
Mais cette force constitue aussi sa limite. L’approche reste plus atmosphérique que narrative, avec une construction fragmentée et une opacité assumée qui demandent une réelle disponibilité. L’ancrage émotionnel, très intérieur, peut restreindre l’identification, et ceux qui attendent un film d’horreur au sens classique risquent d’en ressortir déconcertés.
I Saw the TV Glow demeure une proposition singulière et cohérente, marquante par son climat et ses questionnements intimes. Un film qui infuse plus qu’il ne frappe, et dont la puissance dépend largement de la sensibilité avec laquelle on l’aborde.
Avec I Saw The TV Glow, Jane Schoenbrun signe un film aussi poétique que dérangeant, une ode visuelle à l’adolescence, aux rêves brisés et à la quête d’identité. Porté par une esthétique onirique et une bande-son envoûtante, le film capture l’essence de la nostalgie des années 90 tout en explorant des thèmes universels : la solitude, l’amitié toxique, et la frontière ténue entre réalité et fiction.
Un film parlant entre autre de l'importance de se sentir représenté dans les médias (c'est mon interpretation). Honnêtement, je peux comprendre que cela ne parle pas aux personnes qui ne sont pas familières aux thèmes queers. Le sous texte parle spoiler: de transidentité donc sans saisir ce sous texte, la narration devient compliquée à suivre. En tant que personne queer et neuroA, je me peux me voir facilement dans les protagonistes : à la recherche de soi, se projetant dans une fiction à laquelle on est attaché pour fuir la réalité et finalement se trouver. Aussi, je n'avais jamais pensé au fait de vivre sa vie sans jamais être vu comme ce qu'on est réellement comme de l'horreur, c'est plutôt innovant. Bref, j'espère que ce film pourra aider plein de personnes potentiellement queers à se découvrir et à s'aimer, et à être fière d'être qui elles sont.
En lançant ce film, je ne m’attendais pas du tout à découvrir une œuvre frôlant autant la perfection. Là où beaucoup de films s’égarent dans des symbolismes trop lourds ou artificiels, I Saw the TV Glow parvient à allier profondeur thématique et puissance cinématographique. Je suis habituellement le premier à rejeter les œuvres qui sacrifient le récit au profit de métaphores vides (le film Men, par exemple, est l'un de mes films pestiférés). Mais ici, la symbolique ne parasite jamais la narration, au contraire, elle l’enrichit. Avant d’être idéologique, I Saw the TV Glow est un grand film, tout simplement.
Le personnage principal vit dans la peur, prisonnier d’un cerceuil (comprendre le placard) qu’il n’ose pas ouvrir. Il se réfugie dans une existence toute tracée, spectateur passif de sa propre vie plutôt qu’acteur de celle-ci. La scène finale illustre magistralement cet enfermement : spoiler: À cinquante ans passés, il assiste à l’anniversaire d’un enfant, entouré de chants forcés et de claquements de mains qui s’accélèrent, jusqu’à devenir insupportables. Cette montée en intensité n’est rien d’autre qu’une métaphore du temps qui file, de l’implacable passage des années et de la fugacité de l’existence. Il en vient même à adopter une position foétale au sol et à crier "Maman !". Voilà plus de cinq décennies que son intérieur bouillonne, il regarde dans ses entrailles une vie entière refoulée, puis remet le tout sous une couche de vêtements, pour enfin s'excuser auprès de gens indifférents qui lui tournent le dos. Il n'a pas juste refoulé sa vie, il l'a gâchée.
Tout y est : spoiler: le bar gay, l’essayage de robe, le père caricature du bigot alpha male, la transition de la télévision cathodique vers l’écran plat avec cette réplique déchirante : "J’ai même une petite famille, et je l’adore…", prononcée avec désolation. Même le grand antagoniste, qui porte le nom de "Mélancolie", condense le cœur du film. Difficile de croire que tant de spectateurs aient pu passer à côté d’un sous-texte aussi clair et omniprésent.
Réduire ce film à une imitation de Lynch, comme certaines personnes l’ont fait, c’est passer totalement à côté de sa singularité. Certes, I Saw the TV Glow s’ancre dans une nostalgie marquée (stickers MTV, ambiance des années 90, spoiler: et même une apparition d’une actrice de Buffy, clin d’œil savoureux pour ceux qui la reconnaîtront ) mais ce film est tout sauf un pastiche. Le film se tient de lui-même, avec une cohérence totale de bout en bout. Sans exagérer, je pense que c'est un des meilleurs films de 2024.
Ce film est très bizzare/creepy c'est pas vraiment un film d'horeur mais il impose une ambience anxiogène venue d'un monde exterieur, enfaite le film peu etre qualifié de lent ou ennuyant mais il rentre dans le genre de film ou l'on doit doit marquer un temps de pause après l'avoir visionner.
En effet si vous êtes sensible a la thématique et l'esthétique du film cela devrait vous faire rélféchir. Je sais pas si j'ai passer un "bon moment " mais sa ma tellement retourné l'esprit que sa fait que ce film est un très bon film selon moi.
Bref sa ma completement emporté, a voir au moins une fois pour l'experience...
Je l'admets se film n'ai pas pour tout le monde mais les personne qui veulent voir des films d'horreurs sans vraiment en être un " I saw the tv glow" est un film parfait pour vous par contre c'est plus destiné au adolescent