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Rourkewhite
107 abonnés
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1,5
Publiée le 23 octobre 2024
Ça commence comme un truc perché à la Charlie Kaufman et on se dit que ça va être sympa, d’autant plus que l’ovni nous arrive précédé d’une petite hype indé sympathique. Malheureusement tout finit en dérapage indigeste et fatigant. Relou!
Il n’y avait sans doute pas grand monde qui ait regardé ‘Sick of myself’, le film précédent du réalisateur norvégien Kristoffer Borgli. Le fait de tourner à Hollywood avec une star (sûrement ravie qu’on lui propose pour une fois un rôle plus complexe) lui permettra sans doute de partager avec le plus grand nombre sa passion pour les figures tragiques en quête mortifère de célébrité : Paul Matthews est un professeur d’université d’âge moyen, un peu terne, dont les premières minutes du film font comprendre qu’il souffre d’un déficit de reconnaissance : son domaine d’expertise intéresse peu de monde, ses collègues s’approprient ses idées et les font fructifier, ses enfants et sa femme le considèrent comme un gentil papa un peu ringard. C’est alors que pour des raisons inconnues, les gens se mettent à rêver de lui, déclenchant un buzz de plus en plus important autour de sa personne. Seule ombre au tableau : Matthews se contente généralement d’être présent dans le rêve, neutre et indifférent, alors que des choses graves arrivent au rêveur. Il n’est pas difficile de comprendre de quoi ce concept intrigant est l’allégorie : de l’obsession moderne à faire du buzz avec du vide et du désir désespéré de sortir de l’anonymat qui touche même des personnes a priori au-dessus de tout soupçon. De l’aisance avec laquelle la jeune génération peut anéantir sans le moindre scrupule tout ce qui dérange son petit confort moral aussi…et la complaisance coupable dont font preuve leurs aînés en leur cédant. Bon gré mal gré, cette base de travail un brin absurde, qui se passe volontiers de logique puisque c’est le rêve et l’abstraction qui offrent son quart d’heure de gloire à Matthews, parvient pourtant à rester cohérente avec le message que ‘Dream scenario’ tenter de faire passer, malgré un dernier quart d’heure laborieux qui laisse soupçonner la difficulté d’imaginer une conclusion qui tienne la route. Même si en fin de compte, il exprime la même chose, ‘Dream scenario’ est différent de son prédécesseur européen, moins cinglant et moins cynique, parfois gentiment drôle (du moins dans sa première partie) quand l’autre était presque uniformément glaçant, avec des personnages envers qui on finit par éprouver plus d’empathie que de mépris : c’est aussi une comparaison assez complète de ce qui sépare le cinéma, donc l’appréhension du monde, en Europe et aux Etats-unis.
Réalisé par Kristoffer Borgli et porté par un Nicolas Cage étonnamment en retrait, le film part d’une idée absurde : Paul Matthews, professeur et homme banal, commence à apparaître dans les rêves de milliers d’inconnus. Borgli ne cherche pourtant jamais à expliquer ce phénomène, car ce n’est pas l’origine du mystère qui l’intéresse, mais ce que la société en fait.
Paul Matthews est ainsi conçu comme une anti-présence. Borgli filme un corps un peu voûté, une parole hésitante, une silhouette toujours légèrement en retard sur le monde. Cette banalité devient le point d’ancrage du dispositif fantastique : plus Paul est insignifiant dans la réalité, plus sa prolifération dans les rêves paraît étrange.
Très vite, Paul devient une curiosité médiatique. Interviews, analyses, stratégies marketing : sa présence onirique devient une ressource exploitable. Borgli pousse ici la logique contemporaine de l’économie de l’attention jusqu’à l’absurde : si l’attention est une monnaie, même les rêves peuvent être colonisés. Paul n’est pas célèbre pour ce qu’il fait, mais pour le simple fait d’occuper un espace mental collectif, comme une figure virale.
Puis les rêves se transforment. L’homme inoffensif devient soudain menaçant dans certains cauchemars, et l’opinion bascule. La fascination laisse place à la peur, la célébrité à la suspicion. Sans avoir rien fait, Paul devient le support d’un récit collectif qui le dépasse. C’est là que Dream Scenario touche juste : dans une culture dominée par la viralité, l’identité peut se détacher complètement de l’individu. Paul n’est plus un homme, mais une image « l’homme des rêves », puis « l’homme des cauchemars », sans jamais regarder celui qui, au réveil, doit continuer à vivre.
