La première demi-heure est pénible par sa tonalité bavarde et la superficialité de ces émois amoureux adolescents. Le film devient plus nuancé et intéressant par la suite mais on est loin de la perfection et du charme de Rohmer.
Trilogie d'Oslo-RFilm sensible avec beaucoup de dialogues sur une jeune lycéenne qui tombe amoureuse de sa professeure d'anglais. Elle prétexte alors des séances pour apprendre à tricoter pour passer du temps avec elle en seule à seule. La lycéenne met tout par écrit quelques mois plus tard pour se souvenir. Le film laisse planer le doute : est ce que la lycéenne a rêvé à un rapprochement physique réel avec sa prof? Ou la prof a t elle abusé de son emprise qu'elle avait sur l'élève? Des échanges comiques entre la mère et la grand mère sur leur rapport au sexe et leurs réactions après avoir lu le témoignage de leur fille/petite fille.
Un film d'une finesse sur le sentiment amoureux. Johanne est une ado qui va ressentir l'amour pour la première fois. Son récit est subtil, avec du pathos mais rien de poisseux (comme le dit un autre personnage). Elle nous accompagne dans son cheminement et sa prise de conscience de ses sentiments. Comment s'apercevoir que l'on est amoureux. C'est aussi un très beau récit sur le fait d'écrire. Johanne écrit pour elle, pour ne pas oublier, mais comme elle le dit à au moins deux reprises, quand on vit quelque chose de très fort, que ce soit triste ou heureux, on voudrait le crier au monde entier. L'écriture n'est-elle pas un moyen de proclamer son amour? Les personnages sont tous attachants. Certains dialogues entre la mère et la grand-mère sont vraiment savoureux, voire drôles. La scène du dialogue entre la grand-mère et son éditrice est très belle, le long d'un grand escalier d'Oslo entre bois et immeubles, qui permet au dialogue d'être à la fois statique (elles restent sur cet escalier plusieurs minutes) et dynamique (puisqu'elles montent progressivement). Cet escalier est d'ailleurs mis en évidence de multiples façons (le premier plan, le rêve de la grand-mère. Les réactions des personnages lorsqu'elles découvrent le récit de Johanne sont parfois surprenantes et nous rappellent que nous sommes à l'heure du soupçon permanent quant aux intentions des autres. L'agression subie est toujours aux aguets, la tentation de porter plainte jamais loin. N'allons pas trop loin? Tout est très fin vraiment. On regrette juste de ne pas comprendre le norvégien pour se passer des sous-titres dans la première partie où Johanne nous fait le récit de ce qu'elle a vécu. Un film comme cela fait vraiment du bien. Je me demandais notamment si un film de ce type pouvait être réalisé aux Etats-Unis, un film portant avant tout sur ce que la jeunesse peut ressentir sans pour autant chercher à le montrer de façon violente, agressive ou transgressive. J'ai alors pensé au très beau Ruby in Paradise de Victor Nunez, inspiré d'un roman de Jane Austen. Même si le sentiment amoureux est absent, ces deux jeunes filles (Johanne et Ruby) se cherchent. La jeunesse est souvent un moment de grande sensibilité et de quête de ce que l'on est. Il est bon de le rappeler et, même si c'est douloureux, tomber amoureux est sans doute quelque chose d'essentiel dans une vie.
Enorme coup de cœur pour ce récit captivant. Une écriture d’une finesse rare, stratifiée, complexe et au même temps extrêmement facile. Les personnages ne sont jamais vraiment terminés, mais en constante évolution. Et les références ? La trinité, les sœurs Brönte… et la feuille de jasmin qui s’ouvre à la Marie Antoinette. On suit avex plaisir ce voyage aux limites du réel.
Rêves : un film très réussi, on se laisse aspirer dans ce récit captivant et séduisant ! C’est à la fois romanesque et moderne, on entre dans l’intimité de cette famille norvégienne avec beaucoup de plaisir. Cela donne envie de voir les 2 autres volets de cette trilogie.
Le parcours de cette lycéenne qui tombe amoureuse de sa jeune et belle professeur est admirablement mis en scène avec beaucoup de délicatesse et de subtilité. Le film, bien interprété, est à la fois émouvant et pudique. Il met bien en valeur la traduction des sentiments intimes de cette jeune fille mais également les réactions de son entourage familial et extra-familial face à ce bouleversement sentimental. La réalisation et le bon casting rendent ce film agréable et très attachant.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 16/04/25 au Club Lincoln à PARIS)