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issanissa2017
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4,0
Publiée le 24 juin 2026
Un film surprenant tellement Oslo reste un acteur primordial. Deux hommes devant chacun un tourment qui risque de chambouler leur vie... Un Rohmer norvégien passionnant.
Le plus bavard de la trilogie d’Oslo mais très intéressant dans cette réflexion autour de la liberté et de la compréhension de soi. Manquant peut être un peu de rythme.
Qui est le film ? Désir ouvre La Trilogie d’Oslo de Dag Johan Haugerud, réalisateur norvégien attentif aux zones grises de l’intime. Il poursuit ici un travail déjà amorcé sur la parole, le couple et les normes invisibles qui organisent nos vies affectives. Avec Désir, il filme le moment précis où quelque chose cesse d’aller de soi. Le film suit deux hommes mariés, installés, socialement intégrés, dont l’existence semble parfaitement alignée avec les cadres dominants de la masculinité et de l’hétérosexualité. Pourtant, des expériences intimes viennent fissurer cette stabilité apparente.
Par quels moyens ? Haugerud commence par rompre avec l’idée que le désir serait un moteur narratif. Dans Désir, il ne déclenche pas l’action, il suspend le récit. Aucun avant, aucun après. L’événement ne reconfigure ni son couple, ni son orientation, ni son rapport à lui-même. Ce choix produit un effet déroutant. Cette dissociation entre expérience et identité conteste frontalement une logique contemporaine qui exige que toute expérience intime devienne un récit structurant. Ici, l’acte ne fonde rien, ne dit pas qui l’on est.
En miroir, l’autre personnage est traversé par des rêves récurrents où il se voit en femme. Là encore, le film refuse toute interprétation psychologisante ou militante. Ces images nocturnes ne sont ni des symptômes ni des signes avant coureurs. Elles existent comme des zones d’imaginaire pur. Haugerud propose ainsi une réflexion fine sur le genre, non comme catégorie sociale à endosser mais comme fiction intérieure, instable, parfois intrusive, que chacun porte en soi sans forcément la traduire en actes.
Le cœur du film se loge alors dans la parole fragile, hésitante, souvent incomplète. Les dialogues tournent autour de ce qui échappe. Dire devient un risque. Mettre des mots, c’est déjà trahir l’expérience. Mais se taire, c’est laisser le trouble se figer. Haugerud filme ce point d’équilibre instable, où parler maintient la question ouverte. Cette parole vacillante trouve son terrain privilégié dans le couple et une question : Que se passe-t-il lorsque le désir de l’un ne contredit pas l’amour mais ne s’y intègre pas non plus.
La mise en scène accompagne ce geste avec une sobriété presque ascétique. Peu de musique, des cadres souvent fixes, une attention constante aux visages et aux silences. Rien n’est souligné. Cette retenue empêche toute consommation émotionnelle du trouble. Le spectateur n’est jamais guidé vers une interprétation confortable. Il est invité à écouter, à attendre, à partager l’incertitude des personnages.
Quelle lecture en tirer ? En ouvrant La Trilogie d’Oslo par cette suspension, Haugerud pose un socle théorique. Le trouble n’est pas une crise à résoudre mais une condition humaine à reconnaître. Le Désir ne raconte pas comment on se définit. Un film d’écoute plus que de réponses, qui invite moins à se positionner qu’à rester avec la question.
C'est celui que j'ai regardé en premier, et c'était une erreur: j'ai bien failli ne pas regarder les deux autres, ce qui m'aurait fait rater le volet “Rêves”. Ici, je me suis beaucoup ennuyé, avec de longs plans fixes autour de bavardages et discussions autour de la notion de fidélité et d'homosexualité. On peut avoir les meilleures intentions du monde, si on ne raconte pas un minimum d'histoire, un film ne peut pas décoller. J'ai arrêté avant la fin.
De la trilogie, Amour proposait déjà une réflexion intéressante, notamment sur le couple, le rapport homme-femme et homosexuel. Dans un environnement en construction et autour de deux couples, Désir pousse le sujet sur la fidélité, la relation amoureuse possiblement en opposition avec le sexuel, se fixant aussi sur des stéréotypes. Pour étayer le propos, une certaine impudeur à se livrer, une intelligence d'esprit (d'écriture donc), des concepts aussi. Néanmoins, à la longue, tant de dialogues intellectualisés ne font plus très naturels. La mise en scène est également très sommaire.
Un film en trois longs qui vient de Norvège et plus précisément d’Oslo, sur les émotions amoureuses autour du rêve, du désir et du sexe.