Étonnant de retrouver Nicolas Cage, à peine reconnaissable dans le rôle principal de ce film du cinéaste Kristoffer Borgli, qui s’inscrit dans la veine du cinéma indépendant US des années 90/2000. Celui des Spike Jones (Dans la peau de John Malkovich) ou de Charlie Kaufman (Adaptation)… une forme de cinéma un peu fantastique, métaphysique, surréaliste, philosophique, poétique, que l’on ne voit plus trop aujourd’hui. Une bonne raison d’aller découvrir ce film aussi étrange que singulier, mais pas totalement réussi, du réalisateur norvégien.
Un film presque en forme de compte, jamais dénué d’humour, sur le destin d’un homme qui n’a aucune maitrise, sur ce qui lui arrive. En filigrane, on pourra y voir une critique du monde actuel avec ses réseaux sociaux omniprésents, et aussi le phénomène de "cancel culture"… les deux étant souvent liés. Des thèmes que l'on trouvait déjà dans le précédent film de Kristoffer Borgli, Sick of Myself, sorti en 2023.
On regarde ça évidemment que si on est Fan de Nicolas Cage et sa folie ! Il est prof à l’université et sans raison du jour au lendemain des millions de gens rêvent de lui . Ila critique a été très dithyrambique, finalement c’est vraiment pas le meilleur Nicolas Cage du genre .
Côté mise en scène, il manque aux rêves cette inquiétante étrangeté qui les caractérise. Ce je-ne-sais-quoi qui nous fait douter de ce que nous vivons au sein d’un rêve et cette sensation de se réveiller avec une énigme dans la tête. L’inquiétante étrangeté s’appelle Nicolas Cage et fait office de bonne blague qui, hélas, ne tient pas sur le long terme. Le succès critique et public de ce film pourrait provenir d’un soulagement. Celui de retrouver Nicolas Cage en tant qu’acteur et non en tant que cabotin (que j’aime tout autant). Hélas, le traitement accordé à cette popularité puis impopularité acquises par son omniprésence dans les rêves de toute une population s’avère assez frustrant : le sujet des rêves, pourtant riche par sa complexité et son potentiel créatif, est ici réduit à son plus simple appareil. Sans doute aurait il été plus pertinent d’adopter le point de vue des rêveurs que celui de l’être rêvé et de faire intervenir Nicolas Cage en tant que personnage réel dans la deuxième partie.
L’idée de départ pour dénoncer la célébrité instantanée, éphémère et imméritée dont peuvent bénéficier certaines personnes, dans notre époque surmediatisée, n’est pas mauvaise, et le début du film est prometteur. Malheureusement, très vite le scénario s’essouffle et tourne en rond. On commence alors à s’ennuyer ferme, et certains passages ensuite, ne sont pas loin du grotesque. Film absurde et raté au final …
L'idée de départ est bonne, et on n'en reste pas là. Formidable parabole sur l'effet que l'on peut faire malgré soi, l'absence de conscience de l'autre de la part de victimes qui n'en sont pas réellement. L'emballement, la maladresse devant cette escalade sans issue. Tres bien interprété par ailleurs. Vraiment une bonne surprise
3 étoiles pour l'originalité du scénario et l'interprétation de Nick Cage, qu'on retrouve avec plaisir. Paul Matthews, qu'il incarne, est un professeur de biologie quinquagénaire banal et ennuyeux. Sa nouvelle notoriété (il apparaît du jour au lendemain dans les rêves de ses élèves) lui donne un moment de gloire dans sa vie, qu'il ne pouvait ni attendre, ni espérer. Le total décalage entre l'homme qu'il est (ordinaire, voire has been) et ce qu'il devient (célèbre, tout le monde se l'arrache) donnent lieu à quelques rires (hilares pour certains spectateurs), qui deviennent rapidement des sourires gênés, mais aussi des grands moments de solitude. Derrière cette comédie loufoque, on découvre en filigrane une dénonciation subtile des effets du buzz et des dérives de la cancel culture. Mais l'on en vient à s'interroger sur le rire que Paul Matthews suscite, s'il est opportun de rire à ses dépens, ce qui nous laisse un sentiment mitigé.