Les trois films peuvent se voir indépendamment les uns des autres et l’ordre importe peu. Ils sont sortis dans les salles françaises sur 3 semaines depuis début juillet. Ils ont en commun le thème de la sexualité dans les relations d’Osloïtes. Un seul personnage, celui de Bjorn qui est très présent dans « Amour », apparaît tel un trait d’union dans les deux autres films. Le psychologue de la jeune fille de « Rêve » est dragué par Tor sur le ferry d’« Amour », et tente d’aider l’épouse du ramoneur dans l’aventure que son mari lui a confié, qui l’a anéantie dans « Désir ».
Les trois films sont faits de petits riens qui dessinent en creux des moments de vie de l’altérité amoureuse. Ces films mettent en lumière la banalité des relations humaines en milieu urbain. Si le premier sorti en France a obtenu l’Ours d’Or à Berlin, c’est pourtant celui qui m’aura le moins ému. L’intensité émotionnelle monte crescendo du second au dernier.
Dans « Amour » le second, les personnages sont bienveillants. Il se dégage de ces deux êtres un rapport à la vie très serein de leurs aventures sans lendemain. Quant au troisième « Désir », il nous embarque auprès des deux ramoneurs avec une extrême douceur. Tous les deux atteignent une certaine pureté dans leurs échanges plein de questions existentielles. Ce dernier opus m’a laissée en lévitation tant les personnages sont lumineux et authentiques. Ils se parlent avec délicatesse de manière directe de leurs intimités respectives, sans masques sociaux ni impudeur. Peut-être est-ce là l’apanage des Norvégiens, débarrassés du souci du paraître. Leur société est certainement beaucoup moins patriarcale et moins machiste que ne peut être la nôtre. Les deux hommes se confient dans une grande qualité d’écoute et de respect. Confidences d’autant plus surprenantes qu’elles s’inscrivent dans le cadre professionnel. Il y a quelque chose de direct et de profond dans ces échanges empreints de douceur amicale. Ils s’écoutent sans jugements et nous sommes en leurs compagnie dans un monde plus grand, qui fait du bien.
Le projet cinématographique est osé tant la matière filmée est banale. Il faut beaucoup de subtilité dans la réalisation pour que ça puisse fonctionner. Oslo dessine les contours des instants de vie et créait un espace-temps. Dans Désir, les plans de la ville marquent les passages d’une journée à l’autre. C’est à la fois d’une grande simplicité et très efficace, à l’image du propos des films.
Une trilogie qui insuffle un vent de liberté et d’intelligence dans les rapports sociaux que nous ne pouvons qu’envier à ces Osloïtes.
La Trilogie d'Oslo (Norvège - 1h50 Rêves, 1h59 Amour, 1h58 Désir) réalisée par Dag Johan Haugerud
des trois films de cette trilogie, celui ci est le moins convaincant. trop bavard pour ne pas vraiment faire évoluer les personnages,les dialogues sont tout de même de e qualité et les 2 acteurs principaux sont excellents dans se des rôles pas évidents.
Des trois opus de la trilogie d'Oslo, Désir est celui qui a reçu le moins bon accueil critique.
Il faut dire que sa forme est moins ample que celle des deux autres parties : Rêves offrait une variation polyphonique autour de la notion de réalité et Amour dessinait une vaste carte du tendre moderne.
Désir, lui, ne montre pratiquement que des dialogues ayant pour sujets deux évènements étonnants concernant deux amis ramoneurs (!) : le premier a eu une relation sexuelle avec un client (alors qu'il n'est pas homosexuel), et le second fait un rêve persistant dans lequel David Bowie le regarde comme une femme (!!).
Les deux amis échangent avec leur compagne respective sur ces sujets lors de longues conversations lors desquelles toute une variété de sentiments d'une étonnante profondeur se font jour. La mise en scène, qui pourrait être statique, se réinvente constamment, à l'image de la première scène lors de laquelle la caméra pivote doucement dans un somptueux mouvement.
Haugerud introduit également dans son récit de curieux évènements, qui apportent au film une tonalité d'étrangeté poétique : une maladie de peau erratique, un attrape-rêve suspendu, une thérapeute qui soliloque sur Hannah Arendt. Toutes choses qui semblent amplifier et faire résonner la sourde interrogation qui constitue l'épine dorsale du film : quelle est la véritable nature du désir, et plus largement peut-être, qu'est ce que la masculinité ?
Ainsi, ce qui ne paraît être de prime abord qu'une anecdote salace s'avère au final une profonde interrogation existentielle.
Une superbe conclusion à la trilogie, qui place Haugerud parmi les grands.