Le sujet du film est loufoque. Un homme, tout à fait normal, apparaît dans les rêves de nombreuses personnes et connaît, grâce à cela, un certain succès. Cette attention, qui lui est soudainement accordée, il l'a toujours recherchée. Elle lui fait du bien jusqu'à ce que celle-ci se retourne contre lui... La célébrité a ses côtés positifs comme négatifs, et d'un jour à l'autre, quelqu'un d'aimé peut devenir quelqu'un de détesté. C'est l'opinion publique qui décide. Le film démontre également comme la frontière entre la réalité et les rêves peut être fine. D'ailleurs, on constate que l'Homme qui se sent en danger peut avoir différents raisonnements/comportements irrationnels... D'un point de vue personnel, je ne trouve pas qu'il s'agisse d'un film comique puisque le sort s'acharne, injustement, sur le personnage principal tout le long.
Une idée intéressante mais dont la mise en oeuvre ne n'a pas satisfait. Aucun approfondissement réel du phénomène si ce n'est une vague théorisation de l'inconscient collectif guère convaincante. Pour résumer, tout le monde se met à rêver d'une même personne en même temps puis subitement tout le monde la rend mauvaise dans ses rêves au même moment. Les gens concernés ne faisant jamais d'analyse rigoureuse de la situation en séparant le rêve de la réalité, ce qui va isoler toujours davantage notre pauvre protagoniste jusqu'à en faire un paria, même lorsque la vague de rêves communs aura passé aussi spontanément qu'elle est apparue. Alors bien sur pour faire raccord avec la soif technologique provoquée par le marketing, la fin du film nous entraîne dans la récupération du concept en tant que nouvel outil de propagande direct sur la population durant son sommeil, à fins commerciales seulement, si cela peut vous rassurer... Nicolas Cage est tout à fait convainquant dans sa prestation d'homme dépassé par les évènements mais qui s'accroche pour garder un certain contrôle jusqu'à ce qu'il tente de se faire oublier tout en se raccrochant à sa famille. Mais bizarrement, en restant populaire dans certains milieux d'initiés ésotériques... en Europe, alors qu'on a jamais dit qu'il était dans les rêves d'autres gens que des américains. Allez comprendre... Malgré ses errements le film témoigne cependant assez lourdement de l'insanité de notre civilisation exclusivement basée sur le contrôle et l'exploitation de la masse par ceux qui ont accès à la diffusion, par tous les moyens imaginables. Et comme trop souvent l'idée de départ dénuée de toute logique est un prétexte filmique idéal pour ce genre de dérive, que l'on pourra considérer comme un meme comme ils se plaisent à dire ici et bien ailleurs, tant ce genre de glissement devient redondant dans le cinéma de nos jours.
Un an après le déroutant "Sick of myself", Kristoffer Borgli récidive avec "Dream scénario". L'histoire diffère mais le procédé est le même : disséquer une névrose de notre société en poussant un postulat de départ jusqu'à son aboutissement extrême. Forcément, il n'y a aucun réalisme et l'intrigue se construit dans la métaphore. Mais cette description des affres de notre monde hyperconnecté est jubilatoire. Hyperconnection métaphorique par le rêve dont est victime le héros, lui octroyant les petits plaisirs d'une notoriété inespérée avant de le vouer ensuite aux gémonies. C'est la violence du jugement populaire qui est moquée et c'est sain. La prestation de Nicolas Cage est très réussie, donnant presque un petit côté Woody Allen à son personnage empathique mais frustré. Original et brillant.
Rôle inattendu pour Nicolas Cage métamorphosé en monsieur tout le monde et sans charme qui joue admirablement dans ce film singulier. Devenir l'objet central de tous les rêves, dans le sens onirique, parait étrange. Alors lorsque l'affaire prend une proportion démesurée au point de faire le buzz, l'homme, professeur de son état, se prend à rêver de réaliser enfin l'écriture de son livre. Le propos est raconté avec intelligence et évoque de mon point de vue les spoiler: possibilités de mondes virtuels et leurs de dérives . A voir !
Belle découverte ! Ça fait du bien de voir Nicolas Cage s’éclater dans un tel rôle, plus dramatique que ce à quoi il a pu nous habitué. La mise en scène et l’ambiance du film sont loin d’être incroyable mais Dream Scénario tient debout uniquement grâce à son concept ultra fort et efficace. C’est dommage car ce scénario ne mène pas vers une réflexion plus profonde que ça, hormis que la célébrité et les opinions des gens sont souvent basés sur des choses très peu fondées. Dommage car je m’attendais à une œuvre beaucoup plus profonde que ça mais bon, ça reste un bon film je recommande pour l’originalité du scénario !
Le film est assez original avec une bonne prestation de Nicolas Cage. C'est un film qu'on regarde une fois, peut etre une deuxième fois mais c'est tout car l'histoire patine à la fin et on n'arrive plus à garder le même intérêt qu'au début