D'abord des mots, plein de mots. Une orgies de mots à n'en plus finir. Vite l'ennui pointe le bout de son nez. Mais ces mots commencent à faire leur effet. Ils suscitent intérêt et curiosité. Ils répondent, pour peu, à un besoin. Traiter du désir masculin, parce qu'il s'agit ici de cela, sans outrance, sans voir l'autre uniquement comme un objet de convoitise. Ces mots, bienveillants, crée une sorte de safe place dans laquelle on peut ouvrir son cœur sans peur ni crainte.
Sur un ferry, la rencontre d'un médecin, à la vie rangée, et d'un infirmier à la vie sentimentale et sexuelle plus atypique. L'un et l'autre travaillent dans le meme hôpital. Tor profite du ferry pour rencontrer des hommes souvent pour une histoire d'un soir grace à des sites de rencontre. Chacun se pose des questions, sur sa vie, ses attentes et chacun se remet en cause. Tor a une rencontre plus sérieuse qu'a l 'accoutumée , Marianne vit, par contre, l'histoire d'un soir. Les certitudes sont évidemment bouleversées. A voir !!!!
Sur une situation cocasse, le scénario nous balade d'un désir l'autre, sans jamais nous lasser ni nous transformer en voyeur. Chaque personnage exprime son désir clairement, naturellement, et on finalement content pour eux. Ni moralisant, ni revendicatif, la liberté des individus prime avant tout.
Suite et fin du triptyque du norvégien Dag Johan Haugerud. 118 nouvelles minutes pour clore son exploration du sentiment amoureux avec autant de finesse que d'humour. Un ramoneur, heureux père de famille, en couple avec son épouse depuis des années, a une aventure inattendue avec un client ... Il ne la considère ni comme l’expression d’une homosexualité latente, ni comme une infidélité, juste comme une expérience enrichissante. Il s’en ouvre à son épouse, qui le prend mal, puis à son patron, marié comme lui, qui lui avoue faire toutes les nuits des rêves dans lesquels il est une femme, objet du désir de David Bowie... Ce 3ème volet n'est pas titré Désir mais Sex, et ça fait quand même une certaine différence, car une chose est de désirer une personne et une autre d'avoir un rapport sexuel avec elle. Et c’est bien le sujet central du film. Une fois de plus on n’est pas déçu et on reste même pantois devant tant de maîtrise du récit comme de la technique de ce réalisateur. Une sacrée découverte. Si vous aimez les plans-séquences, vous serez conquis par ce drame léger, car même s’ils sont souvent fixes, lesdits plans laissent place à tout l’art des comédiens et des comédiennes qui sont bluffants de naturel et de justesse. Les Jan Gunnar Røise, Thorbjørn Harr, Siri Forberg, Anne-Marie Ottersen et les autres, tous des inconnus pour nous, sont en tous points remarquables. Le cinéaste Haugerud expose et dissèque diverses situations amoureuses, souvent à la limite du scabreux, mais réalise la prouesse ne de ne jamais tomber dans le vulgaire ou le trivial. Il nous interroge sur le plus intime de nos sentiments avec une acuité et une clairvoyance rarement atteinte. Un exercice d’auto-analyse à la fois dérangeant et stimulant. La morale de ces trois films nous rappelle que quand on débat d'un problème, il finit par se résoudre ou même s'apaiser. Une leçon de vie.
si j'ai beaucoup aimé les 2 premiers volets de la trilogie d’Oslo ce 3eme m’a profondément déçue. rien n’avance depuis la scène introductive, les personnages sont artifiels tout comme leurs problématiques. extrêmement décevant
Après Rêves vu en premier il y a quelques semaines, les deux autres films de La Trilogie d’Oslo du réalisateur norvégien Dag Johan Haugerud me laissent la même impression mitigée. Ce réalisateur rappelle parfois Joachim Trier par la subtilité de la psyché de ses personnages (désir de liberté, ambiguïté de l’orientation sexuelle, crainte d’affronter son destin) et ses tableaux sonorisés de la ville d’Oslo. Mais je n’aime ni la surexposition de l’image ni le jazz dans Désir (Sex en anglais) et encore moins la fin dans aucun. C’est à dessein sans doute qu’Haugerud propose des fins ouvertes laissant libre court à l’imagination, je ne suis pas réceptif à cette recherche de connivence avec le spectateur chargé d’inventer les suites de ces trois histoires. Il reste que Dag Johan Haugerud est un talentueux réalisateur dont l’œuvre me laisse tout à la fois admiratif et énervé comme Rohmer le faisait avant lui.